ARCHIVÉE - Les industries extractives – créer un maximum de retombées pour les citoyens du Canada : Allocution prononcée à l’Université de Calgary

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Transcription d’une
allocution de
l’honorable Joe Oliver
Ministre des Ressources naturelles

à
l’Université de Calgary
Programme de politique de gouvernance des ressources des industries extractives

Calgary (Alberta)
Le 18 avril 2013

Bonjour tout le monde!

Je suis heureux d’être ici à l’occasion d’un événement parrainé par l’École de politique publique ou, comme certains l’appellent, la maison construite par Jack [Jack Mintz, directeur de l’École de politique publique de l’Université de Calgary].

Cette école et cette université ont une réputation d’excellence bien méritée et, sous la direction de Jack, l’École de politique publique est devenue l’une des voix les plus respectées du pays en matière de politiques relatives aux ressources naturelles. Je vous remercie donc de m’avoir invité à me joindre à vous aujourd’hui.

Ce matin, j’aimerais parler pendant quelques minutes des industries extractives du Canada et expliquer comment le gouvernement peut être un allié dans les efforts qu’elles déploient.

Aucun d’entre vous n’a besoin que je lui explique combien les ressources naturelles sont importantes pour notre économie. Vous connaissez tous les principales données : les ressources naturelles soutiennent près de 1,6 million d’emplois et génèrent près de 20 % de notre PIB. Ensemble, les industries pétrolières, gazières et minières paient près de 25 milliards de dollars en impôts et en redevances chaque année. Ces recettes aident à financer des services qui sont essentiels pour les Canadiens, dont l’éducation, les soins de santé et les régimes de pension publique. Bref, ce secteur contribue à la fois à la force de notre économie et à notre qualité de vie. Et il a une importance critique pour notre avenir.

Le message que je veux vous transmettre aujourd’hui est que nous nous trouvons à un moment décisif pour notre pays, où les mesures que nous prendrons établiront les jalons de notre croissance future ou bien nous condamneront à en regarder d’autres se saisir des possibilités qui se seront offertes à nous. Et voici les défis que nous devons relever. Bien que sur le plan de l’énergie, nous ayons la chance d’avoir une immense richesse en ressources naturelles, nous sommes fortement liés à un seul client. Cent pour cent de nos exportations de gaz naturel et 99 % de nos exportations de pétrole sont destinées aux États-Unis. Il en résulte que nous sommes obligés de vendre notre pétrole à rabais. Et cela coûte à notre économie quelque 20 milliards de dollars par an.

Pour donner un point de référence, disons que le déficit fédéral de 2013 devrait être d’environ 26 milliards de dollars. Donc la réduction de l’écart de prix contribuerait substantiellement à rééquilibrer notre budget.

En même temps, les importantes découvertes de pétrole de réservoir compact et de gaz de schiste aux États-Unis signifient que ce pays aura de moins en moins besoin du Canada à l’avenir. Il est donc essentiel que nous élargissions nos marchés. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a déjà des marchés qui attendent que nous mettions nos ressources en valeur. L’Agence internationale de l’énergie estime que d’ici 2035, la demande mondiale d’énergie augmentera de plus d’un tiers. Et selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, 92 % de la croissance mondiale sera attribuable à des pays non-membres de l’OCDE d’ici 2035.

Par exemple en Chine, le nombre de voitures privées et de camions est passé de 5,5 millions en 1990 à 214 millions en 2011. Et on prévoit qu’au cours des 20 prochaines années, ces chiffres feront plus que doubler, ce qui signifie qu’il y aura plus d’automobiles en Chine en 2030 qu’il y en avait dans le monde entier en 2000.

Et l’histoire est semblable dans des pays comme l’Inde, où une classe moyenne croissante aura besoin de véhicules, d’immeubles et de routes, ce qui créera une immense demande non seulement d’énergie, mais aussi de minéraux et de métaux comme l’acier, le cuivre, l’aluminium, le platine, le zinc, les terres rares et la potasse.

L’urbanisation mondiale se poursuit à un rythme étonnant. Chaque jour, quelque 180 000 personnes partent pour les villes, ce qui fait augmenter la demande d’énergie dans les plus grands pays du monde. S’il agit maintenant, le Canada pourra jouer un rôle essentiel dans la réponse à cette demande. Mais cela veut dire que nous devons faire les choses comme il faut, en nous appuyant sur de bonnes bases économiques, de bonnes politiques et une bonne réglementation. Et c’est exactement ce que notre gouvernement est en train de faire. Tout commence par une saine économie.

