Exploration minérale canadienne

Bulletin d’information, mars 2017

(publié en mars 2017)

Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1

La dernière enquête nationale sur les intentions de dépenser des sociétés révèle que les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements au Canada devraient grimper de 18 %, passant de 1,6 milliard de dollars (G$) en 2016 à 1,8 G$Note de bas de page 2en 2017 (figure 1).

En raison de la montée du prix de certains produits (des métaux communs et de l’or en particulier), l’industrie affiche un optimisme modéré quant aux perspectives à court terme, ce qui pourrait mener à la première augmentation des dépenses depuis 2011.

Cependant, certains observateurs font preuve de réserve quant aux facteurs contribuant à ces hausses de prix. Même si la volatilité politique et économique mondiale ambiante peut permettre au prix de l’or de se maintenir, une capacité de production excédentaire et les stocks élevés pourraient faire chuter le prix d’autres produits. Il se peut donc que l’augmentation des dépenses d’exploration ne se poursuive pas.

L’industrie demeure à l’affût des premiers signes annonciateurs d’une reprise en 2017, mais les répercussions du dernier ralentissement économique se font toujours sentir. En date de 2016, le nombre de projets miniers actifs avait diminué de façon importante (soit de près de la moitié du sommet de 2011, année où on comptait environ 2700 projets). Le nombre de sociétés actives exploitant des projets a suivi une tendance semblable, affichant une baisse de 31 % par rapport à 2011, où on en dénombrait 913. Le nombre de sociétés actives devrait diminuer pour la cinquième année consécutive en 2017. Cette situation souligne les difficultés des sociétés, surtout les petites sociétés, à obtenir des capitaux suffisants pour poursuivre leurs activités.

Petites et grandes sociétés minières

Au Canada, les petites sociétés minières jouent un rôle important sur le plan de la découverte de minéraux et de la progression des projets. Au cours des années 2000, ces entreprises ont entraîné l’augmentation des investissements pour l’exploration et la mise en valeur de gisements, leurs dépenses atteignant 2,3 G$ en 2008 (en dollars constants de 2016), soit une augmentation dix fois plus grande que celle du seuil de l’an 2000 de 211 millions de dollars (M$). De plus, les petites sociétés comptent pour près des deux tiers des dépenses annuelles totales enregistrées au cours de la seconde moitié de la décennie.

En raison de la crise financière, les dépenses des petites sociétés ont chuté en 2009 et en 2010, mais la situation s’est rapidement inversée puisqu’elles ont atteint 2,1 G$ en 2011 (figure 2). Pendant les années qui ont suivi, ces dépenses se sont contractées comme l’illustre la baisse de 48 % enregistrée à ce chapitre en 2013 par rapport à l’année précédente, diminution entraînée par la faiblesse prolongée des prix de certains produits minéraux ainsi que par la volatilité économique à l’échelle mondiale. En 2016, les dépenses des petites sociétés se sont chiffrées à 582 M$, soit une légère augmentation de 1 % par rapport à 2015. Les facteurs indicatifs de 2017 suggèrent que les dépenses devraient connaître une hausse importante et atteindre 786 M$. Comme nous l’avons déjà souligné, la possibilité que ces hausses se maintiennent dépendra de la concrétisation des prévisions relatives aux prix des produits et de la robustesse des facteurs fondamentaux sous-jacents.

Les dépenses des grandes sociétés minières ont dépassé le cap des 2 G$ en 2011 et en 2012, mais ont chuté de 31 % et de 13 % en 2013 et en 2014 respectivement. En 2015, elles ont fait un bond de 5 %, pour ensuite diminuer de 23 % en 2016, alors que ces entreprises tentaient d’économiser en raison de la morosité persistante du marché. En 2017, les dépenses des grandes sociétés devraient augmenter de 8 % et se chiffrer à 1,1 G$.

Répartitions des dépenses des sociétés

En 2015, on comptait 644 sociétés au total, comparativement à 629 en 2016; selon les possibilités de financement, leur nombre devrait passer à 581 en 2017 (figure 2). Depuis le nombre record de 916 en 2012, on prévoit que 335 sociétés seront devenues inactives, auront fusionné ou auront cessé d’exister d’ici 2017. De ce nombre, les petites sociétés minières devraient représenter presque toutes les pertes de sociétés (328), ramenant leur nombre à des niveaux associés à de grands ralentissements antérieurs.

La diminution du nombre de sociétés a été accompagnée d’une réduction correspondante des dépenses annuelles. Entre 2011 et 2016, il y a eu une baisse importante du nombre de sociétés dont les dépenses se situaient à 10 M$ ou plus, entre 5 M$ et 10 M$, et entre 1 M$ et 5 M$ (figure 3). En 2017, le nombre d’entreprises dont les dépenses correspondront à chacune des fourchettes susmentionnées devrait augmenter au même titre que le total des dépenses par fourchette.

