ARCHIVÉE - Conseil des ministres de l'énergie

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Faire progresser l'efficacité énergétique au Canada : des fondements pour l'action

Industrie

Portée

On peut séparer le secteur industriel en deux groupes : les consommateurs d'énergie (les industries minières, manufacturières23 et de la construction); et les producteurs d'énergie (l'industrie pétrolière et gazière en amont, la valorisation du pétrole lourd, et la production d'électricité).

Contexte24

Utilisation de l'énergie dans le secteur industriel au Canada 1990 à 2004 Figure 8 : Au cours de la période 1990-2004, les données sur l'énergie relatives aux sous-secteurs industriels canadiens témoignent d'une certaine variété dans les changements. La croissance des activités des industries énergivores a dépassé la croissance de la consommation d'électricité, entraînant une amélioration de 24 % de leur intensité énergétique, alors que les industries productrices d'énergie ont vu leur consommation d'énergie croître plus rapidement que leurs activités, augmentant ainsi de 15 % l'intensité énergétique de ce sous-secteur. Figure 8 : Au cours de la période 1990-2004, les données sur l'énergie relatives aux sous-secteurs industriels canadiens témoignent d'une certaine variété dans les changements. La croissance des activités des industries énergivores a dépassé la croissance de la consommation d'électricité, entraînant une amélioration de 24 % de leur intensité énergétique, alors que les industries productrices d'énergie ont vu leur consommation d'énergie croître plus rapidement que leurs activités, augmentant ainsi de 15 % l'intensité énergétique de ce sous-secteur.

Actuellement, l'industrie constitue le plus important utilisateur d'énergie au Canada, totalisant 48 % de la demande d'énergie primaire en 2004 et 29 % de la production économique (303 milliards $ du PIB). Des améliorations globales de 9 % dans l'intensité énergétique depuis 1990 ont entraîné des économies annuelles de 3,1 milliards $ en combustible et ont permis d'éviter des émissions de gaz à effet de serre de près de 30 Mt par année. L'efficacité énergétique dans le secteur industriel peut apporter une réduction importante des coûts, en plus d'offrir des avantages énormes quant à la productivité, l'environnement et d'autres facteurs non énergétiques.

Les consommateurs d'énergie

Entre 1990 et 2004, les industries énergivores présentaient un dossier très positif en matière d'intensité énergétique durant une période de forte croissance de la production (45 %). En 2004, les secteurs miniers, manufacturiers et de la construction ont utilisé 24 % moins d'énergie qu'en 1990 pour produire une unité de produit. Cela s'explique par les investissements en efficacité énergétique, le remplacement de combustible et les changements dans la production, passant d'industries à forte intensité d'énergie, comme le fer et l'acier, à des industries à moindre consommation d'énergie, comme les produits informatiques et électroniques. Les analyses indiquent que les investissements en matière d'efficacité énergétique représentaient plus de 70 % des améliorations globales en intensité énergétique25. Les améliorations provenaient de secteurs aussi diversifiés que le textile de même que les aliments et les boissons (où l'énergie constitue moins de 10 % des coûts totaux de fabrication), les pâtes et papiers, le ciment et la chaux (où l'énergie constitue entre 25 % et 50 % des coûts totaux)26.

Des économies importantes

CVRD INCO (Ontario) a réduit sa consommation d'énergie de 10 % depuis 1990, tout en augmentant sa production de 20 %. Au total, la société a réalisé une réduction de 60 millions $ en consommation d'énergie depuis 2000.

Producteurs d'énergie

À l'opposé, les industries productrices d'énergie ont connu une hausse de 15 % de leur intensité énergétique entre 1990 et 2004. Alors que la production s'est accrue de 33 %, l'utilisation d'énergie a augmenté de 53 %. Cette hausse de l'intensité énergétique a eu lieu dans l'industrie pétrolière et gazière en amont et dans la production d'électricité.

Dans le secteur pétrolier et gazier en amont, produire du pétrole et du gaz requiert davantage d'énergie de nos jours que par le passé. Les réserves classiques de pétrole et de gaz sont de plus en plus difficiles d'accès et exigent donc plus d'énergie. Le processus d'extraction plus intensif des sables bitumineux nécessite plus d'énergie que dans les réserves classiques.

