La station-relais pour satellites d'Inuvik épaule la Stratégie pour le Nord du Canada
Par : Terence Martin
octobre 2010
L'antenne parabolique de 13 mètres utilisée par la station-relais pour satellites d'Inuvik pèse plus de 6 000 kg.Dans les hautes latitudes de l’Arctique occidental, près de la ville d’Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, une immense antenne parabolique suit un satellite orbitant au-dessus d’elle. Avant qu’il ne soit hors de portée, le satellite d’observation de la Terre relaie à l’antenne une image radar des glaces de mer. Les scientifiques chargés d’étudier les changements climatiques utiliseront cette image pour mieux comprendre l’évolution des conditions de glace à la file des années.
L’antenne parabolique fait partie des installations de la station-relais pour satellites d’Inuvik qui est entrée en service récemment. C’est Ressources naturelles Canada (RNCan) qui voit à son administration et qui a été l’acteur principal lorsqu’il a fallu trouver des partenaires issus, entre autres, des divers ordres de gouvernement, du milieu universitaire et du secteur privé, et concrétiser le nouveau programme d’observation envisagé.
Un avantage stratégique pour l’observation de la Terre
Les données satellitaires sont utilisées pour plusieurs applications pratiques, comme la gestion des catastrophes, les recherches sur les changements climatiques, la surveillance de l’Arctique et le développement économique dans le Nord, qui constituent tous des éléments clés de la Stratégie pour le Nord du Canada.
De leur point d’observation situé au-dessus du cercle polaire arctique, les installations d’Inuvik sont bien placées pour suivre les véhicules spatiaux comme ceux des séries Radarsat et Landsat (en anglais seulement), qui utilisent les orbites polaires à des fins scientifiques, cartographiques, météorologiques et de reconnaissance.
« Un satellite orbitant dans la région polaire vient à portée de notre station-relais pour satellites de Gatineau, près d’Ottawa, pour 5 des 15 orbites qu’il effectue chaque jour, déclare Gordon Deecker du Centre canadien de télédétection (CCT). La station d’Inuvik peut, quant à elle, le suivre pour un plus grand nombre d’orbites quotidiennes, soit environ une dizaine. »
Ainsi, la nouvelle station-relais peut recevoir des données du Nord en temps quasi réel, comparativement à un délai de quelques heures pour les stations-relais situées plus au sud. Et le volume des données prendra rapidement de l’ampleur.
« Environ 70 satellites d’observation de la Terre sont actuellement en orbite, et nous prévoyons qu’il y en aura 300 d’ici 10 ans », ajoute Caroline Cloutier, directrice de l’acquisition des données au CCT.
Des partenariats cruciaux pour la réussite
Doug Bancroft, Directeur général, CCT, coupe le ruban tenu par le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, Floyd Roland, et Caroline Cloutier, du CCT.L’établissement des installations a exigé la participation de 14 partenaires et intervenants différents et la négociation de plusieurs accords échelonnée sur 18 mois. « La construction de la station-relais n’aurait pas été possible sans la collaboration de tous les partenaires et intervenants concernés », de dire Caroline.
Parmi les partenaires, on retrouve l’Agence spatiale canadienne (l'ASC) et ses homologues allemande et suédoise, cinq autres ministères fédéraux canadiens, des gouvernements territoriaux, municipaux et autochtones, des intérêts privés et le milieu universitaire.
La station-relais d’Inuvik a été construite sur le site d’une station d’observations météorologiques existante d’Environnement Canada et les emplois en construction qu’elle a permis de créer ont été pour la plupart comblés par de la main d’œuvre locale. La première antenne satellite a été installée au complexe de la station-relais par le Centre aérospatial allemand (DLR) afin de recevoir les transmissions des satellites TerraSAR-X et TanDEM-X; PrioraNet Canada, une entreprise canado-suédoise du domaine spatial, est en train d’y installer une seconde antenne parabolique. Le Canada tirera profit de la signature de plusieurs accords pour l’utilisation des données, ce qui contribuera à l’avancement de son programme pour le Nord.
Accès accru, responsabilité accrue
« L’accent accru placé sur le développement du Nord signifie que les scientifiques et les décideurs auront besoin d’une plus grande quantité de données de meilleure qualité », déclare Gordon. Ce besoin croissant pourrait stimuler des industries scientifiques et techniques spécialisées au Canada qui peuvent employer ces données à plusieurs fins pour créer des produits à valeur ajoutée pour leurs clients de partout dans le monde. Parmi ces produits, on pourrait par exemple retrouver des données satellitaires combinées à d’autres informations ou applications permettant de suivre les déplacements des icebergs ou de la couverture de glace.
Mais tout dépend de la collecte et du traitement d’un fort volume de données de grande qualité, pour laquelle les installations de la station-relais d’Inuvik et d’autres installations joueront un rôle crucial. « Le point essentiel à retenir est que plus nous posséderons d’informations, plus nous serons en mesure d’orienter efficacement et de la façon la plus durable possible nos activités de développement dans le Nord », ajoute Gordon.
Pour de plus amples renseignements sur la station d’Inuvik, consultez notre Salle des médias.
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