ARCHIVÉE - Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain - Le 23 novembre 2012

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Merci Monsieur Leblanc. Distingués invités, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup pour votre accueil. C’est un grand plaisir pour moi d’être des vôtres ce matin. Je remercie la chambre de m’offrir cette occasion de vous parler de l’importance du secteur des ressources naturelles pour la prospérité du Québec et du Canada.

L’économie mondiale traverse une période de profond changement. Certains pays en développement, avec en tête les pays du BRIC (le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine), sont devenus les principaux moteurs de croissance de l’économie mondiale. L’Europe et les États-Unis, nos principaux marchés d’exportation, ne seront plus les locomotives principales. Ces changements entraînent leur lot de défis pour le Québec et le Canada en entier, mais ils procurent également des occasions de développement exceptionnelles, notamment dans le secteur des ressources naturelles.

Ma présentation se fera en trois temps. Premièrement, j’aborderai les changements structuraux de l’économie mondiale et leurs conséquences pour le secteur des ressources naturelles. Deuxièmement, je parlerai des occasions uniques de développement responsable qui s’offrent au Québec et au Canada dans son ensemble. Et, troisièmement, je vous dirai comment le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux peuvent travailler ensemble dans le respect de leurs compétences pour mettre en valeur nos ressources de façon responsable. C’est dans l’intérêt de tous les Québécois et Canadiens. J’ai d’ailleurs rencontré hier la ministre des Ressources naturelles du Québec, madame Martine Ouellet. Nous avons eu un excellent entretien et je suis convaincu que nous pourrons travailler en collaboration pour le plus grand bien des Québécois.

Un des faits marquants de l’évolution de l’économie mondiale est la croissance fulgurante des pays émergents. Ces économies progressent de manière soutenue au rythme de 6 % à 8 % par année. Cela signifie que leur poids économique va doubler tous les dix jours – ou plutôt dix ans, devrais-je dire. Ça, c’est une hausse impressionnante, par exemple. De leur côté, les États‑Unis et l’Europe auront une croissance modérée. Nous devons nous adapter à ces changements, car le Canada est une économie ouverte sur le monde et les échanges commerciaux représentent environ 60 % de notre PIB.

Nous devons donc diversifier nos exportations, notamment en développant de nouveaux marchés dans les pays émergents. Avec les récentes découvertes de pétrole et de gaz aux États-Unis, nous avons – nous ne pouvons plus compter sur les Américains comme seuls clients dans le domaine de l’énergie. L’Agence internationale de l’énergie, même dans ses scénarios les moins optimistes, prévoit que la demande en énergie augmentera de plus de 30 % d’ici 2030. Pas moins de 90 % de cette croissance proviendra de l’extérieur de l’OCDE, donc essentiellement des pays émergents. Pour satisfaire cette demande en énergie, il faudra recourir à toutes les sources d’énergie dont l’hydroélectricité, l’éolien, l’énergie solaire, la biomasse et les hydrocarbures, qui représentent toujours 75 % de l’offre mondiale d’énergie en 2030.

Le Canada est une puissance mondiale du secteur des ressources naturelles. Ce secteur, lorsqu’on tient compte de ses effets directs et indirects, représente 20 % du PIB du Canada. Il procure de l’emploi à pas moins de 1,6 million de Canadiens. Nous avons de grands projets pour faire croître l’économie du pays et nous croyons en la richesse des ressources naturelles au Québec, qui sont indispensables.

Les industries de l’énergie, des mines et de la forêt rapportent au gouvernement plus de 30 milliards $ en revenus, revenus qui soutiennent des programmes sociaux essentiels tels les services de santé, l’éducation et les prestations aux personnes âgées. Toutes les régions du Canada bénéficient de l’immense mise en chantier des sables bitumineux. Au Québec, les sables bitumineux soutiendront en moyenne plus de 5 700 emplois annuellement durant la période de 2011 à 2035 et contribueront au PIB québécois à raison de 9,6 milliards $. Avec un accroissement de la capacité pipelinière, ces chiffres pourraient passer respectivement à 10 800 et plus de 18 milliards pour la même période.

Les exemples sont nombreux. Easy Flow, une compagnie de Granby, fabrique des raccords de tuyauterie de forte épaisseur. Insight ici à Montréal fournit des services de communications ainsi que de l’équipement. Boréale, une compagnie de Magog, offre des consultations environnementales et Michelin à Laval produit de l’équipement minier. Ce ne sont que quatre exemples parmi 80 entreprises situées au Québec qui fournissent l’industrie des sables bitumineux de l’Ouest et qui sont sources d’emplois pour de nombreux Québécois et Québécoises. Ceci témoigne des efforts qui sont déjà mis en place au Québec, des efforts qui doivent continuer afin de créer de nouveaux marchés et faire croître notre économie.

