ARCHIVÉE - Congrès international 2013 de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE)

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Allocution de

l’honorable Joe Oliver
ministre des Ressources naturelles

à l’occasion du

Congrès international 2013 de
l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE)

Le 4 mars 2013
Toronto (Ontario)

Introduction

Merci beaucoup M. Nolan. Et bonjour à vous tous. J’aimerais d’abord saluer de nouveau au moins les personnes que j’ai eu l’occasion de voir ce matin : le premier ministre McLeod des Territoires-du-Nord-Ouest, Greg Rickford, député de Kenora, le sénateur Daniel Lang du Yukon. D’autres sont peut-être arrivés depuis, mais les projecteurs m’empêchent de les distinguer.

Je tiens aussi à saluer particulièrement l’ancien Alex Jacobs et le remercier de son émouvante invocation.

Enfin, je veux aussi à féliciter l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs d’avoir organisé un autre congrès et un autre salon professionnel exceptionnels.

Il me fait plaisir de vous saluer tous, spécialement ceux d’entre vous qui sont venus de l’étranger pour assister à la plus grande manifestation de ce genre au monde.

Vigueur et stabilité

Que vous songiez à la monnaie qui se trouve dans votre poche ou à l’avion qui vous a amené ici aujourd’hui, la nécessité des minéraux et des métaux est partout évidente. En fait, l’exploitation minière est le moteur du développement économique du Canada depuis des années.

En 2011, le secteur représentait 63 milliards de dollars du PIB nominal, ce qui équivaut à un soutien de 3,9 % de l’économie canadienne, soit près de 2 000 $ par homme, femme et enfant du pays. Selon l’Association minière du Canada, en 2011 seulement, les entreprises d’extraction et de traitement des minéraux ont versé environ 7,1 milliards de dollars en impôts sur les revenus des sociétés et en redevances. Cela signifie que l’exploitation minière est, pour le gouvernement, une importante source de revenus qui contribue à maintenir les programmes et les services utilisés quotidiennement par la population, qu’il s’agisse de routes, de ponts, d’éducation ou de services de santé.

Étant donné qu’il y a plus de 200 mines en activité au Canada, qui produisent plus de 60 minéraux et métaux différents, le secteur est un moteur économique clé dans des dizaines de collectivités rurales, éloignées et autochtones du pays.

Bien que l’on constate un ralentissement des marchés, les perspectives à long terme du secteur demeurent saines. L’industrie minière du Canada a battu des records en 2011 sur le plan des dépenses en exploration, de la production et des exportations. En 2012, le Canada est resté la principale destination mondiale pour l’exploration minière, en attirant 16 % des dépenses budgétisées. En fait, près de 60 % des sociétés minières cotées sur les bourses mondiales le sont au Canada, à la Bourse de Toronto et à la Bourse de croissance TSX. Depuis 2007, plus du tiers du financement des capitaux pour l’exploitation minière à l’échelle mondiale est mobilisé sur ces deux bourses.

La cote de crédit du Canada est un solide triple A. Pour une cinquième année consécutive, le Forum économique mondial a qualifié le système bancaire canadien de plus solide du monde. Nous sommes le seul pays du G7 à avoir récupéré tous les emplois perdus au cours de la dernière récession et à avoir ajouté 820 000 nouveaux emplois nets depuis juillet 2009. L’Organisation de coopération et de développement économiques et le Fonds monétaire international ont tous deux désigné le Canada parmi les chefs de file de la croissance économique dans le monde industrialisé pour les deux prochaines années.

Peu de pays créent des projets de mise en valeur des ressources naturelles de l’ampleur de ceux du Canada ou au même rythme que le Canada. Au cours des dix prochaines années, quelque 600 grands projets de mise en valeur des ressources d’une valeur de plus de 650 milliards de dollars seront réalisés ou planifiés, offrant aux Canadiens une occasion que l’on ne rencontre qu’une fois par génération. Étant donné les découvertes faites dans le Cercle de feu de l’Ontario, dans le nord du Québec et, bien entendu, dans le nord du Canada, l’exploitation minière continuera à jouer un rôle central au Canada en stimulant la croissance économique pendant de nombreuses années. En fait, selon une étude récente du Conference Board du Canada, la production de métaux et minéraux dans le nord du Canada pourrait pratiquement doubler, passant de 4,4 milliards de dollars l’an dernier à 8,5 milliards de dollars en 2020. Du coup, près de 17 000 nouveaux emplois seraient créés dans le secteur minier et 50 000 dans des secteurs connexes.

La réalisation du potentiel minier dans des régions comme le nord du Canada et le Cercle de feu de l’Ontario est essentielle pour l’atteinte des objectifs du gouvernement en matière d’emploi, de croissance et de prospérité durable pour la population.