Le gouvernement diminue le taux d’imposition, réduit les tracasseries administratives et fait la promotion du libre-échange. Nous sommes le seul pays du G7 à avoir récupéré tous les emplois perdus au cours de la dernière récession. En fait, nous avons ajouté 950 000 nouveaux emplois depuis juillet 2009.

La gestion économique prudente du Canada et sa solide performance économique ne sont pas passées inaperçues. L’Organisation de coopération et de développement économiques et le Fonds monétaire international s’attendent tous deux à ce que le Canada soit parmi les chefs de file de la croissance économique dans le monde industrialisé pendant les deux prochaines années.

Nous avons donc de solides assises économiques, ce qui est nécessaire pour réussir, mais pas suffisant. Si nous voulons saisir les incroyables possibilités que nous offrent les ressources naturelles, nous devons aussi agir dans trois domaines clés, à savoir la gouvernance, la protection de l’environnement et la consultation des Premières Nations. Permettez-moi d’élaborer au sujet de l’un de ces aspects.

Afin de profiter pleinement de l’occasion qui nous est offerte, nous devons avoir des règles claires et prévisibles pour l’exploitation de nos ressources. Autrement dit, nous devons avoir une bonne gouvernance. Voilà pourquoi nous avons adopté une approche tout à fait nouvelle pour réglementer le développement des ressources. C’est ce que nous appelons le Développement responsable des ressources. Cette approche permet de réaliser un certain nombre de choses : elle rend les examens des projets plus prévisibles et plus rapides en fixant des délais pour les évaluations clés et elle met fin au double emploi dans l’examen des projets de façon à n’effectuer qu’une seule évaluation par projet.

Cela veut dire, par exemple, que les évaluations provinciales peuvent se substituer aux évaluations fédérales, ce qui permet de gagner du temps, d’éviter des dépenses et de donner aux investisseurs la certitude dont ils ont besoin. L’accélération du processus d’évaluation signifie que nous pouvons battre le fer pendant qu’il est chaud. En ce qui concerne le gaz naturel liquéfié, par exemple, nous savons que l’industrie canadienne fait face à une importante concurrence mondiale et ne dispose que d’un créneau très restreint. Il est donc d’une importance critique que notre processus de réglementation soit aussi rapide et prévisible que possible.

Et nous nous sommes occupés de cet aspect, notamment en rationalisant la procédure de délivrance de licences d’exportation pour les projets de GNL. De plus, le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec celui de la Colombie-Britannique en matière de réglementation pour les projets de GNL afin de réduire les chevauchements et le double emploi. Voilà donc la première chose à faire : mettre en place les facteurs économiques fondamentaux et moderniser les régimes de réglementation.

Deuxièmement, si nous voulons profiter des occasions qui nous sont offertes pour le moment, nous devons être de bons intendants de l’environnement. Notre responsabilité sociale l’exige, la prudence l’exige aussi et nos enfants le méritent.

Pour notre gouvernement, la protection de l’environnement n’est pas une option, mais un devoir. Nous n’acceptons pas, et n’accepterons jamais, le faux choix entre le développement économique et la responsabilité environnementale.

Nous savons que nous devons accepter les deux et que cela veut dire extraire et mettre en valeur nos ressources conformément aux normes environnementales les plus élevées. C’est pourquoi une partie importante du Développement responsable des ressources suppose l’établissement de nouvelles mesures strictes de protection de l’environnement, notamment l’accroissement du nombre annuel d’inspections des oléoducs et des gazoducs et l’augmentation du nombre de vérifications complètes, qui doublera afin que les problèmes de sécurité soient décelés avant qu’ils ne se concrétisent.

Récemment, nous avons aussi annoncé un ensemble de nouvelles mesures visant à créer un système de sécurité de premier ordre pour les navires-citernes. Notre système de sécurité actuel nous a été bien utile pendant de nombreuses années; en fait, il n’y a jamais eu de gros accident de navire-citerne sur la Côte Ouest. Il est toutefois essentiel que nous renforcions ce système étant donné que le transport des exportations ne fera qu’augmenter au cours des prochaines années.

