ARCHIVÉE - Le Canada et la Chine : Des liens économiques de plus en plus étroits

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2011/121

Notes d’une allocution pour

l’honorable Joe Oliver, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

Le Canada et la Chine : Des liens économiques de plus en plus étroits

lors du dîner organisé par la Chambre de commerce canadienne

Shanghai, Chine
Le 9 novembre 2011

Le discours prononcé fait foi


Mesdames et Messieurs, bonsoir.

Je vous remercie de cet accueil chaleureux.

Depuis ma nomination, j’avais hâte de revenir en Chine, pour pouvoir à nouveau sentir le dynamisme que dégage la croissance économique de la Chine.

Je suis donc particulièrement heureux de me trouver à Shanghai, cette superbe ville historique — une ville qui s’impose de plus en plus comme une grande place financière qui aide à stimuler l’économie mondiale.

J’aimerais remercier nos amis de la Chambre de commerce canadienne, qui sont nos hôtes ce soir.

Je remercie également nos amis du milieu d’affaires chinois qui se sont joints à nous. C’est un honneur de les compter parmi nos invités.

Votre présence confirme la solidité et l’importance croissante de la relation entre nos deux pays — une relation basée sur le respect mutuel et sur la conscience du fait que notre amitié offre de nombreux avantages à nos citoyens respectifs.

Je crois que nous commençons seulement à concrétiser ces avantages. Je suis venu en Chine pour assister à la Conférence sur les mines en Chine et rencontrer des représentants du gouvernement et de l’industrie afin de discuter de nouvelles possibilités de construire un partenariat stratégique à long-terme entre la Chine et le Canada dans le domaine des ressources naturelles.

Jusqu’à maintenant, j’ai participé à des réunions avec :

  • Le vice-premier ministre Li, qui assume d’importantes responsabilités dans le secteur des ressources en plus d’autres domaines;
  • M. Zhang Xiaoqiang, vice-président de la Commission nationale de développement et de réforme;
  • M. Xu Shaoshi, ministre des Terres et des Ressources;
  • Des dirigeants de diverses entreprises chinoises de production d’énergie, dont Sinopec, PetroChina et la China National Offshore Oil Corporation;
  • Bien d’autres hauts-fonctionnaires et chefs d’entreprises..

Dans toutes ces réunions, j’ai bien indiqué que le Canada était tout disposé à faire des affaires et a hâte de fournir à la Chine les ressources dont elle a besoin pour poursuivre son expansion économique. Nous désirons établir des échanges commerciaux dynamiques fondés sur des règles transparentes et équitables en matière d’investissement étranger dans nos deux pays.

Relation Canada-Chine

Nous avons une base solide sur laquelle asseoir nos rapports.

Le Canada et la Chine ont établi des relations diplomatiques officielles il y a plus de 40 ans, en 1970.

Nos relations économiques, toutefois, sont beaucoup plus anciennes – le Canada a ouvert un bureau commercial ici même, à Shanghai, il y a plus d’un siècle.

Aujourd’hui, la Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada – et le Canada se classe au onzième rang des partenaires commerciaux de la Chine.

Les exportations canadiennes à destination de la Chine ont augmenté de façon spectaculaire : 70 % au cours des cinq dernières années.

L’an dernier, le volume des échanges a augmenté de 14 %. Et nous pouvons faire encore mieux.

Du point de vue du Canada, le resserrement des liens avec la Chine est un important objectif stratégique puisque l’économie de ce pays est l’une des plus importantes du monde et l’une de celles qui connaissent la plus forte croissance.

Économie du Canada

Nous pouvons offrir beaucoup à la Chine. 

Avec son barème d’imposition concurrentiel, sa stabilité politique et son régime de réglementation non discriminatoire, le Canada offre un climat d’investissement parmi les plus ouverts du monde, et nous en sommes fiers.

De fait, dans son classement annuel des économies mondiales, le magazine Forbes vient d’accorder au Canada le titre de meilleur pays où faire des affaires.

Le Fonds monétaire international prédit que le Canada, avec l’Allemagne, connaîtra la plus rapide croissance économique des pays du G7 au cours des deux prochaines années.

En cette période d’incertitude, il est très intéressant pour les gouvernements d’avoir ce genre de compétitivité et de stabilité financière.

