ARCHIVÉE - L’annonce de la nomination d’un représentant spécial concernant l’infrastructure énergétique de la côte Ouest

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Transcription d’une allocution

de l’honorable Joe Oliver
ministre des Ressources naturelles

pour l’annonce de la nomination
d’un représentant spécial

concernant l’infrastructure énergétique de la côte Ouest

Terrace (C.-B.)
Le 19 mars 2013

Bonjour tout le monde! Merci d’être ici pour cette annonce historique. Merci de nous accueillir dans le territoire traditionnel des Tsimshian. Et bien sûr, je tiens aussi à remercier Mme Denise Henning qui, comme vous le savez, est la présidente du collège communautaire Northwest. Le collège joue un rôle extrêmement important en donnant à des étudiants la formation requise pour répondre à l’énorme demande croissante de main-d’œuvre spécialisée dans le secteur des ressources et en formant des étudiants dans d’autres domaines également.

Nous avons une sorte de fâcheux paradoxe dans notre pays. D’une part, les taux de chômage sont meilleurs que dans la plupart des autres pays, mais demeurent néanmoins plus élevés que nous le souhaitons, notamment parmi les jeunes. D’autre part, une importante pénurie de main-d’œuvre est imminente dans les métiers spécialisés. Le collège Northwest assume une tâche vraiment importante en jetant un pont entre le chômage et les besoins de main-d’œuvre spécialisée de telle sorte que nous n’ayons pas besoin de recourir à des travailleurs étrangers. Nous nous tournons d’abord vers les Canadiens et les Canadiennes, ce qui est évidemment notre priorité.

Je tiens à remercier Brian Badge [président de la section des métiers spécialisés du collège Northwest] qui m’a fait visiter le collège, ce qui m’a permis de me rendre compte de ce qui s’y passe. Je veux également souligner la présence de Doug Eyford, que je vous présenterai dans quelques instants, et celle de Don Roberts, chef de la Première Nation de Kitsumkalum. Et comme l’a déjà mentionné Glen Bennett [ancien chef de la Première Nation de Kitselas], la chef Judy Gerow [conseillère en chef de la Première Nation de Kitselas] n’a pu se joindre à nous parce qu’elle profite de vacances bien méritées avec ses enfants. Je suis heureux de voir qu’il y a tant de monde de la communauté de Kitselas.

Les possibilités que nous offrent les ressources naturelles du Canada sont tout simplement extraordinaires. Pour la prochaine décennie, on estime à 650 milliards de dollars la valeur des grands projets de ressources dont la réalisation est en cours ou prévue. Et presque 100 milliards de ces investissements de capitaux seront faits ici même en Colombie-Britannique. Ces investissements représentent des centaines de milliers d’emplois pour les familles de la classe moyenne, dans tous les secteurs de notre économie et dans toutes les régions de la province.

Il n’est pas exagéré de prédire que l’exploitation responsable des ressources naturelles du Canada peut mener à la prospérité future des générations à venir. En suivant notre plan de Développement responsable des ressources sur le chemin de la prospérité, nous devons avoir à l’esprit trois principes que j’ai mentionnés lorsque je me suis adressé au Business Council of British Columbia au mois de novembre.

Premièrement, cette prospérité doit être une prospérité générale, c’est-à-dire une prospérité qui bénéficie à tous et dont tous ont le sentiment de bénéficier. Deuxièmement, notre bien-être suppose non seulement une prospérité économique, mais aussi une prospérité environnementale. Troisièmement, la poursuite de la prospérité doit toujours respecter notre responsabilité constitutionnelle à l’égard des populations autochtones. Ces principes sont le fondement de l’annonce d’aujourd’hui.

Premier principe : la prospérité générale. Nous devons bâtir une prospérité partagée par tous les Canadiens, une prospérité dont bénéficient toutes les collectivités, urbaines, suburbaines, rurales et éloignées, une prospérité dont bénéficient les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Comme l’a dit le premier ministre l’an passé, au rassemblement entre la Couronne et les Premières Nations, notre but est d’accroître la participation des Autochtones à l’économie et à la prospérité du pays.

L’idée que le Développement responsable des ressources est essentiel à la prospérité autochtone n’est pas nouvelle. Après tout, la prospérité basée sur les ressources date d’avant l’arrivée des Européens. Ainsi par exemple, c’est grâce aux ressources naturelles que les Tsimshian de la côte du Pacifique ont construit une communauté entrepreneuriale et commerçante. En raison de leur sens aigu des affaires et du commerce, les commerçants européens les ont surnommés « les Phéniciens de la côte du Nord-Ouest ».

Et cette tradition se poursuit. Un contrat a été conclu avec l’entreprise Kitselas Forest Products Limited pour qu’elle dégage le passage d’une partie du pipeline Pacific Trail, ce qui crée des emplois et des revenus pour la communauté. Nous voyons aujourd’hui de plus en plus d’exemples de prospérité fondée sur les ressources dans les communautés autochtones. C’est notamment le cas pour la Première Nation Haisla, partenaire dans l’immense projet de BC LNG qui, pendant des décennies, fournira formation, emplois et avantages économiques et sociaux à la communauté.

Le secteur des ressources naturelles emploie actuellement 32 000 Autochtones. Il est déjà le plus gros employeur d’Autochtones au Canada, et le nombre d’emplois ne peut aller qu’en augmentant. Dans une économie dynamique et florissante, il faut pouvoir compter sur une main-d’œuvre abondante et compétente. Et il n’y a pas de main-d’œuvre qui croît plus rapidement que celle des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, où abondent des jeunes gens prometteurs et enthousiastes, prêts à tirer profit des possibilités, des emplois et de la prospérité qui découlent du Développement responsable des ressources. Nous voulons partager avec ces communautés les emplois, la croissance économique et la prospérité résultant du Développement responsable des ressources.