Les nouvelles mesures récemment annoncées sont les suivantes : renforcement de la prévention de la pollution et des procédures d’intervention anti-pollution, augmentation du nombre d’inspections des navires-citernes, création d’un nouveau centre de commandement en cas d’incident pour la Garde côtière canadienne et élargissement du programme de contrôle et de surveillance des navires dans les eaux canadiennes.

Ces mesures et d’autres nous permettront de nous doter d’un système de sécurité de premier ordre pour les navires-citernes. Mais avant d’atteindre ce but, il reste encore beaucoup de travail à faire. Par conséquent, nous sollicitons les conseils d’un comité d’experts sur la sécurité des navires-citernes, qui examinera notre capacité actuelle de préparation et d’intervention, et proposera de nouveaux moyens pour faire en sorte que le système de sécurité du Canada soit vraiment excellent.

Et tout comme ils s’attendent à ce que nous exploitions nos ressources en respectant l’environnement, les Canadiens s’attendent à ce que nous le fassions en consultant les Autochtones et en nous engageant à leur égard. Pour moi, il ne s’agit pas seulement d’une exigence juridique, mais aussi d’un devoir moral. Nous devons nous assurer que les Autochtones ont toutes les possibilités de profiter des avantages de l’exploitation des ressources.

J’ai également annoncé la nomination d’un représentant fédéral spécial qui relèvera directement du premier ministre et s’occupera des principales questions liées à la participation des Autochtones, en particulier ici, dans l’Ouest canadien. Cette nomination complète nos autres engagements permanents à l’égard des Autochtones, notamment en ce qui concerne les grands projets de mise en valeur des ressources pour lesquels notre engagement sera réel, constant et significatif, et supposera une participation des groupes autochtones au processus d’évaluation, du début à la fin.

Donc, une assise économique solide, des règles claires, le respect de l’environnement et un engagement efficace à l’égard des Autochtones, tous ces facteurs sont essentiels pour que la population du Canada puisse profiter des avantages des ressources naturelles du pays. Et notre gouvernement vise l’excellence dans tous ces domaines.

Bien sûr, rien n’est plus présent à notre esprit que la question des pipelines.

Récemment, je suis allé à Chicago et à Houston pour promouvoir le solide dossier environnemental du Canada et pour bien montrer notre soutien au pipeline Keystone XL. La semaine prochaine, je retournerai à New York et à Washington.

J’ai rencontré des gens d’affaires et des représentants du gouvernement, notamment le maire de Chicago, Rahm Emanuel, et le secrétaire adjoint du département de l’Énergie des États-Unis, Daniel Poneman. Mon argumentation a été très simple. J’ai expliqué que le Canada n’est pas simplement le voisin le plus proche et le partenaire commercial le plus important des États-Unis; en effet, nous sommes une démocratie stable de libre marché, un pays amical et fiable, où la primauté du droit est reconnue et où la parole donnée a une signification. Nous sommes un pays qui a un excellent dossier en matière de protection environnementale.

Le Venezuela est peut-être un important fournisseur de pétrole brut pour les États-Unis, mais en cinq ans, il a menacé cinq fois de couper l’approvisionnement. Ce n’est pas un partenaire fiable ni une source stable de pétrole. Le Canada ne traitera jamais les États-Unis de cette façon.

Permettez-moi ici de dire à quel point les Canadiens sont de tout cœur avec les États-Unis à la suite des terribles pertes causées par un acte de terrorisme au marathon de Boston, ville où j’ai vécu pendant quelques années.

J’ai également fait remarquer que les sables bitumineux figurent parmi les projets industriels les plus strictement réglementés et surveillées dans le monde et ne produisent qu’un millième des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et nous estimons que la totalité des émissions provenant du pétrole brut des sables bitumineux qui serait transporté par le pipeline Keystone XL serait inférieure à un quatre-vingtième de l’ensemble des émissions provenant de la production de charbon aux États-Unis.

Je tiens à être bien clair. Nous savons que toutes les émissions de GES comptent et nous continuons à les réduire.

Entre 1990 et 2010, les émissions de GES par baril de brut extrait des sables bitumineux ont diminué de plus de 26 %. De façon plus générale, entre 2005 et 2010, alors même que notre croissance économique a été de 8,4 %, les émissions de GES du Canada ont diminué de 4,8 %, ce qui est assez impressionnant.