On remarque aisément l’effet des conditions difficiles sur l’exploration primaire lorsqu’on se penche sur le cas des sociétés dont les dépenses sont inférieures à 1 M$. En 2016, il y avait 11 sociétés de moins dans cette catégorie comparativement à 2015. Leur nombre devrait encore diminuer de 110 en 2017. Cette baisse numérique est en partie attribuable aux entreprises désireuses d’augmenter leurs dépenses, qui passeraient ainsi à la fourchette de 1 M$ à 5 M$, mais il demeure que beaucoup d’autres sociétés n’envisageaient pas d’entreprendre d’activités exploratoires.

Provinces et territoires

La diminution de 15 % (283 M$) dans les dépenses totales en 2016 a été ressentie dans l’ensemble des administrations canadiennes où ont lieu des activités minières, à l’exception du Nouveau-Brunswick et du Québec (figure 1). Des diminutions dépassant les 30 % ont été observées à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique et aux Territoires du Nord-Ouest.

Sur le plan monétaire, 69 % de la diminution totale des dépenses en 2016 est issue de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, où les dépenses ont chuté de 126 M$ et de 69 M$ respectivement. La baisse enregistrée en Colombie-Britannique s’explique plus particulièrement par l’achèvement d’étapes charnières nécessitant des investissements importants pendant la phase plus avancée de mise en valeur de gisements. Malgré la diminution des dépenses constatée en Ontario, cette dernière est demeurée en tête à ce chapitre, devançant le Québec et la Saskatchewan. À elles trois, ces administrations provinciales représentent 57 % des dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements.

En 2017, une hausse globale de 285 M$ est prévue à ce chapitre, ce qui viendra dans l’ensemble compenser les reculs subis en 2016. Seulement la Saskatchewan, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut afficheront une baisse des activités, alors qu’elles devraient augmenter dans toutes les autres administrations. Une importante hausse des dépenses est prévue au Québec, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Ontario et en Alberta. Au Québec, la reprise projetée résultera du développement de projets avancés relatifs à l’or ainsi que d’autres métaux comme les éléments des terres rares et le vanadium.

Produits minéraux

Le groupe de produits minéraux le plus important demeure celui des métaux précieux (principalement l’or) puisqu’il représente 60 % des dépenses en 2016 et en 2017 (figure 4). Il s’agit de la plus importante proportion affichée au cours des 20 dernières années, ce qui illustre le rôle crucial que joue le prix de l’or pour stimuler les dépenses en exploration. Les dépenses associées aux métaux précieux ont atteint un sommet cyclique de 2,3 G$ en 2011, pour ensuite chuter à 849 M$ en 2014. Cette tendance s’est inversée par la suite, alors que les dépenses ont atteint 928 M$ en 2016. Les intentions mentionnées pour 2017 indiquent une augmentation supplémentaire de 20 % pour se chiffrer à 1,1 G$.

Au deuxième rang parmi les catégories de produits minéraux, les dépenses dans la catégorie des métaux communs ont atteint 210 M$ en 2016, et ce, malgré un recul de 45 % enregistré par rapport à 2015. En 2017, les dépenses associées aux métaux communs devraient augmenter de 23 % et atteindre 259 M$ en raison de la hausse de la demande à court terme.

Les dépenses concernant l’uranium, le produit minéral au troisième rang, ont connu une hausse de 2 % en 2016, s’établissant ainsi à 174 M$. Toutefois, ces dépenses devraient se contracter de 20 % en 2017, car les sociétés devront réévaluer leurs projets en raison de la diminution de la demande et de l’offre excédentaire sur le marché.

Phases d’exploration et de mise en valeur gisements

Les enquêtes annuelles présentent les différences entre les phases de travail, y compris les dépenses hors des sites miniers et sur les sites miniers. Ces variations facilitent le suivi du cheminement des activités et des projets à travers les différentes phases du processus de développement des ressources minérales, depuis l’exploration primaire jusqu’à l’engagement à l’égard de la production minérale.

En raison de la solidité des facteurs fondamentaux qui ont appuyé la dernière tendance à la hausse des dépenses globales, la mise en valeur de gisements hors des sites miniers (c.-à-d. de l’étude de préfaisabilité à la décision de mise en production) est devenue plus importante, augmentant ainsi de plus du triple entre 2007 et 2012 (figure 5). Bien que les dépenses dans cette catégorie ont diminué de façon continue de 2013 à 2016, année où elles se sont chiffrées à 390 M$, soit une diminution de 72 %, les dépenses dans cette catégorie devraient augmenter de 38 % en 2017 pour s’établir à 537 M$.

Comme preuve de l’influence des facteurs sous-jacents sur les variations annuelles des phases de travail, 12 projets (sur 78) ont été la source de deux tiers des dépenses engagées pour la mise en valeur de gisements hors des sites miniers en 2015. En 2016, ces mêmes projets ont représenté 90 % de la baisse enregistrée à cette étape des travaux. Puisque les entreprises les exploitant avaient déjà réalisé des études techniques et économiques nécessitant des investissements importants, elles ont plutôt porté attention à leurs obligations réglementaires, à leur engagement envers la communauté et aux réévaluations de marché visant à orienter leurs décisions en matière de production.

