ARCHIVÉE - Le Canada, une superpuissance émergente dans le secteur de l’énergie

Information archivée dans le Web

Information identified as archived on the Web is for reference, research or recordkeeping purposes. It has not been altered or updated after the date of archiving. Web pages that are archived on the Web are not subject to the Government of Canada Web Standards. As per the Communications Policy of the Government of Canada, you can request alternate formats. Please "contact us" to request a format other than those available.

2011/122

Notes d’une allocution pour

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

Le Canada, une superpuissance émergente dans le secteur de l’énergie

Institut de recherche sur l’économie, le commerce et l’industrie

Tokyo, Japon
Le 11 novembre 2011

Le discours prononcé fait foi


Introduction

Merci, M. Nakajima [président de l’Institut de recherche sur l’économie, le commerce et l’industrie]. Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je suis heureux de pouvoir m’adresser à un groupe aussi respecté et je remercie l’Institut de recherche sur l’économie, le commerce et l’industrie de m’avoir invité.

Les activités de recherche et d’analyse indépendantes que mène votre institut sont un service précieux dans le monde d’aujourd’hui, si complexe et interrelié. Vos conseils et vos points de vue contribuent à la prise de décisions de politique publique.

Tout d’abord, au nom des Canadiens, je tiens à vous exprimer toutes nos sympathies et notre admiration. Le Japon continue de se remettre du séisme et du terrible tsunami qui ont frappé la région de Tohoku l’an dernier, et il le fait avec une grande dignité et beaucoup d’ingéniosité. Vous le savez peut-être, nos citoyens ont manifesté leur solidarité avec le peuple japonais de façon tangible de même que dans leurs pensées et leurs prières.

C’est d’ailleurs avec fierté que j’ai annoncé aujourd’hui que le Canada, le gouvernement de la Colombie-Britannique et le Programme d’exportation des produits du bois au Japon accordent jusqu’à concurrence de 4,5 millions de dollars à un projet de reconstruction qui sera réalisé en partenariat avec l’industrie du bâtiment du Japon et qui fera appel aux produits canadiens du bois et au savoir-faire canadien en matière de construction à ossature en bois.

Depuis une semaine, j’ai visité Beijing, Tianjin, Shanghai et Tokyo pour promouvoir le Canada, ses ressources naturelles et sa collaboration avec ses partenaires asiatiques.

Aujourd’hui, dans la même veine, je veux aborder trois thèmes :

  • La libéralisation des échanges et des investissements;
  • La diversité et la sécurité énergétiques;
  • L’innovation et la technologie.

Libéralisation des échanges et des investissements

Regardez l’importance des relations entre nos deux pays. L’an dernier, la valeur totale de notre commerce bilatéral atteignait presque 23 milliards de dollars. Vos exportations à destination du Canada, par exemple, se sont élevés à 13,4 milliards de dollars, ce qui fait de notre pays un important marché d’exportation pour le Japon.

En 2010, la valeur des investissements étrangers directs entre le Canada et le Japon était de 16 milliards de dollars, ce qui hissait le Japon au sixième rang des investisseurs étrangers au Canada.

Il ne faut pas s’étonner du dynamisme de l’investissement entre nos deux pays. Nous avons l’un des climats d’investissement les plus accueillants au monde. De fait, le magazine Forbes a récemment déclaré que le Canada était le meilleur endroit au monde pour faire des affaires.

Nous avons un système de réglementation ouvert et transparent, les taux d’imposition les plus bas du G7 et des règles non discriminatoires envers les investisseurs étrangers.

Nous offrons la stabilité et la prévisibilité — deux conditions essentielles à la santé et à la croissance de l’économie.

Notre économie est robuste et elle a traversé la récession économique mondiale mieux que celles de tous les autres pays du G7.

Le secret de notre réussite réside dans l’attention que nous accordons aux éléments fondamentaux — nous veillons à ce que des conditions financières et économiques favorables sous-tendent l’économie.

Grâce à la prudence dont nous avons fait preuve en matière de gestion financière, le Canada était en situation enviable quand la récession de 2008 a frappé, puisqu’il affichait le plus faible ratio de la dette nette au PIB des pays du G7.

Le monde a confirmé la position du Canada la semaine dernière quand les pays membres du G8 ont nommé Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, à la tête du Conseil de stabilité financière.

Le mandat général du conseil est de promouvoir la stabilité financière à l’échelle internationale. Le gouvernement du Canada croit que M. Carney a toutes les compétences voulues pour aider le monde à stabiliser le système financier.

