Brian Gray, Ph.D., Scientifique principal

Dr. Brian Gray, Scientifique principal de Ressources naturelles Canada

Brian Gray, Scientifique principal de Ressources naturelles Canada

Brian Gray, Ph. D., occupe le poste de scientifique principal à RNCan. Dans l'entrevue suivante, il décrit le rôle de notre science et technologie et parle des priorités scientifiques actuelles du Ministère.

Quelle place la science occupe-t-elle à RNCan?

Brian : Le rôle de RNCan est d’harmoniser science et technologie de façon à soutenir les priorités du Ministère visant à promouvoir la compétitivité à l’échelle mondiale tout en protégeant la santé humaine et l’environnement. En fait, environ la moitié du budget de fonctionnement du Ministère est consacré à la science et à la technologie, et plus de la moitié des employés de RNCan travaillent dans ces deux domaines d’une manière ou d’une autre.

Nous collaborons avec des chercheurs à l’extérieur du Ministère, notamment avec l’industrie, avec d’autres organismes gouvernementaux et avec le milieu universitaire dans le but de favoriser l’innovation dans le secteur privé et de soutenir la compétitivité du Canada à l’échelle mondiale. Dans chacun de nos 18 grands laboratoires, répartis aux quatre coins du pays, nous avons noué des liens avec d’autres milieux de la recherche.

Bien que l’industrie alimente la compétitivité à l’échelle mondiale, il arrive souvent que l’un de nos laboratoires crée des synergies et soit même un catalyseur de percées majeures dans le domaine des sciences et de la technologie. Par exemple, le laboratoire de CanmetMATÉRIAUX à Hamilton est intégré à l’Université McMaster et est situé à proximité d’entreprises qui collaborent en recherche sur les matériaux, notamment pour la construction de véhicules plus légers, lesquels rejettent moins d’émissions.

Nous contribuons également à la protection de l’environnement en soutenant la création d’énergies propres, y compris les sources d’énergies renouvelables telles que l’énergie solaire, et de combustibles fossiles moins polluants.

Le programme Géoscience pour la sécurité publique et le Service canadien d’information sur les risques, qui produit des cartes de risques pour guider l’élaboration des codes du bâtiment et ainsi s’assurer que les infrastructures sont plus sûres dans les régions sujettes aux séismes, témoignent des efforts de RNCan pour protéger les Canadiens des dangers naturels.

Quel est votre rôle à titre de scientifique principal?

Brian : RNCan a quatre priorités ministérielles : affirmer son leadership en matière de politiques, assurer la croissance de son capital humain, tirer parti de sa science et de ses technologies et transformer ses activités. Chacune de ces priorités est encadrée par une structure de gouvernance ministérielle. La structure de gouvernance veillant à ce que RNCan tire parti de sa science et de ses technologies est le Conseil des sciences et des technologies (CST), que préside le sous-ministre de RNCan. D’abord et avant tout, mon rôle est de travailler avec mes collègues sous-ministres adjoints en appui au sous-ministre et au CST.

Ensuite, j’assume les fonctions de champion des sciences à RNCan. Ces fonctions comprennent notamment la conception d’outils de gestion adéquats pour assurer l’excellence de la conduite de la recherche scientifique à RNCan.

De quelle manière la science à RNCan aide-t-elle l’industrie?

Brian : Le programme de RNCan, Géocartographie de l’énergie et des minéraux (GEM), est un excellent exemple. Dans le cadre de ce programme, RNCan réalise des recherches pour découvrir des formations géologiques qui pourraient receler des minéraux et des métaux précieux, comme le nickel, le cuivre, le fer, l’or et les diamants, et présenter un potentiel en ressources énergétiques. Au fur et à mesure qu’elles sont produites, de nouvelles cartes géologiques sont rendues accessibles au public en ligne et elles peuvent être consultées gratuitement. L’expression « chercher une aiguille dans une botte de foin » convient parfaitement dans ce cas-ci. Le rôle de RNCan avec le programme GEM est de trouver des bottes de foin. L’industrie peut ensuite utiliser ces informations et décider d’explorer une botte de foin en particulier à la recherche d’une aiguille.

