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2010/70

Notes pour une allocution de

l’honorable Christian Paradis, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

XXIe Congrès mondial de l’énergie

Cérémonie d’ouverture

Montréal (Québec)
Le 12 septembre 2010

L’allocution prononcée fait foi


Introduction

Bonsoir!

Au nom du gouvernement du Canada et de notre premier ministre Stephen Harper, j’ai le grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue à Montréal, au Québec et au Canada.

À titre de ministre responsable de l’énergie au Canada, j’ai l’honneur d’ouvrir officiellement le 21e Congrès mondial de l’énergie.

Nous sommes réunis ici pour parler d’énergie. Plus précisément, nous sommes ici pour discuter de la manière dont nous pouvons travailler ensemble afin de bâtir un avenir énergétique sûr et durable à l’échelle mondiale.

Comme nous le savons tous, l’énergie est un ingrédient de base pour la croissance économique et la qualité de vie de tous les pays.

Cela est particulièrement vrai pour le Canada. En effet, combinée à nos institutions financières de premier plan, notre richesse énergétique constitue le fondement de notre stratégie de réussite économique.

Cette richesse énergétique fournit au Canada un avantage économique sans pareil, que nous sommes déterminés à utiliser pour assurer notre place en tant que superpuissance de l’énergie propre et chef de file dans la création d’emplois verts.

Le Canada a beaucoup de ressources dont il peut tirer profit.

Notre pays est le septième producteur de pétrole brut du monde et ses réserves prouvées se classent au deuxième rang mondial. Le Canada est le troisième producteur de gaz naturel et d’hydroélectricité, le deuxième producteur d’uranium du monde et de loin le plus grand fournisseur de ressources énergétiques pour le plus grand marché du monde, c’est‑à‑dire les États-Unis.

Nous produisons des quantités considérables d’énergie propre. Soixante-quinze pourcent de la demande en électricité au pays est comblée par l’hydroélectricité et le nucléaire et nous sommes dynamiques dans notre développement de nouvelles sources d’énergie propre. Nous avons lancé d’importantes initiatives qui ont établi les fondations de nouvelles industries de l’énergie propre allant de l’énergie éolienne et solaire à l’énergie marémotrice en passant par les biocarburants, ce qui nous permet de bénéficier d’un panier énergétique plus diversifié.

Des ressources canadiennes comme les sables bitumineux joueront pour quelque temps un rôle clé dans le maintien de la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord et du monde. Pour minimiser leurs incidences environnementales et celles des combustibles fossiles en général, notre gouvernement continue à travailler de concert avec ses partenaires.

Les propositions de développement des sables bitumineux sont déjà assujetties à de vastes évaluations réglementaires et environnementales. En outre, l’industrie emploie de plus en plus des méthodes de production des sables bitumineux par forage ou sur le site où il n’y a aucune création de bassins de résidus et où, en moyenne, il faut un baril d’eau pour produire un baril de pétrole.

Déjà 90 % de l’eau employée par le forage des sables bitumineux est recyclée. Depuis 1990, les émissions de GES par baril issu de la production de pétrole ont été réduites du tiers. Essentiellement, le gouvernement du Canada, de même que l’industrie, recherchent constamment des moyens de développer les sables bitumineux de façon respectueuse de l’environnement et les mettent en œuvre.

Le Canada produit beaucoup d’énergie propre. Plus de 75 % de la demande d’électricité de notre pays est comblée au moyen de l’énergie hydraulique et de l’énergie nucléaire, et on travaille énergiquement au développement de nouvelles sources d’énergie propre. On a mis sur pied d’importantes initiatives qui ont jeté les bases de nouvelles industries d’énergie propre telles que les industries des énergies éolienne, solaire et marémotrice ainsi que des biocarburants, ce qui diversifie notre bouquet d’énergies.

On examine également le potentiel de développement d’autres sources d’énergie moins traditionnelles telles que le gaz de schiste, le méthane de houille et les hydrates de gaz. Ces ressources peuvent être d’importants moteurs économiques et un gaz naturel à combustion plus propre peut jouer un rôle important dans nos efforts pour nous affranchir des combustibles fossiles.

L’importance qu’on accorde à l’innovation énergétique ainsi qu’à la recherche et développement dans le domaine de l’énergie propre est dictée par des impératifs environnementaux, mais également par des impératifs économiques.  

Les nouvelles sources d’énergie propre sont souhaitables non seulement parce qu’il faut réduire les émissions, mais aussi parce qu’on en aura besoin à l’avenir.

Comme l’a dit notre premier ministre il y a à peine quelques semaines, le passage aux carburants de remplacement est inévitable et pour le réaliser, il faut mettre au point de nouvelles technologies d’une façon ordonnée.

