Exemples d'adaptation du programme RRCC

 

Pour s'adapter au changement climatique, les connaissances acquises de la recherche scientifique doivent être transférées aux planificateurs et aux décideurs. Les exemples suivantes sont des exemples de la façon dont les activités de recherches ont mené à la planification d'adaptation de changement climatique au Canada. Ces exemples illustrent l'importance de transférer la connaissance effectivement, et représentent certains des exemples de succès qui réduiront les impacts négatifs liés au changement climatique.

Impacts de l’élévation du niveau de la mer et des changements climatiques sur les régions côtières du Nouveau-Brunswick et du Québec

Une légère onde de tempête a frappé la côte du Nouveau-Brunswick en novembre 2002. Cette zone a été complètement inondée pendant une tempête en janvier 2000.
Une légère onde de tempête a frappé la côte du Nouveau-Brunswick en novembre 2002. Cette zone a été complètement inondée pendant une tempête en janvier 2000.

Les collectivités et écosystèmes côtiers du Canada sont vulnérables à l’élévation du niveau de la mer et aux impacts associés aux changements climatiques, comme les ondes de tempête, les inondations, l’érosion et l’intrusion d’eau salée dans les systèmes d’eau douce. Dans la zone côtière du golfe du Saint-Laurent, le niveau de la mer monte déjà de plus en plus vite, ce qui met en danger les collectivités, infrastructures et écosystèmes de la région. Cette zone, très importante pour la durabilité de l’écosystème, fait également face à une augmentation des pressions engendrées par le développement côtier. Par exemple, près de Moncton, l’augmentation de la demande en maisons avec vue sur la mer a mené à construire des résidences de prestige dans des zones à risque et à offrir des primes pour le remplissage et la conquête de milieux humides côtiers.

Une conserverie abandonnée sert de point de repère pour mesurer lérosion de la côte. Un habitant de lendroit se rappelle quà une certaine époque, on garait des camions côté mer de ce bâtiment.
Une conserverie abandonnée sert de point de repère pour mesurer l’érosion de la côte. Un habitant de l’endroit se rappelle qu’à une certaine époque, on garait des camions côté mer de ce bâtiment.

Bon nombre d’études et de mesures d’atténuation ont été entreprises pour aider les collectivités côtières du golfe du Saint-Laurent à s’adapter à l’élévation du niveau de la mer et aux impacts des changements climatiques. La Politique de protection des zones côtières pour le Nouveau-Brunswick est un premier exemple d’intégration de l’adaptation, c.-à-d. l’intégration des préoccupations en matière de changements climatiques dans la planification habituelle. Cette politique fournit un cadre pour l’adaptation et l’aménagement des zones côtières au niveau local. Les moyens d’adaptation spécifiques dépendent certes des conditions économiques et environnementales propres à la région, mais ils peuvent comprendre :

  • des politiques et stratégies de planification de l’utilisation des terres, comme le zonage, les retraits et les réserves, afin de gérer les activités humaines dans les zones côtières à risque;
  • des stratégies d’ingénierie visant la protection et la stabilisation, comme les brise-lames, les ouvrages longitudinaux et les structures de béton, afin d’empêcher les zones côtières d’être submergées

Dans le cadre d’un projet de recherche de trois ans (de 2003 à 2006) entrepris par des spécialistes de Ressources naturelles Canada, des modèles altimétriques numériques ont été mis au point pour identifier les zones vulnérables aux inondations, à l’érosion côtière et à l’élévation du niveau de la mer. L’un des points importants de la recherche était de déterminer quels impacts l’élévation du niveau de la mer et les tempêtes à venir auront sur les habitats vitaux et les espèces à risque. Les résultats de l’étude encouragent les pratiques de gestion durable et les stratégies d’adaptation.

