Ouvrir de nouvelles voies vers l’avenir énergétique du Canada - Calgary (Alberta)

2012/13

Notes d’une allocution pour

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

devant la

Chambre de commerce de Calgary

« Ouvrir de nouvelles voies vers l’avenir énergétique du Canada »

25 janvier 2012
Calgary (Alberta)

Ma dernière visite à Calgary remonte à quelques mois déjà et je suis heureux de constater que les signes de reprise économique dont nous avons discuté pendant le Stampede sont de plus en plus nombreux. En fait, selon les dernières prévisions de Scotia Capitaux, l’Alberta sera la locomotive économique du pays cette année et l’an prochain.

Économie

Sachant que l’Alberta affiche la plus forte productivité du travail dans le secteur des entreprises, on comprend aisément que son PIB ait pu augmenter de 3,5 % par an au cours des deux dernières décennies. Pour les entreprises, c’est ici que l’impôt provincial pour les entreprises et le coût des affaires sont les moins élevés.

La province a enregistré un taux de chômage de 4,9 % en décembre 2011, et l’an dernier 77 500 emplois ont été créés dans cette seule province, ce qui représente la moitié des emplois créés dans l’ensemble du pays.

À l’heure actuelle, l’énergie constitue le quart du PIB de l’Alberta, près de 70 % des exportations de la province et 35 % des revenus du gouvernement albertain. Je crois qu’on s’entend tous pour dire que ce sont là de bonnes nouvelles, et c’est exactement ce genre de nouvelles que notre gouvernement veut continuer à annoncer aux Albertains et à tous les Canadiens.

Depuis le début de notre mandat, l’économie a toujours été notre grande priorité. Nous travaillons à jeter les bases de la croissance à long terme, de la prospérité et de la capacité de récupération économique.

Nous avons baissé les impôts des particuliers et des entreprises. Nous réduisons la dette et freinons les dépenses. Nous allégeons la bureaucratie, investissons dans l’innovation et favorisons le libre-échange.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Le magazine Forbes a écrit que le Canada est le meilleur pays où faire des affaires. Et tant le FMI que l’OCDE prédisent que la croissance économique du Canada figurera parmi les plus vigoureuses du monde au cours des deux prochaines années.

Le Canada affiche aujourd'hui un PIB réel nettement supérieur à ceux d’avant la récession. Son économie a généré quelque 600 000 emplois depuis juillet 2009. D’ailleurs, le Canada est le seul pays du G-7 à avoir plus que récupéré toute la production et tous les emplois perdus pendant la récession.

Tandis que des pays du G-7 augmentent les impôts pour diminuer leurs déficits, le Canada applique le plus faible taux d’imposition sur les nouveaux investissements commerciaux.

Pendant que certains se tournent vers le protectionnisme pour stabiliser leur économie, le Canada a la flexibilité de réduire les obstacles au commerce.

Alors que des pays se voient forcés de sabrer leurs services publics, le Canada prend des mesures modérées qui ne compromettent pas ses services sociaux essentiels et ses autres programmes de base.

Mais ne vous y trompez pas; l’incertitude est toujours présente. Les difficultés économiques et fiscales de l’Europe demeurent inquiétantes et la lente remontée des États-Unis appelle à la prudence. Toutefois, le Canada possède de nombreux atouts et notre gouvernement est déterminé à en tirer profit au maximum pour en faire bénéficier tous les Canadiens.

C’est peut-être là d’ailleurs la responsabilité première du gouvernement : favoriser la prospérité qui constitue le fondement de notre qualité de vie.

L’énergie, les sables bitumineux et notre économie

Il ne fait aucun doute que l’un des plus grands avantages du Canada, l’une des clés de notre prospérité, réside dans l’énergie. L’énergie représente une part importante et grandissante de notre produit intérieur brut. Et comme le Canada est une superpuissance sur le plan énergétique, l’énergie deviendra un moteur économique de plus en plus important au fil des ans.

Nous avons des ressources énergétiques en abondance : nous sommes le deuxième producteur mondial d’uranium; le troisième producteur de gaz naturel et d’énergie hydroélectrique; et le sixième producteur mondial de pétrole. Notre secteur des énergies renouvelables prend de l’expansion et nous sommes, de loin, le plus important fournisseur de ressources énergétiques d’un des plus grands marchés du monde, les États-Unis.

Et, bien sûr, l’Alberta est riche en sables bitumineux. La province abrite la troisième réserve de pétrole prouvée au monde, une immense ressource économique et stratégique qui est appelée à croître avec l’évolution technologique.

