ARCHIVÉE - Nos ressources naturelles : notre prospérité à tous

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L’allocution prononcée par

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles du Canada

devant la

Chambre de commerce de Saint John
Saint John (N.-B.)
Le 11 décembre 2012

Merci beaucoup. Mesdames et messieurs, bonjour. Je remercie la Chambre de commerce de Saint John, qui m’offre aujourd’hui cette occasion de vous rencontrer.

Je tiens également à remercier M. Alward, premier ministre du Nouveau-Brunswick, et mon collègue Rodney Weston, député de Saint John, qui sait si bien représenter les électeurs de cette belle ville et défendre leurs intérêts. Et je remercie bien sûr M. Arthur Irving pour une passionnante visite à la raffinerie. Je vous reparlerai de cela dans quelques instants.

Permettez-moi d’abord de vous dire à quel point je suis heureux d’être dans les Maritimes et ici même, à Saint John – cette région et cette ville illustrent parfaitement l’importance des ressources naturelles du Canada pour les collectivités de tout le pays. Saint John possède deux usines de produits forestiers, un port en eau profonde, trois centrales électriques de comté et la plus grande raffinerie au Canada… et je ne mentionne pas cette incomparable ressource canadienne produite à la brasserie Moosehead.

Les mines, l’énergie et les forêts sont la source directe de près de 20 p. 100 du PIB nominal au Canada atlantique et de quelque 13 p. 100 du PIB nominal ici même, au Nouveau-Brunswick. Au Canada atlantique, les industries fondées sur les ressources naturelles assurent des emplois directs à environ 45 000 habitants. Ces chiffres ne tiennent pas compte des avantages indirects – par exemple les emplois que les industries des ressources naturelles soutiennent grâce à l'achat de biens et de services dans d’autres secteurs, qu’il s’agisse de machinerie et d’équipement, de construction ou de services techniques, juridiques, financiers et autres.

Les perspectives d’amélioration de ces chiffres – les possibilités de créer des emplois et de stimuler la croissance et la prospérité à long terme de la ville, de la région et de notre beau pays – n’ont jamais été aussi prometteuses.

Personne n’ignore que l’économie mondiale est en pleine transition et que le Canada doit tirer parti de cette évolution. Les États-Unis, qui sont incontestablement notre principal partenaire commercial, se remettent lentement de la récession de 2008. La majorité des pays de la zone euro éprouvent eux aussi des difficultés, et certains sont dans des situations économiques et financières particulièrement précaires.

Par contre, même si elles se sont ressenties elles aussi des effets de la récession mondiale, les économies de pays comme l’Inde et la Chine continuent de croître rapidement. L’OCDE – l’Organisation de coopération et de développement économiques – prédisait récemment que d’ici quatre ans, la Chine supplantera les États-Unis et deviendra la première économie mondiale. Pour alimenter une telle croissance, la Chine et d’autres économies émergentes de la région Asie-Pacifique et d’ailleurs ont besoin de ressources.

Prenons l’énergie. La Chine a déjà dépassé les États-Unis en tant que principal consommateur d’énergie au monde. L’Inde est maintenant le troisième consommateur mondial d’énergie, et quand j’ai visité ce pays, en octobre, le ministre de l’Énergie m’a affirmé que la demande d’énergie y était supérieure à ce que le pays pouvait produire – l’insuffisance en électricité s’établit à environ 8 p. 100, et en période de pointe elle peut atteindre 12 p. 100. D’ici 25 ans, l’Inde veut quintupler son approvisionnement en énergie.

Elle lorgne vers la côte Est du Canada – qui est moins éloignée de l’Inde que la côte Est des États-Unis ou la côte Ouest du Canada. L’Inde a d’immenses besoins en gaz naturel, et le terminal Canaport pour l’exportation de GNL est bien placé pour y répondre. L’Inde a besoin de minéraux, d’engrais et d’autres marchandises que nous pouvons produire et lui expédier par le port de Saint John, ce qui créera de bons emplois locaux, bien rémunérés, et stimulera la croissance des entreprises.