Et c’est ce qu’on fait au Canada : on aborde la situation d’une manière ordonnée et équilibrée. On développe de nouvelles sources d’énergie et on investit dans les technologies requises pour accroître la durabilité de la production et de l’utilisation de carburants fossiles.

C’est essentiel car notre dépendance à l’égard des carburants fossiles ne peut être niée.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que, même dans le scénario le plus optimiste, près de 70 % des sources d’énergie mondiales se trouveront encore dans les carburants fossiles dans 20 ans1.

Le monde ne peut tout simplement pas abandonner les énergies fossiles au point où nous en sommes, ce qui aurait pour effet de faire stagner la fragile économie mondiale au pire moment et pourrait condamner plus d’un milliard de personnes à un plus grand nombre d’années de pauvreté énergétique.

Cependant – et c’est là un point essentiel – Ce n’est pas parce qu’il nous faut accepter la réalité des énergies fossiles que nous devons accepter leur impact sur l’environnement.

Le Canada s’est déjà engagé à réduire les gaz à effet de serre de 17 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2020. Cette cible s’harmonise avec celle de l’administration Obama et nos deux gouvernements continuent de travailler à de nombreuses approches à l’échelle du continent pour aborder les GES.

Des citoyens canadiens font leur part. Le Canada a investi plus de 4 milliards de dollars pour les aider à utiliser l’énergie plus efficacement. Or, les incitatifs offerts pour encourager les propriétaires à rénover leur maison sont payants pour l’environnement. En moyenne, le propriétaire qui se prévaut des incitatifs obtient des économies d’énergie annuelles de l’ordre de 22 % et il réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 3 tonnes.

Au Canada, nous travaillons aussi en collaboration avec nos partenaires du gouvernement, de l’industrie et du monde de la recherche afin de mettre sur pied un certain nombre de projets à grande échelle de captage et de stockage du carbone.

De plus, le Canada contribue activement aux efforts multilatéraux visant à développer et à promouvoir cette technologie.

Il est reconnu que le processus de captage et stockage du carbone peut jouer un rôle important dans le passage à une économie à faibles émissions de carbone. Nous avons mis sur pied sept projets de démonstration à grande échelle de captage et de stockage du carbone, qui ont le potentiel de réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada de plusieurs millions de tonnes par an. Ces sept projets représentent une contribution importante à l’engagement du G-8 consistant à lancer un total de 20 projets de ce genre pour 2010.

Notre investissement dans le programme de transformation de l’industrie forestière est un investissement de 100 millions de dollars dans le développement, la commercialisation et la mise en oeuvre de technologies avancées d’énergie propre sophistiquées dans le secteur forestier.

Pour ajouter à ce que j’ai mentionné auparavant, le Canada et les États-Unis sont en train de faire fond  sur leur collaboration harmonieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des nouveaux modèles d’automobiles et de camions légers. Vu le succès remporté par cette collaboration, nous répéterons l’expérience avec les véhicules utilitaires lourds.

Nous avons travaillé de concert avec les États-Unis pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des nouveaux modèles d’automobiles et de camions légers. Vu le succès remporté par cette collaboration, nous répéterons l’expérience avec les véhicules utilitaires lourds.

Le Canada prend aussi des règlements en vue d’éliminer progressivement les centrales au charbon désuètes et polluantes, une initiative qui réduira considérablement les émissions du secteur de la production d’électricité.

Tous ces efforts permettant de réduire l’incidence environnementale des carburants fossiles prendront de plus en plus d’importance à mesure que l’appétit du monde pour l’énergie augmentera. L’Agence internationale de l’énergie prévoit qu’en 2030, la demande mondiale d’énergie aura augmenté de 40 % par rapport à 20072 et que ce sont principalement les énergies fossiles qui permettront de répondre à cette croissance de la demande.

Le défi à relever est donc évident : il faut réduire l’impact des combustibles fossiles tout en accélérant le développement des sources énergétiques de remplacement dont nous aurons besoin à long terme.

La richesse énergétique du Canada et ses technologies de pointe lui permettent d’occuper une position de chef de file. Le Canada est déterminé à utiliser cette position dans une collaboration avec la communauté internationale en vue de relever les défis énergétiques mondiaux tout en saisissant les occasions qui se présentent.

Les thèmes du Congrès décrivent les possibilités de collaboration : accessibilité, disponibilité, acceptabilité et responsabilité.

Nous ne pouvons nier que ces facteurs sont reliés. Nous ne pouvons obtenir des résultats à long terme pour l’un d’eux sans tenir compte des autres.

Il est difficile de dire qu’un défi est plus important qu’un autre. Mais il est évident que la situation actuelle en matière d’accessibilité est inacceptable.

