ARCHIVÉE - La Fédération des chambres de commerce et d’industrie de l’Inde - Le 8 octobre 2012

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Transcription d’une allocution

prononcée par

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

au

Déjeuner de la Fédération
des chambres de commerce et d’industrie de l’Inde

Le 8 octobre 2012
Delhi (Inde)

Introduction

Mesdames et Messieurs, bonjour! Tout d’abord, permettez-moi de vous dire à quel point je suis enchanté d’être en Inde. Bien que j’aie visité votre beau pays à plusieurs reprises, je suis fier d’être ici aujourd’hui pour ma première visite officielle à titre de ministre des Ressources naturelles du Canada. Je tiens à remercier la Fédération des chambres de commerce et d’industrie de l’Inde de l’honneur qu’elle me fait en me permettant de m’adresser à quelques-uns des dirigeants des plus grandes entreprises indiennes, des dirigeants qui mènent la formidable croissance économique de ce pays.

Relations entre le Canada et l’Inde

Les liens entre nos deux grands pays sont imprégnés d’une histoire riche et ancrés dans une profonde amitié. Nous avons combattu ensemble en temps de guerre et travaillé ensemble en temps de paix. Nous avons des caractéristiques clés en commun : une démocratie parlementaire, l’appartenance au Commonwealth, une tradition juridique commune ainsi qu’une économie ouverte favorisant l’entrepreneuriat. Près d’un million de personnes d’origine indienne vivent au Canada. Actuellement, 23 000 étudiants indiens étudient au Canada.

La rapide accession de l’Inde au rang de puissance économique mondiale ne fait que commencer à se refléter dans l’importance croissante des relations économiques entre nos deux pays. En 2011, nos échanges commerciaux ont atteint 5,1 milliards de dollars et les investissements bilatéraux se sont chiffrés à 5 milliards de dollars. L’an passé seulement, les exportations canadiennes à destination de l’Inde ont augmenté de plus de 27 % et nos importations provenant de l’Inde ont augmenté de plus de 19 %.

Nous voulons que notre amitié continue à se développer pendant que ces chiffres continuent à augmenter. Et c’est là une priorité pour le Canada. D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué que nous, Canadiens, passons beaucoup de temps en Inde. Depuis 2006, des ministres du gouvernement fédéral du Canada ont visité l’Inde plus de vingt fois et des premiers ministres des provinces du Canada l’ont visité six fois.

En 2009, le premier ministre Harper s’est rendu en Inde pour rencontrer le premier ministre Singh et annoncer, entre autres choses, la création d’un groupe d’étude conjoint devant formuler les paramètres d’un accord de partenariat économique global. En donnant le coup d’envoi des pourparlers, nos premiers ministres se sont engagés à tripler les échanges bilatéraux de marchandises annuels de façon à ce qu’ils atteignent 15 milliards de dollars en 2015. L’été passé, nous avons conclu le cinquième cycle de négociations en vue de la réalisation de cet important accord visant à encourager une plus grande liberté dans les relations et les échanges commerciaux entre nos deux pays.

Ces négociations constituent un grand pas en avant dans nos relations bilatérales. En témoignage de l’épanouissement de la relation entre nos deux pays, le premier ministre Singh est venu à Toronto pour le sommet du G8 et pour la première visite au Canada, en 37 ans, d’un premier ministre indien en exercice. Nos premiers ministres se sont réjouis de la signature de l’Accord sur la coopération en matière d’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et de la signature d’un protocole d’entente sur les sciences de la Terre et l’exploitation minière. Nous avons aussi conclu récemment des négociations en vue d’un accord de promotion et de protection de l’investissement étranger et espérons pouvoir faire prochainement une annonce conjointe à cet égard.

Cette relation de haut niveau, combinée aux visites de représentants gouvernementaux et de délégations commerciales, développe les liens bilatéraux entre l’Inde et le Canada, en améliorant la compréhension mutuelle et en favorisant une coopération plus étroite.

Possibilités de croissanceApprovisionnement mondial en énergie

Les ambitieux objectifs commerciaux à l’égard desquels nos premiers ministres se sont engagés sont atteignables. Pendant que la croissance se poursuit en Inde, les ressources telles que le charbon, le gaz, le pétrole, les minéraux, les métaux et les produits du bois seront toutes en demande. Et le Canada peut fournir une bonne partie de ce dont a besoin l’Inde. L’an passé, plus de la moitié de nos exportations en Inde ont été des exportations de ressources naturelles. Malgré tout, je crois que nous avons à peine effleuré l’étendue de nos possibilités.

