ARCHIVÉE - Semaine IHS-CERA 2013 : 32e Conférence des cadres de la firme de consultants

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Notes pour le discours-programme de

L’honorable Joe Oliver
Ministre des Ressources naturelles

à la

Semaine IHS-CERA 2013 :
32e Conférence des cadres de la firme de consultants
IHS Cambridge Energy Research Associates

Le 6 mars 2013
Houston, Texas

Mesdames et messieurs, bonjour. Je tiens tout d’abord à remercier Sarah et M. Yergin de m’avoir invité à cette rencontre annuelle qui réunit des décideurs du monde entier dans le domaine de l’énergie. C’est un honneur pour moi d’être parmi vous.

Je sais que la conférence de cette année traitera, entre autres, de l’évolution de la situation de la concurrence pour le pétrole, le gaz naturel et d’autres ressources naturelles. Parce que notre pays possède d’immenses ressources énergétiques et en particulier du pétrole et du gaz, la transformation à laquelle nous assistons sur les marchés mondiaux de l’énergie ouvre au Canada des perspectives économiques exceptionnelles — la possibilité d’offrir notre énergie sur de nouveaux marchés et de jeter les bases d’une nouvelle ère de sécurité énergétique responsable en Amérique du Nord.

Aujourd’hui, je veux parler de ces perspectives et vous communiquer quelques faits dans le débat sur les sables bitumineux du Canada et leur importance pour la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord.

L’occasion qui se présente à nous découle de la simple loi de l’offre et de la demande. Le Canada a ce qu’il faut : ses réserves pétrolières prouvées — quelque 173 milliards de barils — sont les troisièmes en importance dans le monde. Les sables bitumineux recèlent la grande majorité de ces réserves — 169 milliards de barils. Avec les avancées des technologies d’extraction, les sables bitumineux pourraient produire presque deux fois plus — plus de 315 milliards de barils. Les sables bitumineux deviendraient alors les plus importantes réserves de pétrole au monde.

Quant à nos ressources récupérables de gaz naturel, elles sont actuellement estimées à 1 300 billions de pieds cubes. Avec la découverte et l’évaluation de nouveaux dépôts de schiste et la poursuite des activités d’exploration extracôtière, ce chiffre devrait sensiblement augmenter. On estime que les réserves totales de gaz dans certaines régions de la Colombie-Britannique pourraient à elles seules s’élever à 1 200 billions de pieds cubes. C’est plus de pétrole et de gaz que notre pays pourrait en consommer pendant 200 ans.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit une croissance de plus du tiers de la demande mondiale d’énergie d’ici 2035, mais, surtout, elle projette que dans 25 ans, même si l’on retient les scénarios les plus optimistes de développement des énergies de remplacement, le monde aura encore besoin des combustibles fossiles pour combler 63 % de ses besoins en énergie.

Comme Fatih Birol, l’économiste en chef de l’AIE, l’a déclaré récemment, pour répondre à la demande de pétrole projetée, le monde devra utiliser jusqu’à la dernière goutte les réserves des sables bitumineux du Canada.

Pour l’essentiel – soit plus de 90 % –, ce sont des marchés à l’extérieur de l’OCDE qui pousseront la demande à la hausse, principalement en raison de la croissance rapide des classes moyennes dans des pays comme la Chine et l’Inde.

Le Canada a l’intention de livrer une concurrence acharnée sur ces nouveaux marchés. Déjà, deux projets de GNL ont reçu toutes les autorisations nécessaires pour exporter vers les marchés asiatiques. Le premier de cinq terminaux méthaniers d’exportation de GNL pourrait entrer en service d’ici deux ans.

Deux projets de pipeline ont été déposés et ils permettraient d’acheminer le brut des sables bitumineux jusqu’à la côte Ouest en vue de son exportation vers la région Asie-Pacifique. Il est aussi envisagé d’inverser l’écoulement dans des pipelines existants ou de les convertir du gaz au pétrole pour expédier le pétrole de l’Ouest du Canada jusqu’au Québec et au Canada atlantique, où il pourrait être raffiné et éventuellement exporté. La côte atlantique du Canada est plus rapprochée de la côte occidentale de l’Inde que tout autre point en Amérique du Nord.

À l’heure actuelle, 99 % des exportations de brut canadien et la totalité de nos exportations de gaz naturel sont à destination des États-Unis. Les États‑Unis utilisent plus de pétrole du Canada que de toute autre source individuelle — et même de l’Arabie saoudite et du Venezuela combinés.

Cela vaut également pour le gaz naturel. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent du gaz naturel importé aux États-Unis provient du Canada.