Nous sommes fier que Mark Carney, le gouverneur de la Banque du Canada, ait été nommé à la tête du Conseil de stabilité financière. Cette organisation a pour mandat de veiller à la stabilité de ce système financier international en cette période troublée.

Et par-dessus tout, nous avons un vaste secteur de ressources naturelles capable de répondre aux besoins de la Chine. Combinées, nos forêts, nos mines et notre énergie représentent près de 10 % de notre PIB.

Importance des forêts 

L’une des ressources provient des forêts du Canada. 

La hausse des exportations de produits forestiers canadiens à destination de la Chine est une excellente nouvelle pour notre industrie forestière. 

La Chine est le deuxième marché du Canada pour les produits du bois. Les exportations de bois d’œuvre canadien vers la Chine ont presque doublé annuellement au cours des cinq dernières années. Depuis 2001, les exportations à destination de la Chine ont été multipliées par 26.

La construction en bois, ce n’est rien de vraiment nouveau à Shanghai ou en Chine. Il suffit de visiter la Cité interdite ou le Jardin Yuyuan ici à Shanghai pour avoir une idée de la fière tradition qui existe en Chine pour ce qui est de construire de magnifiques ouvrages en bois capables de résister à l’usure du temps.

La Chine se tourne de plus en plus vers le bois comme matériau privilégié pour la construction – et c’est un excellent choix. Le bois a une empreinte carbone modeste, il est éconergétique et il résiste très bien à l’activité sismique.

J’ai eu le plaisir d’annoncer la construction du premier bâtiment de quatre étages à ossature de bois en Chine, dans la région de développement économique de Tianjin. Ce bâtiment illustrera la capacité du bois de combler une partie des besoins du marché de l’habitation en Chine, y compris celui des bâtiments peu élevés. 

Nous sommes fiers de notre partenariat de plus en plus important avec Shanghai et la Chine pour concrétiser les possibilités des bâtiments en bois comme solution écologique aux défis et aux exigences modernes.

En 2009, Shanghai a adopté le code du bâtiment le plus complet de Chine pour les structures en bois. Nous avons été heureux de participer étroitement à son élaboration et nous croyons qu’il peut servir de modèle dans toute la Chine.

Quant à l’avenir, nous croyons que les occasions ne manqueront pas de développer plus encore nos relations commerciales et d’investissement.

Importance du secteur minier

À titre de ministre des Ressources naturelles, je tiens également à discuter l’aide que le Canada peut apporter à la Chine pour répondre à sa demande croissante de minerais et de métaux.

Le Canada est l’une des principaux producteurs miniers dans le monde, on peut même dire, à juste titre, que c’est une puissance minière mondiale.

Nous avons prouvé notre savoir-faire dans tous les domaines de l’exploitation minière et nous sommes à la fine pointe de la technologie et de l’innovation en matière de conception des mines, d’extraction et de traitement des minéraux, de fermeture de mine et de restauration des sites.

Le Canada produit plus de 60 minéraux et métaux et il est l’un des principaux exportateurs mondiaux dans ce domaine.

Le Canada est, par exemple, le premier producteur mondial de potasse; le deuxième producteur d’uranium et il fait partie des cinq principaux producteurs d’aluminium de première fusion, de cobalt, de nickel, de métaux du groupe platine, de sel, de concentré de titane, et de zinc.

Nous découvrons constamment de nouvelles possibilités à mesure que nous explorons notre vaste pays, en particulier le Nord, où se trouvent d’immenses réserves de minéraux et d’hydrocarbures. 

Il n’est pas étonnant que le secteur minier du Canada soit d’envergure mondiale. Nos sociétés minières sont actives dans plus de 100 pays et elles participent à plus de 10 000 projets. Leurs actifs à l’extérieur du Canada valaient plus de 109 milliards de dollars en 2009.

L’an dernier, les activités d’exploration et de mise en valeur des ressources minières dans le monde étaient financées à plus de 50 p. 100 par des transactions réalisées sur les places boursières canadiennes. 

Les vastes ressources du Canada et l’appétit de la Chine pour les minéraux et les métaux constituent la base d’une solide relation commerciale. De fait, les exportations chinoises sont passées de moins de 1 milliard de dollars en 2001 à près de 4 milliards en 2010. Toutefois, nous pouvons faire mieux, et je suis impatient de voir s’intensifier nos échanges commerciaux avec la Chine dans le secteur minier. 

