ARCHIVÉE - Débouchés mondiaux pour le GNL en C.-B., gages d’avenir

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Notes d’allocution de l’honorable Joe Oliver,

ministre des Ressources naturelles,

à l’occasion de la première Conférence internationale

sur le gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie-Britannique

Vancouver (Colombie-Britannique)

Le 26 février 2013

Introduction

Merci beaucoup, Tim [Tim Wall, d’Apache Canada].

Je suis ravi d’être ici et de féliciter la province de la Colombie-Britannique à l’occasion de cette première Conférence internationale sur le GNL. J’ai aussi le plaisir de souhaiter à nos visiteurs la bienvenue au Canada, dans la magnifique province de la Colombie-Britannique et la superbe ville de Vancouver.

Nous sommes réunis, bien sûr, pour discuter des possibilités que représente le marché mondial du GNL pour la Colombie-Britannique. En un mot, ces possibilités sont extraordinaires.

Le Conference Board of Canada estime que le secteur du gaz naturel en Colombie-Britannique pourrait générer plus de 180 milliards de dollars entre 2012 et 2035 — soit plus de 7,5 milliards en nouveaux investissements par année. Le Conference Board estime aussi que cet investissement soutiendrait en moyenne 54 000 emplois chaque année.

Ce niveau d’investissement pourrait signifier plus de 46 milliards de dollars en recettes fiscales pour la province, auxquelles viendraient s’ajouter les paiements de redevance. Cela signifie des dizaines de milliards à investir dans les hôpitaux, les écoles, les routes, les ponts, le traitement de l’eau et bien d’autres programmes si essentiels pour notre qualité de vie.

Ces avantages se font sentir partout au Canada. Les recettes fiscales et les redevances connexes aux ressources naturelles soutiennent les programmes sociaux qui contribuent à la fibre de notre pays et expliquent en partie pourquoi le Canada se classe généralement parmi les cinq premiers pays où il fait bon vivre selon l’indice Vivre mieux de l’OCDE. Il est donc primordial que nous exploitions le potentiel de nos ressources naturelles afin de maintenir ces programmes, notamment en santé et en éducation, qui contribuent à créer et à maintenir cette qualité de vie enviable. 

En 2011, le seul secteur de l’énergie a soutenu plus de 21 000 emplois de haute qualité ici, en Colombie-Britannique. L’extraction du pétrole et du gaz, les services connexes et la distribution du gaz naturel ont compté pour près de la moitié de ces emplois, alors que la distribution du gaz naturel représentait quelque 1 700 autres emplois.

Le potentiel est énorme. Comme l’a dit le ministre Coleman [l’honorable Rich Coleman, ministre de l’Énergie, des Mines et du Gaz naturel de la Colombie-Britannique], si les cinq grands projets de GNL actuellement à l’étude se réalisaient, ils généreraient plus d’un billion de dollars en activité économique pour la seule province de la Colombie-Britannique au cours des 30 prochaines années.

Cela signifierait une croissance remarquable pour le secteur en amont du gaz naturel et l’emploi dans la province. Durant les prochaines décennies, ces projets créeraient des emplois très rémunérateurs pour les foreurs, les ingénieurs de complétion, le personnel d’entretien et de réparation et les jeunes intéressés par une carrière dans le secteur des ressources naturelles.

Chaque installation de GNL emploie de nombreux travailleurs. Il est prévu que le projet de terminal de Shell emploiera entre 7 000 et 10 000 personnes durant la période forte de construction et 400 travailleurs durant la phase d’exploitation.

De même, les projets de pipelines créeront des emplois spécialisés pour les ingénieurs de pipeline, les soudeurs et les conducteurs d’équipement lourd.

L’année dernière, plus de 31 000 travailleurs autochtones — soit 8,3 % de la population active autochtone — travaillaient dans le secteur des ressources naturelles. Et, ce qui est tout aussi important, des partenariats novateurs se forment entre les collectivités des Premières Nations, le gouvernement et le secteur privé, afin de profiter des avantages offerts par la mise en valeur des ressources naturelles sur les plans social et économique. 

Hier, j’ai rencontré Ellis Ross, conseiller en chef de la Première Nation Haisla, partenaire du projet de GNL dans le chenal Douglas. Cette Première Nation a créé des débouchés commerciaux dans le projet Douglas et d’autres initiatives et a obtenu d’excellents résultats. 