Vous le savez, et je veux m’assurer que tous les Canadiens le savent aussi. On ne nous montre qu’un côté de la médaille depuis trop longtemps déjà. C’est pourquoi je me suis donné le mandat de faire voir l’autre côté aussi souvent et avec autant d’insistance que possible.

Les sables bitumineux font partie des belles réussites de ce pays. Il y a moins d’un demi-siècle, l’idée de trouver un moyen rentable d’extraire du pétrole brut des sables bitumineux relevait du fantasme technologique. Mais les Canadiens ont trouvé ce moyen et aujourd’hui, les sables bitumineux constituent l’un des principaux moteurs économiques du pays. Cette ressource a attiré plus de 137 milliards de dollars en investissements, dont plus de 116 milliards uniquement dans les 10 dernières années.

Grâce aux sables bitumineux, des centaines de milliers d’emplois directs et indirects seront créés chaque année à la grandeur du pays, et ce pour les 25 années à venir. Ces emplois relèveront de tous les secteurs de l’économie : métiers spécialisés, industries manufacturières, emplois de bureau, secteur financier… Il y aura de nouveaux emplois partout.

Les sables bitumineux constituent en outre une importante source de revenus pour tous les paliers de gouvernement. Au cours des cinq dernières années, le secteur de l’extraction de pétrole et de gaz a ajouté en moyenne 22 milliards de dollars par an aux coffres du gouvernement.

Une telle somme serait suffisante pour faire fonctionner la Ville de Calgary pendant près de 10 ans. Les gouvernements pourraient aussi utiliser ces 22 milliards de dollars par an pour investir dans ce qui compte le plus pour les Canadiens : l’éducation et la santé, les routes et les ponts, la recherche de pointe, et baisser les impôts pour les familles canadiennes. Et les possibilités sont loin de s’arrêter là.

Expansion et diversification des marchés

À l’heure actuelle, le Canada achemine vers les États-Unis 98 % de son pétrole brut et de ses produits pétroliers destinés à l’exportation. Le fait n’est peut-être pas connu autant qu’il le devrait, ni au Canada ni aux États-Unis, mais le Canada joue un rôle majeur dans la sécurité énergétique et la stabilité économique de nos voisins du Sud.

Imaginez l’impact sur l’économie et la sécurité nationale des États-Unis si le Canada cessait d’y expédier les 2,5 millions de barils de pétrole qui traversent la frontière chaque jour. Cette quantité représente près de 15 % de la consommation totale des États-Unis en pétrole brut et en produits pétroliers.

Les États-Unis importent plus de pétrole du Canada que de l’Arabie Saoudite et du Venezuela combinés. De plus, la fiabilité du Canada en tant que fournisseur d’énergie ami est importante pour la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord. L’Iran nous l’a récemment rappelé en menaçant de fermer le détroit d’Ormuz, et c’est sans parler des sentiments antiaméricains d’Hugo Chavez.

L’émergence du Canada comme superpuissance énergétique souligne l’importance d’avoir l’infrastructure nécessaire pour acheminer notre pétrole vers les pays acheteurs.

Nous avons été très déçus de l’annonce faite par le président Obama la semaine dernière concernant le pipeline Keystone XL. Nous sommes toujours convaincus que ce projet est avantageux pour nos deux pays et nous continuons d’espérer qu’il finira par être approuvé.

La décision des États-Unis concernant ce projet fait ressortir la nécessité de diversifier nos marchés pour assurer la prospérité et la sécurité des Canadiens au cours des décennies à venir.

La région de l’Asie-Pacifique nous offre cette possibilité de diversification. J’étais en Chine l’automne dernier et le message était clair : le pays qui consomme le plus d’énergie sur la planète veut importer aussi bien notre pétrole que notre gaz; il en a besoin. Il y a par conséquent de fortes chances que le premier ministre Harper discute de la question lors de sa visite officielle en Chine le mois prochain.

Il sera capital que nous obtenions une part significative du marché énergétique de la Chine et d’autres régions de l’Asie-Pacifique si nous voulons stimuler notre exportation d’énergie, appuyer et accroître les investissements dans nos ressources et favoriser l’emploi et la croissance pour tous les Canadiens.

Infrastructure

Cependant, pour que cela se produise, nous devons avoir l’infrastructure nécessaire pour livrer nos ressources à ces nouveaux marchés.

La société Enbridge a soumis un projet d’oléoduc qui permettrait de transporter du pétrole issu des sables bitumineux jusqu’à Kitimat, sur la côte Ouest. Ce projet de 5,5 milliards de dollars, appelé Northern Gateway, fait actuellement l’objet d’une étude par une commission d’examen conjoint. Par ailleurs, Kinder Morgan envisage une expansion de son pipeline TransMountain, un projet qui nécessiterait un investissement additionnel de 3,8 milliards de dollars.