Au sud, chez notre principal client, les États-Unis, la production pétrolière et gazière est en hausse pour la première fois depuis des années. Dans son rapport de 2012 sur la situation énergétique dans le monde, l’Agence internationale de l’énergie affirme que la carte mondiale de l’énergie est en plein bouleversement et que l’Amérique du Nord mène la charge. L’AIE projette une tendance révélatrice qui aura des conséquences marquées pour le Canada : les États-Unis parviendront à l’autosuffisance en matière de pétrole d’ici 2020, en raison d’une résurgence de la production pétrolière et gazière. Au cours des 20 prochaines années, grâce aux nouvelles technologies, l’Amérique du Nord deviendra un exportateur net de pétrole et de gaz. L’AIE prévoit également que la demande mondiale d’énergie continuera d’augmenter et croîtra de plus du tiers d’ici 2035. La Chine, l’Inde et le Moyen-Orient seront responsables de 60 p. 100 de cette augmentation.

Ces tendances montrent bien que le Canada doit diversifier ses marchés d’exportation d’énergie s’il veut pouvoir tirer parti des occasions qui se présenteront et contribuer à combler des besoins énergétiques mondiaux de plus en plus importants.

Au Canada, de nombreux emplois du secteur pétrolier et gazier sont tributaires des exportations. À l’heure actuelle, 99 p. 100 des exportations de brut canadien sont destinées aux États-Unis, et la totalité de nos exportations de gaz naturel suit le même chemin. Pour protéger ces emplois canadiens, nous devons diversifier nos marchés. Si nous refusons de reconnaître la nécessité de diversifier nos marchés de l’énergie et, pour ce faire, de construire divers éléments d’infrastructure énergétique, par exemple des oléoducs, nous ne pourrons pas exporter nos ressources et le Canada perdra des emplois et des entreprises. Par contre, si nous exploitons la nouvelle réalité mondiale qui se dessine à l’horizon, d’immenses perspectives s’ouvriront pour le Canada.

Nous continuerons de réaliser de nouveaux projets avec les États-Unis, mais nous devons prendre des mesures pour protéger notre économie à long terme, et c’est l’objectif de notre programme. Le marché américain ne disparaîtra pas, et les Américains devront compter encore longtemps sur les importations de pétrole. La demande, toutefois, ne suivra pas la hausse anticipée de notre production.

La diversification de nos marchés d’exportation est également essentielle pour le gouvernement. L’an dernier, les impôts et redevances payés par le secteur pétrolier et gazier ont contribué à hauteur de 22 milliards de dollars aux recettes gouvernementales qui soutiennent des programmes sociaux essentiels, dont les services de santé et l’éducation.

À l’heure actuelle, toutefois, notre pétrole est vendu à rabais. Notre manque à gagner s’établit à environ 50 millions de dollars par jour – 18 ou 19 milliards de dollars par année – parce que nous sommes incapables d’expédier nos ressources à l’extérieur du continent. Il est donc essentiel que nous raccordions notre réseau d’oléoducs aux installations portuaires sur nos côtes Est et Ouest.

J’entrevois un avenir où le pétrole de l’Alberta et de la Saskatchewan arrivera par oléoduc jusqu’à des raffineries comme celle de Saint John. Notre gouvernement veut que les provinces du centre et de l’Atlantique aient accès au brut canadien, qui est beaucoup moins coûteux que le pétrole importé. Notre gouvernement veut que les raffineries de l’Est du Canada – notamment celle de Saint John – traitent le brut canadien, qu’elles prennent de l’expansion et qu’elles créent encore plus d’emplois pour les habitants du Nouveau-Brunswick et de tout le pays.

Notre gouvernement croit que les ports dynamiques du Canada sont une porte ouverte sur le monde et sur notre prospérité future. Nous croyons que le port de Saint John peut très bien devenir une plaque tournante essentielle pour l’exportation de pétrole, de gaz et d’autres ressources. Nous voulons que la production pétrolière canadienne augmente, grâce aux investissements nationaux et étrangers, et nous voulons que nos ressources puissent arriver sur les marchés étrangers.

Nous avons la ferme intention d’atteindre cet objectif et de mener ce projet à bien. C’est pour cette raison que notre gouvernement juge indispensable à l’intérêt national de relier par un oléoduc l’Ouest et l’Est du Canada.

Les possibilités ne se trouvent pas seulement dans le secteur de l’énergie. Les économies en plein essor ont besoin de toutes sortes de ressources naturelles pour alimenter leur croissance, et rares sont les pays qui sont aussi bien placés que le Canada pour profiter des perspectives offertes.