Les Premières Nations sont de plus en plus nombreuses à établir des liens commerciaux, notamment la compagnie Kitselas Forest Products Limited, propriété d’une Première Nation, qui a géré les travaux d’exploitation forestière pour le pipeline de gaz naturel de Pacific Trail. De plus, des collectivités se regroupent pour échanger leurs connaissances et leurs bonnes pratiques. C’est précisément la démarche adoptée par le Conseil de l’énergie et des mines des Premières Nations, en Colombie-Britannique, qui a créé des outils novateurs permettant de partager les connaissances entre les collectivités, notamment des modèles d’accords sur l’exploration, les répercussions et les aménagements.

Possibilités — L’offre

La Colombie-Britannique et le Canada sont prêts à mettre à profit le développement des ressources. Le pays et la province sont déjà des acteurs importants dans la production et la distribution du gaz naturel.

D’ailleurs, le Canada est le troisième producteur mondial de gaz naturel. Nos ressources récupérables sont actuellement estimées à pas moins de 1 300 billions de pieds cubes, ou 37 billions de mètres cubes. Au rythme de production actuel, cela signifie un approvisionnement pour plus de 200 ans en gaz naturel.  

Il s’agit du gaz que nous connaissons. À mesure que de nouveaux dépôts de schiste seront découverts et quantifiés et que se poursuivra l'exploration extracôtière, ce nombre est appelé à augmenter considérablement.

Ici, en Colombie-Britannique, les vastes champs de gaz de schiste de Horn River et de Montney sont bien connus, alors que d’autres réserves sont mises au jour, comme celles du bassin Liard, dans le Nord-Est de la province, découvertes récemment. Selon les estimations, le volume total des ressources gazières de la Colombie-Britannique pourrait atteindre 1 200 billions de pieds cubes.

En d’autres termes, nous avons les ressources nécessaires pour devenir un exportateur majeur de gaz naturel pendant encore de nombreuses années.

Possibilités — La demande

Il est indéniable que la demande énergétique mondiale augmentera considérablement au cours des prochaines décennies. Dans ses dernières Perspectives énergétiques mondiales, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que d’ici 2035, les besoins énergétiques mondiaux auront augmenté de plus du tiers par rapport à aujourd’hui.

La source de la demande est aussi un aspect important : on prévoit que 93 % de l’augmentation de la demande proviendra de pays non membres de l’OCDE, la Chine comptant pour la plus grande part de l’augmentation prévue de la consommation énergétique mondiale, suivie de l’Inde.

Pour obtenir une part du marché asiatique, le Canada devra adopter une démarche concurrentielle dynamique.

Parallèlement, la production nationale de pétrole et de gaz naturel des États-Unis augmente très rapidement.

Le marché américain est loin de disparaître, mais les États-Unis nous achèteront moins de pétrole et de gaz qu’auparavant.

C’est pourquoi la diversification des marchés pour les hydrocarbures canadiens demeure un objectif prioritaire pour notre gouvernement.

Le marché logique pour le gaz naturel de la Colombie-Britannique et le reste de l’Ouest canadien est au-delà du Pacifique, où le Japon et la Corée comptent actuellement pour 50 % de la demande mondiale.

L’Agence internationale de l’énergie (Scénario des nouvelles politiques de l’AIT) prévoit que la consommation de gaz naturel de la Chine va quintupler et celle de l’Inde va presque tripler entre 2010 et 2035.

Dans chacun des pays de l’Asie-Pacifique que j’ai visités au cours de la dernière année — l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les Philippines — la sécurité énergétique est une préoccupation majeure. Ces pays se demandent où trouver, à long terme, l’énergie nécessaire pour soutenir la croissance économique et répondre à la demande d’une classe moyenne en expansion.

La Corée du Sud vient au dixième rang mondial pour la consommation énergétique et en deuxième place pour les importations de GNL. Ce pays dépend des importations pour 97 % de son approvisionnement énergétique. Le Japon, premier importateur de GNL, dépend des importations pour près de 85 % de son approvisionnement en énergie. Ce n’est pas par hasard que les partenaires des projets de GNL en Colombie-Britannique comprennent des sociétés d’énergie asiatiques majeures, comme Mitsubishi, du Japon, PetroChina, la Société coréenne du gaz (KOGAS) et Petronas, de la Malaisie, par sa récente acquisition de Progress Energy.

