Une forêt dynamique

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De tout temps, les forêts se sont adaptées à leur environnement. Il y a à peine 10 000 ans, la vallée du Saint-Laurent était couverte par une toundra arctique alors que les glaciers amorçaient leur dernier retrait. Avec un taux de progression estimé à environ 50 km par siècle, les forêts ont lentement repris le territoire que libérait la fonte des glaces. Aujourd'hui, la diversité des forêts qui couvrent le Québec reflète en grande partie la distribution du climat actuel sur le territoire.

Répartition des régions Écoclimatiques au Québec - La projection du déplacement des régions sous un climat 2 x CO2 Ecological Stratification Working Group, 1995, Pierre Bernier, Canadian Forest Service

Répartition des régions Écoclimatiques au Québec - La projection du déplacement des régions sous un climat 2 x CO2 Ecological Stratification Working Group, 1995, Pierre Bernier, Canadian Forest Service

Le paysage forestier du Québec pourrait se transformer en réaction aux changements climatiques projetés. On s'attend à ce que les conditions climatiques changent à un rythme jamais atteint au cours des 10 000 dernières années, et que ces changements soient plus rapides que la capacité de la végétation à se déplacer. Les effets des stress qui seraient engendrés sur les forêts sont difficiles à prévoir, mais ils ont le potentiel de modifier la composition des écosystèmes forestiers, particulièrement à leur limite sud.

Forêt du Québec méridional (Pierre Bernier, Service canadien des forêts)

Forêt du Québec méridional

(Pierre Bernier, Service canadien des forêts)

Dans son ensemble, un réchauffement du climat pourrait, à très long terme, pousser plus au nord la limite actuelle des forêts en changeant graduellement l'abondance et la distribution des espèces. Malgré les recherches en cours, la prédiction des effets des changements climatiques sur la forêt est encore difficile. Le mot d'ordre est donc vigilance.



Longicorne asiatique (Cornell University, New York)

Longicorne asiatique

(Cornell University, New York)

Un climat plus chaud et plus humide devrait favoriser la croissance des forêts, mais pourrait cependant nuire à la régénération de certaines espèces. Les prédictions les plus récentes suggèrent la possibilité d'une augmentation des précipitations au Québec, donc une réduction des feux de forêt. Cet effet bénéfique pourrait cependant être annulé par une importance accrue des ravageurs forestiers locaux et exotiques.



Le saviez-vous?
Les changements climatiques ne sont qu'une des facettes de ce qu'on nomme les changements globaux. L'introduction de ravageurs exotiques comme le longicorne asiatique et le grand hylésine des pins s'accélère avec l'augmentation des échanges commerciaux. Ces introductions constituent une menace réelle pour nos forêts. La multiplication d'épisodes climatiques extrêmes rend les écosystèmes plus vulnérables à un grand nombre de ravageurs.

Références

Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995 : Cadre écologique national pour le Canada; Agriculture et Agroalimentaire Canada et Environnement Canada, Régions écoclimatiques du Canada, échelle 1 / 7 500 000.

Rizzo, B. et Wiken, E., 1992 : Assessing the sensitivity of Canada's ecosystems to climatic change; Climatic Change, v. 21, p. 27-55.



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