Demande mondiale d’énergie

La demande mondiale d’énergie devrait augmenter de 40 % entre 2010 et 2035, et le Canada est bien placé pour y répondre. L’Agence internationale de l’énergie estime que les pays non membres de l’OCDE représenteront près de 90 % de la croissance de la demande d’énergie mondiale. En effet, la Chine devrait consommer près de 70 % de plus d’énergie que les États-Unis d’ici 2035, tandis que la consommation d’énergie en Inde, en Indonésie, au Brésil et au Moyen-Orient devrait croître encore plus vite.

Par conséquent, on prévoit que 60 % de la demande mondiale de pétrole proviendra de pays non membres de l’OCDE et qu’elle atteindra 99,4 millions de barils par jour. Ces prévisions ont des implications considérables pour la demande de combustibles fossiles et il y a donc lieu de croire que le charbon, le pétrole et le gaz naturel demeureront la source principale d’énergie mondiale dans un avenir prévisible où ils représenteront 75 % de la consommation d’énergie mondiale d’ici 2035.

Approvisionnement mondial en énergie

Un aspect particulièrement important de l’approvisionnement en énergie est le fait que 58 % de la croissance prévue dans la production mondiale du pétrole proviendra de sources non traditionnelles entre 2010 et 2035.

L’Amérique du Nord est actuellement la région où la croissance de la production de pétrole est la plus rapide en dehors des pays de l’OPEP. La production accrue d’hydrocarbures dans les zones nord-américaines sources de sables bitumineux, de pétrole de réservoir compact et de gaz de schiste aura d’importantes répercussions, dont l’une sera de réduire la nécessité d’importer du pétrole de régions moins stables du globe et, par conséquent, d’améliorer la sécurité énergétique. Pour le Canada, cela signifie que nous devons trouver de nouveaux marchés pour nos ressources d’énergie considérables et croissantes.

L’énergie du Canada

Le message clé que je veux faire passer est que l’immense potentiel énergétique du Canada crée une grande complémentarité d’intérêt pour nos deux pays.

L’Inde se classe maintenant au quatrième rang mondial des consommateurs d’énergie. Et elle espère quintupler son approvisionnement en énergie au cours des 25 prochaines années pour combler un pénible déficit d’offre énergétique de 8 %, qui peut s’élever jusqu’à 12 % en périodes de pointe. Les défis que l’Inde doit relever en matière d’approvisionnement énergétique sont majeurs et imminents. En effet, de nombreux experts prévoient que les réserves de charbon sur lesquelles l’Inde compte pour alimenter son économie seront épuisées d’ici 2050. Pour toutes ces raisons et bien d’autres, l’Inde cherche à diversifier son approvisionnement afin de s’assurer une plus grande sécurité énergétique pour le maintien de sa croissance dynamique.

Et le Canada est prêt à l’aider. Il se classe au troisième rang mondial pour les réserves de pétrole prouvées avec 173 milliards de barils, dont 169 milliards ou 98 % sont des sables bitumineux. Grâce aux nouvelles technologies, les réserves de sables bitumineux pourraient atteindre 315 milliards de barils, ce qui donnerait au Canada les plus grandes réserves de pétrole du monde. Et l’exploitation du pétrole de schiste pourrait en produire beaucoup d’autres milliards.

En tant que l’un des plus gros importateurs de gaz naturel liquéfié du monde, l’Inde s’intéresse spécialement au Canada, troisième producteur mondial de gaz naturel. Le Canada a près de 1 300 billions de pieds cubes, ou 37 billions de mètres cubes, de ressources en gaz naturel, ce qui constitue un approvisionnement considérable pouvant contribuer à répondre à la demande croissante de l’Inde pendant de nombreuses années. Ce chiffre augmentera sans doute à mesure que nous découvrirons plus de gaz de schiste et de ressources en mer.