L’avantage du Canada

Ces entreprises et d’autres investisseurs reconnaissent l’avantage du Canada.   

D’abord, contrairement à quelques-uns des grands producteurs d’énergie dans le monde, le Canada est une démocratie solide et stable, où le droit prévaut. Nous croyons dans l’efficacité du marché libre.

Ensuite, nous disposons d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, prête à relever tous les défis.

Troisièmement, notre gouvernement a réduit les impôts pour les familles et les entreprises afin de faire du Canada une destination de choix comme milieu de vie et lieu d’investissement.

Quatrièmement, notre gouvernement a revu le régime de réglementation afin de le rendre plus efficace et réactif, en simplifiant le processus d’examen des grands projets et en éliminant le chevauchement inutile.

La proximité est aussi un point positif. Un méthanier à pleine charge en provenance de la côte Ouest du Canada peut atteindre les marchés de GNL du bassin du Pacifique en 11 jours, soit plus rapidement que certains fournisseurs traditionnels, comme le Moyen-Orient ou l’Afrique.

Hier, j’ai annoncé que notre gouvernement avait approuvé, vendredi dernier, une licence permettant à LNG Canada d’exporter du GNL à partir du terminal que le consortium Shell propose de construire à Kitimat. Cette troisième licence à long terme délivrée depuis 2011 illustre clairement la volonté du Canada de diversifier ses marchés d’exportation d’énergie et de renforcer son partenariat commercial avec la région de l’Asie-Pacifique.

Possibilités d’investissement

Le nombre et la taille des projets proposés en Colombie-Britannique et ailleurs au pays démontrent le niveau de confiance élevé des investisseurs dans cette province et le Canada.

Nous estimons à bien au-delà de 600 le nombre de projets d’exploitation des ressources naturelles en cours ou prévus au Canada au cours des dix prochaines années, pour un investissement total de quelque 650 milliards de dollars.

Nous entendons veiller à ce que les Canadiens bénéficient de ces investissements, afin de faire du Canada la destination privilégiée pour les investisseurs du monde entier, car les investissements sont source d’emplois, de croissance et de prospérité. Comme il se doit, ils constituent la priorité absolue de notre gouvernement.

Dès le début, notre gouvernement s’est intéressé à l’essentiel : les fondements économiques favorisant la stabilité et la prévisibilité.

C’est la stratégie qu’il fallait adopter. Le Canada jouit d’une cote de crédit Triple A. Pour la cinquième année consécutive, le Forum économique mondial a établi que les banques canadiennes étaient les plus solides au monde. Le Canada est le seul pays du G7 à avoir récupéré tous les emplois perdus durant la dernière récession. Plus encore, nous avons enregistré une création nette de 924 000 emplois depuis juillet 2009.

Le PIB réel est aujourd’hui nettement plus élevé qu’avant la récession. Ici encore, cela représente le meilleur rendement des pays du G7.

La résilience du Canada durant la récession et notre rendement relativement solide depuis sont largement attribuables à l’approche conservatrice de la gestion budgétaire adoptée par notre gouvernement. Cette approche et le rendement économique vigoureux qui l’a accompagnée ne sont pas passés inaperçus.

Tant l’OCDE que le Fonds monétaire international ont indiqué que le Canada compterait parmi les chefs de file des pays industrialisés pour la croissance économique au cours des deux prochaines années. Selon le magazine Forbes, le Canada est l’un des meilleurs pays du monde où faire des affaires.

Développement responsable des ressources

Nous savons que le secteur du GNL au Canada fait face à la concurrence mondiale et que les possibilités de mener à bien ces projets en Colombie-Britannique sont minces. C’est pourquoi il est essentiel d’établir des processus réglementaires rapides et prévisibles et une plus grande certitude quant aux échéanciers des projets.

Au cours des deux dernières années, les ministres provinciaux et fédéraux de l’énergie et des mines se sont intéressés à la réforme réglementaire, la jugeant essentielle pour permettre au Canada d’exploiter pleinement le potentiel de ses ressources naturelles. L’an dernier, le gouvernement a simplifié le processus d’examen des grands projets économiques, tout en continuant à protéger l’environnement, avec son plan de Développement responsable des ressources.