Dans le secteur de la production d'électricité, l'intensité énergétique accrue découle d'une diminution de l'électricité produite à partir de sources hydroélectriques moins consommatrices d'énergie, par rapport à la production alimentée au charbon et au gaz naturel qui présente une plus haute intensité énergétique.

Une culture d'entreprise proactive permet d'obtenir des résultats remarquables

La culture d'entreprise proactive face à l'environnement de BP Canada et sa vision positive de l'efficacité énergétique ont permis d'obtenir des résultats remarquables. Au cours des dernières années, l'entreprise a réalisé plus de 400 projets d'efficacité énergétique, avec comme résultat des réductions d'émissions de plus de 300 000 tonnes d'équivalent en gaz carbonique par année.

À l'avenir, l'environnement de la consommation énergétique de l'industrie sera assujetti à des changements :

  • Le Cadre réglementaire sur les émissions atmosphériques industrielles de 2007 du gouvernement fédéral fixe des cibles à court terme de réduction de l'intensité des émissions de gaz à effet de serre qui nécessiteront une réduction de 18 % de l'intensité des émissions par rapport aux niveaux de 2006 d'ici 2010, ainsi qu'une amélioration annuelle de 2 % par la suite. Selon ce cadre et les règlements applicables, les organisations pourraient choisir la façon la plus rentable d'atteindre leurs cibles à partir d'un éventail d'options d'application, notamment des investissements à l'interne en efficacité énergétique et remplacement des combustibles et carburants, de même que des contributions à un fonds technologique, l'échange interentreprises, la compensation nationale et l'accès au Mécanisme pour un développement propre. Les polluants atmosphériques seront aussi réglementés.
  • Sur le plan de la productivité et de l'innovation, les fabricants canadiens connaissent en moyenne une performance qui se situe à peu près à la moitié de celle des pays du G7 qui réussissent le mieux. Notre déficit d'excellence est donc de 50 % par rapport aux pratiques exemplaires du G7. En réalité, le Canada, connaît l'un des niveaux de performance les plus faibles de toutes les grandes économies industrielles du monde, tous critères confondus27.
  • Davantage d'énergie sera nécessaire pour extraire des ressources naturelles non renouvelables comme le cuivre, le minerai de fer, le pétrole et le gaz. Alors que les réserves existantes s'appauvrissent, les ressources sont de moins en moins accessibles et leur exploitation nécessitera davantage d'énergie.

L'efficacité énergétique peut jouer un rôle important en vue d'aider l'industrie par rapport à ces enjeux, en plus d'offrir des améliorations appréciables sur le plan de l'environnement, comme une baisse des émissions de gaz à effet de serre et un air plus propre.

Outils, technologies et pratiques clés

On peut utiliser un large éventail d'outils pour améliorer l'efficacité énergétique industrielle. Ces outils peuvent aider l'industrie dans la mise en œuvre de mesures d'efficacité énergétique par le biais du remplacement d'équipement, de la minimisation des déchets d'exploitation, de la conception et la construction de nouvelles usines, de l'adoption de technologies émergentes et de meilleures pratiques de gestion.

Appuis aux améliorations du rendement énergétique dans le secteur industriel
Politiques/Réglementation

Élaborer des normes de rendement obligatoires minimales pour l'équipement industriel (p. ex., les gros appareils de climatisation, les pompes à chaleur, les groupes compresseur-condenseur, les chaudières commerciales).

Élaborer des codes et des normes pour l'efficacité énergétique dans les nouvelles usines industrielles qui intègrent les exigences relatives à l'équipement et l'enveloppe du bâtiment.

Élaborer un système de classement des meilleures pratiques de gestion en matière d'énergie.

Recherche-développement et mise en place

Appuyer le développement de nouvelles technologies industrielles de pointe (p. ex., le contrôle de la combustion, l'isolation, la production et l'usine).

Renforcement des compétences

Offrir de la formation en efficacité énergétique aux employés de l'industrie à tous les échelons en vue d'améliorer les connaissances techniques et façonner une culture d'entreprise.