De leur côté, l’Université de Moncton et l’Université du Québec à Rimouski ont intégré des collectivités côtières du Québec et du Nouveau-Brunswick dans un processus décisionnel centré sur la planification de l’adaptation aux changements climatiques. En effet, les collectivités côtières font face à des impacts différents et ont utilisé diverses mesures d’atténuation, souvent sous la forme de solides barrières pour lutter contre l’érosion. Cependant, les différences des facteurs géologiques et socioéconomiques font en sorte que les collectivités présentent des degrés divers de vulnérabilité aux risques liés au changement climatique. Par exemple, les agglomérations petites et isolées dont la population est en baisse et qui dépendent grandement de ressources naturelles de plus en plus rares ont tendance à être plus vulnérables que les collectivités comptant de solides leaders communautaires, plus proches des zones urbaines et dépendant moins des ressources naturelles.

Les chercheurs ont voulu accroître la résistance des collectivités côtières aux impacts des changements climatiques au moyen d’un processus de mobilisation communautaire. Les connaissances et perceptions locales ont donc été identifiées, les faits scientifiques présentés, et des stratégies d’adaptation mises au point par les membres des collectivités. Grâce à l’union des connaissances scientifiques et locales, les chercheurs et les participants ont conclu que les défis et les occasions étaient plus clairs, ce qui a permis d’orienter le choix des stratégies d’adaptation. Le processus de mobilisation a encouragé les collectivités à accepter de nouvelles solutions et à s’informer davantage sur les connaissances et incertitudes scientifiques. Il a également permis de renforcer les liens avec les décideurs. En gros, on a conclu que les citoyens, les décideurs et les scientifiques avaient tout intérêt à renforcer leurs réseaux, à apprendre des uns des autres et à prendre part aux processus de communication et de prise de décisions pour planifier les stratégies de développement durable et d’adaptation aux changements climatiques.

Diminution de l’approvisionnement en eau de l’Alberta

Les prévisions concernant les changements climatiques dans l’ouest du Canada indiquent qu’il y aura fort probablement une incidence, pour les villes comme Calgary, sur l’approvisionnement en eau provenant des rivières alimentées par les glaciers. Au début, le débit des rivières augmentera avec la fonte des glaciers, mais il risque fortement de baisser à long terme, à mesure que ceux-ci disparaîtront. Les ressources en eau de l’Alberta seront également malmenées par l’intensification de l’évapotranspiration due à l’élévation des températures de l’air, et par l’augmentation de la demande en eau due à l’allongement de la saison de croissance.

Ressources naturelles Canada collabore depuis 2004 avec la ville de Calgary pour quantifier les impacts que les changements climatiques risquent d’avoir sur son approvisionnement en eau et envisager des moyens d’adaptation pour assurer la durabilité de la ressource. Calgary s’est déjà basée sur les résultats de cette étude pour mettre au point une stratégie globale de gestion des eaux. La poursuite de l’utilisation des résultats des recherches est assurée, puisque le plan de travail 2009-2011 de la ville de Calgary mentionne que l’évaluation des impacts des changements climatiques est l’une de ses grandes priorités.

L’amélioration des infrastructures, la mise en place de mesures de protection des bassins hydrologiques et de conservation des eaux, ainsi que l’utilisation de nouvelles sources d’approvisionnement figurent parmi les stratégies d’adaptation envisagées pour réduire la vulnérabilité de Calgary aux changements de l’approvisionnement en eau. Par exemple, l’eau de pluie pourrait servir à irriguer les terres publiques ou être réutilisée en milieu urbain après avoir été convenablement traitée. En créant et en renforçant les liens entre ses programmes et services, la ville adopte une approche intégrée pour mettre au point ses stratégies d’adaptation aux changements climatiques.

La population de Calgary est entièrement tributaire des rivières Bow et Elbow pour satisfaire ses besoins en eau douce, ces rivières étant alimentées par les eaux de fonte de la neige et de glaciers des Rocheuses.

La population de Calgary est entièrement tributaire des rivières Bow et Elbow pour satisfaire ses besoins en eau douce, ces rivières étant alimentées par les eaux de fonte de la neige et de glaciers des Rocheuses.