Le Japon et le Canada reconnaissent depuis longtemps que leur relation commerciale est avantageuse pour les deux pays et qu’il faut la resserrer.

C’est pour cette raison qu’en février dernier, nous avons annoncé notre intention d’envisager une entente officielle de partenariat économique.

Notre étude est maintenant presque terminée, et j’espère qu’elle donnera lieu à un accord qui consacrera notre riche tradition de collaboration.

L’un des principaux secteurs de collaboration sera évidemment celui de l’énergie.

Diversité et sécurité énergétiques

Le Japon, tout comme d’autres pays du monde, étudie actuellement ses futurs choix en matière d’énergie, et la sécurité énergétique est évidemment une considération fondamentale.

Dans ce domaine essentiel, le Canada est un partenaire tout indiqué.

Qu’il s’agisse de gaz naturel, de pétrole ou d’énergies de remplacement, le Canada s’impose de plus en plus comme une superpuissance énergétique.

Nous sommes le troisième producteur mondial de gaz naturel et d’hydroélectricité et le sixième producteur de pétrole. Nous venons au troisième rang pour ce qui est des réserves pétrolières prouvées, immédiatement derrière l’Arabie Saoudite et le Venezuela. Nous avons une abondance de ressources et de savoir-faire dans le domaine de l’énergie renouvelable, par exemple l’énergie éolienne, l’énergie marine et la bioénergie.

Gaz naturel

Pour le marché japonais, la ressource la plus importante du Canada est le gaz naturel.

En Colombie-Britannique, les progrès de la technologie ouvrent d’intéressantes perspectives d’exploitation du gaz de schiste, et ces possibilités ont donné lieu à d’importants projets d’oléoducs et autres.

Le gaz de schiste a été fort justement décrit comme une ressource qui allait changer la donne. C’est dans une large mesure grâce au gaz de schiste que les réserves de gaz naturel commercialisable du Canada sont maintenant estimées à 1 300 billions de pieds cubes, ce qui suffirait à combler la demande nationale pendant plus d’un siècle.

Ces réserves continueront d’augmenter avec la découverte de nouveaux gisements de gaz de schiste, en particulier dans le nord de notre pays.

Évidemment, les investisseurs s’intéressent tout particulièrement aux marchés du gaz naturel liquéfié, le GNL, dans la région Asie-Pacifique.

Le Japon importe du GNL depuis des décennies et il se maintiendra au premier rang des importateurs mondiaux de ce produit pendant quelque temps encore. Le gouvernement du Canada encourage l’investissement japonais tant dans l’infrastructure adaptée au GNL que dans les projets d’extraction du gaz.

L’an dernier, Mitsubishi s’est engagée pour moitié avec Penn West Energy dans une coentreprise de 850 millions de dollars qui vise à explorer et à mettre en valeur les réserves de gaz de schiste de Cordova, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. D’autres sociétés japonaises étudient très sérieusement les occasions d’investissement dans l’infrastructure énergétique.

Plusieurs projets de terminaux pour l’exportation du GNL ont été proposés à Kitimat, en Colombie-Britannique, et la ville deviendra certainement une plaque tournante énergétique dans la province et au Canada.

Ces projets permettraient de diversifier considérablement les marchés d’exportations du gaz naturel canadien alors même que la demande des États-Unis fléchit et que les prix sont à la baisse en Amérique du Nord. Ils contribueraient également à répondre à la demande d’énergie au Japon.

Je prédis un bel avenir aux exportations de GNL du Canada, grâce aux importants investissements du Japon et d’autre pays.

Pétrole

Les investisseurs japonais ont également manifesté un vif intérêt pour la mise en valeur des réserves pétrolières du Canada.

Le Canada possède des réserves pétrolières prouvées de 174 milliards de barils, dont plus de 97 %, c’est-à-dire 170 milliards de barils, sont enfouis dans les sables bitumineux de l’Ouest canadien. À mesure que la technologie progressera — car les sables bitumineux sont essentiellement un projet technologique —, les réserves récupérables pourraient atteindre jusqu’à 315 milliards de barils.

Mais ce n’est pas uniquement par la quantité que le Canada se distingue : c’est également par la façon dont nous gérons et exploitons ces ressources.

À cet égard, j’aimerais corriger certaines idées fausses au sujet des aspects environnementaux des sables bitumineux.

Premièrement, parlons de l’incidence de l’exploitation à ciel ouvert sur le territoire. Les sables bitumineux ne touchent qu’un dixième de un pour cent des forêts boréales canadiennes, et les entreprises sont tenues par la loi de restaurer complètement les terres utilisées.