Notre but est de faire en sorte que le Canada demeure le meilleur endroit du monde pour faire des affaires. Nous avons écouté les acteurs de l’industrie et, en prenant des mesures telles qu’une réglementation des opérations de transfert de sociétés étrangères affiliées présentée dans le budget de 2012, nous faisons ce qu’il faut pour que le régime canadien de fiscalité internationale permette d’établir un équilibre approprié entre la protection de l’assiette fiscale et le maintien de la position du Canada parmi les pays de prédilection des entreprises d’exploration et d’exploitation minières.

Notre gouvernement sait parfaitement bien qu’il n’est pas facile de faire de l’exploitation minière. À un moment d’incertitude financière, les investisseurs sont prudents et les entreprises se demandent si elles obtiendront le financement requis pour mettre en route les projets nécessaires. Étant donné les fluctuations des prix des produits de base, les entreprises ne peuvent prendre le risque d’un long processus de réglementation.

Développement responsable des ressources

Le plan de notre gouvernement pour un Développement responsable des ressources rend les examens des projets plus prévisibles et plus rapides, réduit les chevauchements, renforce la protection de l’environnement et améliore les consultations auprès des Autochtones.

Ce plan novateur change fondamentalement le régime de réglementation canadien pour les grands projets de ressources naturelles afin qu’il devienne l’un des plus efficaces, des plus efficients et des plus compétitifs au monde, c’est-à-dire un régime qui prescrit des échéances précises pour les approbations et permet que les évaluations environnementales provinciales qui respectent les exigences établies remplacent les évaluations fédérales en éliminant ainsi les chevauchements.

Et pendant que notre gouvernement travaille à améliorer la certitude réglementaire, l’industrie minière recherche l’innovation pour devenir plus compétitive.

Pouvoir de l’innovation

Nous évoluons dans un marché mondial. La réussite des entreprises, grandes et petites, dépend, comme jamais auparavant, de leur aptitude à soutenir la concurrence, à vendre et à investir à des conditions concurrentielles. L’innovation est essentielle pour améliorer notre rendement, ainsi que nos résultats environnementaux. Le moment est venu de démontrer que la prospérité économique et les responsabilités environnementales ne sont pas incompatibles. Voilà pourquoi, par exemple nous travaillons en étroite collaboration avec l’industrie à l’Initiative Mines vertes visant à réduire l’empreinte écologique du secteur minier et à faire du Canada un chef de file mondial de l’exploitation minière responsable.

Maximiser notre avantage concurrentiel signifie aussi que nous devons bien comprendre où se trouvent les nouvelles possibilités de développement. La géomatique nous fournit de nouveaux outils puissants permettant de stimuler le développement économique dans le nord du pays.

Depuis 2008, notre programme de Géocartographie de l’énergie et des minéraux nous fournit les connaissances géoscientifiques publiques nécessaires pour prendre des décisions éclairées en matière d’aménagement du territoire et de gestion des ressources. Depuis sa mise en œuvre, le programme a permis de réaliser 20 projets, d’effectuer 34 levés géophysiques régionaux et de publier 644 dossiers publics comportant de nouvelles données géoscientifiques. Les réalisations les plus récentes du programme, que j’ai le plaisir d’annoncer aujourd’hui, sont la publication de nouvelles données géophysiques destinées à guider l’exploration de métaux de base et de métaux précieux, tels que l’or et la chromite, dans la région de Pelly Lake au Nunavut ainsi que la publication de nouvelles cartes géologiques qui situeront les venues aurifères et cuprifères dans le district de Dawson Range–White Gold au Yukon.

Nous utilisons également notre Initiative géoscientifique ciblée pour obtenir les meilleures données géoscientifiques possibles devant permettre de trouver des gisements miniers en profondeur, ce qui est essentiel pour la prospérité à long terme de l’industrie minière. Les techniques élaborées et les connaissances acquises dans le cadre de l’Initiative ont été largement adoptées par l’industrie dans des régions comme le Cercle de feu de l’Ontario, qui est doté d’abondantes ressources minérales.

Mobilisation des collectivités

De nombreuses communautés des Premières Nations et inuites se trouvent dans des régions qui ont un grand potentiel de ressources non exploité. Comme je l’ai mentionné, notre plan de Développement responsable des ressources comporte tout un volet consacré à l’amélioration des consultations auprès des Autochtones, ce qui souligne notre détermination à faire en sorte que les communautés des Premières Nations profitent des formidables débouchés offerts par l’exploitation des ressources. Notre plan prévoit au-delà de 13 millions de dollars pour l’amélioration des consultations.

Nous investissons également 690 millions de dollars dans la formation et l’éducation des Autochtones pour mieux répondre à la demande croissante de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur minier et dans d’autres secteurs.

