ARCHIVÉE - Conseil des ministres de l'énergie

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Faire progresser l'efficacité énergétique au Canada : des fondements pour l'action

Le milieu bâti

Portée

Le milieu bâti est constitué de tous les bâtiments, maisons, infrastructures, équipement fixe et collectivités.

Contexte

Secteur résidentiel18

Malgré une forte augmentation du nombre de maisons, le goût des Canadiens pour les grandes résidences et une augmentation de la consommation générale d'énergie, la consommation moyenne par famille a diminué de 12 % pendant la dernière décennie19. Il existe plus de 12 millions de ménages au Canada, ce qui représente une facture énergétique totale annuelle d'environ 6 milliards de dollars. En 2004, les améliorations apportées à l'efficacité des bâtiments et aux systèmes de chauffage depuis 1990 ont permis de réaliser des économies de plus de 4 milliards de dollars20.

Utilisation finale de l'énergie dans le milieu bâti au Canada 1990 à 2004 Figure 7 : De 1990 à 2004, le nombre de résidences au Canada et le nombre d'habitations ont augmenté. La consommation totale d'énergie du secteur résidentiel s'est accrue mais, grâce aux gains réalisés en efficacité énergétique, l'utilisation d'énergie par logement a en fait diminué de 12 %. Dans le secteur des bâtiments, l'espace au sol s'est accru entre 1990 et 2004, et la consommation d'énergie par surface a aussi augmenté, aboutissant à un accroissement de la demande de 35 % dans ce secteur.

Entre 1990 et 2004, on a également amélioré de façon appréciable l'efficacité énergétique des gros appareils électroménagers, ce qui a contribué à une diminution de la consommation d'énergie malgré une augmentation de 33 % du nombre d'appareils par rapport à 199021. Toutefois, ces réductions ont été en partie annulées par une augmentation de 75 % du nombre de petits appareils, d'habitude non réglementés et qui envahissent les maisons canadiennes, comme les lecteurs de DVD, les téléviseurs haute définition et les caméras vidéo.

Secteur commercial et institutionnel22

Contrairement à ce qu'on observe dans le secteur résidentiel, l'intensité énergétique des 450 000 bâtiments commerciaux et institutionnels du Canada a augmenté pendant la période 1990-2004, ce qui veut dire que les investissements dans l'efficacité énergétique n'ont pas été assez importants pour annuler l'augmentation totale de la consommation d'énergie. Dans ce secteur, la demande d'énergie a augmenté de plus de 35 % pendant la dernière décennie. Cette augmentation a été causée par l'augmentation de la superficie et par l'utilisation accrue de matériel auxiliaire, comme les ordinateurs et les imprimantes.

Progrès en efficacité énergétique

Le nombre de maisons neuves éconergétiques au Canada a été multiplié par quatre entre 2002 et 2006. Ces maisons consomment de 25 % à 30 % moins d'énergie en moyenne que les maisons neuves ordinaires. Elles sont aussi plus confortables pour ceux qui y vivent.

On prévoit que d'ici 2020, la croissance de l'économie canadienne, de la superficie des bâtiments commerciaux (39 %) et du nombre de foyers (20 %), continuera à faire augmenter la demande d'énergie.

Démarche

La démarche adoptée pour le milieu bâti se fonde sur une stratégie visant à transformer la façon qu'ont les Canadiens de construire, d'acheter et d'utiliser leurs maisons et leurs bâtiments ou de planifier leurs collectivités en ce qui a trait à la consommation d'énergie – un processus appelé « transformation du marché ». Les actions visant à faire tomber les obstacles à l'efficacité énergétique énumérés au Chapitre 1 doivent être réalisées ou étendues et il est essentiel de mettre en place des partenariats entre les gouvernements, les compagnies de services publics, les industries et les organismes non gouvernementaux. On pourra réussir : 

  1. en utilisant les technologies d'efficacité énergétique  actuellement applicables,
  2. en utilisant des technologies nouvelles et bientôt prêtes à être utilisées,
  3. en poursuivant les efforts de recherche, de développement et de démonstration de technologies permettant de réaliser des gains substantiels d'efficacité énergétique,
  4. en élaborant un ensemble d'outils et de technologies parmi lesquelles les gouvernements pourront choisir ce qu'ils désirent mettre en œuvre.  