Autrement dit, elles doivent laisser le territoire exactement dans l’état où elles l’ont trouvé — c’est-à-dire capable de supporter la végétation et la faune.

Permettez-moi également de dire quelques mots sur les émissions de gaz à effet de serre. Peu de gens savent que les sables bitumineux ne sont responsables que de 0,1 %, soit un millième, des émissions mondiales. Pour vous donner une meilleure idée de ce que cela représente, précisons qu’en 2009, les émissions de GES des centrales au charbon aux États-Unis étaient presque quarante fois plus importantes que les émissions attribuables à l’exploitation des sables bitumineux.

Malgré tout, notre politique énergétique reflète l’engagement qu’a pris le Canada de réduire de 17 % d’ici 2020 les émissions totales de GES relativement au niveau de 2005.

Les principes du marché libre sont l’un des piliers de notre politique énergétique.

Les sables bitumineux du Canada sont les seules réserves pétrolières d’importance dans le monde dont l’exploitation est laissée au jeu du marché. Dans l’ensemble, seulement 20 % des réserves pétrolières mondiales connues sont mises en valeur suivant les règles du marché — et 60 % se trouvent dans les sables bitumineux du Canada. C’est le plus grand projet de mise en valeur industrielle au monde, avec plus de 130 milliards de dollars d’investissements. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous continuons d’attirer des entreprises d’investissement du monde entier, y compris d’Asie.

De fait, le Japon a depuis longtemps des actifs dans les sables bitumineux, et notamment un intérêt de 5 % dans Syncrude Canada, par l’intermédiaire de Mocal Energy Limited. Récemment, la Japan Canada Oil Sands Limited a obtenu l’autorisation de réaliser un vaste projet d’expansion dans l’Ouest canadien.

Malgré les investissements des sociétés japonaises, presque toutes les exportations d’énergie du Canada prennent actuellement le chemin des États-Unis.

Cela est bien naturel. Les États-Unis sont le voisin immédiat du Canada, un bon ami et un immense marché.

Toutefois, nous reconnaissons l’existence d’autres possibilités et nous voulons diversifier nos marchés dans tous les secteurs des ressources, en particulier en Asie-Pacifique.

L’investissement du Canada dans la Porte de l’Asie-Pacifique reflète notre volonté de resserrer nos liens commerciaux avec le Japon et d’autres pays de la région.

Au cours des prochaines années, la Porte de l’Asie-Pacifique sera le moyen le plus rapide d’expédier des marchandises — y compris de l’énergie — entre l’Amérique du Nord et le Japon.

Les investisseurs ont présenté des projets pour relier les sables bitumineux de l’Alberta à la côte de la Colombie-Britannique, où des navires-citernes pourraient transporter le pétrole à nos clients au Japon et dans d’autres pays asiatiques. Un de ces projets est l’oléoduc Northern Gateway, qui pourrait transporter quotidiennement 525 000 barils de pétrole destiné à l’exportation.

L’oléoduc proposé fait actuellement l’objet d’une évaluation environnementale et d’un examen réglementaire combinés. La décision d’avaliser le projet ou non sera prise à l’issue de cet examen. Il ne faut toutefois pas s’y tromper : nous cherchons encore à accroître notre part du marché américain, mais nous sommes déterminés à diversifier notre clientèle. Ces deux objectifs ne sont pas mutuellement exclusifs, parce que nous avons les ressources voulues.

Énergie nucléaire

Tout comme au Japon, l’énergie nucléaire est un élément clé de notre portefeuille énergétique. En 2010, l’énergie nucléaire représentait 15 % de toute l’électricité produite au Canada et 58 % de celle produite dans la plus grande province canadienne, l’Ontario.

Le Canada est le deuxième producteur mondial d’uranium. Le Japon est un important partenaire de notre industrie de l’uranium, et les sociétés japonaises ont fait un certain nombre d’investissements. Nous encourageons encore l’investissement dans cette importante industrie.

Évidemment, à la suite de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima le Japon a voulu réévaluer ses plans en matière d’énergie nucléaire. Tous les pays reconnaissent que la sécurité et la sûreté sont d’une importance primordiale dans la mise en place de leur infrastructure d’approvisionnement en énergie.

Pour sa part, le gouvernement du Canada croit que l’énergie nucléaire a un rôle important à jouer pour assurer la sécurité énergétique mondiale et atteindre les objectifs du développement durable. Évidemment, il faut la mettre en valeur à l’intérieur d’un cadre de réglementation sans faille, qui satisfasse pleinement aux exigences de sécurité, de non-prolifération, de sûreté et de gestion des déchets.

