Statistiques supplémentaires pour Énergie


  • Le Canada a un portefeuille étendu et diversifié de ressources énergétiques. Tirant profit de cette richesse, le Canada produit d’importantes quantités d’énergie à la fois pour la consommation au pays et pour l’exportation. Le pays consomme aussi beaucoup d’énergie en raison de son climat nordique, de son vaste territoire, de sa base industrielle et de son niveau de vie élevé.
  • En 2010, la production d’énergie « primaire » du Canada, c’est-à-dire, l’énergie qu’on retrouve dans la nature avant sa conversion ou sa transformation, totalisait 16 494,5 pétajoules (PJ). C’est aux combustibles fossiles que revient la part la plus importante de cette production, le pétrole brut représentant 41,4 p. 100, le gaz naturel 36,5 p. 100, et le charbon, 9,2 p. 100. Les sources d’énergie renouvelable ont aussi joué un rôle important, l’hydroélectricité représentant 7,5 p. 100, la biomasse, 3,5 p. 100 et les énergies émergentes (p. ex., l’énergie éolienne, l’énergie marémotrice et l’énergie solaire) 0,1 p 100. L’énergie nucléaire (produite à partir de la source primaire d’uranium) représentait 1,9 p. 100.1
  • Sur le plan régional, l’Alberta représentait 62,8 p. 100 de la production d’énergie primaire du Canada. Parmi les autres principales provinces productrices d’énergie, citons la Colombie-Britannique (14,1 p. 100), la Saskatchewan (8,7 p. 100), le Québec (4,1 p.100) et l’Ontario (2,7 p. 100). L’Alberta est la principale province productrice de combustibles fossiles, le Québec le plus grand producteur d’hydroélectricité et l’Ontario le plus important producteur d’énergie nucléaire.
  • À la fin de 2010, les réserves de pétrole brut (récupérables grâce aux techniques contemporaines et dans les conditions économiques actuelles) étaient estimées à 27,6 milliards de mètres cubes (Gm3), fournissant au Canada la troisième plus importante base de ressources, tout juste après l’Arabie saoudite et le Venezuela. Les sables bitumineux constituaient la majorité de ces réserves, avec 26,9 Gm3, tandis que les sources classiques totalisaient 0,7 Gm3. Le potentiel finalement récupérable des sables bitumineux de l’Alberta (récupérable à mesure que les technologies se perfectionnent) était estimé à plus de 50,0 Gm3.
  • En 2010, la production de pétrole brut au Canada totalisait 167,4 millions de m3. Les sables bitumineux représentaient 51,9 p. 100 de la production, surpassant pour la toute première fois les sources classiques.
  • Environ les deux tiers de la production de pétrole brut sont exportés, tandis que le reste est traité dans des raffineries canadiennes afin de produire des produits pétroliers raffinés, comme de l’essence, du diesel et du mazout. Les raffineries canadiennes – en particulier celles qui sont éloignées des grands centres de production du pays – font aussi le traitement de pétrole brut acheté sur le marché international.
  • À la fin de 2010, les réserves de gaz naturel prouvées totalisaient 1 727,5 Gm3, dont environ 95 p. 100 provenaient de sources classiques et le reste de sources non classiques (comme le méthane de houille et le gaz de schiste). Le potentiel total issu de sources classiques est estimé à 10,1 billions de m3, tandis que de récentes estimations suggèrent que le potentiel provenant de sources non classiques se situerait entre 10,7 et 26,8 billions de m3.
  • En 2010, la production marchande de gaz naturel au Canada totalisait 144,4 Gm3. Près des deux tiers de cette production ont été exportés aux États-Unis (É.-U.) et le reste a été vendu aux consommateurs canadiens.
  • En 2010, la production d’électricité s’élevait à 588,9 térawattheures. Les abondantes ressources en eau du Canada y ont contribué de façon importante, l’hydroélectricité fournissant 59,1 p. 100 de la production totale. Les autres formes émergentes d’électricité renouvelable (c.-à-d., la biomasse, l’énergie éolienne, l’énergie solaire et l’énergie marémotrice) comptaient pour 3,0 p. 100 de la production. Les autres sources de production d’électricité comprenaient le charbon (12,6 p. 100), l’énergie nucléaire (14,5 p. 100), le gaz naturel (8,6 p. 100) et le pétrole et les huiles résiduelles (2,2 p. 100).
  • Le Québec a fourni 31,5 p. 100 de la quantité d’électricité produite en 2010 (96,0 p. 100 provenant de l’hydroélectricité) et l’Ontario, 25,6 p. 100 (54,4 p. 100  provenant de sources d’énergie nucléaire).
  • Les Canadiens consomment de l’énergie à plusieurs fins : le chauffage et la climatisation des maisons et des bureaux; l’alimentation des appareils et de l’équipement; le transport de personnes et de marchandises; et les procédés industriels.
  • La consommation d’énergie secondaire au Canada consiste en l’énergie utilisée par les utilisateurs finaux dans divers secteurs de l’économie (excluant les exportations, l’énergie consommée par les producteurs d’énergie ainsi que les utilisations non énergétiques) et représentait, en 2009, environ 71,8 p. 100 de l’énergie totale consommée ou 8 541,6 PJ. La consommation d’énergie secondaire se répartissait ainsi : 37,1 p. 100 pour les industries de l’exploitation minière et de la fabrication; 30,2 p. 100 pour le secteur du transport; 16,7 p. 100 pour le secteur résidentiel; 13,9 p. 100 pour le secteur commercial et institutionnel; et 2,2 p. 100 pour le secteur agricole.