Énergie

Toutefois, le secteur de l’énergie est peut-être celui qui offre les plus belles perspectives de croissance pour le commerce Canada-Chine.

On peut dire sans crainte d’exagérer que le Canada est une superpuissance énergétique.

Nous sommes le deuxième producteur d’uranium au monde.

Nous sommes le troisième producteur d’hydroélectricité et le troisième producteur de gaz naturel.

Mais de toutes nos ressources énergétiques, aucune n’est sans doute aussi importante que nos gisements de pétrole et de gaz.

Nos réserves prouvées de pétrole s’élèvent à 174 milliards de barils. Seuls l’Arabie Saoudite et le Venezuela en ont plus.

Les sables bitumineux, dans l’Ouest canadien, donnent lieu au plus vaste projet de mise en valeur industrielle dans le monde, avec environ 137 milliards de dollars investis jusqu’à maintenant.

Et nous commençons à peine à exploiter ces richesses.

Sur nos 174 milliards de barils de réserves prouvées, 170 milliards se trouvent dans les sables bitumineux, soit un peu plus de 97 p. 100 de l’ensemble. Avec l’évolution de la technologie, ces réserves pourraient atteindre 315 milliards de barils. 

Cette ressource permettra de créer environ un demi-million d’emplois au Canada et de générer plus de 2,3 billions de dolars en activité économique pour le Canada. Elle est aussi indispensable à la sécurité énergétique mondiale.

En effet, même si notre planète réduit sa dépendance à l’égard du pétrole et d’autres combustibles fossiles, la transition sera longue.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit que le pétrole demeurera la principale source d’énergie pendant encore au moins 25 ans et que la demande augmentera d’un tiers.

Diversification des marchés

À l’heure actuelle, presque toutes les exportations d’énergie du Canada sont destinées aux États-Unis.

C’est parfaitement naturel : les États-Unis sont le voisin immédiat du Canada, un ami fidèle et un immense marché.

Toutefois, il existe d’autres possibilités ailleurs, c’est pourquoi nous cherchons à diversifier nos marchés pour tous les secteurs de ressources, en particulier dans la région Asie-Pacifique.

L’investissement du Canada dans la Porte de l’Asie-Pacifique est l’une de nos initiatives visant à pour resserrer nos liens commerciaux avec la Chine et d’autres pays de la région.

Ces prochaines années, notre Porte de l’Asie-Pacifique sera le moyen le plus rapide d’expédier des marchandises – y compris de l’énergie – entre l’Amérique du Nord et la Chine.

Des investisseurs ont par exemple proposé des projets qui relieraient les sables bitumineux de l’Alberta à la côte de la Colombie-Britannique, où des navires-citernes pourraient embarquer le pétrole destiné à nos clients asiatiques et autres. Sinopec, la principale entreprise de raffinage de Chine, compte parmi les investisseurs annoncés du projet d’oléoduc Northern Gateway, qui pourrait transporter 525 000 barils de pétrole par jour vers les marchés d’exportation.

Ce projet d’oléoduc fait actuellement l’objet d’une évaluation environnementale et d’un examen réglementaire combinés. La décision d’autoriser ou non le projet sera prise à la fin de cet examen. Mais je veux être bien clair, la diversification des exportations est un objectif stratégique prioritaire pour le Canada

Le gaz naturel peut également produire des retombées économiques et stratégiques importantes au Canada et en Chine.

Nous prenons rapidement des mesures pour accroître notre capacité d’exporter du gaz naturel liquéfié (GNL). Encore ici, les économies en expansion de l’Asie sont des marchés évidents pour le gaz naturel du Canada au moyen d’installations portuaires sur notre côte ouest.

Le gaz naturel canadien est important pour les marchés mondiaux et permettrait de bien établir notre réputation en tant que fournisseur sûr, responsable et fiable d’énergie.

Un des avantages clés des projets de GNL canadiens tient à son coût de transport sensiblement plus raisonnable.

Il faut seulement onze jours pour transporter du GNL par bateau de la Colombie-Britannique jusqu’en Chine.

Le même pétrolier prendrait plus de deux fois ce temps à partir du golfe du Mexique tandis qu’il lui faudrait aussi 50 % plus de temps à partir du Moyen Orient.

Élargissement des investissements

Un élément clé de ma mission en Chine est de faire connaître deux points forts du secteur des ressources naturelles du Canada : une source abondante de produits très en demande et une cible attrayante pour les investissements. 