Nous sommes au 21e siècle et pourtant, selon l’AIE, un milliard et demi de personnes n’ont pas accès à l’électricité3. Et l’AIE prévoit que, même dans 20 ans, 1,3 milliard de personnes n’auront toujours pas accès à ce service de base.

Voilà pourquoi le Canada continue à investir dans des projets de production électrique dans des pays comme Haïti. Et voilà pourquoi il continue à soutenir activement les efforts multilatéraux tels que ceux qui sont dirigés par la Banque mondiale.

Mais il reste encore beaucoup à faire et je compte vraiment sur les discussions que nous aurons sur la façon de mieux réagir à la pauvreté énergétique. Le temps est venu d’élaborer des modèles de coopération et de collaboration qui garantiront qu’aucun pays et aucun peuple ne seront oubliés.

C’est aussi l’occasion de discuter d’une collaboration accrue avec les économies émergentes où il serait possible de passer directement à la prochaine génération de technologies d’énergie propre et écologique.

Il faut s’occuper de l’accessibilité, mais dans le contexte de la disponibilité et de l’acceptabilité. En effet, il faut trouver un mix énergétique adéquat qui assurera la stabilité, la sécurité, la fiabilité et la durabilité de l’énergie.

Finalement, il convient d’aborder l’aspect de responsabilité en matière d’énergie. Notre réussite sur les plans de l’accessibilité, de la disponibilité et de l’acceptabilité dépendra, dans une grande mesure, de notre capacité à assumer notre responsabilité.

Le Canada estime qu’une stratégie axée sur le marché est la meilleure façon d’équilibrer l’offre et la demande et d’assurer la stabilité des prix. Un climat propice à l’investissement est essentiel. Le Canada croit également que la transparence des marchés des produits de base et les réglementations qui favorisent un fonctionnement adéquat des marchés énergétiques mondiaux sont essentielles à la réussite.

Voilà les défis et les opportunités qui se présentent au monde entier en matière d’énergie. Nous avons déjà tous obtenu des réussites, à divers degrés, en relevant les défis qui se posent à nous.

Je peux vous garantir que le Canada continuera de prendre des mesures constructives pour donner suite à l’Accord de Copenhague. Par un financement accéléré, nous offrons 400 millions de dollars pour soutenir les pays en développement grâce au transfert de technologies, à l’établissement de capacités et à des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre associées à la déforestation.

Je ne prétendrai pas que le Canada a toutes les réponses. Il reste encore beaucoup de travail à faire, mais je puis vous assurer que le Canada dispose de toute l’énergie et de toute la détermination nécessaire pour y arriver. Mais j’exhorte tous les délégués des divers pays représentés ici à envisager le Canada comme destination de choix pour l’investissement et la recherche.

De nombreux chercheurs et technologies de pointe sont établis au Canada. C’est ainsi que, par exemple, mon ministère, Ressources naturelles Canada, a réussi brillamment à développer un logiciel d’économie d’énergie.
           
Notre série de logiciels RETScreen est utilisée par des milliers d’entreprises et d’institutions dans plus de 220 pays et permet de faire des économies d’énergie estimées à plusieurs milliards de dollars.
           
Nos chercheurs et experts en technologies montrent la route à suivre, grâce à la détermination du Canada à utiliser plus adéquatement ses ressources énergétiques.
           
Nous savons tous que les choix énergétiques intelligents sont bons pour notre économie, pour notre environnement et pour notre capacité à soutenir la concurrence.

Nous avons beaucoup à offrir et nous serions heureux d’avoir l’occasion de travailler dans un rapport de réciprocité avec vos pays.

Ici au Congrès de Montréal, nous aurons l’occasion d’apprendre les uns des autres et d’accroître notre collaboration sur le plan de l’acquisition des connaissances et des technologies qui peuvent profiter à tous.

Pour ce faire, engageons-nous à tenir un dialogue positif en évitant les accusations, les idées irréalistes et les excuses.

En résumé, cela signifie qu’il faut regarder de façon responsable et réaliste les bonnes options qui équilibreront les considérations environnementales et les nécessités économiques.

Le Congrès mondial de l’énergie nous donne la possibilité d’entreprendre ce dialogue, qui nous permettra de déterminer les problèmes réels et de chercher des solutions réelles.

Profitons au maximum de cette possibilité!

Merci.


1Communiqué de presse de l’AIE, 12 avril 2010, accessible à l’adresse http://www.iea.org/press/pressdetail.asp?PRESS_REL_ID=300

2Perspectives énergétiques mondiales pour 2009 de l’AIE; fiche de renseignements accessible à : http://www.iea.org/weo/docs/weo2009/fact_sheets_WEO_2009.pdf

3ibid.