1 Basé sur un facteur de conversion de l’électricité nucléaire de 3,6 mégajoules par kilowattheure (MJ/kWh).

Importance pour l’économie nationale

  • En 2010, l’apport de toutes les sources d’énergie au PIB – c’est-à-dire, les industries qui ont participé à la production, à la transformation et au transport de l’énergie – était de 6,8 p. 100 du PIB canadien, soit 84,3 milliards de dollars (en dollars constants de 2002). L’industrie de l’extraction du pétrole et du gaz y a contribué pour environ la moitié, tandis que l’industrie de l’électricité y a contribué pour environ le tiers.
  • La production, la transformation et le transport de l’énergie sont des activités « à haute intensité de capital », ce qui signifie que leurs besoins en équipement et en structures sont importants. Ceci génère une activité économique dans toute l’économie canadienne, en particulier pour des industries comme la fabrication d’équipement, la construction et les services d’ingénierie. En 2010, les nouveaux investissements en capitaux pour les industries liées à l’énergie constituaient 23,8 p. 100 du total des investissements au Canada.
  • En 2010, le secteur de l’énergie a procuré 264 000 emplois directs (à l’exclusion des emplois dans les stations-service et le secteur du commerce en gros de produits pétroliers), soit 1,8 p.100 de l’emploi total au Canada. De leur côté, les stations-service et le secteur du commerce en gros de produits pétroliers ont employé 92 000 personnes, soit 0,6 p. 100 de l’emploi total au pays.
  • En 2010, l’énergie représentait 22,5 p. 100 du total des exportations de marchandises, et la balance commerciale pour l’énergie arrivait au premier rang quant à la contribution à la balance commerciale positive et globale du Canada.
  • Malgré une hausse de 56,6 p. 100 du PIB entre 1990 et 2009, la consommation finale d’énergie a augmenté de seulement 23,1 p. 100. Comme l’illustre la figure 6, l’efficacité énergétique a grandement contribué à limiter cette croissance.

