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2011/97

Notes en vue d’une allocution de

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

Le gaz naturel : sa place dans l’avenir énergétique du Canada

Economic Club of Canada

Ottawa, Ontario
28 septembre 2011

Le discours prononcé fait foi


Introduction

C’est pour moi un plaisir d’être ici aujourd’hui, et j’aimerais remercier l’Association canadienne du gaz et l’Economic Club of Canada pour cette occasion qui m’est offerte de vous adresser la parole.

Je suis venu vous parler de la place du gaz naturel dans l’avenir énergétique du Canada.

Mon message pourrait se résumer en une seule phrase : le gaz naturel occupe une place très importante dans l’avenir énergétique et dans l’avenir économique du Canada.

L’économie

Sur la scène mondiale, le Canada est de plus en plus reconnu pour la force et le dynamisme de son économie.

La récession mondiale nous a frappés en fin de course et nous a touchés moins durement que d’autres économies. De ce fait, nous en sommes ressortis plus solides que d’autres pays du G7. Depuis juillet 2009, notre économie a créé près de 600 000 emplois. Et le Fonds monétaire international prévoit que les deux pays du G7 qui enregistreront les meilleurs rendements au cours des deux prochaines années seront l’Allemagne et le Canada.

Plusieurs raisons expliquent le fait que le Canada a continué d’obtenir un rendement supérieur à bien d’autres pays. L’une des raisons évidentes, c’est que nous avons porté une attention particulière à la base, soit les assises économiques et financières qui constituent les piliers d’une économie solide et résistante.

Grâce à l’approche prudente de notre gouvernement en matière de gestion budgétaire, le Canada s’est trouvé en position de force lorsque la récession a frappé à la fin de 2008.

Et parce qu’il se trouvait en position de force, notre gouvernement a été en mesure de réagir avec un plan d’action économique dont la taille et l’envergure étaient sans précédent.

Et c’est aussi grâce à cette position de force que notre gouvernement a pu intervenir et mettre en place des mesures ciblées pour stabiliser l’économie et protéger les emplois des Canadiens.

En des temps difficiles, les gouvernements bénéficient grandement d’une certaine marge de manœuvre financière, et cette marge, nous l’avons.

Selon l’édition de la semaine dernière du Fiscal Monitor, une publication du FMI, le Canada continuera d’être le pays du G7 affichant le plus faible ratio de la dette nette au PIB. Non seulement le ratio du Canada sera le plus faible, mais il sera de loin le plus faible.

Nous travaillons maintenant à instaurer la prochaine étape du Plan d’action économique du Canada. Notre priorité demeure l’économie : des impôts bas pour stimuler la croissance et l’emploi, et un retour rapide à l’équilibre budgétaire afin de maintenir l’avantage du Canada dans l’économie mondiale.

Une large part de l’avantage canadien réside dans le secteur des ressources naturelles, dont le secteur de l’énergie, qui représente environ 7 % du PIB.

Nous sommes tous conscients que l’économie mondiale est actuellement dans un état précaire. Et nous savons aussi qu’en tant que pays commerçant, le Canada n’est pas entièrement à l’abri de cette instabilité. Mais nous pouvons compter sur l’un des atouts de notre force économiques : nos ressources naturelles.

Le gaz naturel

Je sais que ce sont surtout les sables bitumineux qui font les manchettes par les temps qui courent, et je suppose que c’est normal étant donné que nos dépôts de bitume se classent au troisième rang des réserves de pétrole prouvées dans le monde. Cependant, la richesse énergétique du Canada va bien au-delà du pétrole.

Nous sommes le troisième producteur mondial d’hydroélectricité et le deuxième producteur d’uranium. Nous ne faisons que commencer à explorer les sources d’énergie que sont le vent, le soleil et les vagues, qui présentent de grandes capacités de production.

Et, bien sûr, il y a le gaz naturel :

  • Le Canada est le troisième producteur de gaz naturel : en 2010, sa production a atteint 14,2 milliards de pieds cubes par jour.
  • Le Canada est aussi le quatrième exportateur mondial de gaz naturel; l’an dernier, il a exporté 9 milliards de pieds cubes par jour, ce qui totalise une valeur de 15,6 milliards de dollars.
  • Plus de la moitié des maisons canadiennes sont chauffées au gaz naturel.
  • Le gaz naturel est utilisé dans la fabrication de l’engrais et joue, par conséquent, un rôle important dans le secteur agricole.
  • J’ai mentionné plus tôt les sables bitumineux; eh bien, sans gaz naturel, nous ne pourrions extraire que très peu de cette abondante ressource, qui s’avère une ressource stratégique pour le Canada.
  • Le gaz naturel est une forme d’énergie propre; il émet 30 % moins de gaz à effet de serre que le pétrole et 45 % moins que le charbon. De ce fait, le gaz naturel constitue un important carburant de transition. Partout dans le monde, les pays commencent à réduire leur consommation de charbon et, comme on le sait, ce type de transition s’effectue sur plusieurs décennies.
  • Par conséquent, on ne peut que se réjouir du fait que la quantité de ressources gazières commercialisables ait augmenté. Établies à 390 billions de pieds cubes en 2000, les réserves commercialisables se situent aujourd’hui entre 700 et 1300 billions de pieds cubes, ce qui représente au-delà d’un siècle de potentiel énergétique.