Offrir de la formation aux fournisseurs de services industriels d'efficacité énergétique afin de faire en sorte que les clients reçoivent l'information actuelle en matière d'efficacité énergétique. (p. ex., les consultants, les fabricants et distributeurs de produits).

Leadership

Favoriser des réseaux régionaux et locaux de chefs de file de l'industrie et de représentants du gouvernement pour évaluer régulièrement les besoins en matière d'efficacité énergétique.

Information

Entreprendre des campagnes de sensibilisation des employés pour les aider à consommer l'énergie de façon plus efficace au travail, à la maison et sur la route.

Élaborer et distribuer des publications et outils en vue d'informer l'industrie quant à la bonne gestion technique, opérationnelle et organisationnelle de l'énergie.

Stimulation du marché

Veiller à ce que les prix reflètent le coût réel de l'énergie (p. ex., prix à deux volets, prix selon le moment d'utilisation).

Élaborer et favoriser l'utilisation de mécanismes de financement créatifs pour améliorer l'aspect économique des projets (p. ex., des fonds renouvelables, des marchés de services éconergétiques).

Percevoir des droits et/ou des taxes sur l'utilisation de l'énergie.

Offrir des incitatifs financiers pour les projets présentant de longues périodes d'amortissement.

Offrir des incitatifs financiers pour les technologies émergentes et de pointe.

Paver la voie aux économies

Quelque 6 000 participants provenant d'organisations industrielles ont suivi les conseils d'économie d'énergie d'un modeste atelier et ont économisé collectivement 100 millions $ ou 10 PJ depuis 1997. Cela représente suffisamment d'énergie pour chauffer la moitié des maisons du Nouveau-Brunswick. L'Office de l'efficacité énergétique de Ressources naturelles Canada offre la Série d'ateliers Le gros bon $ens en vue d'aider les organisations à trouver, planifier et mettre en œuvre des possibilités d'efficacité énergétique. Par exemple, une usine de Proctor & Gamble a commencé à faire le suivi de son utilisation d'énergie et a mis sur pied une équipe interne qui a entraîné la mise en œuvre de 80 projets proposés par les employés de l'atelier de P&G; la seule élimination des ventilateurs de préfiltrage a permis d'économiser 158 000 $ par année

On peut utiliser ces outils pour améliorer l'efficacité énergétique de plusieurs domaines. Des études réalisées dans deux provinces suggèrent que les deux plus importants domaines de possibilité pour la modernisation et le remplacement de l'équipement sont28 :

  • Les moteurs et les systèmes à moteur – Il y a un potentiel d'économie de 30 % à 60 % de l'énergie consommée par les moteurs en optimisant la taille du moteur et du compresseur, en utilisant des mécanismes d'entraînement à fréquence variable et en traitant les fuites des compresseurs d'air. Les moteurs interviennent pour environ 20 % à 30 % de l'utilisation énergétique industrielle.
  • Le système direct de chauffage – On évalue les économies d'énergie potentielles de 10 % à 35 % de l'énergie consommée par l'équipement de chauffage par détente directe. Parmi les améliorations possibles se trouvent la récupération de chaleur, la mise à niveau et le remplacement des chaudières, de même que d'autres possibilités particulières au processus, telle la combustion de gaz oxygéné dans l'industrie de l'acier. Ce domaine représente environ 20 % à 40 % de l'utilisation d'énergie par l'industrie au Canada.
Réduire le gaspillage et les besoins

Suite à une étude sur l'intégration des procédés appuyée par Ressources naturelles Canada, Les Aliments Maple Leaf ont installé un système d'échangeur thermique en vue de capter la chaleur provenant du gaz ammoniac avant que les condensateurs du toit ne le refroidissent. La nouvelle installation envoie l'énergie captée à l'approvisionnement en eau de l'usine, où elle contribue à chauffer un réservoir d'eau chaude de 15 000 litres. Un système de surveillance calcule et comptabilise les économies d'énergie en temps réel, permettant aux opérateurs de vérifier que le système de récupération de chaleur fonctionne bien. Le système a réduit la consommation de gaz naturel dans le système de chaudières de l'usine de 22 %, tout en diminuant le recours aux produits chimiques pour chaudière.

