ARCHIVÉE - Chambre de commerce de la Colombie-Britannique - Vancouver (Colombie-Britannique)

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2012/16

Notes pour une allocution de

l’honorable Joe Oliver
Ministre des Ressources naturelles

devant la

Chambre de commerce de la Colombie-Britannique

23 janvier 2012
Vancouver, Colombie-Britannique

Introduction

Bonjour à tous. Je tiens d’abord à remercier la Chambre de commerce de Vancouver de m’avoir invité à venir vous parler ce matin. J’aimerais de nouveau souligner la présence du sénateur Gerry St. Germain et de l’ancien ministre de l’Environnement, monsieur Barry Penner. Messieurs, je suis heureux de vous avoir avec nous, tout comme vous tous.

C’est toujours pour moi un plaisir de venir à Vancouver, surtout en janvier.

Le climat n’est pas le seul point positif de Vancouver, loin de là. Il y a aussi sa beauté naturelle, sa culture dynamique, ses bons restaurants et j’en passe. En fait, pour un Torontois, la comparaison est presque déprimante.

Vancouver est aussi l’un des plus puissants moteurs économiques du Canada et notre plus importante porte d’entrée sur le marché Asie-Pacifique et son immense potentiel. Ce potentiel se calcule en centaines de milliers d’emplois pour les Canadiens et en billions de dollars, littéralement, en activité économique ici en Colombie-Britannique et ailleurs au pays.

Potentiel pour nos ressources

Je suis allé en Chine et au Japon l’automne dernier et j’y ai rencontré la première ministre, Christy Clark, qui accompagnait une imposante délégation de représentants du secteur forestier canadien. J’ai pu constater par moi-même l’immense appétit de l’Asie-Pacifique, particulièrement de la Chine, pour les ressources naturelles du Canada. Pendant que j’étais là-bas, j’ai assisté à une cérémonie soulignant l’achèvement d’un projet phare : une structure de quatre étages à ossature en bois. Le Canada a joué un rôle important dans ce projet en fournissant des services d’ingénierie et de création architecturale ainsi qu’une expertise sur les constructions à ossature en bois. Ce projet conjoint Canada–Chine a été réalisé à l’aide de bois de la Colombie-Britannique. La Chine a des besoins croissants en matière de logement, et le bois constitue une solution abordable pour la construction d’habitations. Du coup, c’est une formidable occasion pour l’industrie forestière du Canada.

Beaucoup d’entre vous savent que la Chine est déjà le marché où les produits du bois canadiens connaissent la plus forte croissance. Le nombre d’expéditions de bois vers la Chine s’est accru de près de 500 % depuis 2007. À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique vend presque autant de bois d’œuvre résineux à la Chine qu’aux États-Unis.

Ce type de réussite n’arrive pas tout seul. C’est le résultat d’un travail acharné réalisé par divers acteurs de l’industrie et d’initiatives que nous avons proposées à l’industrie forestière, à la province de la Colombie-Britannique et à d’autres parties intéressées. Je pense notamment au Programme canadien d’exportation de produits de bois. Grâce à ces initiatives, des milliers de Britanno-Colombiens travaillent dans les villes forestières de la province afin de répondre à la demande de la Chine, un marché en pleine expansion.

Au Japon, je me suis rendu à Sendai, où l’on a récemment reconstruit le port. J’ai participé à un événement soulignant l’arrivée d’un lot de bois d’œuvre de Colombie-Britannique; c’était le premier lot de bois étranger depuis le séisme et le tsunami qui ont ravagé la région le 11 mars dernier. J’ai également visité un site d’hébergement temporaire pour les personnes qui ont dû être déplacées à cause des sinistres. Ce site comprend 95 habitations construites avec du bois de la Colombie-Britannique.

J’ai été heureux d’accompagner des représentants du gouvernement de la Colombie-Britannique et de l’industrie forestière canadienne pour annoncer une aide de 4,5 millions de dollars au projet de reconstruction Canada–Tohoku. Cet argent servira à construire entre autres des écoles, des centres pour personnes âgées et diverses installations communautaires. La construction de ces immeubles sera faite en partie de bois canadien de première qualité.

L’industrie forestière canadienne connaît déjà un franc succès en Asie-Pacifique, mais il y a encore énormément de possibilités. À long terme, le potentiel de croissance et de diversification des marchés est pratiquement illimité. L’exploitation et la promotion des marchés peuvent être très profitables, et pas seulement pour les produits forestiers.

