Les scientifiques de RNCan installent un système de surveillance des tremblements de terre à Haïti
Par Marisa Brennan
mars 2010
Bien qu’Haïti ne se soit pas encore remis d’une série de séismes dévastateurs, le pays montre des signes de rétablissement à court terme. Alors que les équipes d’intervention immédiate commencent à se retirer, les efforts de reconstruction des zones sinistrées s’amorcent — et Ressources naturelles Canada (RNCan) leur prête main forte.
En collaboration avec le gouvernement haïtien et les organismes externes, la Commission géologique du Canada (CGC) a détaché une équipe à Port-au-Prince pour installer le premier réseau de surveillance des séismes d’Haïti. Ce réseau surveille et localise les répliques sismiques — une information cruciale pour comprendre les dangers sismiques à Haïti.
Le réseau, qui consiste en trois stations de surveillance situées à Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne, détecte les secousses le long de la faille Enriquillo-Plaintin Garden, celle qui a subi une rupture pendant le tremblement de terre principal. Chaque station diffuse continuellement par satellite des données à l’administration centrale de RNCan à Ottawa. De là, l’information est partagée avec la U.S. Geological Survey (USGS) (en anglais seulement), qui aide à détecter et à localiser les tremblements de terre avec précision.

Maurice Lamontagne, de RNCan, donne une présentation sur la sensibilisation aux tremblements de terre.
Pourquoi étudier les dangers sismiques?
Le séisme d’intensité 8,8 qui a frappé le Chili était bien plus fort que celui d’intensité 7,0 de Haïti. Pourtant, il n’a pas causé autant de dommages, en partie grâce aux codes du bâtiment très stricts qui ont été établis après que le plus important tremblement de terre du vingtième siècle, un séisme colossal d’intensité 9,5, avait dévasté le pays en 1960. Haïti a été frappé plus durement parce qu’il n’y avait pas de code du bâtiment en place au pays au moment du séisme et que la plupart des structures n’avaient pas été conçues pour absorber les secousses sismiques.
Comme Haïti est situé dans une zone sismique à haut risque, les immeubles doivent y être préparés à résister aux séismes potentiels les plus forts. « Le projet démarrera une collecte de renseignements nécessaires pour produire des cartes des dangers sismiques importants pour Haïti qui donneront aux ingénieurs la possibilité de concevoir des immeubles capables de protéger la population des tremblements de terre, » a déclaré David McCormack, chef du Service canadien d’information sur les risques du Secteur des sciences de la Terre (SST) et chef d’équipe pour RNCan à Haïti. L’information recueillie par le réseau sera incorporée dans des cartes de dangers sismiques qui pourront être utilisées pour élaborer les normes des codes du bâtiment.
Le projet établira un registre exact des tremblements de terre à Haïti qui aidera les scientifiques à cerner les futures tendances liées au tremblements de terre. « Nos données sur la séismicité à Haïti sont limitées parce que les séismes précédents ont été enregistrés à des distances éloignées et que nous n’étions pas en mesure de détecter les secousses les plus faibles, explique David. Le réseau de surveillance sismique est essentiel pour bien comprendre les dangers sismiques, surtout en ce qui concerne la capitale, Port-au-Prince, qui est la ville la plus densément peuplée. »
Sensibilisation accrue aux tremblements de terre
Pendant qu’elle se trouvait à Haïti, l’équipe a transmis son expertise sur les séismes d’une autre façon, soit en donnant plusieurs présentations éducatives à quelque cent travailleurs d’aide du Canada et de l’étranger, membres du personnel d’ambassades et autres personnes intéressées. Les présentations visaient à donner une meilleure compréhension générale des tremblements de terre, à régler les problèmes et à aborder les préoccupations. « Les présentations ont aidé à calmer les incertitudes naturelles qui ont suivi le séisme du 12 janvier. Les gens ont grandement apprécié », a déclaré David.
Quelle est alors la prochaine étape? David dit que les projets s’étendent bien au‑delà des installations en Haïti. Le réseau continuera de diffuser des données sismiques de façon autonome, ce qui permettra aux scientifiques spécialisés en séismes de RNCan et de l’USGS de surveiller la région de près. Il espère que les trois stations de surveillance seront éventuellement remplacées par un réseau permanent dirigé par le gouvernement haïtien.
Pour de plus amples renseignements sur le projet et pour voir la surveillance sismographique en temps réel à Haïti, visitez le site Web de Séisme canada.