Principaux outils, technologies et pratiques

Mise à jour – Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments

À la demande du Conseil des ministres de l'énergie, la Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies a décidé, en 2007, de mettre à jour le Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments (1997) afin d'atteindre un niveau plus élevé d'efficacité énergétique d'ici 2012. Une augmentation de l'ordre de 25 % des exigences du code et son adoption par l'ensemble des provinces et des territoires pourraient entraîner des économies d'énergie appréciables et une réduction de la pollution pendant toute la vie utile des bâtiments, soit 40 ans ou plus. Voici un excellent exemple de collaboration intergouvernementale afin de rehausser l'un des outils les plus efficaces pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux et les administrations municipales peuvent jouer un rôle important en tenant compte de l'efficacité énergétique du milieu bâti dans les énoncés de politiques provinciales et territoriales, dans les plans municipaux et dans les plans énergétiques communautaires. Le gouvernement fédéral, grâce à des programmes comme les plans intégrés pour la durabilité des collectivités d'Infrastructure Canada, peut accroître la pénétration de l'efficacité énergétique et des technologies d'électricité renouvelable dans les collectivités canadiennes. Le gouvernement fédéral peut également développer ses normes pour l'équipement et les appareils électroménagers, augmenter ses efforts de recherche, de développement et de démonstration, donner plus d'importance à l'efficacité énergétique dans ses codes modèles nationaux de l'énergie pour les bâtiments et appuyer les efforts des provinces et des territoires.

Les gouvernements peuvent déterminer des priorités et choisir parmi les outils suivants (ou d'autres) afin d'atteindre leurs objectifs à court et à long terme. Pour une meilleure efficacité, il est possible de combiner les outils énumérés dans chacune des sections, comme dans l'exemple de la Colombie-Britannique présenté dans la Section 1.

Outils pour appuyer les améliorations de la performance énergétique du milieu bâti
Politiques/Réglementation

Améliorer périodiquement le Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments, les textes réglementaires pour les résidences et les normes d'efficacité énergétique pour les appareils afin de les rendre conformes aux meilleures pratiques.

Adopter des exigences minimales d'efficacité énergétique pour les bâtiments et les maisons.

Élaborer et mettre en œuvre un système d'évaluation et d'étiquetage de l'efficacité énergétique pour les appareils, les maisons et les bâtiments.

Adopter des normes de mise en service et de remise en service des bâtiments, accompagnées d'un programme de formation et de certification pour les administrateurs et les responsables du fonctionnement des immeubles.

Encourager les municipalités à mettre en œuvre des politiques d'amélioration de la conception, de la densité et de la planification intégrée des collectivités.

Recherche-développement et mise en place

Faire de la R-D et MP afin d'élaborer des technologies de pointe et des pratiques commercialisables dès maintenant ou plus tard et susceptibles d'entraîner une importante réduction de la consommation et un raccourcissement du temps de commercialisation. Créer un réseau de chercheurs universitaires spécialisés en efficacité énergétique. S'attaquer aux obstacles (techniques, financiers, réglementaires) afin d'accélérer le transfert des technologies et de faciliter leur adoption.

Intégrer les systèmes et élaborer des outils pour faire en sorte que l'énergie soit utilisée de façon optimale dans les appareils, les maisons, les bâtiments, les quartiers et les collectivités et qu'on fasse appel aux technologies des renouvelables.

Renforcement des compétences

Faire en sorte que l'industrie du bâtiment et les administrateurs d'immeubles comprennent, adoptent et utilisent les meilleures pratiques éconergétiques.

Élaborer des programmes sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables pour les universités, les collèges et les instituts techniques.

Leadership

Montrer un leadership gouvernemental par l'élaboration de politiques et de meilleures pratiques pour l'adoption et la mise en place de produits et de bâtiments éconergétiques.

Information

Encourager les municipalités à adopter des politiques visant à limiter l'étalement urbain.

Accroître les connaissances des intéressés et des consommateurs à l'aide de campagnes d'information et de sensibilisation, de consultations et en élaborant des outils de prise de décision pour les professionnels de l'industrie.