Prenons l’exploitation minière. Le Canada est un leader mondial dans ce secteur. Il produit plus de 60 minéraux et métaux et figure parmi les principaux exportateurs du monde. Le Canada est le premier producteur de potasse sur la planète; le deuxième producteur d’uranium; le troisième producteur de diamants et l’un des cinq premiers producteurs d’aluminium, de molybdène, de nickel, de sel, de soufre, de zinc, de concentrés de titane et de métaux de la mine de platine.

En 2010, la production canadienne de minéraux s’est chiffrée à plus de 41 milliards de dollars. Elle a contribué pour près de 35 milliards de dollars au PIB et pour 18 milliards de dollars à l’excédent commercial du pays.

Un peu plus tard dans la matinée, je m’adresserai aux participants du rassemblement sur l’exploration minérale 2012 de l’Association for Mineral Exploration de la Colombie-Britannique. Cet événement est devenu l’un des plus grands et des plus importants salons professionnels sur l’exploration et l’exploitation minières du monde. Les responsables attendent cette année plus de 7 000 délégués d’une trentaine de pays, dont une bonne partie de la région du Pacifique. Pour le Canada, pour la Colombie-Britannique et pour Vancouver, ville considérée comme l’une des capitales du monde minier, c’est une excellente occasion de promouvoir l’exportation ainsi que la participation du Canada à l’exploitation minière dans les marchés de l’Asie-Pacifique. Les possibilités sont donc grandes pour l’industrie minière, mais elles le sont encore plus pour le secteur de l’énergie.

Superpuissance énergétique

Les ressources naturelles constituent un atout stratégique pour le Canada. L’énergie représente 7 % de notre produit intérieur brut et ce pourcentage va en augmentant. Et comme le Canada est une superpuissance sur le plan énergétique, l’énergie deviendra un moteur économique de plus en plus important au fil des ans. Nous avons des ressources énergétiques en abondance : nous sommes le deuxième producteur mondial d’uranium; le troisième producteur de gaz naturel et d’énergie hydroélectrique; et le sixième producteur de pétrole. Notre secteur des énergies renouvelables prend de l’expansion et nous sommes, de loin, le plus important fournisseur de ressources énergétiques d’un des plus grands marchés du monde, les États-Unis.

Nos réserves de pétrole prouvées s’élèvent à 174 milliards de barils, ce qui classe le Canada au troisième rang des producteurs mondiaux de pétrole. Le gros de nos réserves, soit 98 %, est enfoui dans nos sables bitumineux. Ici, en Colombie-Britannique, on estime qu’il y a assez de gaz de schiste dans le nord-est de la province pour satisfaire aux besoins du Canada pendant un siècle.

Prévoyant pour l’avenir, nous souhaitons continuer notre progression en investissant dans l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique. Depuis 2006, le gouvernement du Canada a investi plus de 10 milliards de dollars dans l’infrastructure verte, l’efficacité énergétique, les technologies d’énergie propre et la production d’énergie et de carburant renouvelables.

Pour être saine et responsable, la gestion des ressources doit s’appuyer sur l’innovation et mettre à profit l’ensemble de nos richesses. Une gestion responsable augmentera en outre notre contribution à l’effort mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous devons toutefois être réalistes et admettre que l’économie mondiale est basée sur les combustibles fossiles, en particulier le pétrole.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit que même dans le plus contraignant des scénarios en matière de gaz à effet de serre, le pétrole demeurera la principale source d’énergie des 25 prochaines années. Loin de diminuer, la consommation mondiale de pétrole augmentera de plus de 13 % d’ici 2035 et atteindra près de 99 millions de barils par jour, selon les prévisions de l’Agence. Nous ne pouvons pas simplement fermer le robinet; cela créerait un chaos économique et entraînerait plus d’un milliard de personnes dans un déficit énergétique de plusieurs décennies.

Perspectives pour les Canadiens

Qu’est-ce que cela implique pour le Canada? Pour répondre à cette question, considérons d’abord que 480 000 emplois sont liés aux sables bitumineux. Ces emplois relèvent de tous les secteurs de l’économie : métiers spécialisés, industries manufacturières, emplois de bureau, services financiers, etc. Ici, en Colombie-Britannique, les sables bitumineux contribuent pour environ 1,1 milliard de dollars au PIB annuel de la province et sont à la source de plus de 17 000 emplois.

Et les avantages ne s’arrêtent pas là. Au cours des cinq dernières années, l’extraction de pétrole et de gaz a ajouté en moyenne 22 milliards de dollars par année aux coffres du gouvernement, et ces 22 milliards de dollars sont utilisés pour financer l’éducation, les soins de santé, les routes et les ponts, pour ne donner que ces exemples. De plus, les pipelines qui transportent les ressources vers les marchés contribuent pour une large mesure à l’activité économique.

