Résumé
La tempête post-tropicale Noel a frappé le Canada atlantique les 3 et 4 novembre 2007. Les impacts des vagues ont été les plus violents le long de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse, principalement de Liverpool à la partie immédiatement à l'est de Clam Bay.
Les principaux paramètres qui différencient la tempête post-tropicale Noel des tempêtes tropicales précédentes comme l'ouragan Juan comprennent : un niveau d'eau plus bas, une plus importante formation de vagues océaniques, une durée prolongée de haute intensité des vagues, une force des vents inférieure, une orientation particulière des vagues et une plus grande étendue de littoral touchée. Les similitudes avec l'ouragan Juan comprennent l'occurrence : les deux sont survenus en automne et la nuit, et la tempête post-tropicale Noel a généré le même type de vagues et a frappé le même segment du littoral atlantique de la Nouvelle-Écosse.
Si cet événement s'était produit la semaine précédente alors que la hauteur des vagues printanières avaient de 40 à 50 cm de plus, il est fort probable que l'étendue des dommages côtiers aurait été comparable à celle de l'ouragan Juan et qu'ils se seraient étendus bien au-delà de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse.
La tempête post-tropicale Noel a dégradé l'état de toutes les rives étudiées. Seules la plage Conrads, qui était dans un cycle de rétablissement et de formation à plus long terme, et des parties de la plage Martinique ont pu mieux résister aux impacts érosifs des vagues. Des sections de la plage Martinique ont résisté à d'importants changements de la dune grâce à une rampe sablonneuse bien établie, plus haute et plus large. À la plage Hirtles, l'habitat de l'arrière-plage a été considérablement transformé, passant de l'eau douce à l'eau salée et à la plage Crescent, les dunes ont été définitivement altérées avec l'ajout d'un enrochement de protection. Les plages Cherry Hill et Cow Bay ont continué de se détériorer et de migrer vers l'intérieur des terres. Des parties de l'arrière-plage des plages Lawrencetown, Martinique et Hirtles ont été entaillées, ce qui les rend plus vulnérables aux ajustements rapides durant de futures tempêtes. Toutefois, les dommages au littoral auraient été beaucoup plus importants si la tempête post-tropicale Noel avait frappé lorsque la formation de sédiments sur les plages n'était pas en place, par exemple au début de l'hiver
En ce qui concerne toutes les brèches au cordon littoral étudiées, la crête de dune ou la crête de tempête vers la mer était abaissée de 0,4 à 1,4 m et poussée vers l'intérieur des terres de 5 à 8 m, et lorsque l'eau atteignait la lagune, les arrières-plages étaient étendues jusqu'à 10 m vers l'intérieur des terres. Les dunes étaient érodées de 1 à 8 m et jusqu'à 20 m lorsque des chenaux étaient creusés à travers les dunes.
Les vagues frappant des structures artificielles sur les plages peuvent augmenter les turbulences et l'affouillement local. Les vagues s'écrasant sur l'enrochement de protection et sur d'autres structures solides transportent des embruns, des rocs et des débris et causent des dommages aux routes et aux propriétés adjacentes. Les structures comme les enrochements de protection renforcent le littoral, mais elles ne peuvent pas empêcher les inondations dues à la mer et elles exigent un coûteux entretien à long terme.
Lorsque la hauteur des crêtes de plage et de dune était inférieure à 4,4 m, les vagues submergeaient et inondaient des zones à une distance allant jusqu'à 84 m dans l'arrière-plage. Lorsque les arrières-plages étaient plus hautes, les vagues déferlaient jusqu'à des élévations de 6 m à travers les dunes de sable recouvertes de végétation et possiblement jusqu'à 12 m sur les rives rocheuses lisses. Un sujet de réflexion concernant les lignes directrices de construction en Nouvelle-Écosse est de ramener les limites de 30 m de distance et de 2 m au-dessus du niveau de la marée haute!
Les accumulations de sable saisonnières typiques se sont rétablies dans la zone d'avant-plage de tous les cordons littoraux de sable ainsi que de sable et de gravier examinés en 2008. Le long de la partie centrale de la plage Crescent, la zone d'avant-plage était plus élevée que d'habitude, selon les levés effectués sur 30 ans, mais la haute plage est demeurée plus basse qu'en 2003. L'unique reconstruction observée dans l'arrière-plage consistait en des apports de sable éoliens isolés le long de tronçons des plages Conrads, Cherry Hill et Martinique, et la création de vastes dépôts laissés par la submersion par les vagues qui remplissaient une bonne partie de la lagune et du chenal de marée à la plage Cherry située à l'est de l'île Cooper. Cette zone basse submergée par les vagues continue sa progression vers l'est le long de la plage Cherry Hill.
Les deux cordons littoraux de gravier examinés ont été un peu remaniés par les vagues et leur crête et arrière-plage ont été reconstruites, mais en mai 2008, ils n'avaient pas atteint leurs niveaux d'avant la tempête Noel. Les vagues ont atteint des élévations maximales de 4,2 m, vers le tronçon est de la plage Miseners-Long et la crête a été l'objet d'érosion le long des tronçons ouest et est de la plage.
Le tronçon le plus élevé de la plage Cow Bay, à la ligne 3a, a été érodé. Le long de la crête de la plage, deux zones basses ont continué à s'étendre, ce qui en fait des sites susceptibles d'être l'objet de rupture à l'avenir. La partie de la brèche située à l'est face à la mer a été submergée à la marée haute, mais la partie vers l'intérieur des terres a été construite suffisamment haute pour éviter les inondations durant les marées hautes normales. À la brèche située à l'ouest, l'accumulation de sable se fusionnait avec les sédiments déposés à la faveur d'inondation dans le lac Cow Bay formant ainsi un vaste replat sableux.
Tous les chenaux recoupant les trois plages durant la tempête post-tropicale ont été élargis de 8 à 24 m. Les plages Hirtles et Lawrencetown étaient remplies suffisamment de sédiment pour prévenir la submersion continue par les vagues dans l'arrière-plage. Des vagues submergeaient plus fréquemment le chenal recoupant la plage Martinique, formant un vaste cône de débordement de 0,8 à 1,0 m d'épaisseur qui a agrandi le littoral estuarien de 20 m vers le nord.
Malgré la reconstruction observée le long de toutes les plages étudiées, celles qui ont été recoupées par des chenaux durant la tempête post-tropicale Noel sont restées juste au-dessus du niveau des hautes marées et sont extrêmement susceptibles d'être l'objet d'une autre rupture durant les futures tempêtes.