Les avantages d’un accès au marché de l’Asie-Pacifique sont énormes. Selon une étude menée par la School of Public Policy de l’Université de Calgary, le différentiel de prix du pétrole pourrait à lui seul ajouter jusqu’à 17 milliards de dollars au PIB du Canada entre 2016 et 2030. Ce n’est pas seulement une question d’argent ici, mais d’emplois, de sécurité et de prospérité pour les Canadiens.

Les économies florissantes de l’Asie constituent en outre des marchés évidents pour le gaz naturel canadien compte tenu des ports de la côte Ouest.

Amélioration de la réglementation

Les projets d’infrastructure figurent parmi les projets d’investissement de 500 milliards de dollars envisagés pour les secteurs de l’énergie et des mines au cours des 10 prochaines années.

On parle donc d’investissements potentiels d’un demi-billion de dollars sur une période de dix ans, des investissements qui appuieraient la création de centaines de milliers d’emplois et qui stimuleraient l’activité économique dans tout le pays pendant de nombreuses années.

Ces investissements sont toutefois loin d’être garantis; les entreprises canadiennes doivent jouer du coude sur les marchés mondiaux pour attirer des capitaux.

Notre gouvernement travaille fort pour attirer du financement étranger et ses efforts portent fruits. Il y a cependant un facteur qui joue contre nous : nos processus administratifs imprévisibles, souvent plus longs que nécessaire et inutilement complexes. Ce genre de processus n’est pas très propice à de bons résultats écologiques.

Pour créer un climat d’investissement stable et prévisible, nous devons offrir d’emblée un système de réglementation efficient et efficace. L’inefficacité entraîne des retards aussi inutiles qu’imprévisibles, et ces retards compromettent la viabilité de projets qui sont cruciaux pour la création d’emplois et la croissance économique du Canada.   

L’inefficacité du système actuel est en grande partie attribuable à sa structure, ou devrais-je dire, à son manque de structure. Nous utilisons un processus qui a été modifié au fil des ans sans que les diverses administrations concernées se consultent vraiment. Résultat : nous avons aujourd’hui un processus complexe dans lequel chevauchement et dédoublement sont monnaie courante. Il arrive souvent que le même projet fasse l’objet de deux évaluations environnementales – une au fédéral et une au provincial – et il n’est pas rare qu’il n’y ait aucune coordination entre les deux.

C’est la raison pour laquelle les améliorations à la réglementation sont, depuis le début, la priorité de notre gouvernement. Nous avons instauré plusieurs mesures novatrices pour améliorer la réglementation visant les projets d’envergure sans compromettre la protection de l’environnement.

Certains des principaux problèmes sont en voie d’être réglés par le Bureau de gestion des grands projets et par des modifications à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale prévues dans le budget de 2010. Nous sommes toutefois conscients qu’il y a encore du chemin à faire. Nous devons actualiser le système de fond en comble et pour cela, nous devons apporter des changements à la loi, beaucoup de changements. 

Mes homologues provinciaux et territoriaux en conviennent. Lorsque je les ai rencontrés à Kananaskis en juillet dernier, nous sommes parvenus à un large consensus sur la nécessité de renforcer notre collaboration en vue d’améliorer la réglementation. Notre but est simple : réaliser une évaluation par projet, dans un délai bien défini.

Ne vous méprenez pas : il est important pour le gouvernement du Canada que le système de réglementation assure une juste protection de l’environnement et respecte le droit des parties ayant un intérêt légitime, dont les Autochtones. Nous pouvons avoir à la fois ce type de système et des échéanciers réalistes qui favorisent la prospérité économique.

Les deux objectifs ne sont pas incompatibles. Nous pouvons protéger l’environnement, protéger les Canadiens et exploiter nos ressources naturelles au profit de la population canadienne.

Il nous est toutefois impossible de réaliser pleinement ces objectifs sous le système actuel. Il faut en moyenne près de deux mois pour évaluer un projet, même petit, et les petits projets à évaluer chaque année se comptent par milliers. Nous devons canaliser nos ressources là où les besoins sont les plus grands; autrement dit, au lieu de nous attarder sur des milliers de petits projets qui ont une faible incidence environnementale, nous devrions nous concentrer sur les grands projets qui présentent un potentiel de risque élevé pour l’environnement.

L’Australie, notre plus grand concurrent sur le marché de l’uranium, a récemment approuvé l’expansion majeure d’une mine d’uranium. L’évaluation a pris moins de deux ans. Au Canada, il est déjà arrivé qu’on prenne deux fois plus de temps pour approuver des projets similaires. On ne peut pas se permettre de donner une telle avance à nos concurrents.

