Projet des Appalaches

La recherche prévue dans le cadre du projet des Appalaches de l’IGC-3 est axée sur l’approfondissement des connaissances géoscientifiques fondamentales sur le centre de Terre-Neuve (principalement la ceinture de Buchans-Robert's Arm, le supergroupe de Victoria Lake et la péninsule Baie Verte) et le camp minier de Bathurst, au Nouveau‑Brunswick. La ceinture mobile centrale de Terre‑Neuve et le camp minier de Bathurst sont deux des plus importantes zones de métaux communs au Canada. Il est toutefois difficile de trouver de gros gisements dans ces zones, car la géologie y est complexe et l’expression en surface, rare. Il faudrait donc y mener des études géologiques de base, conjuguées à de nouvelles techniques, pour stimuler l’exploration et améliorer les possibilités de découverte.

La géologie du substratum rocheux dans le camp minier de Bathurst est bien connue en surface, ce qui n’est pas le cas en profondeur. Grâce à de meilleures données tridimensionnelles sur les structures géologiques, il sera plus facile de trouver des horizons minéralisés, même dans des zones jusqu’ici inintéressantes (p. ex. sous la couverture carbonifère). L’exécution de nouveaux levés géophysiques stratégiques et l’utilisation des nombreuses données disponibles permettront de concevoir un modèle structural régional tridimensionnel du camp minier de Bathurst et de mieux représenter la géologie superficielle en profondeur.

On a entrepris un nouveau levé gravimétrique terrestre d’après un quadrillage nominal de 1 km (modifié en fonction des contraintes d’accès), conjugué à un certain nombre de levés gravimétriques à haute résolution, au-dessus de structures particulières. Bien que la carte des anomalies de Bouguer dressée consécutivement représente de nombreuses entités géologiques importantes du camp minier, dont le synforme de Nine Mile, la « nappe de schistes bleus » et le granite de Pabineau, aucune structure interne n’y est délimitée clairement au sein du principal édifice felsique dans lequel la plupart des minéralisations de SMV se trouvent. Cependant, la carte de la dérivée verticale première présente une corrélation remarquable entre des zones d’intérêt et des concentrations élevées de SMV. Les horizons de sulfures massifs sont trop petits pour être détectés de manière constante à la résolution de levé employée. On croit donc que l’effet observé serait lié à la métasomatose associée aux réseaux de fluide producteurs de SMV.

On a entrepris de conjuguer les données gravimétriques obtenues à des données géophysiques et des données sur les propriétés de la roche, afin de concevoir un modèle géophysique tridimensionnel qui facilitera la production d’une série de coupes transversales de parties du camp minier de Bathurst importantes sur le plan structural ou économique. Un SIG tridimensionnel sera mis au point afin de tenir compte des données géologiques des coupes transversales et des inversions de la modélisation géophysique, ce qui mènera à l’élaboration d’un modèle structural tridimensionnel de tout le camp minier.

Pour trouver des métaux communs dans la ceinture mobile centrale de Terre-Neuve, il est crucial de disposer de données géologiques détaillées sur son contexte structural local et régional, stratigraphique et tectonique. La ceinture de Buchans-Robert's Arm compte un certain nombre d’anciennes mines de métaux communs et une zone où l’on effectue actuellement beaucoup d’exploration. Pourtant, sa géologie demeure en grande partie inconnue au-delà des environs immédiats des mines. L’exécution de travaux géochimiques, géochronologiques et géophysiques stratégiques, ainsi que d’activités de cartographie détaillée, permet d’extrapoler d’après des séquences bien délimitées à la grandeur de la ceinture et pourrait contribuer à orienter les travaux d’exploration à venir.

Le groupe de Buchans se caractérise par la présence dans ses strates inférieures de granodiorite, de rhyolite et de basalte d’arc de nature calcoalcaline. Ces roches sont recouvertes par une séquence de rhyolite et de basalte de nature calcoalcaline qui renferme un horizon stratigraphique clé caractérisé par un conglomérat à blocs volcanogène et granitoïde et par une importante minéralisation en SMV. Par contraste, le groupe de Red Indian Lake Group se caractérise par la présence à sa base d’une séquence de basalte d’arrière-arc tholéitique s’apparentant à un bassin, sous une séquence d’arc bimodale volcanogène de conglomérat-brèche et de matière calcoalcaline. Les différences isotopiques entre le samarium et le néodyme, l’héritage du zircon et les relations stratigraphiques laissent supposer que les groupes de Buchans et de Red Indian Lake se sont formés sur des séquences de socle périlaurentiennes très distinctes. Par contre, l’évolution tectonique de ces groupes, qui est présumée d’après ces renseignements et des données géochimiques, laisse croire à une formation complémentaire sur le plan cinématique. Nous posons comme hypothèse que les groupes de Red Indian Lake et de Buchans étaient initialement équivalents dans leur direction générale. La reconstitution des relations d’origine entre les réseaux d’arc a beaucoup d’incidence en ce qui concerne la formation de la marge laurentienne, le potentiel minéral des terranes et la répartition des gisements minéraux.

La péninsule Baie Verte repose sur des roches cambro-ordoviciennes de la marge continentale laurentienne et des ophiolites ordoviciennes, qui renferment par endroits des minéralisations en SMV qui ont été poussées sur la marge pendant l’orogenèse taconique. Les ophiolites gisent sous une séquence volcanique mafique-felsique de l’Ordovicien inférieur. Le soulèvement et l’érosion de la marge continental d’accrétion et de sa couverture ont précédé un épisode de volcanisme continental datant du Silurien inférieur, avant l’orogène salinique et à une déformation par décrochement moins ancienne. 

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :

Dr Neil Rogers