Le fait est que le Canada et les États-Unis ont les mêmes objectifs en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire une réduction de 17 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005. Et on estime que le Canada est arrivé à mi-chemin de l’atteinte de sa cible.

En fait dans certains secteurs, nous sommes en avance sur le reste du monde. Le charbon, par exemple, est de loin la source la plus importante d’émissions de GES et le Canada est le premier pays à avoir interdit tout nouveau projet utilisant le charbon selon les méthodes traditionnelles.

Le Canada est également en harmonie avec les États-Unis en matière de réglementation visant à réduire les émissions provenant des véhicules de passagers, des camionnettes et des véhicules lourds. Et nous allons adopter une nouvelle réglementation pour les émissions de GES dans le secteur pétrolier et gazier, ce que peu d’autres pays ont fait.

Donc si les États-Unis veulent un fournisseur d’énergie fiable, qui a l’environnement à cœur et qui partage les mêmes objectifs en ce qui concerne le respect de l’environnement, le choix est évident : c’est le Canada.

Par ailleurs, nous savons que des possibilités ne nous sont pas seulement offertes au sud, mais aussi à l’est et à l’ouest. Et pour répondre à la demande des marchés mondiaux, nous devons transporter nos ressources jusqu’à nos côtes.

J’ai été très encouragé d’apprendre que TransCanada avait l’intention de construire un pipeline d’ouest en est. Cela signifierait une plus grande stabilité dans l’approvisionnement, un coût plus abordable du pétrole pour les raffineries de Québec, de Montréal et de Saint John, Nouveau-Brunswick, et la création d’emplois dans tout le pays. Et bien sûr, nous attendons l’évaluation scientifique de conformité réglementaire du projet de pipeline Northern Gateway pour le mois de décembre.

Nous continuons à diversifier nos marchés. Et nous devons de plus en plus améliorer nos connaissances de ces marchés étrangers. J’ai donc le plaisir d’annoncer aujourd’hui une contribution de 15 millions de dollars à un nouveau programme de politiques internationales créé ici à l’Université de Calgary. Ce programme facilitera l’élaboration de politiques visant à accroître la compétitivité du Canada sur les marchés mondiaux, à favoriser une croissance soutenue et à jeter des bases solides pour le développement économique.

Financé par le programme Investissements dans l’Ouest de Diversification de l’économie de l’Ouest Canada, le nouveau programme de politiques internationales utilisera une approche pluridisciplinaire pour aider le Canada à diversifier son économie, ses marchés et ses relations commerciales, à développer et commercialiser son savoir-faire en gouvernance internationale dans les industries de l’extraction des ressources et à fournir une analyse essentielle des questions touchant à l’économie mondiale et à la sécurité internationale.

Permettez-moi de conclure comme j’ai commencé en disant que nous sommes arrivés à un moment décisif dans l’histoire de notre pays… Et les enjeux sont énormes.

Pour les dix prochaines années, quelque 600 grands projets de mise en valeur des ressources d’une valeur de plus de 650 milliards de dollars sont en voie de réalisation ou planifiés. Ces projets se réaliseront d’un océan à l’autre et contribueront à l’édification du pays. Et cette édification du pays se fera à grande échelle, comme lors de la construction des chemins de fer au 19e siècle ou du réseau routier au 20e siècle.

Des billions de dollars sont en jeu dans l’activité économique et dans la création de centaines de milliers d’emplois et des milliards de dollars de recettes permettront de financer des programmes sociaux essentiels.

Et tout comme les périodes de construction du pays ont préparé un avenir de croissance et de prospérité pour les générations suivantes, ce que nous faisons maintenant crée les conditions requises pour la prospérité des générations futures. Mais nous devons agir dès à présent. Il ne faut pas que l’histoire se souvienne d’une occasion ratée, de ressources inexploitées, d’un héritage perdu. C’est pourquoi le gouvernement est déterminé à ne pas laisser ce moment s’échapper. Nous n’avons pas l’intention de laisser passer la chance qui nous est offerte.

J’ai le grand privilège de me trouver au cœur des efforts de notre gouvernement. Et vous vous trouvez tous dans une situation semblable en ayant les industries extractives au centre de vos préoccupations. Relevons les défis qui nous sont lancés, profitons des possibilités qui nous sont offertes et bâtissons une base sur laquelle les générations futures pourront se tenir. Merci beaucoup.