Stimulation du marché

Encourager et récompenser l'adoption rapide de meilleures pratiques d'efficacité énergétique et l'utilisation d'appareils, de bâtiments, de maisons et d'énergies renouvelables à l'aide d'incitatifs fiscaux et d'autres instruments financiers et économiques.

D'ici 2030, les collectivités pourraient répondre à la demande d'énergie en intégrant les systèmes énergétiques, en utilisant au mieux les sources locales d'énergies renouvelables et en les interconnectant avec les systèmes publics de distribution d'énergie. L'adoption de plans énergétiques communautaires pourrait améliorer la capacité des municipalités à mettre en œuvre l'efficacité énergétique et l'utilisation des énergies renouvelables par les collectivités et faire la promotion des principes de la croissance intelligente, afin de réduire et de limiter l'étalement urbain, de réduire les coûts d'infrastructure, de rendre plus viables les transports en commun, d'améliorer les possibilités de se déplacer à pied, de multiplier les espaces verts et de soigner la qualité de vie en général. Les quartiers pourraient être conçus et développés selon des principes de durabilité, en se servant des sources d'énergie et des synergies accessibles localement (p. ex., récupération de l'énergie en cascade lorsqu'on peut utiliser l'énergie perdue à cet effet dans les systèmes régionaux, optimisation solaire et stockage saisonnier pour usage ultérieur).

Les maisons et bâtiments neufs pourraient faire appel à des méthodes d'isolation et des systèmes d'imperméabilité à l'air plus éconergétiques, à de meilleures portes et fenêtres, à des systèmes d'intégration, à de nouvelles technologies d'éclairage, à l'éclairage naturel, à de meilleurs appareils de chauffage, de ventilation et de climatisation et à des systèmes de comptage, de surveillance et de contrôle à haut rendement. On pourrait également améliorer le rendement énergétique de ces maisons et bâtiments neufs en utilisant un système de génération sur place qui combinerait énergie classique et énergies renouvelables  (p. ex., en combinant un système de cogénération et un générateur de courant photovoltaïque). On pourrait utiliser des pompes géothermiques, de l'énergie héliothermique et/ou des systèmes de microcogénération, y compris les piles à combustible, comme source principale de chauffage local et d'eau chaude et interconnecter les bâtiments et les maisons d'une collectivité pour que tous ces bâtiments partagent l'électricité et la chaleur de façon optimale. Pour ce faire, on pourrait concevoir les résidences, les bâtiments et les collectivités de façon intégrée, aussi bien lors de la construction qu'au moment de réaliser des travaux d'amélioration ou de rénovation.

Lors de travaux de rénovation, on pourrait améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments existants en utilisant un grand nombre de nouvelles technologies choisies à l'aide d'outils d'optimisation des choix. L'intégration des systèmes exige le reconditionnement de tous les appareils, l'optimisation des systèmes énergétiques et le recours à des systèmes de comptage et de contrôle, à des systèmes automatisés de diagnostic, à des logiciels de détection des défaillances et à des responsables du fonctionnement des immeubles bien formés. On pourrait rénover les maisons existantes en utilisant des systèmes de chauffage et d'air climatisé homologués ENERGY STAR® et les meilleurs de leur catégorie, des thermopompes, une isolation spéciale des murs, un revêtement extérieur isolé, une isolation complète des sous-sols et des greniers, des portes et fenêtres, et des appareils d'éclairage hautement efficaces. Si possible, les bâtiments et les maisons devraient faire appel aux énergies renouvelables et à la génération sur place, et être interconnectés aux autres bâtiments et maisons de la collectivité.

On pourrait également améliorer l'efficacité énergétique générale du milieu bâti en augmentant l'efficacité énergétique des appareils réglementés à l'aide d'un appui au développement et à la mise en place de technologies et en éliminant les modèles les moins éconergétiques à l'aide de règles basées sur le rendement.


18. Maisons individuelles, maisons en rangées, appartements et maisons mobiles.

19. Guide de données sur la consommation d'énergie, 1990 et 1998 à 2004, Ressources naturelles Canada (août 2006)

20. Évolution de l'efficacité énergétique au Canada, Ressources naturelles Canada (août 2006)

21. L'état de l'efficacité énergétique au Canada, Rapport 2006, Ressources naturelles Canada

22. Commerce, finance, immobilier, administration publique, éducation, santé et services commerciaux.