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2010/11

Notes pour une allocution de

l’honorable Christian Paradis, C.P., député,
ministre des Ressources naturelles

dans le cadre de la table ronde:

« Le nucléaire et le mix énergétique dans une perspective de développement durable »
Conférence internationale sur l’accès au nucléaire civil

Le 8 mars 2010
Paris (France)

L’allocution prononcée fait foi


Introduction

Merci (à l’adresse du modérateur).

Permettez-moi tout d’abord de féliciter le gouvernement français d’avoir pris l’initiative d’organiser cette importante conférence. Je tiens également à souligner les efforts déployés par l’OCDE et l’AEN en vue de sa réussite.

Nous sommes réunis ici pour discuter de l’énergie nucléaire et du mix énergétique dans une perspective de développement durable. Je dois dire que ce sujet est pratiquement fait sur mesure pour le Canada.

Permettez-moi de vous expliquer pourquoi.

L’énergie nucléaire fournit près de 15 % de l’électricité au Canada. Avec sa forte production d’énergie hydraulique et sa production croissante d’énergie renouvelable, le Canada satisfait à près de 75 % de sa demande d’électricité au moyen de sources non émettrices.

Nous voulons que ce pourcentage augmente. Le Canada s’est engagé à devenir une superpuissance de l’énergie propre. L’établissement des bases requises pour la croissance du nucléaire et d’autres sources d’énergie propre a une importance critique pour cet engagement.

L’expérience du Canada

En matière d’énergie nucléaire, nous nous appuyons sur une longue expérience. L’industrie nucléaire du Canada a plus de 60 ans.

Nous avons conçu et construit nos premières installations nucléaires commerciales dans les années 1960. Nous avons 17 réacteurs CANDU en état de marche au Canada; trois autres sont en voie d’être remis en état. Les réacteurs CANDU se retrouvent aussi en Argentine, en Corée, en Roumanie et en Chine. Ils figurent parmi les réacteurs les plus performants du monde.

Enfin, le Canada est l’un des plus gros producteurs et exportateurs mondiaux d’uranium. Mon gouvernement souhaite que l’investissement dans cette importante ressource se maintienne car il nous permettra de continuer à être un fournisseur fiable d’uranium pour le monde au cours des années à venir.

Par ailleurs, nous nous tournerons vers nos partenaires commerciaux pour réduire les obstacles à l’investissement et fournir un accès aux marchés aux entreprises canadiennes.

Leçons tirées

De notre vaste expérience, nous avons tiré de nombreuses leçons, dont trois, me semble-t-il, seraient utiles à notre discussion d’aujourd’hui.

Premièrement, la confiance du public est essentielle pour introduire et maintenir le nucléaire dans le mix énergétique. Sans elle, l’industrie ne peut pas se développer.

Une des conditions clés pour soutenir le développement durable de l’énergie nucléaire est l’existence d’un solide organisme de réglementation indépendant qui gère un processus de réglementation transparent et rend ainsi possible l’engagement du public.

Idéalement, les activités de cet organisme doivent être soutenues par un processus d’évaluation périodique par des pairs. Ces conditions existent au Canada et dans de nombreux pays. Et l’an passé, nous avons invités un examen indépendant du cadre de réglementation nucléaire canadien sous les auspices de l’AIEA.

La gestion responsable des déchets nucléaires est également essentielle au maintien de la confiance du public. Et les Canadiens peuvent avoir confiance parce que leur gouvernement est responsable des politiques, de la législation et de la réglementation. Et l’industrie est responsable du financement et de la mise en œuvre.

Bien sûr, nous avons besoin de la confiance du public, mais aussi de la confiance des investisseurs.

Cela veut dire que notre contexte de réglementation doit fournir clarté et transparence ainsi qu’un degré raisonnable de certitude à ceux qui investissent dans des projets nucléaires, y compris dans l’extraction de l’uranium.

Au Canada, nous sommes déterminés à rendre nos processus de réglementation aussi efficients qu’efficaces.

C’est ainsi que nous avons établi un Bureau de gestion des grands projets au sein du gouvernement fédéral pour favoriser une approche plus responsable et plus efficace en matière de processus fédéraux et pour accroître la transparence et la responsabilisation.

La deuxième leçon que nous avons tirée de notre expérience est l’importance de réduire les risques financiers et les coûts et de livrer des solutions concurrentielles.

Car il faut bien le reconnaître : le nucléaire n’est pas la seule source d’électricité propre.

L’industrie doit pouvoir maîtriser les coûts, et les risques financiers doivent être partagés entre les fournisseurs et les clients. Les décisions en matière d’investissement doivent être axées sur le marché. Nous avons besoin d’un choix de technologies sur le marché.

C’est pourquoi au Canada nous faisons appel de propositions d’investissement pour les opérations commerciales d’Énergie atomique du Canada limitée. Celles-ci comprennent l’entretien, la remise en état et la conception des réacteurs CANDU.

Nous croyons qu’en participant à des alliances stratégiques à l’échelle mondiale nous donnerons à notre industrie nucléaire toutes les chances de prospérer sur un marché de plus en plus concurrentiel.

Nous espérons que cet environnement de concurrence entrera dans le cadre de nos discussions.

Finalement, la troisième leçon que je voudrais mentionner est l’importance de la collaboration et de la coopération internationales.

L’énergie nucléaire requiert de gros investissements, tant pour la recherche et développement que pour la mise en œuvre. Le partage des coûts et des approches peut contribuer à réduire les risques.

La dimension internationale nous ramène à la première leçon : celle de la confiance du public. La sûreté et la sécurité doivent être au sommet des priorités en tout temps.

Nous avons besoin d’un cadre international solide basé sur les principes de la coopération, de la transparence et du respect de la primauté du droit.

Le Canada a toujours été un membre responsable de la communauté nucléaire mondiale. Nous croyons à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

Conclusion

Et nous croyons que l’énergie nucléaire peut contribuer dans une large mesure à satisfaire à la demande mondiale d’énergie propre.

Nous sommes conscients des avantages qu’il y aurait à accroître l’énergie nucléaire dans le mix énergétique mondial.

Mais, comme de plus en plus de pays ont la volonté et les moyens de développer la technologie nucléaire, nous pouvons également voir les défis que cela entraîne.

Nous partageons le désir de soutenir la croissance de l’énergie nucléaire. Nous partageons aussi l’obligation d’assurer une gestion sûre, sécuritaire et responsable de cette croissance.

Merci. Je compte beaucoup sur nos discussions.