Le projet du pipeline Keystone XL, qui vise le transport de pétrole canadien vers des raffineries de la côte du golfe du Mexique aux États‑Unis, créerait des milliers et des milliers d’emplois, aussi bien au Canada qu’aux États-Unis, et contribuerait à renforcer la sécurité nationale des États-Unis. Nous avons appris la semaine dernière que le président Obama avait refusé d’approuver le projet. Cette nouvelle nous a beaucoup déçus, car nous demeurons convaincus que Keystone serait avantageux pour nos deux pays.
 
Il est clair cependant que le dossier n’est pas fermé. Nous continuons d’espérer que le projet finira par être approuvé. La récente décision des États-Unis fait toutefois ressortir la nécessité de diversifier nos marchés pour assurer la prospérité et la sécurité des Canadiens au cours des décennies à venir. D’où l’importance de bâtir une infrastructure pour transporter notre pétrole et notre gaz vers le marché de l’Asie-Pacifique.

Cette infrastructure, le pipeline Northern Gateway, représenterait un investissement de 5,5 milliards de dollars. Le projet créerait des milliers d’emplois ici même, en Colombie-Britannique, d’abord pour construire le pipeline, puis pour le faire fonctionner. Selon une étude menée récemment par la School of Public Policy de l’Université de Calgary, l’ouverture des marchés de l’Asie et de la Californie au pétrole canadien pourrait ajouter jusqu’à 132 milliards de dollars au PIB du Canada entre 2016 et 2030 compte tenu des prix plus élevés à l’international qu’aux États-Unis.

Comme il y a déjà des ports sur la côte Ouest, les économies florissantes de l’Asie constituent des marchés évidents pour le gaz naturel canadien. En fait, il y a des chances que le premier port méthanier de la Colombie-Britannique s’ouvre au commerce à la fin de l’année prochaine.

Potentiel économique

Nous pouvons envisager pour la prochaine décennie des investissements de 500 milliards de dollars ou plus dans des projets énergétiques et miniers, projets qui créeront des centaines de milliers d’emplois et profiteront à toutes les régions du pays. En tant que gouvernement, nous avons la tâche, la responsabilité de faire en sorte que ces avantages potentiels se concrétisent.

Vu l’importance de la diversification des marchés pour la création d’emploi et l’économie, le premier ministre Harper et Ed Fast, ministre du Commerce international et l’un de mes collègues de la Colombie-Britannique à la Chambre des communes, se rendront en Chine le mois prochain afin de discuter de nouvelles possibilités de commerce entre nos deux pays.

Comme vous le savez, depuis le début de notre mandat, nous nous efforçons de faire du Canada un pôle d’attraction pour les investisseurs. Et nous réussissons. Nous jetons les bases requises pour assurer notre croissance et notre durabilité économiques, baisser les impôts des particuliers et des entreprises, réduire la dette, freiner les dépenses, alléger la bureaucratie et favoriser l’innovation et le libre-échange.

Ainsi, pendant que certains pays se tournent vers le protectionnisme pour stabiliser leur économie, le Canada réduit les obstacles au commerce. Tandis que des pays du G-7 augmentent les impôts pour diminuer leurs déficits, le Canada applique le plus faible taux d’imposition sur les nouveaux investissements commerciaux. Alors que des pays se voient forcés de sabrer leurs services publics, le Canada prend des mesures modérées qui ne compromettent pas ses services sociaux les plus importants.

Il est clair que nous sommes sur la bonne voie. Le magazine Forbes a d’ailleurs écrit récemment que le Canada est le meilleur pays où faire des affaires. Et tant le FMI que l’OCDE prédisent que la croissance économique du Canada figurera parmi les plus vigoureuses du monde au cours des deux prochaines années. Le Canada affiche aujourd’hui un PIB réel nettement supérieur à ceux d’avant la récession, et depuis juillet 2009, notre économie a généré quelque 600 000 emplois. En fait, le Canada est le seul pays du G-7 à avoir plus que récupéré toute la production et tous les emplois perdus pendant la récession.

C’est pour cette raison que nous maintiendrons notre plan d’action visant à stimuler la croissance et l’emploi par l’intermédiaire d’impôts peu élevés. Notre plan prévoit également un rétablissement de l’équilibre budgétaire à moyen terme. Ces conditions sont essentielles pour préserver l’avantage du Canada sur les marchés mondiaux et nous assurer la souplesse nécessaire pour pouvoir réagir à ce que l’avenir nous réserve.