Premièrement, nous avons les ressources voulues – nos vastes ressources forestières et une industrie de plus en plus concurrentielle et innovatrice nous permettent d’offrir les produits forestiers canadiens à un monde qui s’urbanise rapidement. Le Canada est également devenu une véritable puissance minière, et non sans raisons : le Canada compte plus de 200 mines en activité, qui produisent plus de 60 minéraux et métaux. En outre, nos territoires du Nord recèlent un immense potentiel minier, et nous en accélérons le développement.

Nous possédons des sources d’électricité fiables pour alimenter ces projets. Notre électricité est parmi les plus propres au monde. Près des trois quarts de notre énergie proviennent de sources peu polluantes, dont l’hydroélectricité et le nucléaire – et ce pourcentage augmentera lorsque la centrale de Point Lepreau atteindra sa pleine capacité de production, d’ici quelques semaines. L’énergie éolienne est certainement la source de production d’électricité qui affiche la plus forte croissance au Canada, et la baie de Fundy aide le Canada à mettre en évidence les possibilités de l’énergie marémotrice.

Nous possédons les ressources, mais il nous faut des investissements pour les exploiter.

D’après les études de mon ministère, au cours des 10 prochaines années quelque 650 milliards de dollars pourraient être investis dans plus de 600 grands projets de ressources déjà en cours ou prévus au Canada. Ces projets pourraient apporter des milliards de dollars en recettes pour les gouvernements et contribuer ainsi à financer les soins de santé, l’éducation et tous les autres programmes et services qui donnent au Canada une qualité de vie qui fait l’envie du monde entier.

Dès son arrivée au pouvoir, notre gouvernement s’est fixé comme priorité de faire du Canada une destination privilégiée de l’investissement – et notre philosophie en matière de gestion financière donne effectivement les résultats que nous espérions. Parce que nous tenons nos engagements, réduire les impôts et la dette, améliorer l’efficience de la réglementation et encourager le libre-échange et l’innovation, l’économie du Canada est maintenant reconnue comme l’une des plus stables et des plus robustes au monde.

Notre abondance de ressources, combinée à un solide système financier, a fait de nous un chef de file de l’industrie minière dans le monde. Les sociétés d’exploration et d’exploitation canadiennes travaillent dans plus de 100 pays, et leurs actifs totalisent près de 150 milliards de dollars. Plus de 1 600 sociétés minières sont inscrites à la Bourse de Toronto et à la Bourse de croissance TSX.

Outre la nécessité d’une solide gestion financière, notre gouvernement reconnaît que pour être véritablement concurrentiel sur le marché mondial et parvenir à attirer de nouveaux investissements le Canada doit avoir un processus réglementaire efficace. Grâce à notre plan de Développement responsable des ressources, nous faisons en sorte que le régime de réglementation canadien applicable aux grands projets soit l’un des plus efficaces, efficients et compétitifs au monde. Notre plan élimine les chevauchements dans l’examen des projets et il améliore la protection de l’environnement parce qu’il met l’accent sur les grands projets et renforce l’application des règles.

Le plan de notre gouvernement consacre tout un volet à la tenue de consultations uniformes, responsables, pertinentes et menées en temps opportun auprès des Autochtones. Grâce à ces mesures, les Autochtones pourront participer plus étroitement à tout le processus d’évaluation environnementale et d’attribution réglementaire des permis, et la Couronne pourra remplir adéquatement ses obligations en matière de consultation.

Notre plan est en bonne voie de réalisation, et nous avons fixé aux examens fédéraux des délais fermes qui accroîtront la certitude pour ceux qui investissent dans le secteur des ressources naturelles au Canada. Nous avons aussi instauré de nouvelles mesures qui améliorent la protection de l’environnement, y compris l’imposition d’exigences visant les navires pétroliers et une augmentation de 50 p. 100 des inspections d’oléoduc.

Notre gouvernement refuse de choisir entre le développement économique et la protection de l’environnement. Nous pouvons – que dis-je, nous devons – faire les deux. C’est ce que les Canadiens méritent, et ils n’attendent rien de moins de leur gouvernement.