Parmi les principaux résultats obtenus grâce aux changements que nous avons apportés, mentionnons l’établissement d’échéances fixes, du début à la fin, pour l’évaluation environnementale des projets. Là où il y a équivalence, les processus provinciaux peuvent être remplacés par les examens fédéraux — si les processus provinciaux sont aussi rigoureux que les fédéraux. Cette mesure éliminera le double emploi qui a souvent retardé les projets.

D’ailleurs, j’ai le plaisir d’annoncer que le Canada et la Colombie-Britannique ont entrepris un processus de coopération sur la réglementation des projets de GNL. Cette collaboration s’appuie sur un même sentiment de confiance en l’avenir et soutient les objectifs de notre plan de Développement responsable des ressources.  

Tout en marquant des progrès importants dans la simplification du processus d’examen, nous nous efforçons, plus que tout autre gouvernement, de faire en sorte que les ressources naturelles du Canada soient mises en valeur dans le respect de l’environnement.

Nous avons déjà pris des mesures importantes. Par exemple, afin d’améliorer la sécurité des pipelines au Canada, l’Office national de l’énergie augmentera le nombre d’inspections annuelles des pipelines de pétrole et de gaz, le faisant passer de 100 à 150. Nous doublons le nombre de vérifications complètes annuelles de ces installations afin de déceler les problèmes de sécurité avant qu’ils ne se manifestent.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement du Canada a proposé un règlement imposant des sanctions financières sévères aux personnes et aux sociétés qui contreviennent à la Loi sur l’Office national de l’énergie.

Toutes ces mesures renforceront la sécurité du public et la protection de l’environnement. Nous sommes déterminés à poursuivre ce travail, car nous visons à établir des normes de sécurité de classe mondiale.

Il est temps de démontrer que la prospérité économique et la responsabilité environnementale ne s’excluent pas mutuellement et que l’industrie, s’appuyant sur sa tradition d’innovation, affermira la position du Canada comme fournisseur d’énergie stable et fiable d’importance mondiale, affichant une responsabilité environnementale exceptionnelle.

Ensemble, ces changements produisent des résultats. Au cours de la dernière année, le nombre de grands projets de ressources soumis au processus d’examen réglementaire a augmenté. Pensons, par exemple, au projet de GNL Pacific Northwest à Prince-Rupert, nouvelle initiative de plusieurs milliards de dollars.

Participation des groupes autochtones

Le plan de Développement responsable des ressources permet au Canada de miser sur les emplois et la croissance tout en assurant une protection rigoureuse de l’environnement. Il aide aussi le Canada à mettre en valeur ses énormes ressources naturelles au bénéfice de tous les Canadiens, y compris les Autochtones.

La participation des collectivités autochtones est essentielle pour ouvrir les voies de communication et régler dès le début les problèmes qui pourraient se poser.

Tout un volet de notre plan est consacré à la tenue de consultations responsables et valables avec les groupes autochtones, tôt dans le processus. À cette fin, le Plan d’action économique de 2012 comprend un investissement de plus de 690 millions de dollars pour soutenir l’acquisition de compétences, l’éducation et l’infrastructure, afin qu’un plus grand nombre d’Autochtones soient prêts à saisir les possibilités importantes qui se présentent.

Conclusion

Il ne fait aucun doute que la mise en valeur des ressources naturelles profite à tous les Canadiens. Directement ou indirectement, le secteur des ressources naturelles compte pour le cinquième de toute l’activité économique de notre pays. Pour la Colombie-Britannique, ce secteur fournit des emplois directs à plus de 100 000 travailleurs et compte pour 80 % des exportations provinciales.

Les possibilités d’accroître ces avantages et d’en faire profiter les prochaines générations n’ont jamais été aussi grandes. Pour saisir ces possibilités, nous devons établir l’infrastructure nécessaire pour transporter notre énergie vers les pays qui en ont besoin, et nous devons le faire en respectant la volonté du Canada de démontrer sa responsabilité environnementale.

Notre gouvernement maintiendra les impôts à un bas niveau, poursuivra son approche conservatrice en matière de gestion financière et ouvrira de nouveaux marchés mondiaux pour les ressources naturelles canadiennes.

Notre but est de faire du Canada la plate-forme nord-américaine pour l’exportation de GNL. La volonté de saisir les possibilités offertes par le GNL en Colombie-Britannique me laisse croire que notre but sera bientôt atteint.

Merci