Visualisation pour la communication et la prise en compte des impacts des changements climatiques
Justification de l’activité
Au cours des récentes années, nous avons beaucoup appris sur les conséquences du changement climatique planétaire. Toutefois, l’écart s’est creusé entre l’accumulation des connaissances en cette matière et la capacité des collectivités à réagir et à s’adapter. La présente activité a pour but de combler cet écart en suggérant de nouvelles façons de mobiliser les collectivités par le biais de projets locaux de « visualisation ». À l’aide de la cartographie numérique et des données scientifiques disponibles, on peut créer des images réalistes des divers scénarios auxquels nos collectivités pourraient se trouver confrontées à l’avenir.
Leader: Sonia Talwar
Le sujet
Les pouvoirs publics canadiens doivent de toute urgence prendre des décisions concernant les stratégies d’adaptation et de planification en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). L’ampleur de ce défi exige la collaboration d’une multitude de disciplines ainsi que du grand public. Pourtant, peu de mécanismes sont déjà en place pour permettre aux collectivités canadiennes de traduire cette sensibilisation à l’urgence nationale et planétaire de la situation actuelle en a) plans locaux concrets et pratiques d’aménagement du territoire, et en b) processus de prise de décisions propices à l’élaboration de méthodes d’adaptation aux effets du changement climatique ou d’atténuation de ces effets.
Les collectivités du delta du Fraser (près de Vancouver) sont exposées aux risques d’une élévation du niveau de la mer et de la hauteur des ondes de tempête, et d’une augmentation de l’intensité des précipitations. Des travaux de recherche ont été effectués à ce propos sur le replat de marée de Roberts Bank, dans le delta du Fraser, dans le cadre de l’ancien programme de recherches de Ressources Canada intitulé Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique. Il s’agissait en particulier d’évaluer les facteurs physiques, écologiques et socioéconomiques influant sur la vulnérabilité de la région et d’élaborer des scénarios à long terme qui permettraient de réduire cette vulnérabilité.
Pour promouvoir une prise de conscience des répercussions du changement climatique, les chercheurs du programme « Renforcer la résilience face aux changements climatiques » ont participé à un projet financé par le réseau GEOIDE (Local Climate Change Visioning Project) à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et collaboré avec les fonctionnaires de la Corporation of Delta (site en anglaise seulement) à l’élaboration d’un processus collectif de « visualisation ». En utilisant des données sur l’élévation du niveau de la mer obtenues dans le cadre du programme « Renforcer la résilience », cette activité permet de visualiser les répercussions que pourrait avoir l’élévation du niveau de la mer sur Delta d’ici à 2100. Doublé d’un processus d’engagement collectif, le processus de visualisation permettra de sensibiliser la population public aux répercussions du changement climatique et d’alimenter le processus de prise de décisions.
Résultants
Des représentations visuelles ont été créées pour le replat de marée de Roberts Bank et pour Beach Grove, sur la baie Boundary, à Delta (Colombie-Britannique). Les scénarios se fondent sur la géographie locale, les politiques régionales en vigueur et les risques de changement climatique. Ils ont été élaborés à partir de données de l’administration locale, des membres du public et des chercheurs.
La prévision des effets du changement climatique exige de prendre en compte diverses possibilités et évolutions futures. Plusieurs résultats sont envisageables selon l’ampleur du changement climatique planétaire et la portée des mesures d’adaptation mises en place par la collectivité. Nous avons en conséquence imaginé quatre scénarios possibles de la situation du « monde de l’avenir » :
- Scénario 1 : Rien n’est fait (hausse de 175 % des émissions de carbone, et absence de tout plan ou politique efficace concernant le changement climatique).
- Scénario 2 : Adaptation au risque (hausse de 175 % des émissions de carbone, et planification de mesures d’adaptation pour réduire les risques d’impact).
- Scénario 3 : Développement efficace (hausse de 70 % des émissions de carbone, mise en place graduelle de politiques « vertes », adaptations planifiées semblables à celles du scénario 2).
- Scénario 4 : Mesures énergiques de développement durable (réduction de 85 à 100 % des émissions de carbone, mise en œuvre précoce de politiques de réduction des émissions, adaptations planifiées semblables à celles du scénario 2, mais dont la mise en œuvre est retardée).

Représentations visuelles de la zone de Beach Grove (Delta) à marée haute. À gauche : situation actuelle (2000); au centre : scénario 1 en 2100; à droite : scénario 4 en 2100. Images courtoisie de David Flanders (UBC).

Représentations visuelles de l’effet du changement climatique sur le replat de marée de Roberts Bank. À gauche : photographie aérienne d’une portion de la zone étudiée; au centre : niveau moyen de la marée, 2000; à droite : marée haute, en 2100, selon le scénario 1. Images courtoisie de David Flanders (UBC)
Le prochain volet de cette activité consistera en une étude de cas réalisée à Toronto et qui s’inspirera d’un projet de recherche mené dans le cadre du programme « Renforcer la résilience » (voir Impacts des îlots de chaleur dans la région du Grand Toronto) et de travaux menés par la Ville de Toronto et par le Toronto Clean Air Partnership (CAP) pour élaborer des représentations visuelles des îlots de chaleur et des inondations dont les risques sont accrus par le changement climatique et la concentration urbaine. L’équipe de l’étude de cas définira des scénarios du changement climatique en fonction du temps, en prenant en compte les variations de température et les émissions de GES par rapport aux objectifs stratégiques fixés.
Pour traiter des préoccupations suscitées par la chaleur en zone urbaine, les chercheurs de la UBC collaboreront avec leurs homologues de Ressources naturelles Canada, du CAP, d’Environnement Canada et de la Ville de Toronto pour délimiter les îlots de chaleur (à l’aide de l’imagerie thermique), les structures et la végétation urbaines connexes (à l’aide du lidar) et les synergies possibles d’adaptation ou d’atténuation. On établira des représentations visuelles correspondant à diverses stratégies de lutte pour divers types de voisinages, y compris la modification des structures, l’aménagement de toits et de murs verts, la foresterie urbaine et les surfaces à albédo élevé. Ces solutions seront mises à l’épreuve avec la collaboration des fonctionnaires municipaux et de groupes d’intervenants, et pourraient contribuer au plan de consultation publique de la Ville, Live Green (site en anglaise seulement).