L’une des difficultés auxquelles le Canada est confronté est la construction des infrastructures requises pour répondre à la croissance de la demande mondiale. Mais la situation devrait changer étant donné le développement des installations portuaires et des usines de liquéfaction de gaz sur la côte pacifique, en Colombie-Britannique. La première installation d’exportation devrait être prête pour le chargement de gaz liquéfié dans des pétroliers trans-pacifiques dans quelques années. La possibilité d’exporter du gaz naturel liquéfié à partir de la côte est du Canada fait également l’objet de discussions et nous serions heureux que l’Inde envisage ces possibilités d’exportation à partir de la côte atlantique de notre pays.

Pour le Canada, les nouveaux projets d’exportation de gaz naturel liquéfié signifient la possibilité d’ouvrir de nouveaux marchés. Pour l’Inde, ils peuvent représenter une source sûre et fiable de GNL pendant de nombreuses décennies.

Nous pouvons également aider l’Inde à élargir la composition de son panier énergétique en lui procurant d’autres ressources. En effet, notre pays est l’un des plus grands producteurs mondiaux d’uranium et nous sommes déterminés à négocier les modalités administratives de l’Accord sur la coopération en matière d’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques annoncé par nos premiers ministres en 2010, lequel constitue une étape fondamentale pour la réalisation du potentiel bénéfique commun de la coopération et du commerce nucléaires.

D’autres énergies propres et les technologies permettant de les exploiter peuvent aider l’Inde à répondre à sa demande croissante d’énergie, tout en stimulant le développement et en protégeant l’environnement. Dans le cadre du Forum sur l’énergie Inde-Canada, nous renforçons notre partenariat énergétique et nous offrons le savoir-faire canadien dans tout un éventail de domaines, dont les technologies du charbon propre, les réseaux électriques intelligents, l’efficacité énergétique ainsi que la production et la distribution d’hydroélectricité.

Possibilités sur le plan des ressources

Notre contribution potentielle à la croissance de l’Inde va bien au-delà des ressources énergétiques. La classe moyenne indienne qui prend rapidement de l’expansion est avide de biens de consommation, d’automobiles et d’infrastructures, et pour satisfaire ces besoins, il faut des minéraux et des métaux.

Au début de l’année, l’Inde a indiqué qu’elle aurait besoin de plus d’un billion de dollars pour financer ses infrastructures d’ici 2017 de façon à pouvoir réaliser son énorme potentiel économique. En tant que l’un des pays où il se fait le plus d’exploitation minière, le Canada produit plus de 60 minéraux et métaux. Notre pays se classe au sommet de la production mondiale pour de nombreux produits de base tels que la potasse, le nickel, l’or, le zinc et l’uranium.

Nos sociétés minières sont parmi les meilleures du monde et peuvent fournir une expertise essentielle ainsi que des investissements à l’appui de la croissance de l’exploitation minière en Inde. Pebble Creek Mining Ltd et Balaton Power Inc. sont deux exemples de petites entreprises canadiennes d’exploration minière qui ont des concessions minières en Inde. Elles envisagent de faire de la prospection en vue de l’exploitation de l’or, du cuivre, de l’argent, du diamant et des métaux de base.

Pendant que l’Inde cherche à développer davantage ses actifs miniers, le Canada reste prêt à l’aider. Nous avons un savoir-faire à offrir dans tous les domaines de l’exploitation minière, qu’il s’agisse de conception, d’extraction et de traitement ou bien de fermeture de mines et de remise en état de sites. Et, ce qui est important, c’est que nous avons aussi des entreprises dans les domaines des finances, du droit, de la géoscience, des technologies et du génie qui constituent un pôle d’envergure mondiale et qui soutiennent l’industrie à l’échelle canadienne et internationale. À cet égard, le Canada encourage l’Inde à continuer à progresser dans ses efforts visant à faciliter l’accès au marché et à fournir plus de clarté et de certitude en matière de réglementation.

Les progrès réalisés sous ce rapport encourageraient un plus grand nombre d’entreprises canadiennes à fournir à l’Inde de l’équipement, des services et des technologies de pointe, qui peuvent stimuler la productivité et la performance environnementale dans le secteur des industries extractives.