Il y a aussi des possibilités d'améliorations à l'ensemble du système, notamment une surveillance et un suivi accrus de l'utilisation énergétique, de même que des méthodes avancées de modélisation et d'analyse pour améliorer la productivité et le débit.

Ces technologies peuvent être utilisées à la fois par les consommateurs et les producteurs d'énergie. Il y a toutefois certaines améliorations particulières au secteur des producteurs d'énergie :

  • Des installations de production d'électricité supercritiques, qui sont faites de superalliages pouvant supporter des températures et des pressions élevées, peuvent servir à faire passer l'efficacité des nouvelles centrales à combustible fossile de leurs niveaux actuels de 32-34 % à des niveaux de 36-40 %.
  • Les technologies de gazéification peuvent fournir au secteur pétrolier et gazier en amont de l'hydrogène, de la chaleur et de l'électricité en utilisant les combustibles comme la biomasse, les déchets municipaux solides et les résidus des raffineries plutôt que le gaz naturel, tout en réalisant une plus grande efficacité qu'avec l'utilisation du gaz naturel.
Nul ne peut gérer ce qu'il ne peut mesurer – Lord Kelvin, 1891

Lord Kelvin, qui a inventé l'échelle de température Kelvin, savait que la mesure est un élément clé de toute bonne gestion. Cela touche de façon égale les profits, les dépenses ou la consommation d'énergie. Pratt & Whitney Canada Corp. a tiré profit de ce concept en assurant la surveillance et le suivi des fluctuations des demandes en énergie à l'aide d'un nouvel outil énergétique. Installé dans trois usines de l'entreprise, le nouvel outil permet de prévoir la consommation d'énergie à long terme et assure le suivi de paramètres opérationnels clés. Depuis son installation, l'outil a entraîné la mise en œuvre de 70 projets énergétiques et l'économie de plus de 1 million $ grâce à l'installation de systèmes de chaudières à efficacité énergétique; à un meilleur contrôle de l'éclairage; à des améliorations aux systèmes de chauffage, de ventilation et de conditionnement d'air (CVCA); à des systèmes d'air comprimé et autres; et à une importante campagne de sensibilisation menée auprès des employés.


L'utilisation d'une combinaison des outils présentés peut aider l'industrie à apporter certains des changements énumérés plus haut. Davantage de mesures peuvent paver la voie à des améliorations d'efficacité énergétique durables et faire de cet enjeu une valeur fondamentale des entreprises, comme le sont devenues la santé et la sécurité. Grâce à ces changements, l'efficacité énergétique peut être au premier rang des décisions des entreprises quant au remplacement de l'équipement et la modernisation des procédés industriels en vue de diminuer les déchets au sein des installations existantes. De nouvelles usines industrielles, construites selon des normes d'efficacité énergétique rigoureuses, pourraient être autonomes sur le plan de l'énergie le cas échéant. Nous pouvons renforcer les capacités pour le développement de nouvelles technologies à haute efficacité énergétique et diminuer également les obstacles relatifs à la maîtrise de l'énergie.


23. Comprend le raffinage du pétrole

24. Sauf indication contraire, les données de cette section reposent sur le Guide de données sur la consommation d'énergie 1990 et 1998 à 2004 de Ressources naturelles Canada. Août 2006.

25. S'appuie sur la méthodologie et les données utilisées dans le document Évolution de l'efficacité énergétique au Canada, de 1990 à 2004, de Ressources naturelles Canada. Août 2006.

26. Statistique Canada, Enquête annuelle sur les manufactures et l'exploitation forestière. 2006.

27. Canadian Manufacturers and Exporters, 2020, Building our Vision for the Future, 2004, page 19

28. Marbek Resource Consultants, Neill and Gunter, Energy Performance Benchmarking & Best Practices in New Brunswick Industrial and Manufacturing Sector, 2006.
Office de l'électricité de l'Ontario, Market Profile and Conservation Opportunity Assessment for Small and Medium-Sized Industry in Ontario, 2006.
Office de l'électricité de l'Ontario, Market Profile and Conservation Opportunity Assessment for Large Industrial Operations in Ontario, 2006.