Descriptions systématiques

Les descriptions systématiques des genres et des espèces devraient se conformer aux normes internationales et inclure les éléments d'information suivants (de préférence dans l'ordre dans lequel ils sont décrits ci-bas) :

  1. Le nom du taxon, partie qui comprend aussi le nom de l'auteur(e) ou des auteur(e)s (omission permise de la date dans le cas de synonymie).
  2. Le(les) numéro(s) de planche et de figure (dans le corps du texte ou à la fin de l'ouvrage).
  3. La synonymie (voir ci-bas).
  4. L'origine du nom (dans le cas d'un nouveau taxon).
  5. S'il s'agit d'un nouveau genre, désignation d'une espèce-type (nomenclature zoologique) ou d'un type (nomenclature botanique).
  6. S'il s'agit d'une nouvelle espèce, désignation claire d'un holotype et de tout autre spécimen-type utilisé dans la description de l'espèce. Selon les recommandations du Code international de nomenclature botanique (CINB), cette désignation doit suivre immédiatement la diagnose ou la description.
  7. La diagnose (pour un nouveau taxon) ou la description. Le Code international de nomenclature zoologique (CINZ) recommande la rédaction d'une diagnose pour tout nouveau taxon. Dans le CINB cependant, une diagnose ou une description peut servir à présenter un nouveau taxon. Il est conseillé aux auteur(e)s d'utiliser un style télégraphique (élimination des verbes, des articles et des phrases complexes) dans les descriptions systématiques. Cette pratique sauve beaucoup d'espace et se traduit par des descriptions succinctes.
  8. Une discussion ou des remarques dans le but de montrer en quoi un nouveau taxon est différent d'autres taxons similaires déjà nommés.
  9. Le(s) numéro(s) permettant de retracer le matériel. Les auteur(e)s peuvent spécifier le numéro de spécimen-type de la CGC et le numéro de localité de la CGC (par exemple «Hypotype GSC 65111, GSC loc. C-60126»).
    Plusieurs séries indépendantes de numéros existent pour les collections paléontologiques de la CGC; il est donc essentiel que chacune d'elles soit utilisée tel qu'il se doit et de façon consistante, afin d'éviter que les lecteurs(trices) et les autres paléontologues ne comprennent pas le système. Certaines séries ont des préfixes. Les numéros des spécimens répertoriés dans la Collection nationale des fossiles-types d'invertébrés et de plantes (CNFTIP) incluent un préfixe qui décrit la nature du spécimen-type, suivi de l'abréviation «GSC» (par exemple «Hypotype GSC 65111»). Les numéros de spécimes-types sont assignés par le(la) conservateur(trice) de la CNFTIP ou par le(la) paléontologue en chef.
    Les numéros de localité de la CGC servent généralement à identifier tant les localités d'échantillonnage que les spécimens qui ont été prélevés à ces localités; ils débutent par le préfixe «GSC loc.» ou «GSC locality». Règle générale, les numéros avec le préfixe «C-» sont donnés aux spécimens conservés à Calgary; «D-», à ceux conservés à Dartmouth; «O-», à ceux conservés à Ottawa (numéros supérieurs ou égaux à GSC loc. O-102540). Ces numéros sont assignés par le(la) conservateur(trice) de chacun des bureaux régionaux. Les numéros sans préfixe «O-» de certains anciens spécimens conservés à Ottawa garderont leur forme originale mais ne dépasseront jamais GSC loc. 102539. Quant à la série de numéros de la CGC pour les localités où ont été échantillonnées des plantes, aujourd'hui discontinuée, ils débutent par le préfixe «GSC plant locality». Finalement, dans les publications, les numéros de spécimens ne devraient pas inclure le ou les zéro(s) qui, aux premières étapes d'informatisation de la conservation, a(ont) été ajouté(s) au début de la série de chiffres pour satisfaire aux exigences de certains systèmes numériques de données.
    Toutes ces séries de numéros font que les risques de confusion sont grands. Veuillez garder en tête que la clarté est primordiale pour vos lecteurs(trices), même au prix de quelques phrases de plus. Les numéros publiés devraient correspondre à ceux sur les spécimens de même que dans les catalogues, dans l'information non publiée et dans les autres publications. Cela évitera ainsi la confusion pour vos collègues à venir et se traduira pas l'utilisation consistante d'un numéro unique tout au long de la période de référence à un spécimen et à sa localité.
    Le fait de publier des illustrations ou des noms de spécimens individuels nécessite que les échantillons correspondants soient conservés dans une collection de spécimens-types valide; il est donc atendu que les spécimens canadiens soient regroupés dans une collection canadienne. La Collection nationale des fossiles-types d'invertébrés et de plantes (CNFTIP) est celle qui se prête le mieux à la conservation des spécimens cités dans les publications de la CGC. Selon les règles du CINZ, la description de tout nouveau taxon doit comprendre un nom de collection.
  10. Au moins une illustration montrant les caractéristiques essentiels du taxon ou une référence à une illustration publiée auparavant.
  11. Selon le CINB, le nom d'un nouveau taxon doit être appuyé d'une description ou d'une diagnose, de la désignation d'un holotype et de l'association à une collection. De plus, depuis 1996, le nom d'un nouveau taxon de plante fossile doit être accompagné d'une description ou d'une diagnose en anglais ou en latin (art. 36.3). L'absence de ces éléments d'information invalidera tout nouveau nom.

