Réseau national d'observation côtière
Il existe quatre régions côtières au Canada : celles de l'Atlantique, de l'Arctique, du Pacifique et des Grands Lacs. La CGC a des stations d'observation côtière dans les trois premières régions et le long du lac Winnipeg, mais aucune sur les Grands Lacs. Elle y effectue des observations, prend des photographies et exécute des levés à répétition, afin de recueillir des données de référence sur les changements à court terme, à long terme et cycliques qui se produisent le long du littoral. L'information obtenue est archivée dans une base nationale de données côtières; elle sert à évaluer la réaction du milieu littoral aux variations des conditions naturelles et aux activités humaines, de même qu'à établir des lignes directrices aux fins de la gestion de la zone côtière.
Les ressources dont dispose la CGC pour observer le littoral du Canada sont limitées. Si vous êtes au courant des changements qui se produisent dans une portion de la côte ou qu'il vous est donné d'observer les impacts d'une tempête, par exemple, vous pouvez contribuer à enrichir notre base de connaissances sur la stabilité côtière.
Les sites d'observation côtière sont de courts segments du littoral où l'on mesure régulièrement l'ampleur des changements physiques. On choisira tel ou tel site parce qu'il représente :
- un type de rivage, par exemple une falaise, une plage, un marais
- une zone géographique, par exemple la Côte-Nord, l'Île du Prince Édouard
- un processus, par exemple des marées de grande amplitude comme celles de la baie de Fundy
- une entité particulière, comme un pingo
- le site d'une étude précédente, où des levés détaillés fournissent de bonnes données de référence.
Une série de numéros a été établie pour identifier les sites d'observation côtière dans chaque province et territoire du Canada (tableau 1). Dans les provinces ou les territoires ayant des îles qui comptent un grand nombre de sites d'observation, des sous ensembles de numéros ont été attribués aux différentes îles. Ainsi, en Nouvelle Écosse, les numéros 1 500 à 1 999 sont utilisés dans l'île du Cap Breton et les numéros 2 000 à 2 499, sur la côte de la Nouvelle Écosse continentale. Pour l'instant, aucune province ni aucun territoire ne compte plus de 200 sites d'observation.
| Province/territoire | Numéros des sites |
|---|---|
| Terre-Neuve | 1 à 499 |
| Nouveau-Brunswick | 500 à 999 |
| Île-du-Prince-Édouard | 1000 à 1499 |
| Nouvelle-Écosse | 1500 à 2499 |
| Québec | 2500 à 2999 |
| Ontario | 3000 à 3499 |
| Manitoba | 3500 à 3999 |
| Colombie-Britannique | 4000 à 4499 |
| Les territoires (Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Nunavut) | 5000 à 5999 |
Les positions géographiques des sites d'observation côtière ont été relevées sur une série de cartes. Pour chaque site, vous pouvez obtenir une photographie, un historique des levés et les coordonnées de la personne à contacter pour obtenir de plus amples renseignements. Il vous suffit de cliquer sur le bouton correspondant sur la carte ou de sélectionner le nom du site.
En Nouvelle Écosse, par exemple, des levés ont été exécutés plus d'une fois dans 123 sites d'observation (représentés par des points rouges). Dans 56 d'entre eux (15 dans l'île du Cap Breton et 41 sur le continent), les mesures sont échelonnées sur 15 ans ou plus. À l'aide de deux exemples choisis sur la côte atlantique de la Nouvelle Écosse, nous vous donnons un aperçu du genre de données recueillies dans un milieu de plage (plage Conrads) et dans un milieu de falaise (cap Story).
Dans chaque site d'observation côtière, on procède à une série de levés pour caractériser et cartographier le profil transversal et longitudinal de la côte ou de certaines entités côtières. Pour assurer l'uniformité et l'exactitude des résultats d'un levé à l'autre, on installe des repères de station en bois ou en métal à l'intérieur du site, par exemple dans l'arrière plage ou au sommet d'une falaise, ou encore sur une ligne de levé. Le lecteur est invité à consulter la section intitulée « Mise en place d'une station d'observation de falaise » pour en savoir plus sur la façon d'aménager un site d'observation côtière et mesurer les changements physiques qui s'y opèrent.
Les objets servant à matérialiser des stations s'appellent « bornes » ou « repères ». Un bon repère se caractérise par sa proéminence, sa stabilité et sa position bien définie. La Division des levés géodésiques du Canada recommande l'emploi du mot « repère » (« marker » en anglais) de préférence à « borne » (« monument » en anglais) pour désigner les objets qui servent à matérialiser des stations de contrôle. Elle recommande en outre de réserver le terme « repère de nivellement » (« benchmark » en anglais) aux objets qui matérialisent des stations altimétriques. Pour les levés en milieu côtier, on emploie une tige en métal couronnée d'un disque en aluminium qui porte l'inscription « Commission géologique du Canada » et un numéro d'identification unique compris entre 001 et 1 000. On se sert également de barres d'armature, de piquets de clôture et de jalons en bois (2x2). Dans la région de l'Arctique, on emploie des cairns, c'est à dire des amoncellements de pierres, en raison du pergélisol. Les repères utilisés dans les levés côtiers reçoivent par convention des numéros positifs s'ils se trouvent du côté de la mer par rapport au repère initial et des numéros négatifs s'ils se trouvent du côté de la terre ferme. Ainsi, sur une falaise, lorsque les repères BM1 et BM2 auront disparu par suite de l'érosion, les nouveaux repères installés successivement en s'éloignant de la mer seront désignés BM0, BM-1, BM-2, etc.
Dans le sud du Canada, beaucoup de repères de station ont été intégrés à un réseau provincial ou national, mais peu ont fait l'objet de levés dans l'Arctique. Le lecteur intéressé pourra obtenir des précisions sur le rétablissement ou le déplacement des repères en consultant une base de données qui n'est pas encore diffusée sur le Coastweb mais que l'on peut obtenir auprès de David Frobel.
La répétition des observations et des levés nous renseigne sur les changements qui affectent le milieu côtier; l'ampleur des changements physiques, les variations saisonnières de la morphologie littorale, les impacts des vagues ou de la glace de mer au cours des tempêtes; le temps qu'il faut à un littoral modifié par une tempête pour revenir à son état initial. D'autres renseignements sont recueillis au cours de chaque levé, notamment sur les variations de la composition sédimentaire des plages, la végétation et la présence d'entités particulières, comme des dunes et des gradins de plage; le niveau des crues; les formes creusées dans la plage, comme les chenaux de débordement et les brèches dans les cordons littoraux. À l'aide de deux exemples choisis sur la côte atlantique de la Nouvelle Écosse, nous vous donnons un aperçu du genre de données recueillies dans un milieu de plage (plage Conrads) et dans un milieu de falaise (cap Story).