Le Québec est lui-même une puissance mondiale dans le secteur des ressources naturelles. Ce secteur est la source de près de 23 % du volume d’exportation des biens du Québec et, en 2011, employait plus de 175 000 personnes. Comme j’ai dit précédemment, l’ensemble de nos exportations de pétrole et de gaz naturel est expédié vers les États-Unis. La diversification est primordiale. C’est pourquoi quelques projets sont présentement à l’étude pour exporter du gaz naturel à partir de l’est du Canada. Il est également possible de transporter le pétrole de l’Ouest canadien vers les provinces maritimes et, bien sûr, le Québec.

Actuellement, 92 % du pétrole consommé au Québec provient de sources étrangères au prix d’environ 100 $ le baril. La valeur du pétrole transporté sur le fleuve Saint-Laurent en 2011 était de 7 milliards $. Un des objectifs de notre gouvernement est la mise en opération d’oléoducs de l’Ouest vers l’Est canadien. Ceci, en plus d’être un important outil de création d’emplois, nous permettrait d’utiliser notre propre pétrole canadien et de réduire l’importation coûteuse de pétrole étranger, une économie considérable. Ceci pourrait signifier des prix moins chers à la pompe.

Ces pipelines pourraient nous permettre de transporter le pétrole de l’Alberta et de la Saskatchewan vers les raffineries de Lévis et de Montréal pour répondre aux besoins des consommateurs du Québec. Il faut aussi que je mentionne que l’oléoduc est le moyen de transport du pétrole le plus sécuritaire et nous prenons la sécurité au sérieux.

L’Office national de l’énergie soumet les propositions d’aménagement des pipelines à un examen approfondi pour garantir que les pipelines sont sécuritaires et pour protéger l’environnement et le public. Les permis ne sont accordés que lorsque les problèmes environnementaux et les préoccupations des Premières Nations ont été pris en considération. De plus, certaines rumeurs courent à propos de la corrosivité du bitume dilué provenant des sables bitumineux de l’Alberta. Tant les recherches scientifiques que l’expérience de l’industrie ont déterminé que le pétrole brut extrait des sables bitumineux n’est pas plus corrosif pour les canalisations de transport que les autres bruts. De toute façon, les raffineries du Québec ne sont pas équipées à l’heure actuelle pour recevoir du bitume des sables de l’Alberta.

De son côté, le Québec devrait décider s’il entend lui-même devenir un producteur de gaz et de pétrole. Les réserves en Gaspésie, sous l’île d’Anticosti ainsi que dans le Saint-Laurent sont importantes. De plus, le gaz de schiste est une ressource abondante au Québec qui gagnerait à être utilisée. La Société canadienne des ressources non conventionnelles estime que l’Utica du Québec contient entre sept et 42 billions de pieds cubes de gaz naturel, commercialisable, voilà.

La décision d’exploiter ces ressources revient au Québec. Nous respectons les décisions du Québec. Pour sa part, le gouvernement du Canada est disposé à mettre en œuvre l’entente déjà signée avec le gouvernement du Québec sur la mise en valeur de la ressource dans le golfe du Saint-Laurent. Cette entente assure au Québec la totalité des revenus de la ressource comme si celle-ci se trouvait sur la terre ferme.

Les occasions d’affaires sont également nombreuses au Québec dans le secteur des ressources minérales. Le potentiel minier du Québec est considérable, notamment pour l’exploitation du fer, du zinc, du nickel, de l’uranium, de l’argent et de l’or. Les dépenses d’exploration et les investissements dans le secteur des ressources naturelles augmentent exceptionnellement au Québec depuis quelques années. Les investissements dans ce secteur devraient atteindre un sommet de 4,4 milliards $ cette année, une hausse impressionnante de 62 % par rapport à 2011. Le « Nord pour tous » n’est pas étranger à ce boom minier au Québec. Le contexte est propice à une stratégie de développement visionnaire du Nord québécois qui contribuera à la prospérité du Québec.

Le Québec et tout le Canada ont la possibilité de développer une nouvelle technologie et de nouvelles filières industrielles dont bénéficieront toutes les régions du pays. Les entreprises actives dans le secteur des ressources donnent aussi naissance à toute une chaîne de fournisseurs et d’équipementiers. Dans le secteur minier par exemple, le Québec compte plus de 3 800 fournisseurs dont environ 1 800 sont situés dans la grande région de Montréal.