Nous savons que, toutes proportions gardées, le secteur minier emploie plus d’Autochtones que tout autre secteur de notre économie. À Timmins, en Ontario, le Conseil tribal de Wabun représente les intérêts de six communautés des Premières Nations et c’est un sérieux partenaire qui nous a guidés dans l’exploitation des ressources. Depuis 2008, les membres du Conseil ont signé plus d’une douzaine de contrats d’exploration et, d’ici un an, ils en auront conclu une autre douzaine. En Saskatchewan, plusieurs Premières Nations négocient d’importants partenariats dans l’industrie de la potasse de la province. Comme vous le savez bien sûr, la Saskatchewan est le premier producteur mondial de potasse. L’un des partenariats des Premières Nations prévoit l’exploitation d’une nouvelle mine qui produira jusqu’à 2,8 millions de tonnes de potasse par an et créera 500 emplois dans le secteur minier. Et dans le nord du pays, à la mine d’or Meadowbank, 39 % de la main-d’œuvre est inuite.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que nous avons mis à jour le Guide d’exploration et d’exploitation minières pour les collectivités autochtones. Ceci facilitera une participation accrue des Autochtones aux avantages des nouveaux projets entrepris chez nous, au Canada. Le guide a été rédigé par mon ministère en collaboration avec Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, l’Association minière du Canada, la Canadian Aboriginal Minerals Association et l’ACPE. Bien que conçu pour aider les Autochtones à mieux comprendre le cycle minier au Canada, il est également utilisé par des entreprises canadiennes qui ont des activités à l’étranger.

Responsabilité sociale des entreprises

Les avantages de la consultation et de la participation des populations locales pour le secteur minier vont bien au-delà de nos frontières. Notre industrie minière est mondiale et elle suppose une responsabilité et un engagement à l’égard des collectivités locales, avec lesquelles nous devons travailler de manière constructive.

Exploiter une nouvelle mine dans n’importe quel pays peut prendre des années et nécessiter un investissement massif de capitaux. Les entreprises d’exploration et d’exploitation peuvent se heurter à des obstacles majeurs et à une absence d’infrastructure. Dans certains pays, il peut y avoir d’autres risques provenant de lois méconnues et d’une gouvernance incertaine.

Nous pouvons surmonter ces difficultés en collaborant avec les populations locales, les autres ordres de gouvernement et le secteur privé. Face à ces risques, les entreprises doivent bien entendu se montrer responsables et établir un contrat social en tenant compte des perspectives culturelles, sociales et environnementales locales. L’exploitation minière a le pouvoir prodigieux d’être à la fois une force économique transformatrice et un moteur de changement social positif. Pour réussir, les entreprises doivent adhérer au principe de responsabilité sociale des entreprises.

Et le ferme engagement de notre gouvernement en matière de responsabilité sociale des entreprises est connu dans le monde entier.

Actuellement, des entreprises minières canadiennes et le gouvernement collaborent avec les autorités et les collectivités locales des pays en développement pour construire les infrastructures dont certaines régions ont tant besoin et qui leur donneront une qualité de vie jamais vue auparavant. Certaines entreprises collaborent à des projets dirigés par l’Agence canadienne de développement international au Burkina Faso, au Ghana et au Pérou. Ces projets contribuent à améliorer la gouvernance locale et à offrir aux jeunes des services d’éducation et de formation pratique. Avec un investissement de 15 millions de dollars, le Canada est le principal donateur fondateur du nouveau Centre africain de développement de l’industrie minière, qui fait la promotion des pratiques exemplaires en matière de politiques et de gestion liées à l’exploitation minière durable sur tout le continent.

Et notre engagement ne s’arrête pas là. L’Institut canadien international pour les industries extractives et le développement, situé en Colombie-Britannique, offre au Canada un moyen stimulant de soutenir les pays en développement en partageant avec eux son savoir-faire en matière de recherche stratégique et de pratiques exemplaires de gestion. Comme l’a dit le premier ministre Harper, « l’Institut aidera les pays en développement à exploiter leurs ressources de manière à générer une croissance économique durable, ce qui permettra de réduire la pauvreté ».

Conclusion

Permettez-moi de conclure en disant que ce congrès met en valeur l’un des plus grands atouts du Canada. Depuis les sociétés de prospection minière qui travaillent dans les régions éloignées jusqu’aux bourses de valeurs situées dans les grands centres urbains en passant par les fournisseurs d’équipement des petites villes, il y a toujours une raison pour laquelle le secteur minier du Canada est un modèle pour le monde et un pôle d’attraction pour l’investissement.

L’industrie minière et le gouvernement cheminent ensemble afin d’assurer le meilleur avenir possible pour l’environnement, les Autochtones et l’économie du Canada.

Je vous souhaite à tous un congrès fructueux.

Merci.