Tous savent bien que le secteur de l’énergie du Canada, particulièrement dans le cas des sables bitumineux et du gaz naturel, attire de plus en plus l’investissement des grandes sociétés de production d’énergie dans le monde.

Au cours de la dernière décennie, la valeur des investissements étrangers directs de sociétés asiatiques dans l’extraction du pétrole et du gaz est passé de 2 milliards de dollars à 19 milliards de dollars.

Trois grandes compagnies de production d’énergie chinoises font partie des investisseurs dans les sables bitumineux du Canada : Sinopec, China National Offshore Oil Company et PetroChina Company Ltd.

À l’occasion de mes réunions avec des représentants de ces sociétés à Beijing, certains m’ont expliqué que le Canada était une destination intéressante pour l’investissement puisque nous avons les impôts sur le revenu des sociétés les plus bas de tous les pays du G7, une réglementation solide et des règles claires qui ne créent pas d’obstacles aux entreprises étrangères.

Dans un même temps, le Canada cherche à investir dans des projets liés aux ressources naturelles en Chine. Malheureusement, l’investissement canadien a décliné parce que certaines sociétés canadiennes ont été désavantagées en raison de réglementations imprécises et de complications au niveau régional. Nous désirons construire une relation commerciale bilatérale et forte, c’est pourquoi nous espérons que les autorités chinoises feront en sorte d’aplanir ce genre de difficultés.

Néanmoins, la classe moyenne chinoise étant en pleine expansion, les besoins d’infrastructure augmentent rapidement et le jeune secteur chinois des sciences et de la technologie affiche un dynamisme certain. Il n’est donc pas étonnant que 57 % des entreprises canadiennes projettent de prendre de l’expansion en Chine au cours des cinq prochaines années.

Une relation à cultiver

De telles projections m’incitent à dire que la relation entre le Canada et la Chine continuera de s’épanouir – et nos deux pays ont clairement indiqué que c’était leur intention commune.

L’an dernier, le président Hu et le premier ministre Stephen Harper ont signé un accord visant à porter les échanges bilatéraux à 60 milliards de dollars d’ici 2015 – de toute évidence, nous avons parcouru bien du chemin depuis l’ouverture du bureau commercial du Canada à Shanghai, il y a un siècle.

Nous négocions actuellement un Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers. Cet accord contribuera à consolider nos échanges commerciaux et nos investissements bilatéraux.

L’accord permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les travailleurs et les entreprises tant au Canada qu’en Chine.

Il semble naturel que nos deux pays songent maintenant à des rapprochements sur d’autres plans.

Les langues chinoises, en tant que groupe, viennent au troisième rang des langues maternelles parlées au Canada. Toutes les grandes villes canadiennes abritent une vigoureuse communauté chinoise.

De plus en plus, les étudiants chinois profitent de la possibilité de fréquenter les excellentes universités du Canada – ils étaient plus de 60 000 l’an dernier.

Conclusion

Pour terminer, j’aimerais me joindre à ceux, de plus en plus nombreux, qui reconnaissent que ce qui se passe aujourd’hui en Chine est absolument remarquable.

En 2010, alors que presque tous les pays du monde s’efforçaient d’échapper à la récession, l’économie chinoise a poursuivi sa croissance au rythme étonnant de 8,7 %.

En Chine, toute cette activité économique alimente des besoins croissants en ressources – ressources minières, énergétiques et forestières.

Le Canada a beaucoup à offrir à ce marché dynamique.

Avec nos immenses ressources naturelles, nous pouvons contribuer à de nouveaux succès en Chine et à créer des emplois et de la richesse dans nos deux pays.

Alors même que nous négocions de nouvelles transactions et que nous signons de nouveaux accords, nous reconnaissons que le succès vient non pas de ce qui est couché sur papier, mais des efforts de ceux qui transposent tous ces accords dans la réalité.

C’est pourquoi je me dois de féliciter la Chambre de commerce canadienne et le Conseil commercial Canada-Chine. 

Pendant que nous travaillons au niveau de l’administration publique, ce sont vos membres qui veilleront à ce que toutes ces perspectives extraordinaires qui s’ouvrent grâce à la relation qu’entretiennent le Canada et la Chine deviennent une réalité pour nos deux grands pays.

Merci