BULLETIN D'INFORMATION, JANVIER 2012

Répartition géographique des actifs miniers du Canada

La présence du Canada sur la scène mondiale en 2010

Le secteur minier canadien est l'une des quelques industries dans laquelle le Canada investit beaucoup à l'étranger. La position de tête de Toronto comme centre financier international du secteur minier contribue à cette réussite, puisque les sociétés canadiennes peuvent rapidement obtenir le financement nécessaire pour leurs projets.

Près de la moitié (48 %) des actifs miniers canadiens à l'étranger (AMCE) se trouvent dans quatre pays :

  • Chili (14 %);
  • Mexique (13 %);
  • États-Unis (12 %);
  • Argentine (9 %).

Les autres principaux paysNote de bas de page 1où se trouvent des AMCE sont présentés à la figure 1. Au total, plus de 1000 sociétés minières canadiennes ont des actifs d'une valeur dépassant les 129 milliards de dollars et répartis dans 100 paysNote de bas de page 2.Les 7 plus grandes sociétés comptent pour 50 % de cette somme, et les 70 plus grandes sociétés comptent pour environ 90 % de cette somme. Parmi les 26 pays où la valeur des AMCE dépasse le milliard de dollars, 8 sont dans l'hémisphère occidental et 8 en AfriqueNote de bas de page 3.

La figure 2 présente les AMCE par région du monde. Elle montre que 60 % des AMCE sont dans l'hémisphère occidental (les États-Unis, l'Amérique latine et les Caraïbes). Comparativement aux totaux de 2009, 2010 a été marquée par une augmentation notable des AMCE en Asie, une augmentation notable en Afrique et de petites baisses (du total) dans d'autres régions.

Quand les actifs miniers canadiens au Canada (58,2 milliards) sont ajoutés au calcul, l'hémisphère occidental compte pour 73 % du total (figure 3). Les AMCE en 2010 étaient plus de deux fois supérieurs aux actifs miniers canadiens au Canada (129 milliards comparativement à 58 milliards).

Répercussions des NIIF

Un grand nombre de sociétés canadiennes ouvertes ont commencé à utiliser les Normes internationales d'information financière (NIIF) en 2010. L'adoption officielle de ces normes a débuté le 1er janvier 2011.

Étant donné l'internationalisation accrue du commerce, les NIIF sont mises en valeur afin de faciliter la comparaison financière des sociétés selon les divers systèmes de comptabilité nationaux. Cependant, les États-Unis progressent lentement vers l'adoption des NIIFNote de bas de page 4. Les sociétés canadiennes cotées aux bourses des États-Unis doivent par conséquent continuer de concilier les principes comptables généralement reconnus (PCGR) au Canada et ceux aux États-Unis dans leurs états financiers.

Les NIIF importantes pour le secteur minier canadien comprennent les suivantes :

  • Les sociétés canadiennes peuvent continuer de capitaliser leurs dépenses en matière d'exploration.
  • Les PCGR au Canada et les NIIF diffèrent sur le plan du calcul des dépréciations. L'évaluation des actifs en vertu des PCGR au Canada est fondée sur les flux de trésorerie futurs non actualisés, tandis que l'évaluation en vertu des NIIF doit être fondée sur les flux de trésorerie actualisés. Les flux de trésorerie actualisés sont toutefois plus petits, et parfois beaucoup plus petits, que les flux de trésorerie non actualisés. Si l'évaluation de la valeur marchande en vertu des NIIF est inférieure à la valeur comptable de la propriété, la société considère la différence comme une dépréciation. Par conséquent, on peut s'attendre à ce que les NIIF entraînent des dépréciations plus grandes et des actifs comptables inférieurs.
  • Les NIIF et les PCGR au Canada diffèrent sur le plan de la comptabilisation des coentreprises et des droits de propriété partiels dans d'autres sociétés. Dans le cas d'une grande société minière canadienne, par exemple, une traduction des résultats financiers en date du 1er janvier 2010 des PCGR au Canada aux NIIF entraîne une réduction de l'avoir des actionnaires de plus de quatre milliards.

Méthode

Ressources naturelles Canada (RNCan) compile les actifs miniers à l'étranger des sociétés canadiennes ouvertes dont le siège social se trouve au Canada. Les actifs comprennent, dans ce contexte, les immobilisations corporelles, les biens miniers, les charges reportées liées à l'exploration minérale et les redevances, au coût d'origine. Les valeurs d'actif sont consignées par les sociétés minières canadiennes dans leurs rapports financiers annuels vérifiés.

Conformément aux normes comptables canadiennes, les sociétés minières peuvent choisir de capitaliser leurs coûts d'exploration ou les passer en chargesNote de bas de page 5. La grande majorité des sociétés choisissent de capitaliser ces coûts et ainsi de se placer dans une situation financière positive plus attrayante pour les investisseurs potentiels. La capitalisation des coûts d'exploration montre clairement aux investisseurs les biens pour lesquels chaque dollar a été dépensé. Toutefois, si aucun gisement rentable n'est découvert, ces biens sont alors radiés.

Variations annuelles

Les principaux facteurs expliquant les variations annuelles des AMCE, dans les pays et au total, sont les ajouts et les retraits de biens durables. Les ajouts proviennent de la construction de biens (de l'exploration et de la mise en valeur de mines), de l'appréciation des actifs et des acquisitions d'actifs d'autres sociétés. Les retraits proviennent des radiations de biens miniers, des fermetures de mines, de la dépréciation des actifs et de la vente de biens durables. En outre, l'utilisation des NIIF, les taux de change et les déménagements de sièges sociaux contribuent également aux variations annuelles dans les groupes d'actifsNote de bas de page 6.