L’investissement global destiné aux projets dans la phase d’exploration hors des sites miniers (de l’exploration primaire à la réalisation d’une évaluation économique préliminaire positive) a diminué d’un sommet de 2,7 G$ en 2011 à 911 M$ en 2014. Les dépenses sont demeurées stables en 2015, avant d’augmenter légèrement en 2016, passant à 925 M$. Au début des dernières périodes haussières des prix des produits minéraux, il y a eu une augmentation rapide des dépenses d’une année à l’autre pour l’activité plus risquée que représente l’exploration hors de sites miniers. Les dépenses prévues en 2017 devraient se chiffrer à 1,1 G$, soit une hausse de 14 %, ce qui illustre la prudence accrue des sociétés quant à l’engagement de sommes au début de cette reprise potentielle.

Figure 1. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par province et territoire, de 2015 à 2017

La figure 1 est une carte du Canada sur laquelle sont superposés des diagrammes à barres
Version textuelle - Figure 1

La figure 1 est une carte du Canada sur laquelle sont superposés des diagrammes à barres (trois barres pour les années 2015, 2016 et 2017). On y aperçoit le montant des dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants) pour chaque province et territoire. Chaque barre est divisée en deux sections : une pour l'exploration et l'autre pour la mise en valeur de gisements. Les trois provinces qui connaîtront les dépenses les plus élevées en 2017 seront l'Ontario (486 millions de dollars), le Québec (457 millions de dollars) et la Colombie-Britannique (237 millions de dollars).


Figure 2. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par type de sociétés, par nombre de sociétés et selon l’indice mensuel du prix des métauxNote de bas de page 3, de 2007 à 2017

La figure 2 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 2

La figure 2 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par type de société et par nombre de sociétés gérantes de projets, de 2007 à 2017. Chaque barre est divisée en deux sections : la partie inférieure représente le nombre de grandes sociétés et la partie supérieure représente le nombre de petites sociétés. Dans chaque section, un chiffre indique exactement combien de sociétés gérantes de projets font partie de ce type de société. Un graphique linéaire illustrant l'indice des prix des métaux et minéraux de la Banque du Canada est superposé au diagramme à barres. Le diagramme combiné indique une forte corrélation entre les prix des métaux et les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements, avec des tendances à la hausse dans l'indice des prix qui correspondent à l'augmentation des dépenses.


Figure 3. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par fourchette de dépenses et par nombre de sociétésNote de bas de page 4, de 2007 à 2017

La figure 3 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 3

La figure 3 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par fourchette de dépenses et par nombre de sociétés gérantes de projets, de 2007 à 2017. Chaque barre est divisée en fourchettes de dépenses de 1 million de dollars ou moins à 10 millions de dollars ou plus. Dans chaque fourchette de dépenses, un chiffre indique combien de sociétés gérantes de projets font partie de cette fourchette pour l'année en question. Par exemple, en 2017, on s'attend à ce que 45 sociétés gérantes de projets dépensent 10 millions de dollars ou plus, que 36 dépensent de 5 millions de dollars à 10 millions de dollars et que 160 dépensent de 1 million de dollars à 5 millions de dollars. Le nombre de sociétés qui dépensent moins de 1 million de dollars n'apparaît pas dans le diagramme, mais une explication à ce sujet se trouve dans la note en bas de page qui accompagne ce diagramme.


Figure 4. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par produit minéralNote de bas de page 5, de 2007 à 2017

La figure 4 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 4

La figure 4 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par produit minéral recherché, de 2007 à 2017. Pour chaque année, il y a des barres pour les métaux précieux, les métaux communs, le minerai de fer, l'uranium, les diamants, les autres métaux, les non-métaux et le charbon. Les métaux précieux (or) maintiennent une avance notable, dépassant les métaux communs, pendant toute cette période.


Figure 5. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, sur les sites miniers et hors des sites miniers, de 2007 à 2017

La figure 5 est un graphique linéaire qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 5

La figure 5 est un graphique linéaire qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants) par phase de travail, de 2007 à 2017. Les dépenses de 2016 sont provisoires alors que celles de 2017 sont fondées sur les intentions de dépenser des sociétés. Les phases de travail indiquées englobent l'exploration hors des sites miniers, la mise en valeur de gisements hors des sites miniers, ainsi que l'exploration et la mise en valeur de gisements sur des sites miniers. Le diagramme montre la volatilité des dépenses dans chacune des phases de travail.


Source : Ressources naturelles Canada, d’après les données du Relevé fédéral-provincial-territorial des dépenses d’exploration minérale, de mise en valeur de gisements et d’aménagement de complexes miniers.

(dpr) données provisoires; (i) intentions de dépenser.

 

Remarques : Les sociétés n’avaient pas toutes réglé les derniers détails de leurs budgets des dépenses pour 2017 au moment de l’enquête. Les données ont été recueillies d’octobre 2016 à la mi-février 2017. Les chiffres indiqués dans ce bulletin ont été arrondis et peuvent ne pas correspondre à la somme de leurs éléments.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles, 2017