Les origines des toponymes des provinces et territoires

  1. Canada
  2. Terre-Neuve-et-Labrador
  3. Nouvelle-Écosse
  4. Nouveau-Brunswick
  5. Île-du-Prince-Édouard
  6. Québec
  7. Ontario
  8. Manitoba
  9. Saskatchewan
  10. Alberta
  11. Colombie-Britannique
  12. Nunavut
  13. Territoires du Nord-Ouest
  14. Yukon

CANADA

Il semble aujourd'hui impossible d'imaginer un nom autre que « Canada » pour désigner la moitié supérieure de la carte de l'Amérique du Nord, mais plusieurs autres noms avaient été proposés pour nommer la Confédération en 1867. Entre autres : Albertsland, Albionora, Borealia, Britannia, Cabotia, Colonia, Efisga - les premières lettres de England, France, Ireland, Scotland, Germany et « Aboriginal lands » (« terres autochtones ») -, Hochelaga, Norland, Superior, Transatlantia, Tuponia (acrostiche formé à partir des noms des provinces unies de l'Amérique du Nord) et Victorialand. Thomas D'Arcy McGee a infléchi le cours du débat lorsqu'il a déclaré le 9 février 1865 : « J'ai relevé dans un journal pas moins d'une douzaine de suggestions. On propose entre autres Tuponia et Hochelaga pour désigner le nouveau pays. Je demande aujourd'hui aux honorables membres de cette Chambre de me dire comment ils se sentiraient s'ils se levaient un bon matin et s'appelaient tout à coup, non pas des Canadiens, mais des Tuponiens ou des Hochelagais ». Heureusement pour la postérité, ce sont l'intelligence et les arguments de McGee, de même que le bon sens, qui l'ont emporté; le 1er juillet 1867, « les provinces du Canada, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick» sont devenues »une seule confédération appelée Canada ».

Bien que le Dictionary of Canadianisms donne dix explications possibles au sujet de l'origine du mot (entre autres une déformation de l'espagnol Acan Nada ou encore de Canara ou Canata, situé dans le sud de l'Inde), on se fonde généralement sur les relations de Jacques Cartier datant de 1536. Pendant qu'il remontait le Saint-Laurent, Cartier a remarqué que les Indiens utilisaient le mot kanata pour désigner leurs villages. Comme ce mot revenait constamment dans les dialogues, les Français ont déduit qu'il devait s'agir du nom du pays tout entier. Et c'est le nom que ce pays était destiné à recevoir en 1867.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 21. (traduction)

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TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR

Bien que Terre-Neuve soit l'un des toponymes les plus anciens de la côte est, son évolution est facilement retraçable. Le territoire fut d'abord appelé « new founde isle » (île nouvelle) par John Cabot qui, parti de Bristol, a navigué vers l'ouest pour y accoster en 1497 (même si l'on sait que les Norvégiens, les Basques et les Bretons s'y sont rendus avant lui). En 1502, le nom « New found launde » était utilisé dans les documents officiels en anglais. La version française « Terre Neuve » est apparue dès 1510, ce qui montre clairement l'acceptation de la désignation. Giovanni da Verrazano a employé le terme « Terra Nova » sur sa carte de 1529. Terre-Neuve fut la dixième province à entrer dans la Confédération, le 31 mars 1949.

Labrador

Il subsiste un élément d'incertitude, mais la plupart des autorités attribuent l'implantation du nom « Labrador » à João Fernandes, explorateur portugais qui était aussi « lavrador » (propriétaire foncier) dans les Açores. Le nom fut probablement d'abord appliqué à une section de la côte du Groenland moderne, et transféré plus tard à la côte nord-est du continent par des cartographes. Le Dictionary of Canadian Biography (vol. 1) cite une inscription sur la carte de Weimar (près du Groenland) datée de 1530 : «...Et comme le premier à porter ce territoire à leur connaissance était un « labrador » des Açores (João Fernandes), ils lui ont donné ce nom ».