Cette relation commerciale n’est toutefois pas à sens unique. Dans le domaine de l’énergie, la relation bilatérale entre le Canada et les États-Unis est certainement l’une des plus étroites et des plus importantes au monde. L’électricité circule tant vers le nord que vers le sud dans un réseau étroitement intégré. Les pipelines pétroliers et gaziers sillonnent et relient nos deux pays et ils constituent les liens les plus efficaces entre les ressources énergétiques et les marchés de l’énergie. On peut donc dire non seulement que le Canada est le principal fournisseur de pétrole et de gaz des États-Unis, mais encore qu’il est le plus important consommateur de pétrole et de gaz en provenance des États-Unis.

Nous le savons tous, cette relation est en évolution comme le reste du marché mondial de l’énergie. Outre qu’ils mettent rapidement en valeur leurs propres ressources de gaz de schiste, les États-Unis devraient, selon les projections, devenir le premier producteur de pétrole au monde dès la fin de la décennie. Avec la hausse de la production et la diminution de la demande, les États-Unis seront probablement de moins en moins tributaires du pétrole importé, mais ils en auront encore besoin. D’ici 2035, les États‑Unis se tourneront encore vers les importations pour combler le tiers de leurs besoins en pétrole — c’est-à-dire quelque 3,4 millions de barils par jour. Et cette proportion se maintiendra encore longtemps.

C’est aux États-Unis qu’il incombe de déterminer de quelle façon ils veulent combler leurs besoins à long terme en pétrole importé, mais objectivement il faut bien reconnaître que la source d’approvisionnement la plus responsable est le Canada. Le fait est que le Canada a les ressources dont les États-Unis ont besoin. D’après les projections de l’AIE, il y a suffisamment de pétrole dans les sables bitumineux pour répondre aux besoins de pétrole importé par les États-Unis pendant 100 ans. C’est donc dire qu’avec l’augmentation de la production pétrolière des États-Unis, l’Amérique du Nord pourrait parvenir à l’indépendance énergétique d’ici 2035. Cette situation serait idéale pour nos deux pays.

Et l’avantage ne tient pas uniquement à l’abondance de l’approvisionnement. Comme IHS CERA le signalait dans son récent rapport sur les sables bitumineux, au moins la moitié de la capacité de raffinage de l’Amérique est située sur la côte du golfe du Mexique, et près de la moitié de cette capacité — soit deux millions et demi de barils par jour — est conçue pour raffiner le pétrole lourd.

Pendant longtemps, ces raffineries se sont approvisionnées en pétrole lourd au Mexique et au Venezuela, mais l’approvisionnement du Mexique va sans doute diminuer, et la fiabilité du Venezuela est remise en question. Le Canada a les ressources nécessaires pour alimenter ces raffineries et protéger les milliers d’emplois qui en sont tributaires.

Il n’est donc pas étonnant que IHS CERA ait conclu que, du point de vue des États-Unis, une augmentation de l’approvisionnement en brut des sables bitumineux canadiens vers la côte du golfe du Mexique est vraiment très souhaitable.

Permettez-moi maintenant de parler un peu de Keystone XL. Ce pipeline permettrait d’accroître les livraisons de pétrole aux États-Unis. Il attirerait aussi d’importants investissements, il créerait des dizaines de milliers d’emplois de qualité, il améliorerait la sécurité énergétique à long terme et il offrirait une nouvelle capacité de transport aux producteurs de brut américains. En effet, au moins 20 % du brut transporté dans le pipeline Keystone XL serait du pétrole américain extrait de la partie américaine de la formation de Bakken.

Selon les estimations, la construction de Keystone XL créerait environ 20 000 emplois aux États-Unis — 13 000 dans le secteur de la construction et 7 000 dans le secteur manufacturier. Le pipeline stimulerait des dépenses de quelque 20 milliards de dollars au sein de l’économie américaine, et le pétrole livré aux raffineries du golfe du Mexique, avec ses retombées économiques connexes, ajouterait plus de 170 milliards de dollars au PIB des États-Unis au cours des 25 prochaines années.

Comme beaucoup parmi vous le savent, le département d’État a diffusé la semaine dernière son projet d’énoncé supplémentaire des incidences environnementales. Dans cet énoncé, il concluait que l’approbation ou le rejet de ce projet serait sans aucun effet sur le rythme de mise en valeur des sables bitumineux ou sur la demande de brut lourd aux États-Unis. Par ailleurs, il établissait aussi que le pipeline n’aurait pas d’incidences nocives sur l’environnement et qu’il serait plus sécuritaire que les pipelines traditionnels. Il reconnaissait également les efforts déployés par le Canada pour atténuer les répercussions des sables bitumineux sur l’environnement.

Au bout du compte, toutefois, le projet d’énoncé est une simple étape — mais une étape importante — dans le processus que suivent les États-Unis et que le Canada respecte.

