Soutenir l’infrastructure aéroportuaire dans le Nord canadien

Par Chantal Hunter

Les scientifiques étudient les conditions du pergélisol et du sol à l’aéroport international d’Iqaluit, au Nunavut, pour aider à assurer le transport sécuritaire des gens, des biens et des services à destination et en provenance du Nord canadien.

Les aéroports jouent un rôle clé dans le Nord canadien

Image de l’affaissement associé aux plans d’eau historiques couverts par l’infrastructure de l’aéroport

Affaissement associé aux plans d’eau historiques couverts par l’infrastructure de l’aéroport

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Les aéroports jouent un rôle important dans le maintien de l’accès aux collectivités et aux endroits éloignés du Nord et sont essentiels au transport des travailleurs et des fournitures.

Toutefois, en raison du réchauffement climatique, des facteurs tels que le dégel du pergélisol ont une incidence sur la sécurité et la durabilité des infrastructures comme les aéroports et les routes. Par exemple, le réchauffement qui cause le dégel du pergélisol sous une voie de circulation d’un aéroport peut rendre cette dernière instable et susceptible de s’affaisser.

Étude du pergélisol à l’aéroport international d’Iqaluit

Image d’un scientifique de la CGC recueillant les données de surveillance du pergélisol à Iqaluit, au Nunavut

Scientifique de la CGC recueillant les données de surveillance du pergélisol à Iqaluit, au Nunavut

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Anne-Marie Leblanc, géoscientifique en pergélisol avec Ressources naturelles Canada (RNCan) et son équipe, en partenariat avec le Bureau géoscientifique Canada-Nunavut et le Centre d’études nordiques de l’Université Laval, ont entrepris récemment un projet de recherche conjoint sur la sensibilité des conditions du pergélisol et du sol à l’aéroport international d’Iqaluit où des rénovations majeures sont actuellement entreprises.

L’aéroport international d’Iqaluit représente la plaque tournante du transport pour l’Est de l’Arctique canadien. Construit au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a été touché depuis sa réalisation par des questions de stabilité, telles que le tassement dû au dégel.

Malgré les nombreuses études techniques entreprises au fil des ans pour résoudre les problèmes locaux sur le site de l’aéroport, les connaissances importantes sur les conditions locales du sol et la sensibilité du pergélisol étaient rares et n’étaient pas bien intégrées aux autres facteurs environnementaux. Les interactions entre les conditions du sol, l’infrastructure et les conditions environnementales et climatiques étaient également mal comprises.

Étudier les conditions du pergélisol

Image montrant les dommages causés par le dégel du pergélisol à l’aéroport international d’Iqaluit

Dommages causés par le dégel du pergélisol à l’aéroport international d’Iqaluit

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Pour combler les lacunes dans les connaissances à l’aéroport international d’Iqaluit, les scientifiques ont entrepris des recherches géoscientifiques sur les conditions du pergélisol de l’aéroport, sa sensibilité au tassement dû au dégel et les processus physiques faisant partie de la dégradation du pergélisol.

Les chercheurs ont utilisé diverses données géoscientifiques pour évaluer les conditions. Cela comprenait la cartographie écologique et des sédiments de surface. La télédétection de l’affaissement du sol a aussi été utilisée pour déterminer les dangers éventuels. Ces initiatives ont été appuyées par des validations sur le terrain, des levés géophysiques et des mesures du pergélisol.

« Les résultats de nos recherches se sont traduits par des décisions techniques prises par le gouvernement du Nunavut et ses partenaires qui seront avantageuses pour le projet d’amélioration de l’aéroport international d’Iqaluit et, aideront à prolonger la vie d’un élément essentiel à l’infrastructure du Nord », indique Greg Oldenborger, chercheur scientifique de la Commission géologique du Canada de RNCan.

Les activités de recherche ont permis de déterminer les secteurs d’affaissement du sol à l’échelle locale et régionale et d’établir un lien entre ces observations et les processus hydrologiques et du pergélisol, ce qui s’est soldé par l’abandon d’une voie de circulation problématique. De plus, comme le secteur d’étude comprenait une variété de terrains, les connaissances acquises grâce à ce projet seront aussi inestimables pour le développement et l’entretien des autres infrastructures du Nord, telles que les routes et les aéroports dans des régions ayant des caractéristiques similaires.

« Les changements climatiques engendrent des modifications importantes dans le Nord canadien, affirme Greg Oldenborger. RNCan, avec ses partenaires universitaires et territoriaux, offre des connaissances géoscientifiques pour appuyer la planification, la gestion des risques et les mesures d’adaptation pour les projets de création et de gestion d’infrastructures dans tout le Nord canadien ».

Pour de plus amples renseignements, consultez le site Web de Ressources naturelles Canada.

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