Utilisation des statistiques liées aux AMCE

Il est important de bien réfléchir avant de répondre à la question « Quelle est la valeur des investissements miniers canadiens dans le pays X? ». Les AMCE, tels qu'ils sont calculés par RNCan, diffèrent des chiffres de l'investissement direct canadien à l'étranger (IDCE) qui sont estimés par Statistique Canada. L'IDCE est basé sur l'investissement direct à l'étranger (IDE), tel qu'il est défini à l'échelle internationale, en fonction des systèmes de comptabilité nationaux. Les AMCE sont fondés sur les normes comptables utilisées par les sociétés canadiennes ouvertes. Les différences entre les deux méthodes de calcul sont présentées dans le tableau 1.

Les différences entre les deux méthodes peuvent être grandes. Par exemple, en 2010, pour les quatre principaux sous-secteurs miniersNote de bas de page 7 au total, l'IDCE a rapporté 56,2 milliards, tandis que les AMCE ont généré 129 milliardsNote de bas de page 8.

À des fins de comparaison internationale, il est préférable d'utiliser l'IDCE. Pour illustrer la présence minière du Canada sur la scène internationale, les estimations des AMCE sont facilement comprises par l'industrie, les organismes gouvernementaux et les représentants élus.

Tableau 1

IDCE AMCE
  • Le financement doit provenir de sources canadiennes.
  • Les actifs et les passifs sont examinés dans le cadre du financement.
  • Les données sont basées sur la destination première (p. ex. si l'investissement canadien est destiné au Mexique et s'il passe par une filiale américaine, il est considéré comme un IDE aux États-Unis).
  • La définition d'une société canadienne à des fins d'IDE : l'entité émettrice contrôle un minimum de 10 % de la société, avec du financement canadien.
  • Statistique Canada ne fournit pas de données de secteur par pays pour l'industrie minière.
  • La source de financement est sans importance.
  • Seule la valeur de l'actif est prise en considération.
  • Les données sont basées sur la destination finale (pour la transaction présentée dans la colonne de gauche, l'investissement est considéré comme un AMCE au Mexique).
  • Les sociétés canadiennes : le siège social « de travail » doit être situé au Canada.
  • Les données des AMCE sont fournies par secteur et par pays.

Conclusions

L'utilisation répandue des NIIF mènera à une modification de la façon dont les sociétés minières comptabilisent les dépréciations, les coentreprises et les droits de propriété partiels d'autres sociétés.

Les sociétés minières canadiennes sont des chefs de file mondiaux dans la mondialisation, et leur expertise s'étend de la recherche et de la mise en valeur de propriétés minières à la construction et à l'exploitation de mines dans 100 pays.


Figure 1
Actifs miniers canadiens à l'étranger, par pays, 2010

Figure 1 Actifs miniers canadiens à l’étranger, par pays, 2010
version textuelle

La figure 1 est un diagramme circulaire qui indique les principaux pays ayant des actifs miniers canadiens. Près de la moitié des actifs miniers canadiens à l’étranger se trouvent dans quatre pays : au Chili (14 %), au Mexique (13 %), aux États-Unis (12 %) et en Argentine (9 %). Les autres principaux pays sont la Mauritanie (5 %), l’Afrique du Sud, le Brésil, le Kirghizistan, la Chine et l’Australie (3 % chacun).


Figure 2
Actifs miniers canadiens à l'étranger, par région, 2009 et 2010

Figure 2 Actifs miniers canadiens à l’étranger, par région, 2009 et 2010
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La figure 2 est un diagramme à barres qui présente les actifs miniers canadiens à l’étranger par région du monde en 2009 et en 2010. Pour ces deux années, l’Amérique latine et les Caraïbes détiennent, et de loin, le plus d’actifs miniers canadiens à l’étranger, soit environ 50 % pour chaque année. Les autres pays sont : l’Afrique (20 %), les États-Unis (12 %), l’Asie (5 à 10 %), l’Europe (environ 5 %) et l’Océanie (3 %). Entre 2009 et 2010, les actifs miniers canadiens à l’étranger ont enregistré une hausse substantielle en Asie, une hausse notable en Afrique et ils ont légèrement fléchi dans les autres régions.

(1) Al et C = Amérique latine et Caraïbes


Figure 3
Actifs miniers canadiens, y compris au Canada, 2010

Figure 3 Actifs miniers canadiens, y compris au Canada, 2010
version textuelle

La figure 3 est un diagramme circulaire qui indique les actifs miniers canadiens pour les mêmes régions du monde qu’à la figure 2, mais il inclut le Canada. Même en incluant le Canada (le Canada détient 31 % de la somme mondiale des actifs miniers des sociétés minières canadiennes), l’Amérique latine et les Caraïbes constituent la plus grande région, détenant 34 % des actifs miniers canadiens. Les autres régions sont : l’Afrique (14 %), les États-Unis (8 %), l’Asie (7 %), l’Europe (4 %) et l’Océanie (2 %).


Des renseignements supplémentaires sont disponibles à l'adresse suivante :
www.rncan.gc.ca/mineraux-metaux/accueil

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2012