Le deuxième principe est celui de la prospérité environnementale. Le Développement responsable des ressources est fondé sur la certitude que nous devons réaliser et maintenir à la fois une prospérité économique et une prospérité environnementale. Notre gouvernement n’entreprendra pas de projet d’exploitation des ressources à moins qu’il ne soit sûr pour l’environnement et sûr pour la population. Et en matière de gérance environnementale, les peuples autochtones du Canada sont des chefs de file reconnus.

Comme l’explique l’Assemblée des Premières Nations, les peuples autochtones prennent soin de notre mère la Terre et respectent ses dons. Dans ce lieu et dans cette province, les montagnes, la côte et les cours d’eau sont d’une beauté exceptionnelle. Nous reconnaissons que les Premières Nations qui vivent ici apprécient grandement cette beauté et ont toujours beaucoup contribué à ce que les ressources soient exploitées d’une manière qui protège le milieu naturel.

Non seulement notre gouvernement respecte-t-il cet engagement, mais il le partage aussi. Dans tout le pays, les gens sont fiers de la beauté naturelle du Canada. Qu’ils croient à un Créateur ou à la Terre Mère, ou qu’ils aient d’autres croyances, les Canadiens exigent que les gouvernements soient des gardiens responsables de l’environnement. Cette opinion a été clairement exprimée par les chefs autochtones avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger des idées sur l’exploitation des ressources. Ensemble dans un effort collectif, nous pouvons utiliser les meilleures connaissances possibles et le plus haut niveau d’engagement possible en vue de créer une prospérité environnementale.

Cela nous mène directement au troisième principe : la responsabilité constitutionnelle envers les peuples autochtones. Le gouvernement du Canada a une obligation de consultation lorsqu’il envisage une conduite susceptible d’avoir des effets préjudiciables sur des droits ancestraux ou issus de traités, établis ou potentiels. La loi est importante, mais il est également important de reconnaître que les premiers habitants du Canada, les peuples autochtones, ont une autre richesse. Ils nous offrent des millénaires de connaissances traditionnelles concernant notre pays.

Comme l’ont fait remarquer les chefs des Premières Nations de Colombie-Britannique, les connaissances traditionnelles peuvent contribuer à une meilleure compréhension des impacts environnementaux, à la découverte de mesures correctives et à une utilisation meilleure et plus durable de nos ressources. Il est essentiel que nous travaillions en étroite collaboration avec les communautés des Premières Nations pour assimiler leurs connaissances et leur expérience. Il s’agit là d’une vérité qui existe indépendamment de l’obligation constitutionnelle qu’a la Couronne de mener des consultations concernant les projets envisagés, obligation que nous maintenons et que l’annonce d’aujourd’hui ne vise pas à modifier ou à remplacer.

En fait l’annonce d’aujourd’hui complète l’obligation légale de l’État. J’ai donc le plaisir d’annoncer qu’étant donné les trois principes du Développement responsable des ressources, le premier ministre a nommé un représentant fédéral spécial concernant l’infrastructure énergétique de la côte Ouest. Celui-ci engagera le dialogue avec les communautés touchées par les projets de pipelines, les usines de gaz naturel liquéfié, les terminaux portuaires et l’infrastructure énergétique connexe en Colombie-Britannique et en Alberta.

Le représentant fédéral spécial travaillera en collaboration avec les communautés autochtones de cette province et de l’Alberta pour s’attaquer aux impacts environnementaux, renforcer la protection de l’environnement, créer plus de possibilités d’affaires et d’emploi pour les Autochtones de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, réfléchir d’une manière audacieuse et créative aux types d’avantages économiques qui peuvent découler des projets d’exploitation des ressources et faire en sorte que toutes les communautés profitent de la prospérité accrue.

Bien sûr il dialoguera également avec les gouvernements provinciaux de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, nos partenaires constants dans le Développement responsable des ressources. Le rapport du représentant ne remplacera pas les négociations entre les communautés autochtones et les industries pour des projets précis et il n’est pas censé le remplacer. Il est destiné à encourager et à stimuler les discussions. Et il ne s’agira pas de dialoguer pour le plaisir de dialoguer, mais pour trouver des solutions.

Nous ne voulons pas un autre processus. Nous voulons un produit significatif, concret, ciblé comprenant des recommandations significatives, concrètes et ciblées.

Le représentant fédéral spécial relèvera directement du premier ministre et, en suivant un échéancier accéléré, il présentera un rapport préliminaire d’ici le 28 juin et un rapport final d’ici le 29 novembre. Pour remplir ce rôle historique à un moment critique, je ne peux penser à personne d’autre qui soit plus qualifié que Doug Eyford.

C’est un médiateur et un négociateur chevronné, sensible et franc qui comprend bien les communautés autochtones. Sa vision, son professionnalisme et son sens de l’équilibre et de la justice produiront encore une fois des résultats positifs pour les Premières Nations et pour tous les Britanno-Colombiens.

Je parle d’un moment critique parce que nous nous trouvons à un moment de possibilités sans précédent. Les ressources naturelles représentent déjà un cinquième de toute l’activité économique au Canada et ici, en Colombie-Britannique, les industries liées aux ressources fournissent directement des emplois à plus de 100 000 personnes et soutiennent 80 % des exportations de la province.

La possibilité d’accroître cette prospérité et de l’assurer pour les générations futures n’a jamais été aussi grande. Comme l’indique l’annonce faite aujourd’hui, nous travaillerons en collaboration avec les communautés autochtones pour assurer cette prospérité d’une manière inclusive et respectueuse de l’environnement.

Merci beaucoup.