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p.105. (traduction)

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NOUVELLE-ÉCOSSE

Le nom « Nova Scotia » a été utilisé pour la première fois le 29 septembre 1621, lorsque Sir William Alexander (1567?-1640) s'est vu confier « les terres se trouvant entre la Nouvelle-Angleterre (New England) et Terre-Neuve... que l'on appellera « Nova Scotia » ou « New Scotland ». Cependant, on ne le releva sur une carte qu'après la signature du Traité d'Utrecht, en 1713.

Avant cette date, les Français employaient généralement le nom « Acadie » pour désigner les provinces maritimes situées le long des portions adjacentes de la Nouvelle-Angleterre et du Québec. L'origine du mot «Acadie» est incertaine. On s'entend habituellement pour dire qu'il provient de « Archadia » (Acadie), terme utilisé par Giovanni da Verrazano en 1524 et inspiré du mot servant autrefois à décrire une « terre empreinte d'une paix campagnarde ». Certains prétendent que le terme est d'origine micmac, mais il s'agit probablement d'une coïncidence. Le mot micmac « Quoddy » ou « Cady » était utilisé par les Français sous la forme « cadie » et désignait une parcelle de terre ou un territoire.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 129. (traduction)

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NOUVEAU-BRUNSWICK

Le territoire du Nouveau-Brunswick moderne a d'abord fait partie de la Nouvelle-Écosse. La Révolution américaine, de 1775 à 1783, a entraîné l'arrivée massive de colons loyalistes, qui étaient impatients de créer une nouvelle province. La séparation a eu lieu le 10 septembre 1784, et « le nom a été choisi en l'honneur du roi George III (1760-1820), qui descendait de la Maison de Brunswick ». D'autres noms avaient été proposés pour la nouvelle province, dont « New Ireland » (suggéré par William Knox, sous-secrétaire d'État, mais rejeté parce que « l'Irlande n'était pas dans les bonnes grâces de la royauté »), et Pittsylvania, en l'honneur de William Pitt, qui était premier ministre britannique à l'époque.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 81. (traduction)

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ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD

Dans les notes de Champlain datées de 1604, et sur sa carte de 1632, l'île porte le nom « Île de Saint Jean ». Toutefois, selon Ganong, l'origine du nom remonterait encore plus loin. Après son acquisition par les Anglais en 1759, l'île fut appelée « St. John's Island » jusqu'en 1798, année où on l'a renommée en l'honneur du prince Édouard, duc de Kent (1767-1820), père de la reine Victoria. Le prince commandait alors les troupes britanniques à Halifax. Séparée de la Nouvelle-Écosse en 1769, l'Île-du-Prince-Édouard est entrée dans la Confédération le 1er juillet 1873.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 215. (traduction)

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QUÉBEC

Le nom a d'abord été appliqué à la région de la ville moderne, et il ne fait aucun doute qu'il est d'origine algonquine. Premières orthographes : Quebecq (Levasseur, 1601); Kébec (Lescarbot, 1609), Quebec (Champlain, 1613). En 1632, Champlain décrivait l'endroit comme suit dans ses notes : «... un détroit dans le fleuve, comme le disent les Indiens ». Il faisait référence au mot algonquin signifiant »passage étroi t» ou « détroit », employé pour désigner le resserrement du fleuve à la hauteur du cap Diamant. Le terme est commun à l'algonquin, au cri et au micmac et a la même signification dans les trois dialectes.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 225. (traduction)

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ONTARIO

Ce nom d'origine amérindienne a d'abord été appliqué au lac Ontario (1641). On pense qu'il pourrait s'agir d'un variante du mot Onitariio, qui signifie « lac magnifique », ou de Kanadario, qui a été traduit par eau «pétillante» et eau « belle ». Plus tard, les colons européens ont donné ce nom aux terres bordant le lac, et la région ainsi nommée s'est étendue avec le temps. On employait parfois le terme « Old Ontario » pour désigner la portion sud de la province. Ce territoire est entré dans la Confédération en tant que province de l'Ontario en 1867.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 155. (traduction)

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MANITOBA

La province a été constituée en 1870, mais il est probable que le nom a été appliqué initialement au lac Manitoba. Il existe deux théories pour expliquer l'origine du nom. (1) Selon certains, il serait d'origine assiniboine, Mini et tobow signifiant « Lac des Prairies », soit le nom employé par La Vérendrye. (2) L'origine la plus probable serait le terme cri maniotwapow, qui signifie « le détroit de l'esprit ou du manitobau », et qui fait allusion au bruit produit par les cailloux sur une plage de l'île Manitoba, dans le lac Manitoba. Ce bruit « a donné naissance à une superstition chez les Indiens, qui croient qu'un manito ou un esprit joue du tambour sur cette plage ».

