Gestion des résidus miniers pour la restauration des écosystèmes et la fermeture des mines

Historiquement, les résidus miniers ont été déposés dans des aires de confinement des résidus miniers en surface qui sont remises en état de façon conventionnelle en utilisant une combinaison de couvertures de terre et de couvertures végétales. Cette technologie fonctionne bien pour les résidus non réactifs; toutefois, elle est moins efficace pour les résidus qui contiennent des minéraux sulfurés, qui, lorsqu’exposés à l’air atmosphérique et à l’eau, entraînent le drainage minier acide et le drainage rocheux acide ainsi que la lixiviation des métaux avec de possibles conséquences sérieuses pour l’environnement en cas de traitement inadéquat.

Des progrès importants en matière de stratégies de gestion des résidus miniers ont été accomplis au cours des 25 dernières années. Le développement de couvertures aqueuses a réduit au minimum la possibilité que les minéraux sulfurés réagissent avec l’oxygène dans les résidus submergés, afin de prévenir ou de réduire de façon importante le potentiel de drainage acide et de lixiviation des métaux. Les couvertures aqueuses réduisent ou éliminent le traitement et les exigences de gestion des effluents à long terme, limitent les impacts environnementaux et facilitent la fermeture du site dans un délai plus court (de 10 à 20 ans plutôt que 100 années ou plus pour les couvertures sèches).

Les parcs de résidus miniers plus anciens, qui présentent des exigences perpétuelles de traitement des effluents, sont habituellement remis en état par l’ajout de chaux ou de calcaire et la fertilisation afin de former des couvertures végétales autonomes durables. Les amendements organiques sont également utilisés pour accélérer l’établissement de cultures ou d’arbres sur les résidus. Avec les changements apportés à la législation dans certaines administrations afin d’éliminer les matières organiques des sites d’enfouissement, il y a une pression croissante visant à détourner cette matière organique vers les terres pauvres en carbone et en nutriments pour leur remise en état. Beaucoup de mines utilisent déjà des biosolides sur les résidus pour la revégétalisation. Toutefois, on s’interroge quant à la façon dont cette stratégie peut affecter la qualité de l’eau et la stabilité des résidus à long terme. En fournissant un apport en carbone, en azote et en phosphore au système, la matière de recouvrement peut favoriser par inadvertance la croissance de bactéries capables de produire des effets néfastes importants sur l’environnement géochimique local.

CanmetMINES entreprend des travaux de recherche, en partenariat avec l’industrie minière et les universitaires, afin de traiter de questions telles que :

  • l’amélioration de la technologie de la couverture aqueuse et l’adaptation de la technologie aux conditions climatiques nordiques;
  • la réduction de l’héritage futur et de la responsabilité continue en obtenant la fermeture d’installations et en clarifiant les effets des pratiques actuelles de remise en état sur la qualité des effluents et la stabilité des résidus dans des sites miniers plus anciens;
  • la réduction au minimum de l’empreinte de l’industrie minière et la prévention de la mobilisation des métaux dans les installations de gestion des résidus miniers grâce au développement de stratégies de remise en état optimisées.