C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres encore que le gaz naturel occupe un rôle dominant dans l’avenir énergétique et économique du Canada.

Gaz de schiste

Le prix moyen du gaz naturel dans le marché intra-Alberta se chiffrait en 2008 à 7,73 $ par gigajoule (en dollars canadiens), mais est tombé à 3,95 $ en 2010. Il se situe aujourd'hui dans les 3,50 $ tandis que les prix au Henry Hub de la Louisiane, un autre important point de référence, tournent autour des 4 $. La plupart des analystes s’entendent pour dire que ces prix relativement faibles sont attribuables à la production soutenue de gaz de schiste, principalement aux États-Unis.

Les prédictions en ce qui concerne les prix et la production de gaz naturel pour les prochaines années varient grandement.

L’avenir nous dira quelles prédictions se réaliseront. Quoi qu’il en soit, je crois que nous pouvons regarder vers l’avant avec assurance, car une chose est sûre : le Canada dispose d’abondantes ressources en gaz naturel ainsi que des ressources humaines et technologiques nécessaires à son exploitation.

Je dirais que ce que nous observons ici actuellement ressemble à ce qui se passe aux États-Unis. Depuis quelques années, nos voisins exploitent des gaz non classiques, ce qui a fait augmenter leur production de façon considérable.

Les États-Unis ont peut-être un peu d’avance sur le Canada en ce sens que leur industrie gazière a senti plus tôt que nous la pression d’exploiter des ressources de gaz non classiques.

Le mouvement s’amorce maintenant au Canada. Le gaz de schiste doit être reconnu comme une ressource qui pourrait apporter de nombreux avantages économiques aux provinces et au Canada dans son ensemble.

On nous a souvent dit que les gaz de schiste allaient changer la donne, et ça semble bien être le cas. Il suffit de regarder les États-Unis, qui sont passés de pays importateur de gaz naturel liquéfié à pays exportateur.

Le même phénomène est en train de se produire au Canada.

L’Office national de l’énergie étudie actuellement deux demandes de licence d’exportation de gaz naturel liquéfié – ou GNL – pour des projets sur la côte Ouest. Les deux projets visent le marché asiatique et dans les deux cas, l’approvisionnement se ferait principalement en gaz de schiste.

L’un des projets, déposé par la société KM LNG General Operating Partnership, propose d’exploiter un pipeline pour transporter le GNL depuis le bassin de Horn River jusqu’à un terminal d’exportation qui serait construit à Kitimat. À lui seul, ce projet représente un investissement de 4,1 milliards de dollars. 

Pour notre gouvernement, il est important que l’exploitation des ressources naturelles canadiennes se fasse de manière sécuritaire, responsable et durable. C’est pourquoi nous veillerons à ce que les ressources soient exploitées suivant des règles strictes de sécurité et de responsabilité, et dans l’intérêt de tous les Canadiens.

Le rôle du gouvernement canadien

Notre gouvernement tient également à diversifier les marchés pour toutes les sources d’énergie; il vise particulièrement les marchés de l’Asie-Pacifique, qui connaissent une forte croissance.

Lorsque l’industrie de l’énergie connaît du succès, c’est  tout le Canada qui en profite.

J’ai participé à la Conférence des ministres des transports et de l’énergie organisée par la Coopération économique Asie-Pacifique au début du mois, et je me suis fait un devoir de bien renseigner nos amis de l’Asie-Pacifique sur l’ampleur des ressources énergétiques du Canada.

Notre Ministère a également participé à une importante mission commerciale en Chine, au Japon et en Corée du Sud en juin dernier. La mission avait pour but de mettre en lumière de nouveaux marchés pour le gaz naturel canadien et de faciliter l’investissement asiatique au Canada.

Par ailleurs, Ressources naturelles Canada apporte une importante contribution à l’industrie du gaz naturel grâce aux projets de cartographie et de recherche scientifique qu’elle appuie par l’intermédiaire de la Commission géologique du Canada.

Notre gouvernement tient à ce que le Canada agisse de manière responsable, non seulement en tant que producteur d’énergie, mais aussi en tant que consommateur, et notre Ministère veille à ce que cet engagement soit respecté.

Collaboration avec l’industrie

Je me dois de souligner le travail des membres de l’Association canadienne du gaz – l’ACG –, qui contribuent au respect de cet engagement et qui collaborent avec nous, notamment pour promouvoir l’efficacité énergétique et favoriser l’innovation par l’établissement de partenariats.

Efficacité énergétique

En ce qui concerne l’efficacité énergétique – une priorité de notre gouvernement –, l’ACG nous fournit un appui incroyable et je n’ai aucun doute qu’elle continuera de nous appuyer d’aussi belle façon dans l’avenir.

