Aspects sociaux de la gestion des feux de végétation

Chaque année, on recense au Canada une moyenne de 8 600 feux de végétation, lesquels brûlent 2,5 millions d’hectares et représentent souvent une menace pour les collectivités et entraînent l’évacuation des résidents et, parfois, la perte de leur maison. Avec le développement résidentiel, récréatif et industriel dans les zones forestières, le risque de feu pour les collectivités est susceptible d’augmenter. Les organismes de gestion des feux de végétation, les collectivités, les propriétaires et autres acteurs jouent tous un rôle dans la réduction des risques.

Déchiqueteuse de bois

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Déchiqueteuse de bois

La plupart des ressources des organismes de gestion des feux de végétation sont utilisées en suppression des incendies. Toutefois, on se consacre de plus en plus à la réduction de la menace dans les collectivités avant un feu de végétation. Cela nécessite non seulement la compréhension du risque biophysique, mais également des aspects sociaux de la gestion des feux de végétation. En comprenant mieux ces aspects sociaux, on peut faciliter l’élaboration de stratégies et de produits de communication, de programmes et de politiques d’atténuation des feux de végétation, et la collaboration avec le public, les collectivités autochtones et les intervenants.

Les chercheurs du Service canadien des forêts participent à un nombre de projets d’étude dans lesquels on examine les aspects sociaux de la gestion des feux de végétation.

Examen de la perception du public concernant les risques des feux de végétation et les mesures d’atténuation

Les propriétaires et les collectivités peuvent réduire la menace que représentent les feux de végétation longtemps avant l’arrivée d’un feu. Par exemple, ils peuvent élaguer les arbres et tailler les branches autour des maisons et des autres structures, utiliser des matériaux résistants au feu pour construire les maisons (comme un toit en métal), réduire les matières combustibles autour des collectivités en élaguant les forêts et en créant des coupe-feu.

Les chercheurs du Centre de foresterie du Nord (CFN) du Service canadien des forêts collaborent avec les chercheurs de l’Université de l’Alberta à l’examen de la perception du public à l’égard des risques liés aux feux de végétation et les facteurs qui incitent les collectivités et les propriétaires à prendre des mesures de réduction de la menace du feu de leur propriété et à offrir leur soutien en matière de travaux d’éclaircies sur les terres de la Couronne.

Les études effectuées auprès des citoyens et des collectivités de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ont révélé que le public avait tendance à percevoir les choses de manière différente de celle des gestionnaires de feux de végétation, en incluant souvent des facteurs comme l’esthétique et l’aspect « naturel » dans leur façon de juger le risque. Bien que la plupart des citoyens aient pris de nombreuses mesures d’atténuation, plusieurs facteurs pourraient les empêcher de les mettre en œuvre, comme le coût, l’efficacité perçue et le sentiment que la menace n’est pas assez importante pour justifier des mesures supplémentaires.

Collectivités autochtones particulièrement vulnérables

De nombreuses collectivités autochtones courent parfois un risque accru, car elles sont situées dans des zones forestières éloignées qui brûlent fréquemment. Chaque année, des milliers d’Autochtones sont évacués en raison des feux de végétation.

Collectivités avec plus de 50 % de population autochtone et superficies brulées de 1970 à 2011 superposées sur la carte du Canada

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Collectivités avec plus de 50 % de population autochtone et superficies brulées de 1970 à 2011 superposées sur la carte du Canada

Une étude en cours permettra d’examiner certaines des caractéristiques uniques des collectivités autochtones qui ont une incidence sur leurs efforts d’atténuation des feux de végétation. Certaines collectivités autochtones ont une longue expérience des feux de végétation, allant des pratiques de brûlage traditionnelles à la lutte moderne contre les incendies. Ces expériences, les facteurs culturels et le caractère collectif de la propriété des terres et des biens mobiliers constituent certains des facteurs uniques qui exercent une influence sur les mesures d'atténuation dans les collectivités autochtones.

Le Aboriginal Wildfire Evacuation (AWE) Partnership (partenariat sur l'évacuation des autochtones lors des feux de végétation) réunit des chercheurs du CFN et de l'Université de l'Alberta, de même que dix partenaires d'organismes provinciaux et fédéraux et six collectivités des Premières Nations du Nord de l'Alberta, de la Saskatchewan et de l'Ontario qui ont vécu au cours des dernières années des évacuations en raison de feux de végétation. Les chercheurs étudieront au cours des trois prochaines années dans quelle mesure les Autochtones sont touchés par les évacuations, et les partenaires formuleront des recommandations afin d'améliorer les évacuations futures.

Élaboration de programmes efficaces de gestion des feux de végétation par la collaboration et le partenariat

La collaboration entre les organismes de gestion, les collectivités, les propriétaires et les autres parties intéressées est essentielle si l'on veut réduire les matières combustibles et élaborer des plans de protection pour les collectivités. La confiance des citoyens à l'égard des organismes de gestion est un facteur important si l'on veut obtenir leur soutien dans les activités de gestion comme le brûlage dirigé ou les travaux d'éclaircies.

Les chercheurs du CFN travaillent avec leurs homologues des États-Unis et de l'Australie afin d'examiner le rôle de la collaboration et des partenariats dans l'élaboration de programmes efficaces de gestion des feux de végétation. Par l'entremise d'ateliers avec le personnel, les dirigeants des collectivités et d'autres personnes des trois pays, l'équipe de recherche définit les mesures particulières et les facteurs communs qui bâtissent la confiance et encouragent l'appui de la gestion des feux de végétation. L'équipe élabore un guide qui peut être utilisé par les organismes de gestion et les collectivités afin de bâtir des partenariats durables en gestion des risques de feux de végétation.

Personne-ressource du Service canadien des forêts

Amy Christianson, Chercheur scientifique, aspect social des feux de forêt

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