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2011/02

Notes pour une allocution de

l’honorable Christian Paradis, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

Huitième sommet canadien sur les sables bitumineux

Le 2 février 2011
Calgary (Alberta)

 

L’allocution prononcée fait foi


Introduction

Merci beaucoup de m’avoir donné l’occasion de vous adresser la parole aujourd’hui.

Tout d’abord permettez-moi de distribuer des félicitations.

En l’espace d’un peu plus de 40 ans, les sables bitumineux sont devenus un élément important de l’économie canadienne.

Les ressources canadiennes comme les sables bitumineux joueront un rôle crucial dans le maintien de la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord et du monde pendant un certain temps.

Vous, ici présents, et bien d’autres personnes comme vous, devez être félicités pour votre travail dans ce domaine.

Vous avez eu des idées novatrices ainsi que l’esprit et la vision nécessaires pour faire des sables bitumineux une formidable source d’énergie, d’emplois et de prospérité, dont nous profitons aujourd’hui et dont nous profiterons encore pendant de nombreuses années.

Impact économique des sables bitumineux

La situation économique des deux dernières années a fait ressortir l’importance de cette industrie.

Les effets de la pire récession depuis la grande crise de 1929 sont encore ressentis, très profondément, dans de nombreux pays.

Ici au Canada, beaucoup de personnes ont senti l’impact de la crise d’une manière très personnelle.

Et aujourd’hui, bien qu’il faille encore être très prudent car notre économie est fragile, on peut dire avec confiance que le Canada est un chef de file sur le plan de la reprise économique.

Un certain nombre de facteurs expliquent cette situation.

Tout d’abord, le Canada était dans une position favorable au moment où son économie est entrée en récession.

Étant donné qu’il avait exercé une gestion financière prudente dans le passé, le gouvernement a pu réagir en élaborant promptement un Plan d’action économique ciblé.

Les investissements effectués dans le cadre de notre Plan d’action économique ainsi que les investissements de nos partenaires permettent aux Canadiens et aux Canadiennes de continuer à travailler. Nous protégeons les familles et les entreprises canadiennes contre les pires effets de la récession et nous renforçons les bases d’un avenir plus prospère.

Et il faut reconnaître également que l’activité économique générée par les sables bitumineux a aussi joué un rôle important dans le maintien de la stabilité de l’économie canadienne pendant une période très difficile.

L’impact positif des sables bitumineux au Canada – et en fait dans toute l’Amérique du Nord – est immense tant sur le plan des finances que sur celui de l’emploi. 

En 2009, le Canada a exporté pour 43 milliards de dollars de pétrole brut, ce qui représente plus de 10 % du total de ses exportations. La moitié de la production de pétrole brut du Canada provient des sables bitumineux et cette part augmentera à mesure que la production classique de pétrole diminuera.

Actuellement, selon le Canadian Energy Research Institute (CERI), l’industrie des sables bitumineux fournit du travail à 144 000 personnes au Canada.

Les retombées de l’industrie profitent pratiquement à tous les secteurs de l’économie : fabrication d’équipement, construction, ingénierie, finances et bien d’autres.

Les prévisions pour les 25 prochaines années indiquent que l’industrie des sables bitumineux contribuera à générer 1,7 billion de dollars du PIB canadien et à créer 457 000 emplois au pays.

L’avenir du pétrole

Les retombées pour le Canada et sa population seront donc énormes. Le CERI peut faire de telles prévisions parce que nous savons que la demande de pétrole continuera d’augmenter.

Les économies en croissance devront être alimentées en pétrole : la nôtre, mais aussi celles qui connaissent une expansion rapide comme en Chine, en Inde et dans d’autres régions en développement.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit qu’en 2035, la demande mondiale d’énergie aura augmenté de 36 % par rapport à 2008, dans un scénario où les pays seront fidèles à leur engagement visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à éliminer les subventions aux énergies fossiles. Dans ce scénario, la Chine à elle seule représente plus du tiers de l’augmentation.

En fait en 2009, la Chine a dépassé les États-Unis et est devenue le numéro un mondial pour la consommation d’énergie.

Et voilà la réalité à laquelle nous faisons face. Nous voulons tous un avenir faible en carbone, mais pendant de nombreuses années encore, le monde dépendra du pétrole pour répondre à une grande partie de ses besoins énergétiques.

Même si la demande mondiale d’énergie renouvelable doit tripler au cours des 25 prochaines années et même si des mesures très rigoureuses sont mises en œuvre pour réduire les émissions de GES dans le monde, l’AIE prévoit que le pétrole restera la principale source d’énergie au cours des prochaines années.