Dans plusieurs descriptions systématiques, une synonymie est de mise, voire nécessaire. Dans une publication, une bonne synonymie accompagnant la description de nouveau matériel s'avère l'un des outils fondamentaux que les auteur(e)s ont pour présenter leur concept du taxon décrit. Tous les synonymes devraient comprendre les citations de leur source vérifiées par l'auteur(e) des publications originales. Les synonymes peuvent être listés par date de publication ou par nom de taxon. Il existe des différences entre la nomenclature zoologique et la nomenclature botanique, d'où les exemples donnés pour les deux sciences. Les synonymes peuvent être précédés d'abréviations qui les qualifient. En zoologie, les synonymes peuvent débuter par des abréviations de la notation de Richter (Matthews, 1973), lesquelles devraient être expliqués dans le texte (par exemple «vp*» dans la synonymie qui suit). Les formes suivantes de synonymie sont recommandées dans les publications de la Commission géologique du Canada :

  1895 Lytoceras (Gaudryceras) politissimum KOSSMAT, p. 128, Pl. 15, fig. 7a–c.
cf. 1909 Lytoceras (Gaudryceras) politissimumKossmat. KILIAN and REBOUL, p. 14, Pl. 1, fig. 7, 8.
aff. 1979 Anagaudryceras politissimum(Kossmat). KENNEDY and KLINGER, p. 154, Pl. 5, fig. 3, Pl. 7, fig. 2A–D, F.
vp* 1985 Anagaudryceras politissimum (Kossmat). MATSUMOTO, p. 23, Pl. 3, fig. 1–6, Pl. 5, fig. 5–8.

ou:
?Astropentagnathus irregularis MOSTLER, 1967, p. 298–300, Pl. 1, fig. 4.
Astropentagnathus irregularis Mostler. OVER and CHATTERTON, 1987, p. 10, Pl. 2, fig. 2, 3; cf. MÄNNIK and VIIRA, 1990, Pl. 17, fig. 24.
vp* Hadrognathus irregularis (Mostler). SCHÖNLAUB, 1971, p. 42, 43, Pl. 1, fig. 4, 11.

Peu importe le style de synonymie zoologique adopté parmi ceux décrits ci-haut, certaines annotations peuvent apparaître entre parenthèses :

élément-conodonte e
Oistodus nevadensis ETHINGTON and SCHUMACHER, 1969, p. 467, 468, Pl. 68, fig. 1-4, Fig. 5C (part.).
éléments-conodontes multiples
Ansella nevadensis (Ethington and Schumacher). FÅHRÆUS and HUNTER, 1985, p. 1175, 1176, Pl. 1, fig. 7, 10 (= e, b elements), Pl. 2, fig. 11a,b, 13a,b, 14 (= b, e, c elements), Fig. 2a–c (= e, c, b elements; includes synonymy); vp* BERGSTRÖM, 1990, p. 25, Pl. 1, fig. 11–14.
non Belodella sp. STOUGE in STOUGE and BOYCE, 1983, Pl. 6, fig. 2–8 (fig. 2, 3 = c, f elements of A. sinuosa; fig. 4–8 = c, a, e, f, b elements of A. jemtlandica).

L'exemple ci-dessous, respectant les règles de synonymie utilisé en botanique, donne une série de synonymes listés par date de publication :

1932 Sporonites bireticulatus IBRAHIM in POTONIÉ et al., p. 447, Pl. 14, fig. 1.
1933 Reticulati-sporites bireticulatus IBRAHIM, p. 35, Pl. 1, fig. 1.
1934 Reticulata-sporites bireticulatus (Ibrahim) LOOSE, Pl. 7, fig. 28.
1955 Reticulatisporites mediareticulatus auct. non Ibrahim. KNOX, p. 323, Pl. 18, fig. 253.
1967 Dictyotriletes bireticulatus (Ibrahim) Potonié & Kremp, 1955, emend. SMITH & BUTTERWORTH, p. 194, 195, Pl. 11, fig. 14, 15.

Il est à noter que dans l'exemple ci-dessus, il n'y a pas de point entre «(Ibrahim)» et «LOOSE» dans la citation de 1934, simplement parce qu'il s'agit d'une nouvelle combinaison de l'espèce par Loose. Si Loose ne faisait que citer l'espèce d'Ibrahim, il y aurait un point entre «(Ibrahim)» et «LOOSE». L'exemple ci-dessus montre aussi l'utilisation des abréviations latines et l'importance de citer les noms taxonomiques tels qu'ils sont écrits dans la source (y compris les traits d'union).

Selon le CINB, une mauvaise identification devrait être suivie des mots «auct. non» de même que du(des) nom(s) de(des) auteur(e)(s) original(aux)(ales) et sa référence bibliographique complète. Si le taxon mal identifié est un synonyme, sa citation devrait faire partie de la synonymie.

1955 Vallatisporites ciliaris (auct. non Luber) SULLIVAN, p. 370, Pl. 59, fig. 14, 15, Fig. 3.

ou:

1963 Klukisporites pseudoreticulatus auct. non Couper: SAAD, p. 121, Pl. 34, fig. 31.

Si le nom mal identifié a été auparavant et par erreur considéré comme un synonyme, ou pourrait l'être dans le futur, la citation ne devrait pas faire partie de la synonymie, mais la suivre tout en étant précédée du mot «non».

non 1955 Vallatisporites ciliaris (auct. non Luber) SULLIVAN, p. 370, Pl. 59, fig. 14, 15, Fig. 3.