Permettez-moi maintenant de vous présenter quelques faits pertinents considérés par les États-Unis comme étant leur sécurité énergétique à long terme.

Contrairement à certaines régions productrices de pétrole, le Canada est une démocratie forte et stable. Les règles du marché libre y sont respectées, la primauté du droit y est reconnue et l’engagement envers l’environnement y est depuis longtemps manifeste.

Les sables bitumineux sont peut-être le secteur industriel le plus strictement réglementé et surveillé au monde. La réglementation et les activités de surveillance stimulent l’innovation : une innovation qui nous a permis de réduire de 26 % les émissions de gaz à effet de serre de chaque baril entre 1990 et 2010.

Les faits et les données scientifiques sont indéniables. Mais dans le débat public, ceux qui invoquent les émissions de gaz à effet de serre pour s’opposer au projet Keystone ont malheureusement recours à la désinformation et à l’hyperbole. Si vous le voulez bien, je vais vous présenter quatre arguments à ce sujet.

Premièrement, il faut mettre les sables bitumineux en perspective. Le total des émissions de GES attribuable aux sables bitumineux représente un millième des émissions mondiales — il est équivalent aux émissions des centrales au charbon de l’Iowa ou à la moitié des émissions des centrales au charbon de l’Illinois. Le brut qui serait transporté dans le pipeline Keystone XL représenterait les deux millièmes des émissions mondiales. Par conséquent, le total des émissions attribuables au pétrole brut des sables bitumineux transporté dans le pipeline Keystone XL serait moindre que les émissions de la plus grande centrale au charbon des États-Unis et bien inférieur au quatre-vingtième des émissions produites par les centrales électriques au charbon aux États-Unis.

Malgré tout – et c’est mon deuxième point, le Canada reconnaît que toutes les émissions de GES comptent et il continue de les réduire. Entre 2005 et 2010, alors même que notre économie était en expansion, les émissions réelles de GES du Canada ont diminué. Le Canada a en outre harmonisé ses objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre avec ceux des États‑Unis et il s’est engagé à obtenir les mêmes réductions de 17 % à l’échelle de l’économie d’ici 2020. De fait, les projections révèlent que le Canada a déjà parcouru la moitié du chemin pour atteindre cet objectif.

Dans certains secteurs, nous faisons plus que quiconque. Le charbon est la principale source d’émissions de GES dans le monde, et le Canada est le seul pays qui ait adopté des règlements pour éliminer progressivement ses centrales traditionnelles au charbon. Nous réglementons aussi les émissions de GES des véhicules de passagers, des camionnettes et des véhicules lourds, en harmonie avec les États-Unis. Notre prochaine étape consistera à réglementer les émissions de GES dans le secteur pétrolier et gazier.

Troisièmement, en raison des mesures que nous instaurons maintenant, le Canada est l’un des très rares grands producteurs au monde à adopter un régime transparent de surveillance de l’environnement et une réglementation exigeant une excellente performance environnementale.

Quatrièmement, le Canada est le principal fournisseur de pétrole lourd des États-Unis et il sera bientôt l’un des seuls à réglementer strictement les émissions de GES dans le secteur pétrolier et gazier. Les autres fournisseurs, eux, ne font pratiquement rien pour gérer les émissions de GES.

La réalité est donc que dans un contexte où tous les pays devraient prendre des mesures pour gérer les émissions, le Canada offre aux États-Unis la seule option responsable sur le plan environnemental pour combler leurs besoins en pétrole pendant des années et des années.

Nos efforts en vue de protéger l’environnement et d’assurer la sécurité des Canadiens ne s’arrêtent pas là. Les inspections d’oléoducs et de gazoducs que réalise l’Office national de l’énergie, par exemple, augmenteront de 50 % par an pour accroître la fiabilité des pipelines, et nous allons doubler le nombre de vérifications détaillées d’oléoducs et de gazoducs pour repérer les problèmes éventuels de sécurité et ainsi prévenir les incidents.

J’ajouterai que notre engagement à l’égard de l’environnement stimule l’innovation, ce qui améliore du même coup la performance environnementale et crée un cercle vertueux où l’innovation permet de produire de meilleurs résultats économiques et environnementaux.

Le Canada est depuis longtemps le partenaire le plus important, le plus fiable et le plus responsable des États-Unis dans le domaine de l’énergie. Le pétrole canadien est le choix logique pour préserver et resserrer cette relation. Ensemble, nous avons une occasion exceptionnelle de créer des emplois, de faire preuve de responsabilité en matière d’environnement et d’assurer l’indépendance énergétique de l’Amérique du Nord. Ne laissons pas échapper cette occasion.

Merci beaucoup.