Figure 6.  Consommation d’énergie secondaire, avec et sans les améliorations de l’efficacité énergétique, de 1990-2009

La figure 7 montre bien que la consommation finale d’énergie a augmenté de 1 605,5 PJ entre 1990 et 2009. Cette augmentation fait état notamment des facteurs suivants :

  • croissance de l’activité économique;
  • effets des conditions météorologiques (en 2009, l’hiver a été plus froid et l’été plus frais qu’en 1990, ce qui a entraîné une plus grande consommation d’énergie);
  • changements dans la structure de l’économie, ce qui favorise les industries moins énergivores;
  • qualité de service plus élevée de l’équipement auxiliaire dans les bâtiments commerciaux et institutionnels et des appareils ménagers dans les foyers;
  • augmentation de la surface de plancher climatisée;
  • taux d’utilisation des capacités, c’est-à-dire, la proportion de la capacité de production installée en utilisation. En 2009, les secteurs comme ceux de l’exploitation minière, du transport d’équipement et du fer et de l’acier ont affiché des baisses considérables. (Pour plus de détails, consulter l’Évolution de l’efficacité énergétique au Canada, de 1990 à 2009);
  • améliorations considérables de l’efficacité énergétique.

Figure 7.  Résumé des facteurs influant sur variation de la consommation d’énergie, de 1990-2009

Variation globale de la consommation d’énergie 1 605,5 PJ; effet de l'activité 2 735, 7PJ; effet de la structure -409,6 PJ; effet de quantités de service 193,4 PJ; effet de contemporaines météorologiques 48,8 PJ; effet de ultilisation de la capacité industrielle 576,5; effet de l’efficacité énergétique -1 560,4 PJ; autre* 28.0 PJ.

* « Autre » désigne l’éclairage des voies publiques, le transport aérien non commercial, le transport hors route et l’agriculture, qui sont compris dans « Variation globale de la consommation d’énergie », mais non pas dans l’analyse de factorisation.

  • Dans l’ensemble, l’efficacité énergétique s’est améliorée de 23,5 p. 100 entre 1990 et 2009, ce qui correspond à une réduction de la consommation d’énergie de 1 560,4 PJ. Cette amélioration a permis de réaliser des économies de 26,8 milliards de dollars en 2009 et représente une réduction de près de 81,1 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre.

Importance à l’échelle internationale

  • Le Canada est une économie ouverte et, tirant profit de ses imposantes ressources énergétiques, est devenu un important et fiable fournisseur mondial d’énergie. En 2010, le Canada a exporté 90,0 milliards de dollars de produits énergétiques, dont 98,4 p. 100 aux États-Unis.
  • En 2010, les exportations de pétrole brut s’établissaient à 112,5 millions de m3, soit une valeur de 52,0 milliards de dollars. Le pétrole brut canadien avait une part de 13,0 p. 100 sur le marché américain et constituait 21,5 p. 100 des importations de pétrole brut aux États-Unis. En 2010, les exportations de produits pétroliers raffinés ont atteint  24,3 millions de m3 ou 17,6 milliards de dollars.
  • Le Canada a exporté 91,3 milliards de m3 de gaz naturel, la totalité allant aux États-Unis (valeur de 15,6 milliards de dollars). Le gaz naturel canadien constituait plus de 87,7 p. 100 des importations de gaz des États-Unis, soit 13,5 p. 100 de l’ensemble du marché américain.
  • Le Canada a aussi importé pour 40,3 milliards de dollars en produits énergétiques, surtout du pétrole brut, des produits pétroliers raffinés et du gaz naturel. Les importations provenaient de divers pays, dont les États-Unis, l’Algérie, la Norvège et le Royaume-Uni.
Tableau 5. Données sur l’énergie
Produits Rang pour
la production
mondiale*
en 2010
Exportations
en 2010
Destination
Total des produits énerget- iques 90,0 G$ (100 %) É.-U. 88,6 G$ (98,4 %)
Pétrole** Sixième
(4,1%)
72,3 G$ (80,5 %) É.-U. 70,9 G$ (98,1 %)
Gaz naturel Troisième
(5,0%)
15,6 G$ (17,5 %) É.-U. 15,6 G$ (100 %)
Électricité Sixième
(3,0%)
2,2 G$ (2,0 %) É.-U. 2,0 G$ (100 %)

É.-U. – États-Unis
*  Le Statistical Survey of World Energy de British Petroleum (BP).
**  Les données commerciales comprennent le pétrole brut, les produits pétroliers raffinés et les gaz de pétrole liquéfiés (GPL). Le rang relatif à la production comprend le pétrole brut et les GPL.