Comme source d’énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre, le nucléaire peut nous aider à atteindre nos objectifs en matière de changements climatiques.

Innovation et technologie

J’ai parlé de nos hydrocarbures et de notre énergie nucléaire, qui ont été une énorme source de prospérité pour le Canada et qui peuvent contribuer à assurer la sécurité énergétique.

Nous investissons toutefois aussi dans l’efficacité énergétique, l’innovation, les écotechnologies et les sources d’énergie de remplacement pour l’avenir.

Je suis heureux de constater que le Japon demeure un important partenaire dans cette entreprise. Nous célébrerons en 2011 le 25e anniversaire d’une entente de coopération entre le Canada et le Japon dans le domaine des sciences et de la technologie. Dans plusieurs secteurs, notre collaboration en matière d’énergie non polluante donne des résultats.

La technologie du captage et du stockage du CO2 est très prometteuse et devrait permettre de réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre des grandes installations industrielles.

Le Canada et le Japon collaborent déjà à la recherche sur le captage et le stockage du CO2, et ce, à plusieurs niveaux. Nous sommes tous deux membres actifs du Forum sur le leadership en matière de séquestration du carbone et nous participons également à d’autres initiatives.

Il convient de signaler que le Research Institute of Innovative Technology for the Earth (RITE), au Japon, est l’un des parrains d’un projet de surveillance et de stockage à la fine pointe de la technologie dans l’Ouest canadien.

Le projet de surveillance et de vérification du CO2 Weyburn–Midale est l’un des plus ambitieux projets de recherche internationaux qui porte sur la mesure, la surveillance et la vérification du CO2. Les activités commerciales de récupération assistée du pétrole qui sont surveillées dans le cadre de ce projet ont jusqu’à maintenant permis d’injecter et de stocker plus de 20 millions de tonnes de CO2 — cela équivaut à retirer presque 4,5 millions de véhicules de nos routes pendant un an.

Hier, mon ministère et le Coal Energy Center du Japon ont signé une déclaration d’intention qui vise à encourager la coopération dans le domaine des technologies du charbon épuré et du captage et du stockage du CO2. Nous préciserons les modalités de cette collaboration au cours des prochains mois.

Pour ce qui est des technologies énergétiques propres, je me dois de signaler l’importance des minéraux et des métaux, en particulier les éléments des terres rares qui font partie intégrante de nombreux produits liés aux énergies propres. La stabilité et la diversité des sources d’approvisionnement mondial constituent un objectif stratégique pour le Canada comme pour le Japon.

Le Japon a déjà réalisé des investissements au Canada pour s’assurer d’un éventuel approvisionnement en terres rares. Les sociétés d’exploration canadiennes travaillent actuellement à des projets avancés d’exploitation de gisement qui contiennent des concentrations intéressantes d’éléments des terres rares. Ces sociétés pourraient fort bien commencer à produire des éléments des terres rares d’ici 2015-2016. Nous espérons développer cette relation à l’avenir, non seulement pour les terres rares, mais aussi pour tout l’éventail des minéraux que possède le Canada.

Le Canada, qui produit plus de 60 minéraux et métaux, est l’un des grands pays miniers du monde.

Nous sommes le premier producteur mondial de potasse.

Nous comptons parmi les cinq principaux producteurs d’aluminium, de cadmium, de cobalt, de diamants, de nickel, de métaux du groupe platine, de sel, de concentré de titane, de tungstène et de zinc.

En 2010, la production canadienne de minéraux représentait plus de 41 milliards de dollars et elle a contribué à hauteur de 35 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada et de 18 milliards de dollars à notre excédent commercial.

Nous sommes tout disposés à accepter de nouveaux investissements japonais dans le secteur minier.

Conclusion

Mesdames et Messieurs, ce que je veux faire comprendre au Japon cette semaine, c’est que le Canada est un pays fiable et sûr, ouvert aux échanges commerciaux, responsable sur les plans social et environnemental, et riche en ressources.

Nos abondantes ressources énergétiques, forestières et minières offrent des possibilités d’échanges commerciaux et d’investissement porteuses d’une croissance économique s’inscrivant dans la foulée de nombreuses décennies de collaboration entre nos deux pays.

Le Canada et le Japon profitent déjà d’un partenariat prospère à de nombreux niveaux, mais je suis certain — et j’espère que vous l’êtes aussi — qu’ensemble, nous pouvons faire encore beaucoup mieux.

Merci.