Principes directeurs pour la dénomination des noms géographiques

La Commission de toponymie du Canada (CTC) et les diverses autorités toponymiques provinciales et territoriales prennent rarement l'initiative d'attribuer des noms aux entités géographiques. Presque toutes les propositions viennent du grand public ou sont le résultat d'une enquête sur le terrain.

En 1898, un des principaux objectifs de la Commission de géographie était d'établir des normes et des lignes directrices. C'est ainsi qu'elle a approuvé une première série de treize règles de désignation des entités. Depuis, ces principes ont été revus et actualisés périodiquement, afin de tenir compte de l'évolution des attitudes, particulièrement en ce qui a trait à la traduction, la répétition des noms, le traitement linguistique des toponymes et le traitement des noms autochtones.

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Les activités de la CTC sont maintenant guidées par un certain nombre de principes directeurs, qui sont résumés ci-après :

  1. Les toponymes créés par des lois sont acceptés.
  2. La priorité est accordée aux toponymes qui sont bien implantés dans l'usage local.
  3. Les noms utilisés par les postes, les sociétés de transport et les principaux services publics sont acceptés, pourvu qu'ils soient conformes aux autres principes.
  4. Les limites exactes des entités doivent être dûment consignées. Il faut éviter d'utiliser le même générique pour désigner à la fois une partie d'une entité et l'ensemble de cette entité.
  5. L'attribution de noms de personnes n'est pas permise, à moins de circonstances tout à fait particulières.
  6. Lorsqu'il s'agit de désigner une entité pour laquelle il n'existe aucun nom dans l'usage local, les sources suivantes de nouveaux noms sont privilégiées : mots descriptifs appropriés, noms de pionniers, d'explorateurs et d'événements historiques liés à la région, noms provenant des langues autochtones associées à la région en général et noms de personnes mortes à la guerre.
  7. Les noms doivent être euphoniques et de bon goût.
  8. Les noms sont habituellement approuvés dans une seule forme linguistique qui est écrite dans l'alphabet romain. D'autres formes peuvent être autorisées par les autorités compétentes. On retient la meilleure orthographe reconnue pour écrire les noms dérivés d'une langue autre que le français ou l'anglais. Les noms de certaines entités géographiques d'intérêt pancanadien ont été reconnus et doivent être utilisés tant en français qu'en anglais sur les cartes et dans les textes du gouvernement fédéral.
  9. L'orthographe des noms géographiques ainsi que l'emploi des accents doivent respecter les règles de la langue utilisée.
  10. Les noms de diverses installations de service (p. ex., les bureaux de poste) présentes dans une localité doivent être conformes au nom officiel de la localité. Les spécifiques qui se retrouvent dans des noms différents employés pour désigner des entités parentes ou voisines doivent toujours conserver la même orthographe.
  11. Il faut éviter le double emploi d'un toponyme si cela risque de porter à confusion.
  12. Le générique devrait correspondre à la nature de l'entité géographique qu'il désigne. Il est enregistré en français ou en anglais par l'autorité toponymique compétente.
  13. Des termes qualificatifs (comme « nouveau », « upper » ou « west branch ») peuvent être utilisés pour distinguer deux ou plusieurs entités comportant des spécifiques identiques.
  14. L'adoption d'un nom désignant une petite entité doit s'appuyer sur l'importance relative de l'entité, la notoriété du nom et l'échelle des cartes disponibles.