Le monde devra donc trouver d’importantes nouvelles sources de pétrole. L’AIE prévoit que les sources d’énergie dites non classiques, comme nos sables bitumineux, contribueront de plus en plus à l’approvisionnement mondial et encore plus à la sécurité énergétique mondiale.
Pour dire les choses simplement, il faudra encore de très nombreuses années avant que l’on puisse remplacer l’énergie actuellement fournie par le pétrole et les autres combustibles fossiles.

Défis à relever

En attendant, tout en exploitant nos ressources énergétiques plus propres, nous devons devenir des producteurs et des consommateurs toujours plus propres de nos ressources en combustibles fossiles.

Nous savons tous que l’exploitation des sables bitumineux présente des défis à cet égard. Les incidences environnementales suscitent de sérieuses inquiétudes légitimes.

Les émissions de GES font partie des motifs d’inquiétude. Bien que les sables bitumineux ne représentent que 5 % de l’ensemble des émissions de GES du Canada, le gouvernement et l’industrie peuvent travailler en collaboration pour réduire davantage ces émissions.

Le développement de la technologie de captage et stockage du carbone fait partie de toute une série de mesures que le gouvernement du Canada met en œuvre pour diminuer les émissions de GES et réduire l’empreinte écologique des sables bitumineux.

Ainsi par exemple, le gouvernement a investi 120 millions de dollars, par l’entremise du Fonds pour l’énergie propre, dans un projet de démonstration de captage et stockage du carbone mis en œuvre à l’installation de valorisation des sables bitumineux Scotford de Shell Canada.

Répondre aux inquiétudes écologiques est une question de responsabilité environnementale. C’est également nécessaire pour assurer la prospérité à long terme et préserver l’image de marque de l’industrie et du pays et pour maintenir leur contribution à la sécurité énergétique mondiale à long terme.

Progrès réalisés

Nous sommes tous conscients du fait que certaines des critiques adressées à l’industrie sont fondées sur des analyses ou des faits erronés. 

En fait, les critiques ignorent souvent les véritables progrès réalisés dans la façon d’aborder les défis environnementaux. Mais je tiens à souligner que cela ne rend pas les inquiétudes à l’égard des émissions, de la qualité de l’air, de la consommation d’eau, de l’utilisation des terres et de la gestion des résidus moins valables.

Nous savons par expérience que la mise au point de technologies qui pourront changer les choses est un travail difficile et complexe. Pour réussir, il faut une vision à long terme, des investissements et du temps… et encore une fois, je crois que l’industrie doit être félicitée pour ses efforts. Il faut toutefois que ces efforts soient maintenus.

Je suis très fier du rôle que notre gouvernement joue dans ces efforts.

Notre laboratoire de CanmetÉNERGIE situé à Devon mène un certain nombre de projets de recherche pour trouver des moyens de réduire la consommation d’eau, de diminuer l’accumulation dans les bassins de résidus et d’accélérer la restauration des bassins de résidus.

La diminution de la consommation d’eau entraînerait une réduction du volume de résidus, ce qui aboutirait à une réduction de l’utilisation des terres. La récupération d’un plus grand volume d’eau des bassins de résidus entraînerait également une diminution de l’utilisation d’eau provenant d’autres sources telles que la rivière Athabasca.

La technologie de traitement des mousses mise au point à Ressources naturelles Canada est à la base d’un projet actuel de Shell Canada d’une valeur d’un milliard de dollars. Le processus utilise moins d’eau et moins d’énergie. Shell estime que la technologie permettra de réduire la consommation d’énergie de 10 % et contribuera à une réduction semblable des émissions de GES.

Les chercheurs de RNCan au centre de recherche de Devon travaillent aussi en collaboration avec des exploitants des sables bitumineux pour tester de nouvelles technologies visant à produire des résidus composites ou des résidus secs empilables en vue d’une remise en état des terres plus rapide et plus efficace.

On recycle de plus en plus d’eau et on peut voir un travail très prometteur dans la réduction du ratio pétrole-vapeur dans les opérations in situ.

Un certain nombre de sociétés, telles que Suncor, Imperial Oil et Cenovus pour n’en nommer que quelques-unes, testent des solvants pour mobiliser le bitume.

Les nouvelles technologies offrent une situation avantageuse à tous points de vue : elles permettent une réduction de la vapeur, ce qui signifie une réduction de la consommation d’eau et de la production de GES, et elles peuvent augmenter la récupération du bitume et réduire les coûts.