Calgary collabore également avec le Comité sur la vulnérabilité de l'ingénierie des infrastructures publiques (www.cviip.ca/f/index_.cfm) pour évaluer sa vulnérabilité aux impacts des changements climatiques. Financé par Ressources naturelles Canada et Ingénieurs Canada, le CVIIP examine la vulnérabilité de l’infrastructure sous l’angle de l’ingénierie. Il met actuellement sur pied une méthodologie d’évaluation des bâtiments, des routes, des structures routières, des systèmes de gestion des eaux de pluie/usées et des ressources en eau. Une évaluation de la vulnérabilité totale de Calgary est prévue pour 2010.

Calgary est un excellent exemple de collectivité se préparant activement aux impacts des changements climatiques. Paul Fesko, directeur des services stratégiques du service des ressources en eau de Calgary, explique que les risques découlant des changements climatiques, dans la région, sont évalués et pris en compte dans toute la planification à long terme. En encourageant à conserver l’eau, en améliorant l’infrastructure et en explorant des possibilités innovatrices, Calgary assurera la durabilité de ses ressources en eau dans les régimes climatiques à venir.

Pour plus de renseignements :

Approvisionnement et demande en eau à Calgary – Planification dans le contexte du changement climatique

Comité sur la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques (CVIIP)

Institut Canadien des urbanistes: Municipal Case Studies

Élévation du niveau de la mer et delta du Fraser

La station de pompage de Mason, River Road, Delta, BC
La station de pompage de Mason, River Road, Delta, BC

Là où les changements climatiques se traduiront par un niveau de la mer plus élevé, des ondes de tempête plus hautes et des pluies plus intenses, on observera probablement une augmentation du risque que les digues débordent, entraînant de graves inondations dans la région de la vallée et du delta du fleuve Fraser. Une inondation majeure mettrait en danger plus d’un million de Canadiens et causerait des millions de dollars en dommages aux infrastructures, dont des liens de transport clés à partir du port de Vancouver. Une catastrophe de cette envergure aurait un impact majeur sur l’économie canadienne.

Les municipalités et le district Metro Vancouver revoient actuellement leurs infrastructures de défense contre les inondations (dont 600 km de digues, 400 canaux de drainage et 100 stations de pompage) et élaborent des plans pour gérer cette augmentation du risque. À cet égard, Delta et Richmond effectuent la vérification de la hauteur et de l’état des digues. Dans certains cas, on a déjà entrepris des travaux pour les renforcer. De plus, Metro Vancouver prévoit lancer une étude d’évaluation du risque de ses installations de traitement des eaux usées.

La station de pompage du marécage Chillukthan, dans le centre-ville de Ladner (C.-B.). On considère que ce marécage est un habitat de saumons.
La station de pompage du marécage Chillukthan, dans le centre-ville de Ladner (C.-B.). On considère que ce marécage est un habitat de saumons.

La défense contre les inondations est cruciale pour le district de Delta, situé dans la partie basse du delta du Fraser, qui comporte certaines zones de subsidence. Après avoir passé en revue son plan actuel de gestion des inondations, Delta a lancé une étude d’évaluation du risque pour déterminer la résistance de ses infrastructures aux inondations. L’étude mènera à une révision du règlement sur les plaines d’inondation, pour modifier le type de construction autorisée dans les zones comportant un risque d’inondation plus élevé. Delta a également commencé à surveiller le niveau de la mer dans le but d’atténuer cette menace pour son système de digues.

Une étude de Ressources naturelles Canada sur les incidences de l’élévation du niveau de la mer sur le district de Delta a permis de caractériser cette menace pour le delta du Fraser. Les spécialistes du programme Renforcer la résilience face aux changements climatiques continuent d’offrir de nouveaux renseignements sur l’élévation du niveau de la mer et la subsidence (qui augmente les risques d’inondation) et des données facilitant la visualisation et favorisant la sensibilisation du public. Ressources naturelles Canada a également collaboré avec la Colombie-Britannique pour produire un rapport fournissant de l’information régionale sur l’élévation du niveau de la mer dans la province, dans le but d’évaluer les risques similaires pour d’autres agglomérations côtières. Le rapport, Projected Sea Level Changes for British Columbia in the 21st Century, est une synthèse d’un rapport technique produit par Ressources naturelles Canada et Pêches et Océans Canada.

Pour plus de renseignements:

Projected Sea Level Changes for British Columbia in the 21st Century