Nouveau laboratoire sur la recherche d'insectes forestiers nuisibles - Vidéo

 

NARRATION: Chaque année, de vastes portions des forêts canadiennes sont ravagées par les insectes nuisibles. Selon des données récentes, ces insectes endommagent chaque année, au Canada, 400 000 hectares de forêt, ce qui équivaut à plus des deux tiers de la superficie de l’Île-du-Prince-Édouard et à presque la moitié des 930 000 hectares exploités annuellement par l’industrie forestière. De plus, le bois des peuplements touchés est de moindre qualité.

Les coûts écologiques et économiques associés à ces insectes suscitent de plus en plus de préoccupations, particulièrement avec l’intensification du commerce international et la hausse des importations de bois et de produits du bois, qui renferment parfois des insectes exotiques nuisibles risquant de s’établir dans les forêts canadiennes.

Pour lutter contre ces insectes nuisibles, Ressources naturelles Canada a adopté une stratégie dynamique et proactive en mettant sur pied un nouveau laboratoire dans son Centre de foresterie des Grands Lacs, à Sault Ste. Marie, en Ontario.

Ce nouveau laboratoire de production d’insectes et de mise en quarantaine est unique en son genre au Canada. À la fine pointe de la technologie, il sera d’une grande importance pour le Canada, qui souhaite respecter ses engagements envers la santé et la durabilité des écosystèmes forestiers.

À première vue, l’objectif du nouveau laboratoire semble simple : lutter contre les insectes nuisibles exotiques et indigènes qui menacent les forêts canadiennes.

Cet objectif soulève cependant des défis complexes, explique John Dedes, chercheur au laboratoire.

JOHN DEDES : En ce qui concerne les insectes nuisibles, c’est lorsqu’ils entrent dans un écosystème auquel ils n’appartiennent pas que nous connaissons certains problèmes. Ni prédateur, ni rien n’est habitué à attaquer ces insectes particuliers et ainsi, ils peuvent livrer bataille pour les mêmes ressources que les insectes indigènes tentent d’obtenir. Et tant que les prédateurs n’ont pas commencé à se croiser et à réaliser qu’ils sont également une source de nourriture, la situation pourrait avoir de fortes répercussions sur l’écosystème.

NARRATION: John Dedes et l’équipe de recherche du nouveau laboratoire utilisent des technologies et des systèmes de pointe pour créer des colonies d’insectes envahissants, que d’autres chercheurs pourront utiliser pour mettre au point des stratégies écologiques contre ces insectes.

JOHN DEDES : Nous fournissons donc aux chercheurs des insectes pour qu’ils élaborent ces types de stratégies de contrôle, ou pour qu’ils effectuent des essais biologiques sur les insectes afin de vérifier si un certain produit fonctionne bien, ou si les papillons nocturnes adultes que nous élevons sont attirés par un certain piège sexuel, ce genre de choses.

NARRATION: Le nouveau laboratoire de 1 600 mètres carrés, inauguré en 2011, comporte quatre aires de recherche. Comme son nom l’indique, le laboratoire est principalement voué à la production et au maintien en quarantaine de diverses espèces d’insectes. Ces travaux sont effectués dans des salles blanches équipées de systèmes de contrôle hautement spécialisés. Peter Ebling, gestionnaire de l’Unité de production d’insectes, décrit la structure particulière du laboratoire.

PETER EBLING : Notre installation est divisée en quatre zones différentes. Nous avons une zone de production domestique. Comme le nom l’indique, il s’agit d’une zone où nous produisons des insectes forestiers domestiques. Nous avons un établissement de quarantaine. Il s’agit d’un établissement de quarantaine de niveau 2 servant au travail et à l’élevage d’insectes exotiques envahissants qui ne proviennent pas du Canada. Maintenant, nous avons également ce que j’appelle une zone d’utilisation variable. Il s’agit d’une zone que nous pouvons utiliser pour des activités de recherche de nature domestique ou de quarantaine. Notre installation comporte également le Centre des espèces envahissantes qui constitue une entité à but non lucratif financée par le ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. L’assainissement est un élément clé de nos activités quotidiennes, à la fois dans nos zones domestiques et de quarantaine. Nous utilisons des éléments tels qu’un revêtement époxydique sur nos murs, un plafond époxydique, un plancher époxydique mis à l’essai et des coins à gorge. Tous ces éléments nous permettent de laver régulièrement nos installations avec nos agents nettoyants. Ils éliminent les rainures et les crevasses où la saleté peut s’accumuler. Nous prévoyons qu’au cours des prochaines années, il faudra une infrastructure pour accroître les espaces de quarantaine, et notre installation a été conçue de manière à ce que nous puissions utiliser des espaces qui étaient initialement consacrés à l’élevage domestique et les transformer en zones d’élevage d’insectes envahissants ou de recherche en quarantaine. Nous pouvons simplement le faire en fermant certaines portes, en installant des alarmes, en ouvrant d’autres portes et en changeant notre pressurisation d’air pour la faire passer d’une pression positive, qui est nécessaire dans la zone pour les espèces domestiques, à une pression négative, qui est nécessaire dans l’établissement de quarantaine.

NARRATION: Le nouveau laboratoire offre aux chercheurs et aux principaux partenaires de Ressources naturelles Canada l’espace dont ils ont besoin pour maintenir des colonies d’espèces nuisibles indigènes et exotiques. Ces colonies serviront bien entendu à fournir du matériel aux chercheurs travaillant sur place.

PETER EBLING : Maintenant, les insectes que nous produisons sont en grande demande, car ils sont de très bonne qualité grâce aux systèmes de gestion de qualité que nous avons mis en place pour effectuer des essais de contrôle de la qualité. Nous faisons beaucoup d’essais de contrôle de la qualité pour chaque cohorte d’insectes que nous produisons, ainsi que les milieux nutritifs artificiels que nous produisons et soutenons pour ces insectes.

JOHN DEDES : Nous produisons des milieux nutritifs artificiels pour subvenir aux besoins de nos propres colonies d’insectes, mais nous distribuons également ces milieux nutritifs artificiels à d’autres centres de recherche en foresterie du gouvernement fédéral, à des universités et à des centres de recherche privés de partout au Canada et aux États-Unis. Nous commençons à distribuer également ces milieux nutritifs artificiels en Europe. Normalement, si les clients commandent des insectes, ils commandent aussi le milieu nutritif qui convient à ces insectes.

NARRATION : Il est essentiel que le nouveau laboratoire atteigne ses objectifs et permette d’éliminer les espèces établies, de repousser les nouvelles espèces avant qu’elles ne s’établissent et de mettre au point des solutions novatrices pour limiter les dommages. Il en va de la santé des forêts du Canada.