Une technologie pour identifier le chant des oiseaux des forêts nordiques

Par : Lisa Venier et Steve Holmes
juillet 2010


Mésange à tête brune Mésange à tête brune

Imaginez que vous vous promenez en forêt. Sauriez-vous reconnaître le chant du roitelet à couronne rubis ou celui de la paruline à gorge noire?

Pour les chercheurs de la Division des impacts sur les écosystèmes du Centre de foresterie des Grands lacs (CFGL), qui fait partie du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada (RNCan), il est important de pouvoir identifier le chant des oiseaux. Cela les aide à mesurer les incidences de l’aménagement forestier, des changements climatiques et d’autres facteurs sur les populations d’oiseaux.

À l’écoute des oiseaux

À partir d’enregistrements obtenus à l’aide d’un nouveau logiciel de reconnaissance des sons et de nouveaux enregistreurs audio à l’épreuve des intempéries, les chercheurs pourront bientôt identifier des chants d’oiseaux, en particulier ceux des zones forestières éloignées du nord canadien.

Les forêts nordiques du Canada offrent une grande diversité d’habitats pour les oiseaux et hébergent donc de nombreuses espèces, soit plus de 300. Vu ce nombre et le fait que la population d’oiseaux change sans cesse, il est très difficile d’effectuer la surveillance et le repérage.

Normalement, la surveillance des oiseaux à grande échelle implique d'envoyer des experts aviaires (souvent des bénévoles) sur le terrain pour écouter et identifier les oiseaux. Mais étant donné qu’il y a une pénurie de bénévoles dans les zones éloignées de la forêt boréale, et que ces dernières sont si vastes, les chercheurs de RNCan cherchaient d’autres moyens pour évaluer les changements qui se produisent au sein de la population des oiseaux forestiers du nord du Canada au fil du temps.

Dernièrement, les chercheurs de RNCan ont eu recours à des enregistrements sonores pour surveiller les oiseaux en région éloignée. Ils sont revenus aux stations centrales avec des heures d'enregistrement pour que les experts aviaires puissent les écouter et identifier les espèces d'oiseaux. « C’est plus rapide et moins coûteux que d'envoyer des experts sur le terrain à chaque levé », confie Lisa Venier, scientifique au CFGL.

Meilleur suivi, économie de temps et d’argent

Un technicien du Service canadien des forêts enregistre des chants d'oiseaux au petit matin dans la vallée Bellevue. Un technicien du Service canadien des forêts enregistre des chants d'oiseaux au petit matin dans la vallée Bellevue.

Le processus d'enregistrement des oiseaux forestiers consiste à déposer l'enregistreur spécial, un appareil qui mesure le chant des oiseaux, dans des zones éloignées à travers les forêts du nord. Ces appareils sont compacts, à l’épreuve des intempéries et spécialement conçus pour recueillir des enregistrements dans des zones éloignées et sans surveillance. Ils sont également relativement bon marché, légers et, étant donné qu’ils nécessitent très peu d'énergie; ils peuvent enregistrer jusqu'à 90 heures au moyen de quatre piles pour lampe de poche.

Une autre étape pour améliorer l'efficacité des enregistrements des oiseaux, comprend une technologie informatique et sonore permettant d’identifier automatiquement les oiseaux. Donc, au lieu qu’un chercheur écoute des heures d'enregistrement pour identifier certaines espèces, ce nouveau processus peut effectuer la majeure partie du travail, et réduire considérablement le temps et le coût de la surveillance.

Puis, grâce à ces nouvelles méthodes d’enregistrement, les chercheurs peuvent maintenant réexaminer des échantillons qui, en apparence, donnaient des résultats surprenants ou incomplets. « Dans plusieurs cas, les enregistrements ont été utilisés pour déceler des erreurs dans les échantillonnages prélevés sur le terrain, ainsi que dans l’interprétation des chants d’oiseaux », déclare Steve Holmes, scientifique au CFGL. »

Le fait de renforcer la capacité de suivre les oiseaux efficacement, plus particulièrement dans les régions éloignées, permet aux chercheurs de mesurer avec plus de précision les changements qui se produisent dans la population aviaire; de tenir des inventaires plus précis et plus actuels sur les oiseaux qui se retrouvent sur la liste des espèces en péril; et de prioriser les oiseaux qui figurent dans les plans de conservation.

Pour de plus amples renseignements sur les projets de recherche portant sur les oiseaux chanteurs forestiers, visitez le site Web du Service canadien des forêts.