Améliorer l’intervention en cas d’incendie de forêt

Par : Margaret Gracie
août 2012

En utilisant un nouveau système en ligne, les experts en gestion d’incendies attribuent plus efficacement les ressources dans l’ensemble du pays afin de lutter contre de graves risques d’incendie de forêt.
Photo d’un extincteur volant

Les extincteurs volants sont des outils essentiels pour maîtriser les feux de forêt.

Pendant la saison des feux de forêt, les gestionnaires des incendies doivent chaque jour prendre des décisions extrêmement importantes, c’est-à-dire où et quand mobiliser les ressources. Les pompiers, les aéronefs et le matériel circulent régulièrement à l’intérieur et à l’extérieur des limites provinciales et territoriales pour lutter contre les incendies en perpétuel changement.

Afin de faciliter l’attribution efficace des ressources, Ressources naturelles Canada (RNCan) a lancé depuis peu le Système de demande de ressources pour lutter contre le feu (SDRLF). Créé pour le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), il s’agit du premier système donnant un aperçu national du nombre d’incendies et des besoins en matière de ressources.

En alliant les prévisions météorologiques et les modèles statistiques des possibilités d’incendie, le système peut prévoir le nombre d’incendies et les besoins en ressources dans un intervalle de 14 jours. Les gestionnaires des incendies pourront utiliser ce système pour estimer les besoins en ressources et les comparer aux ressources dont disposent 50 centres d’intervention à travers le Canada.

L’éclatement des incendies oriente la demande

Pendant le printemps et l’été, les forêts peuvent s’enflammer plus facilement lorsque les conditions météorologiques sont chaudes et sèches. La foudre et l’activité humaine peuvent allumer des incendies qui se propagent rapidement. Les orages, à eux seuls, peuvent allumer des centaines d’incendies dans une région en à peine quelques jours; même si l’on éteint la plupart des incendies le jour même, un petit pourcentage continue à se propager.

Carte indiquant la quantité totale de combustible disponible dans un incendie de forêt

Carte indiquant la quantité totale de combustible disponible dans un incendie de forêt.

Si les conditions météorologiques demeurent chaudes et sèches, le nombre et l’étendue des incendies peuvent augmenter rapidement. De telles circonstances font souvent en sorte que les organismes locaux de lutte contre les incendies ne disposent pas des ressources nécessaires. Afin de maîtriser les incendies qui posent un risque grave, le système en ligne offre aux gestionnaires des incendies un outil qui leur permet de mieux prévoir les ressources dont ils auront besoin dans les deux semaines suivantes. Au besoin, ils peuvent demander l’aide d’autres organismes du CIFFC.

L’objectif consiste à répartir le plus efficacement possible le nombre restreint de ressources qui sont à leur disposition. Ainsi, lorsque les conditions s’améliorent, les organismes peuvent offrir leurs ressources excédentaires à d’autres provinces ou territoires.

« Habituellement, il faut prévoir 18 jours pour déplacer les pompiers ou les équipes de gestion d’une province à l’autre : 14 jours de lutte contre l’incendie et trois ou quatre jours de déplacement et d’orientation. Cela coûte cher » dit Steve Taylor, chef de projet et chercheur scientifique du Centre de foresterie du Pacifique à Victoria (CFP), en Colombie-Britannique. « Cependant, il est plus rentable pour les organismes de partager les ressources dont ils disposent que de se doter de toutes les ressources requises pour maîtriser une situation qui ne durera peut-être que quelques semaines et qui ne se produira pas tous les ans. »

Une approche basée sur la collaboration

Judi Beck, la directrice de l’Innovation et de la dynamique forestières du CFP, affirme que le nouveau système, élaboré de concert avec le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, permet aux gestionnaires des incendies d’évaluer les risques liés à l’emprunt et au prêt de ressources de lutte contre les incendies. « Les gestionnaires des incendies peuvent mieux évaluer les risques, et ce, dans un délai raisonnable », ajoute-t-elle. « Cela améliore la prise de décisions sur le terrain lorsqu’il faut gérer une série de feux à grande échelle. »

Photo d’un pompier qui repère les points chauds dans un feu de forêt

Un pompier repère les points chauds dans un feu de forêt.

Des prévisions à l’échelle provinciale et nationale pour chaque centre d’intervention sont produites automatiquement. Par contre, il faut qu’un expert interprète les données et élabore des scénarios plausibles. « Le SDRLF allie la prévision météorologique, la modélisation statistique et le jugement des experts », affirme Steve. « Les gestionnaires des incendies font appel aux connaissances locales et à l’expérience pour équilibrer les prévisions des modèles. »

L’outil aidera tous ceux qui interviennent en cas d’incendie à améliorer leurs décisions en matière de partage des ressources. « On espère, en fin de compte, qu’il réduira les coûts et les risques pour les Canadiens », conclut Steve.

Pour de plus amples renseignements sur la gestion des feux, visitez la page Web Gestion des feux de végétation de RNCan.

Pour lire des articles similaires, voir Pertubation forestières.

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