La société Petrobank Energy and Resources exploite un projet pilote de combustion du bitume dans le sol et cela aussi pourrait réduire les émissions atmosphériques et la consommation d’eau. Et à cela s’ajoute l’avantage de la production d’un bitume déjà partiellement valorisé.

D’autres projets pilotes mettent en œuvre d’autres technologies prometteuses pour la gestion des résidus. Par exemple, Canadian Natural Resources Limited fait des expériences avec le CO2; Syncrude travaille à des procédés d’extraction de l’eau des résidus fins mûrs; et Suncor teste de nouvelles méthodes de séchage amélioré.

Les chercheurs de mon ministère, des gouvernements provinciaux, des universités et des entreprises de l’industrie travaillent tous très fort pour développer et faire avancer ces technologies et d’autres nouvelles technologies.

Je ne suis pas sûr que tous les Canadiens comprennent bien la signification de l’annonce faite en décembre selon laquelle sept grandes compagnies pétrolières ont convenu de travailler ensemble à la gestion des résidus.

Ce sont des entreprises qui se font concurrence, mais qui collaborent dans la réalisation de progrès environnementaux.

Chaque fois que des concurrents conviennent de partager les uns avec les autres des découvertes techniques et des résultats de recherche et qu’ils acceptent de passer outre les barrières de l’argent et de la propriété intellectuelle qui bloquent l’amélioration des technologies environnementales, il s’agit d’un important progrès digne de mention.

Cela me montre et cela montre à tous les Canadiens que vous prenez au sérieux vos responsabilités à l’égard de l’environnement.

J’aimerais féliciter le gouvernement de l’Alberta pour le plan de création d’un système de réglementation moderne et efficace, annoncé récemment, qui soutiendra le ferme engagement de la province en matière de gestion de l’environnement.

Au niveau fédéral, par l’entremise du Bureau de gestion des grands projets, nous avons pris des mesures semblables favorisant une approche globale équilibrée pour la réforme de la réglementation. Les efforts déployés nous mettront en bonne position pour une croissance à long terme et pour la création d’emplois tout en renforçant la protection de l’environnement.

Dire la vérité

Il faut reconnaître que la réduction des incidences des sables bitumineux sur l’environnement n’est pas quelque chose qui se fera du jour au lendemain, mais elle doit se faire et elle sera faite.

Voilà un message très important, un message que je livre partout où je vais.

L’an passé, je suis allé en Chine, au Japon, aux États-Unis. Au Congrès mondial de l’énergie, qui a eu lieu à Montréal en automne, j’ai rencontré mes homologues d’un certain nombre de pays. Et je continue à parler avec mes concitoyens dans tout le pays.

Et quel que soit l’endroit où je me trouve, je décris les choses comme elles sont.

Nous savons que nous faisons face à des difficultés et je suis franc à ce sujet. Je suis tout aussi franc quand je parle des efforts et des progrès réalisés pour résoudre ces difficultés.

Je veille à ce que toutes les personnes que je rencontre sachent qu’ensemble le gouvernement et l’industrie investissent des milliards de dollars pour résoudre les problèmes qui se posent. Je mets tout en œuvre pour que tout le monde sache que nous faisons des progrès sur tous les plans, comme ceux de la réduction des émissions et du contrôle de la qualité de l’air.

Et je m’assure également que les gens comprennent que les sables bitumineux ne sont pas simplement une autre réserve de pétrole.

Les sables bitumineux pourraient bien être la plus grande réserve de pétrole du monde et il ne faut pas sous-estimer leur importance économique et stratégique.

Conclusion

Mon rôle consiste à faire en sorte que le Canada et sa population retirent le maximum d’avantages des ressources naturelles du pays.

Mais mon rôle consiste également à veiller à ce que nos ressources soient exploitées d’une manière aussi durable et responsable que possible.

Voilà pourquoi mon message d’aujourd’hui est un message de félicitations pour votre réussite et pour votre encouragement à aller plus loin dans la réduction des incidences environnementales de l’industrie.

Les critiques accrues à l’égard des sables bitumineux sont une sérieuse préoccupation pour l’industrie, notre économie et notre sécurité énergétique.
Nous ne cachons pas les défis auxquels nous sommes confrontés et nous essayons activement de trouver des solutions.

Nous contribuons de façon importante à la sécurité énergétique et à la stabilité économique mondiales.

Et il nous incombe à tous de continuer à prouver par nos actions que notre contribution n’est pas seulement importante, mais aussi responsable et que nous pouvons établir un équilibre entre prospérité et bonne intendance.

Je vous remercie encore une fois de m’avoir donné l’occasion de vous parler et je vous souhaite une conférence très réussie.