Le risque

Malheureusement, il y a des groupes d’environnementalistes radicaux qui voudraient bloquer cette possibilité de diversification du commerce. Leur objectif est de stopper tout projet majeur visant nos ressources naturelles, peu importe ce qu’il en coûtera aux familles canadiennes en emplois et en croissance économique. Fini l’activité forestière, minière et pétrolière. Oubliez aussi l’exploitation des hydrocarbures et les barrages hydroélectriques. Comme je l’ai déjà dit, ces groupes menacent de prendre en otage le système réglementaire canadien pour réaliser leur programme idéologique radical. Ils cherchent à exploiter la moindre faille, à envahir les audiences publiques pour causer des délais qui signeront l’arrêt de mort de bons projets.

Par ailleurs, le processus réglementaire en lui-même est imprévisible et inutilement complexe. Les échéances sont souvent reportées et les retards sont monnaie courante et excessifs. Les investisseurs ont besoin de réponses rapidement. S’ils ont à attendre trop longtemps, ils iront investir ailleurs.

Par exemple, il aura fallu attendre près de neuf ans avant que le projet gazier Mackenzie soit approuvé. Pour le projet minier Joslyn, on parle de près de six ans. Par comparaison, le prolongement vers l’ouest du chemin de fer Canadien Pacific, un projet essentiel pour la construction de la nation réalisé sous sir John A. Macdonald, a été approuvé en quatre ans.

Sous le système actuel, même construire une patinoire temporaire sur un lac gelé à Banff requiert l’approbation du gouvernement fédéral. Obtenir cette approbation demande deux mois, deux précieux mois. Tout ça pour faire évaluer quelque chose que des milliers de Canadiens font depuis plus d’un siècle.

Il est possible d’effectuer des examens réglementaires dans un délai raisonnable sans compromettre la rigueur ou les normes du processus et sans empêcher les parties intéressées de la Colombie-Britannique et d’ailleurs, dont les Premières Nations, de se faire entendre.

Pour moi, il est clair comme de l’eau de roche que nous devons mettre un terme à ces délais excessifs. Ces délais peuvent porter atteinte à la viabilité des projets et miner notre réputation de destination intéressante pour les investisseurs. Il est important pour le gouvernement du Canada que le système de réglementation assure une juste protection de l’environnement et respecte le droit des parties ayant un intérêt légitime, dont les Autochtones. Mais nous pouvons avoir à la fois ce type de système et des échéances réalistes qui favorisent la prospérité économique. Les deux objectifs ne sont pas incompatibles. Il est possible d’instaurer un processus prévisible pour effectuer rapidement des examens rigoureux tout en recueillant les perspectives de toutes les parties intéressées. Cela ne peut toutefois se faire sous le système actuel, qui se caractérise par un processus imprévisible et de fréquents manquements aux échéances.

C’est la raison pour laquelle les améliorations de la réglementation sont, depuis le début, une priorité de notre gouvernement. Nous avons instauré plusieurs mesures novatrices pour améliorer la réglementation entourant les projets d’envergure. Mais il ne s’agit là que de premiers pas. Nous devons, et nous pouvons, faire plus.

Pour réaliser le projet de modernisation dont nous avons besoin, nous devons apporter des changements fondamentaux à la loi et renforcer la collaboration avec les provinces et les territoires. Ce projet est déjà en voie de développement. J’ai rencontré mes homologues provinciaux et territoriaux à Kananaskis en juillet dernier et nous sommes parvenus à un large consensus sur la nécessité de renforcer notre collaboration sur les points essentiels du processus d’approbation. Le but ultime est simple : réaliser une évaluation par projet dans un délai bien défini.

Conclusion

En conclusion, mesdames et messieurs, le Canada possède d’immenses réserves de pétrole et de gaz, et le meilleur moment de faire fructifier ces ressources et de diversifier les marchés où nous vendons notre énergie est : maintenant. Si le Canada ne fait rien pour approvisionner le marché en plein essor qu’est l’Asie-Pacifique, un autre pays s’en chargera. Au bout du compte, nous aurons perdu des milliards et des milliards de dollars en retombées économiques pour soutenir la qualité de vie de générations de Canadiens. Un gouvernement qui se croiserait les bras et laisserait une telle situation se produire serait incroyablement irresponsable. Je vous promets que notre gouvernement, lui, défendra les intérêts des Canadiens.

Je vous remercie de votre attention.