Le secteur des ressources naturelles est également synonyme d’innovations. En raison notamment du développement de l’hydroélectricité, le Québec compte plusieurs des plus importantes sociétés de génie-conseil au monde. C’est à Montréal que l’on retrouve la plus grande concentration d’ingénieurs au Canada, ce qui a grandement contribué à un virage technologique de l’économie québécoise. Pour maximiser les retombées économiques du secteur, nous devons innover en investissant dans les nouvelles technologies qui permettent l’exploitation responsable de la ressource et le développement de nos réseaux de fournisseurs.

Pour atteindre nos objectifs, les gouvernements du Canada et des provinces doivent travailler ensemble dans le respect de leurs champs de compétence respectifs. C’est la raison pour laquelle le gouvernement du Canada a établi le plan pour le développement responsable des ressources. Par ce plan, nous rationaliserons l’examen des grands projets en rendant le processus plus prévisible et plus rapide, en réduisant le double emploi, en renforçant la protection de l’environnement et en améliorant la consultation des Autochtones. Notre plan simplifie notamment l’examen des grands projets en rendant le processus d’évaluation plus rapide, efficace et prévisible. Il nous permet notamment de réaliser notre objectif d’un seul examen par projet, ce qui contribuera à réduire les dédoublements et chevauchements avec les provinces. L’environnement est et demeurera une priorité pour notre gouvernement.

Les gouvernements doivent également coopérer pour favoriser l’innovation. Le gouvernement du Canada est le principal pourvoyeur de fonds de FP Innovation, l’un des plus grands organismes de recherche sur la forêt au monde qui est basé ici à Montréal. Notre gouvernement appuie le renouvellement du secteur forestier en investissant dans des occasions d’affaires émergentes et en favorisant la mise au point et la commercialisation de technologies innovatrices et les produits forestiers de prochaine génération.

Par exemple, FP Innovation a mis au point un important projet pilote, la nanocellulose cristalline, un composant de la cellulose de bois qui peut entrer dans la fabrication de produits comme des peintures, des revêtements et des matériaux de pointe. Elle est plus légère et cinq fois plus résistante que l’acier tout en étant renouvelable. Plus d’un milliard de dollars ont également été investis par notre gouvernement dans le Programme d’écologisation des pâtes et papiers pour améliorer la performance environnementale des usines canadiennes. Ceci représente le plus grand montant investi dans l’industrie forestière dans l’histoire de notre pays. En vertu de ce programme, près de 10 millions $ ont été investis par le gouvernement du Canada dans la relance de l’usine de Lebel-sur-Quévillon par la Société canadienne Fortress Paper. Ce sont là quelques exemples de coopération qui permettent au gouvernement du Canada d’appuyer les efforts des gouvernements des provinces dans le développement économique du secteur des ressources naturelles.

En conclusion, le secteur des ressources naturelles offre des occasions de développement extraordinaires pour le Québec et tout le Canada. J’ai pu constater le haut niveau de demandes pour nos ressources lors de mes récents voyages dans plusieurs pays. L’exportation de minéraux et métaux vers l’Inde a augmenté de 600 %, de 153 millions $ à 964 millions $ entre 2002 et 2011. Nos exportations de ressources naturelles en Corée du Sud étaient de 3,3 milliards en 2011 et nous pourrions y exporter notre gaz naturel. En 2011, nous avons exporté pour plus de 5,6 milliards $ en ressources naturelles vers le Japon. En travaillant dans un esprit de collaboration et de partenariat, nous pouvons tirer davantage des bénéfices du développement responsable de nos ressources et ainsi procurer aux générations futures un niveau de vie encore plus enviable que le nôtre.

Et puisqu’on parle de ressources, rappelons-nous ce vieux proverbe : il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. C’est maintenant qu’il faut agir et le gouvernement du Canada est prêt à forger l’avenir avec ses partenaires comme le gouvernement du Québec. Nous aurions pu avoir une vision différente. Nous aurions pu favoriser d’autres moyens moins efficaces d’aider notre économie en taxant les Canadiens encore plus qu’ils le sont déjà, mais notre plan limite les taxes et les impôts au minimum. Notre plan est créateur d’emplois. Notre plan est générateur de prospérité pour le Québec et le Canada en entier.

Nous avons une responsabilité envers nos concitoyens et les prochaines générations. Il faut saisir les occasions qui s’offrent à nous. Mettons-nous au travail. Merci de votre attention.