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 65. (traduction)

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SASKATCHEWAN

Le nom « Saskatchewan » est dérivé d'un autre nom, qui a d'abord été appliqué à la rivière Saskatchewan. Dans la langue crie, cette rivière s'appelait Kisiskatchewani Sipi, ou « rivière au cours rapide ». L'explorateur Anthony Henday a donné au terme l'ortographe Keiskatchewan, dont la version moderne Saskatchewan a été adoptée officiellement en 1882, lorsqu'une portion de la province actuelle a été désignée district provisoire des Territoires du Nord-Ouest. Le statut de province a été acquis en 1905.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 293. (traduction)

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ALBERTA

Le district de l'Alberta a été créé en 1882, puis élargi le 1er septembre 1905 pour devenir une province du Canada. Le nom a été suggéré par le marquis de Lorne, gouverneur général du Canada de 1878 à 1883, en l'honneur de sa femme, Sa Majesté la princesse Louise Caroline Alberta, fille de la reine Victoria.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 23. (traduction)

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COLOMBIE-BRITANNIQUE

Une grande partie du territoire continental s'est appelée à l'origine « New Caledonia ». Cependant, on a plus tard rejeté ce nom (qui existait déjà dans le Pacifique-Sud) au profit de « British Columbia ». Il semble que cette désignation ait été établie par la reine Victoria. Elle a été adoptée officiellement en 1858. L'appellation « Columbia » (du fleuve Columbia, qui avait été nommé par le capitaine américain Robert Gray en l'honneur de son navire Columbia) avait auparavant été utilisée de façon non officielle pour désigner la portion sud de la colonie.

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 44. (traduction)

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NUNAVUT

Ce nouveau territoire fut créé en 1993 et devint, le 1er avril 1999, une entité officielle. Il comprend les régions administratives de Keewatin, Baffin et Kitikmeot, qui, regroupées, forment l'ancien district de Keewatin, la partie nord-est du district de Mackenzie, et la plupart de l'archipel Arctique dans le district de Franklin, à l'exception des îles Banks et Prince Patrick, des parties des îles Victoria et Melville et quelques plus petites îles. Le nom signifie « notre pays » en inuktitut.

Source: Rayburn, Alan (1997): Dictionary of Canadian Place Names, Oxford University Press, Toronto, p. 280. (traduction)

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TERRITOIRES DU NORD-OUEST

Au début, le terme était utilisé librement pour désigner les vastes terres situées au nord-ouest du lac Supérieur. Plus tard, son aire d'application a été étendue au district administratif qui devait ensuite devenir la Saskatchewan et l'Alberta. Depuis le 1er janvier 1920, il désigne « la partie du Nord du Canada qui s'étend du Territoire du Yukon jusqu'à la baie d'Hudson et qui comprend l'île de Baffin, les îles de la baie James, la baie d'Hudson, le détroit d'Hudson et l'archipel Arctique ».

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 309. (traduction)

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YUKON

Ce territoire a été établi le 13 juin 1898. Cependant, le nom, d'origine amérindienne, a d'abord été appliqué à la rivière. Il provient de Yu-kun-ah, qui signifie « grande rivière ». Il a été noté pour la première fois en 1846 par John Bell (1799-1868), un employé de la Compagnie de la Baie d'Hudson, « qui a désigné le cours d'eau par ce qu'il croyait être son nom indien ».

Source : Hamilton, William B. (1978) : The Macmillan book of Canadian place names. Macmillan of Canada, Toronto, p. 309. (traduction)

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