Comment les partenariats conclus par RNCan avec d’autres organisations font-ils progresser la science au Canada et ailleurs dans le monde?

Brian : RNCan participe avec enthousiasme aux efforts déployés à l’échelle de la planète dans le domaine de la recherche. Récemment, des scientifiques de RNCan ont monté à bord d’un brise-glace dans l’océan Arctique pour collaborer avec des homologues sud-coréens dans le cadre d’un projet de recherche sur les aléas géologiques marins.

RNCan entretient une relation de collaboration avec le centre aérospatial allemand et l’agence spatiale allemande pour réaliser des recherches en télédétection, une technologie qui procure des données scientifiques fiables à des chercheurs au Canada et ailleurs dans le monde.

Les scientifiques de RNCan travaillent également avec l’organisme japonais des sciences et technologies géologiques et océanographiques (JAMSTEC) pour étudier les séismes se produisant à la frontière de plaques. En collaboration avec la Commission géologique du Canada, le JAMSTEC a récemment installé un réseau de surveillance sismique à court terme dans les fonds marins au large de la côte ouest de l’île de Vancouver. Des études sont réalisées avec les données obtenues grâce à ce réseau pour obtenir une meilleure image de la zone de subduction. Lorsque l’équipement aura été récupéré et que les données auront été collectées, ces renseignements seront échangés entre les deux pays. Bien que le moment où un séisme se produira ne puisse pas être déterminé avec exactitude, la collecte de données pour comprendre le processus sismique peut aider à minimiser les risques pour les humains et aussi grandement réduire les pertes économiques.

Comment la science à RNCan influence-t-elle les décideurs au sein du Ministère et d’autres organisations?

Brian : La science, c’est collecter des données et réduire l’incertitude. Plus nous réalisons de travaux de recherche, plus nous sommes convaincus que ce que nous faisons donne des résultats d’un point de vue scientifique, et plus nous serons en mesure de bien conseiller les décideurs.

La recherche sur les séismes en est un exemple concret. Des recherches géophysiques et géologiques nous permettent d’estimer que 19 séismes d’envergure se sont produits dans une zone de subduction sur la côte ouest du Canada au cours des 10 000 dernières années. Ces tremblements de terre se produisent en moyenne tous les 500 ans, avec une marge de variation allant de 200 à 1 000 ans. Le plus récent est survenu il y a 314 ans. Sommes-nous en mesure d’affirmer que le prochain séisme d’envergure dans une zone de subduction aura lieu 500 ans après le précédent? Non. Mais nous pouvons toutefois affirmer, grâce aux données scientifiques qui ont été collectées jusqu’à présent, qu’il se produira très probablement à l’intérieur d’une fourchette allant de 200 à 1 000 ans. Par ailleurs, les scientifiques de RNCan ont réussi à estimer les niveaux de secousses associés à ces séismes d’envergure dans une zone de subduction en examinant des données sismiques de séismes de même nature survenus ailleurs dans le monde (Chili, en 2010, et Japon, en 2012). Ces nouvelles informations sont prises en considération dans la rédaction de l’édition 2015 du Code national du bâtiment du Canada pour aider à protéger les infrastructures et à sauver des vies.

Quelles sont les priorités de RNCan en matière de science?

Brian : RNCan a sélectionné 23 projets de premier plan, des initiatives qui touchent des domaines allant de l’exploitation minière écologique aux énergies propres, et de l’innovation dans le secteur forestier aux aléas géologiques et à la sécurité publique. Ces 23 projets sont les priorités de RNCan et ils seront réévalués périodiquement pour s’assurer que le point de mire demeure une science d’excellence et pertinente au profit de tous les Canadiens.