Le Canada a beau être riche en ressources naturelles, les investisseurs n’attendront pas indéfiniment, peu importe le potentiel de rendement. Ils veulent faire fructifier leur argent, et si nous les faisons attendre trop longtemps sans raison valable, ils iront investir ailleurs. Si le système de réglementation du Canada n’est pas concurrentiel, ce sera un autre pays qui récoltera l’argent et les emplois. Bref, si les acheteurs asiatiques ne peuvent obtenir du Canada le pétrole qu’ils veulent, ils iront le chercher ailleurs.

Conclusion

C’est pour cette raison que je tiens tant à ce que l’examen des grands projets d’investissement se fasse de manière efficace et efficiente.

Il y a un risque que les opposants à l’exploitation des hydrocarbures fassent de la « récupération » – pour employer l’expression utilisée par le premier ministre – et détournent le débat vers des considérations purement idéologiques.  

Certains avancent que l’exploitation des sables bitumineux, qui produit un millième des émissions mondiales, détruira la planète. Rien de moins. Et ces gens s’offusquent qu’on les qualifie de radicaux.

Ils semblent ignorer deux réalités pourtant incontournables. La première, c’est que le pétrole est essentiel. Ces gens ont l’air de croire que le monde n’a pas besoin de pétrole, que si nous n’en produisons pas, un carburant de remplacement apparaîtra comme ça, par magie.

La réalité, c’est que même en appliquant la plus stricte des politiques en matière de gaz à effet de serre, le pétrole demeurera, d’après l’Agence internationale de l’énergie, la principale source d’énergie des 25 prochaines années. En fait, selon l’Agence, la consommation de pétrole, loin de diminuer, devrait augmenter de plus de 13 % au cours du prochain quart de siècle.

Deuxièmement, ces gens qui priveraient les Canadiens des retombées de leurs ressources naturelles refusent de reconnaître que le Canada est un leader mondial en matière d’énergie propre et de responsabilité environnementale. Vous n’entendrez jamais de groupes d’intérêts américains, d’environnementalistes célèbres ou de socialistes de la gauche caviar admettre que l’exploitation des sables bitumineux au Canada est soumise aux contrôles et aux règlements environnementaux les plus stricts qui soient sur la planète. Nous cherchons à déterminer les lacunes en ce qui concerne la surveillance environnementale, et le gouvernement travaille actuellement à les corriger.

Les opposants aux projets ne mentionnent pas non plus les milliards de dollars que les secteurs public et privé ont investis dans le développement de technologies et de techniques pour limiter les incidences environnementales et accélérer l’adoption de solutions énergétiques propres dans toutes les sphères de notre économie.

Au bout du compte, ce qu’il faut comprendre, c’est que les États-Unis, l’Asie et d’autres régions du monde ont besoin de pétrole. En ayant l’infrastructure nécessaire, ces acheteurs pourront satisfaire une bonne partie de leurs besoins en s’approvisionnant de pétrole canadien, du pétrole qui a été produit suivant les plus hautes normes de responsabilité sociale et environnementale. Sinon, ces acheteurs pourront, et devront en fait, obtenir leur pétrole auprès d’un fournisseur moins fiable, moins stable et moins amical.

Le cartel de l’OPEP, qui fait monter les prix à la pompe, s’inquiète de la découverte de sources de pétrole et de gaz non traditionnelles. Ses membres doivent se réjouir de voir les Nord-américains se chamailler autour de projets qui menacent leur oligopole.

J’ai déjà dit que je considérais les projets d’infrastructure du Canada comme des piliers de la nation, et c’est ce qu’ils sont. Mais dans un contexte de mondialisation, ils sont encore plus que cela, parce que leurs répercussions géopolitiques peuvent être positives pour le Canada et pour les démocraties occidentales.

C’est pourquoi notre gouvernement tient à mettre en place un cadre de réglementation qui permettra de prendre des décisions opportunes s’appuyant non pas sur la rhétorique, mais sur les faits, sur la science et, en fin de compte, sur notre intérêt national. Ce même système assurera une juste protection de l’environnement ainsi que le respect des droits des Autochtones.

Il est possible d’agir à la fois dans l’intérêt de notre économie et dans l’intérêt de l’environnement. Ce n’est pas une question de choisir l’un ou l’autre.

Ne nous sous-estimons pas. Nous sommes une nation intelligente. Nous pouvons protéger, et nous protégeons l’environnement. Nous pouvons protéger, et nous protégeons les droits des Autochtones. Nous pouvons exploiter, et nous exploiterons nos ressources naturelles au profit de tous les Canadiens.