Au vu des tendances qui se dessinent, le gouvernement du Canada estime que la prise de contrôle de sociétés d’exploitation des sables bitumineux par des sociétés d’État étrangères en est à un point où il n’est pas dans l’intérêt du Canada de la laisser croître. À l’avenir, ce n’est qu’en des circonstances exceptionnelles que le ministre de l’Industrie pourra conclure que l’acquisition par une société d’État étrangère d’une majorité des parts d’une entreprise canadienne d’exploitation des sables bitumineux constitue un avantage net pour le Canada.

Les sables bitumineux canadiens ont une grande importance à l’échelle mondiale et sont d’une valeur inestimable pour la prospérité économique de tous les Canadiens. Mais cela ne change rien au fait que le Canada veut faire des affaires et qu’il demeure ouvert à l’investissement étranger.

Au sujet de l’investissement étranger, je veux souligner deux points. Premièrement, le gouvernement du Canada encourage activement les dépenses en capital du secteur privé au Canada. C’est pour cette raison que nous avons accepté la grande majorité des propositions d’investissement étranger, dont certaines sont très prometteuses pour le Nouveau-Brunswick et j’y reviendrai dans un instant. C’est aussi pour cette raison que nous continuerons d’accueillir favorablement les propositions qui répondent à nos critères.

Deuxièmement, nous nous efforcerons de conclure de nouveaux accords concernant le commerce et l’investissement pour assurer aux investisseurs canadiens un traitement réciproque sur les marchés étrangers. Nous voulons que la production augmente dans les sables bitumineux et dans d’autres secteurs de l’économie alimentés par les capitaux nationaux et étrangers, et nous voulons les moyens d’acheminer nos ressources vers les marchés étrangers. L’investissement étranger continuera d’appuyer notre objectif primordial, qui est de stimuler l’emploi, la croissance et la prospérité à long terme du Canada et de tous les Canadiens.

Le Nouveau-Brunswick est bien placé pour profiter des possibilités offertes par le secteur des ressources naturelles. Le sondage annuel de l’Institut Fraser auprès de plus de 800 grandes sociétés minières classe le Nouveau-Brunswick au premier rang mondial comme cadre propice à l’investissement minier.

Les répondants au sondage ont mentionné le régime fiscal concurrentiel du Nouveau-Brunswick, son système juridique équitable, transparent et efficace, l’application et l’interprétation cohérentes des règles relatives à l’environnement, et un niveau minimal d’incertitude relativement aux revendications territoriales. Le Nouveau-Brunswick montre la voie au reste du Canada.

La société Potash Corporation, de la Saskatchewan, injecte actuellement plus de 1,5 milliard de dollars dans le projet Picadilly, non loin de Sussex. D’ici 2014, les expéditions de potasse au port de Saint John devraient plus que doubler pour atteindre quelque 2,5 millions de tonnes par année. Les collectivités tributaires de la forêt, dont Nackawic et Atholville, ont pu constater les bienfaits de l’investissement étranger. Sans l’intervention de la société Aditya Birla, de l’Inde, on ignore si les usines de pâte et les emplois auraient pu être récupérés. La société indienne a fait preuve d’un engagement réel envers ces collectivités et elle a investi des sommes considérables pour adapter les usines de pâte à la production de rayonne.

Le Nouveau-Brunswick collabore par ailleurs avec la province d’Hebei, en Chine, pour créer une industrie du bâtiment éconergétique à charpente de bois. Cette activité appuie les efforts déployés par notre gouvernement pour promouvoir les avantages des charpentes de bois et ainsi aider les marchés de la Chine et d’autres pays asiatiques à relever les défis de la construction résidentielle.

Mesdames et messieurs, l’augmentation spectaculaire de la demande mondiale d’énergie et de ressources naturelles offre au Canada des circonstances comme il ne s’en présente qu’une fois par génération – circonstances que notre plan de Développement responsable des ressources vise à exploiter au maximum.

Avec ses ressources abondantes, son économie stable et ouverte et son système de réglementation moderne et efficace, le Canada est mieux à même que tout autre pays de tirer parti des perspectives qui s’ouvrent à nous – et d’inaugurer une nouvelle ère en termes d’emplois, de croissance et de prospérité pour tous les Canadiens, d’est en ouest et du nord au sud.

Merci beaucoup.