L'agrile du frêne - Vidéo

 

NARRATEUR :
Voici l’agrile du frêne, petit coléoptère de couleur verte qui a tué des millions de frênes dans le Sud de l’Ontario,  certaines régions du Québec et le Nord‑Est des États‑Unis depuis que sa présence a été décelée pour la première fois à Windsor, en Ontario, en 2002. Les spécialistes croient que cet insecte volant, qui ne mesure que 8,5 à 14 millimètres de long, est arrivé en Amérique du Nord dans les emballages de bois provenant d’Asie.

BARRY LYONS :
Les agriles pondent leurs œufs sur les troncs d'arbre, sous les plaques ou dans des fentes de l'écorce. Par la suite, les minuscules larves qui émergent des œufs grugent un chemin dans l'écorce pour atteindre la surface du bois. Les larves se trouvent ainsi dans l'interface entre le bois et l'écorce et elles commencent à creuser des galeries dans cette zone. Le tissu de l'arbre dans cette zone est très important pour le transport des nutriments vers le haut et vers le bas de l'arbre et pour amener l'eau vers le haut de l'arbre. Ainsi, à mesure que les larves se nourrissent, elles endommagent les vaisseaux qui transportent les fluides et elles étouffent ainsi l'arbre, qui finit par en mourir.

NARRATEUR :
Les signes de l’infestation d’un arbre par l’agrile du frêne sont nombreux : la cime devient clairsemée, de longues pousses apparaissent sur le tronc ou les branches, il y a des petits trous de sortie en forme de « D » et, sous l’écorce, on trouve des galeries sinueuses remplies d’une fine poudre de bois.

BARRY LYONS :
De plus, les arbres en Asie ont co-évolué avec cet insecte et ils ont élaboré certains produits chimiques et différents types de défenses qu'ils peuvent utiliser pour prévenir les infestations ou du moins les limiter. En Amérique du Nord, nos arbres ne disposent pas de ces moyens de défense et ils sont donc très sensibles aux attaques. De plus, nous n'avons pas un si grand nombre de parasites et de prédateurs s'intéressant à cet insecte. Leur petit nombre s'est attaqué à l'agrile du frêne, mais il ne semble être en mesure de contrer la propagation de cet insecte.

NARRATEUR :
On procède à des relevés régionaux pour détecter rapidement les infestations. Pour ce faire, on installe dans le feuillage des frênes des pièges en forme de prisme, de couleur verte et enduits de colle. Les pièges sont appâtés avec une substance chimique naturelle libérée par les feuilles de l’arbre qui attire l’agrile et permet de le capturer.

Dans une forêt d’essai, aux environs de Sarnia, en Ontario, Barry Lyons et ses collègues ont mené des expériences biologiques susceptibles d’aider à enrayer la propagation de l’agrile du frêne en lui opposant des ennemis naturels comme des organismes pathogènes fongiques qui sont indigènes.

BARRY LYONS :
Nous avons mis au point quelques techniques de piégeage qui utilisent des pièges à capture vivante dans lesquels le coléoptère est d'abord pris au piège, puis il traverse le piège dans lequel il absorbe une dose de champignon, puis s'envole et meurt sous l'effet du champignon présent dans le piège. Mais nous espérons aussi qu'il va transmettre ce champignon à ses partenaires de reproduction ou à d'autres membres de son espèce qui mangent la surface des feuilles et peut-être même transmettre le champignon à leurs œufs et toucher ainsi la prochaine génération.

NARRATEUR :
En attirant les insectes dans un piège plutôt qu’en vaporisant un pesticide sur l’arbre tout entier, les chercheurs ciblent l’agrile du frêne, sans beaucoup nuire aux autres espèces qui habitent l’arbre.

Nous pouvons aider à ralentir la propagation de l’agrile du frêne au Canada en évitant de déplacer le bois de chauffage. Par ses propres moyens, l’agrile ne se déplace pas très loin. Caché dans le bois de chauffage, par contre, il peut couvrir de grandes distances.