Le besoin de produits forestiers croît également en Inde en raison d’une hausse de la demande de logements. En 2011, les exportations de produits forestiers canadiens en Inde se sont chiffrées à 403 millions de dollars, ce qui constitue une augmentation de plus de 141 % par rapport à 2001. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’industrie et avec la province de la Colombie-Britannique (Forestry Innovation Investment) pour explorer de nouvelles possibilités d’élargissement du commerce des produits forestiers et, en particulier, promouvoir les avantages des espèces d’arbres et des produits du bois du Canada dans le marché dynamique de l’Inde.

Nos efforts ont déjà porté fruit puisque des entreprises indiennes ont fait des investissements importants dans des usines de pâtes du Canada. Le groupe Aditya Birla a récemment pris une participation majoritaire dans deux usines du Nouveau-Brunswick. L’exploitant canadien de l’entreprise, le Groupe AV, a reçu un financement de 36,4 millions de dollars dans le cadre du Programme d’écologisation des pâtes et papiers du gouvernement du Canada.

Un autre domaine important est celui des sciences et de la technologie. Il y a 65 ans, nous avons commencé à travailler à la promotion de la collaboration industrielle dans le secteur des sciences et de la technologie. Notre partenariat a été officialisé par la signature, en 2005, de l’Accord de coopération scientifique et technologique entre le Canada et l’Inde.

Comme je l’ai mentionné, nous avons mis en place de nombreux protocoles d’entente et partenariats, tant dans les domaines de la géomatique, de l’information spatiale et des sciences de la Terre que dans ceux des mines et de l’énergie. Ces ententes contribuent à favoriser notre dialogue bilatéral et notre partage de connaissances dans une vaste gamme de domaines tels que l’exploitation minière, la production d’énergie et la télédétection, qui a aidé à surveiller les catastrophes naturelles, comme les glissements de terrain, et a permis d’améliorer les pratiques agricoles. Ainsi par exemple, au Bengale-Occidental, des géologues canadiens et indiens ont travaillé ensemble pour trouver la cause de la présence de niveaux élevés d’arsenic dans le sol et dans le système d’approvisionnement en eau. Et il ne s’agit là que d’un seul exemple de la façon dont nos partenariats améliorent la vie des citoyens de nos deux pays.

Qu’il s’agisse de sciences et technologie, d’énergie, d’exploitation minière ou de produits forestiers, nos partenariats aident l’Inde à libérer son potentiel extraordinaire. Pour l’avenir, les perspectives sont de plus en plus prometteuses.

Conclusion

Au cours des dix prochaines années, près de 600 projets d’une valeur de plus de 650 milliards de dollars pourraient être mis sur pied au Canada. Il n’y a pas d’autre pays qui favorise des investissements de cette ampleur ou à ce rythme dans les ressources naturelles, en créant ainsi une occasion unique pour les investisseurs.

Voilà pourquoi nous avons récemment lancé notre plan visant à moderniser notre régime de réglementation et intitulé ce plan Développement responsable des ressources. Il fera en sorte que le régime de réglementation du Canada pour les grands projets soit parmi les plus efficients, les plus efficaces et les plus compétitifs du monde. La nouvelle réglementation éliminera le double emploi et imposera des échéances qui devront être respectées du début à la fin du processus d’évaluation environnementale. Elle améliorera aussi les mesures de protection de l’environnement en accordant une attention spéciale aux grands projets et en renforçant son application. Elle améliorera également les consultations auprès des Autochtones du Canada afin que leurs intérêts économiques et sociaux soient pris en considération. Nous prenons ces mesures afin de libérer un immense potentiel d’investissement, qui favorisera la création d’emplois et la croissance dans tout le Canada et offrira des débouchés aux investisseurs étrangers.

Mon message clé est donc le suivant : l’Inde et le Canada ont des intérêts communs, qui peuvent favoriser un partenariat stratégique de longue durée exceptionnellement productif sur le plan des échanges commerciaux et des investissements. Il est temps de redoubler d’effort pour profiter de tous les avantages de notre relation. Pour que les énormes possibilités qui s’offrent à nous débouchent sur du concret, il faudra utiliser l’énergie de toutes les personnes présentes ici ainsi que celle de bien d’autres personnes dans nos deux pays.

Nous nous trouvons peut-être à un moment important de notre relation. En travaillant ensemble, nous pouvons faire progresser la prospérité et améliorer les perspectives de la population indienne et de la population canadienne, maintenant et pour les générations à venir.

Merci. Dhanyavad.