Au cours des dix dernières années, les fournisseurs de gaz naturel ont investi plus de 450 millions de dollars dans la gestion et la conservation de l’énergie ainsi que dans l’efficacité énergétique. On estime que, depuis 2000, les initiatives de l’industrie visant à accroître l’efficacité énergétique ont permis d’éviter le rejet de 16 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre ou GES.

Comptant parmi les fondateurs du réseau de collaboration QUEST (le Quality Urban Energy Systems of Tomorrow ou les Systèmes d’énergie de qualité pour les villes de demain), l’ACG joue un rôle dominant dans le partenariat établi pour faciliter la conception et l’adoption de solutions énergétiques intégrées pour les collectivités.

QUEST travaille avec des partenaires partout au pays afin de promouvoir une approche intégrée de l’utilisation du sol, de l’énergie, des transports, de l’eau et de la gestion des déchets dans les collectivités et les centres urbains.

Je suis heureux de dire que Ressources naturelles Canada figure parmi les partenaires et adeptes de QUEST.

Le gaz naturel est un combustible propre, qui bénéficie d’importantes infrastructures. De ce fait, il convient parfaitement à une approche intégrée de l’utilisation et de la gestion de l’énergie dans les collectivités.

Le gaz naturel peut en outre alimenter des centrales de cogénération à haut rendement qui fournissent chaleur et électricité en complément de la production d’énergie éolienne et solaire.

L’industrie peut mettre ses compétences et ses infrastructures au service de la production et de la distribution de gaz naturel renouvelable.

Véhicules au gaz naturel

Prenons, par exemple, le Plan d’action pour le déploiement de l’utilisation du gaz naturel dans le secteur du transport canadien. L’industrie a grandement contribué à ce plan, qui a également été appuyé par d’autres intervenants sous la direction de Ressources naturelles Canada.

Comme les véhicules au gaz naturel produisent jusqu’à 30 % moins de GES que ceux au diesel, on peut dire que le gaz naturel sert bien la cause de l’environnement. Une combustion plus propre permet en outre de préserver les moteurs en bon état plus longtemps et ainsi de réduire les coûts d’entretien.

Nous sommes maintenant en train de mettre sur pied un comité de mise en œuvre, et je m’attends à ce que plusieurs des intervenants qui ont pris part à l’élaboration de la « feuille de route » siègent à ce comité.

Nous avons injecté cette année 1,4 million de dollars dans le programme écoÉNERGIE pour les carburants de remplacement. Ce programme vise à favoriser l’utilisation du gaz naturel par la mise en place de codes et de normes ainsi que par l’instauration de programmes pour renseigner les Canadiens sur les avantages du gaz naturel.

Soutien aux technologies propres

Soutenir le développement et le déploiement de technologies propres, comme le gaz naturel, est l’un des meilleurs moyens dont nous disposons pour réduire les émissions nocives et créer des emplois de qualité pour les Canadiens. Investir dans l’efficacité énergétique et dans les technologies propres continue d’être une priorité pour notre gouvernement. Ce type d’investissement constitue d’ailleurs un élément important de la prochaine étape du Plan d’action économique du Canada.

Nous avons justement annoncé au cours des dernières semaines le lancement de deux initiatives majeures :

  • Par l’intermédiaire de l’Initiative écoÉNERGIE sur l’innovation, nous investirons jusqu’à 97 millions de dollars dans des projets de recherche, de développement et de démonstration d’énergie propre. L’initiative sera axée sur cinq domaines stratégiques, dont l’efficacité énergétique et le pétrole et le gaz naturel non classiques.
  • Nous nous sommes également engagés à verser 78 millions de dollars sur deux ans au programme écoÉNERGIE sur l’efficacité énergétique. Cet investissement permettra d’instaurer des mesures qui aideront les Canadiens à utiliser l’énergie de manière efficace. Ces mesures viseront aussi bien l’étiquetage et les normes que la formation et la réglementation.

Par exemple, nous travaillerons avec les provinces et les territoires à raffermir le Code national de l’énergie pour les bâtiments, et à instaurer une norme pour les systèmes de gestion de l’énergie dans les installations industrielles.

Conclusion

Je me réjouis d’avance de la contribution que les membres de l’ACG apporteront à ces nouvelles initiatives.

Je me réjouis également à l’idée d’explorer de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat avec l’industrie suite à l’entente de collaboration conclue plus tôt cette année entre l’ACG et notre Ministère.

Cette entente témoigne de l’importance que nous accordons aux relations avec l’industrie du gaz naturel.

Établir les diverses formes de collaboration possibles pour les années à venir, c’est reconnaître que le gaz naturel peut – et doit – être l’un des principaux ingrédients de notre mix énergétique à long terme. C’est aussi reconnaître que l’industrie du gaz naturel continuera de jouer un rôle de premier plan dans le maintien et le rehaussement du statut du Canada à titre de superpuissance de l’énergie propre.

Merci à tous.