Exploration minérale

BULLETIN D'INFORMATION, MARS 2013

Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements au Canada :
L’accent continue d’être mis sur les projets avancés en 2012 et en 2013

L’accent continu mis sur les projets avancés atténue la diminution des dépenses liées à l’exploration

En 2012, les dépenses liées à l’exploration et à la mise en valeur de gisements(1) au Canada se sont élevées à 3,9 milliards de dollars (G$), ce qui représente un recul par rapport au niveau record de 4,2 G$ qu’elles avaient atteint en 2011. Cette baisse devrait se poursuivre en 2013; en effet, on prévoit que les dépenses s’élèveront à 3,3 G$ (une diminution de 14 % par rapport à 2012), ce qui demeure un montant bien supérieur au creux conjoncturel de 2009 et au niveau de 2010, où les dépenses ont été respectivement de 1,9 G$ et de 2,8 G$.

Le montant record de 4,2 G$ de 2011 comprenait les dépenses liées à l’exploration (2,9 G$) et celles liées à la mise en valeur de gisements (1,4 G$). En 2012, les dépenses liées à l’exploration se sont élevées à 2,2 G$, diminution qui a été compensée partiellement par une augmentation des dépenses liées aux activités de mise en valeur de gisements pour faire avancer les projets vers une décision de mise en production, ces dépenses ayant atteint un niveau sans précédent de 1,6 G$. Ce montant devrait demeurer inchangé en 2013, tandis que les dépenses liées à l’exploration devraient s’élever à 1,8 G$, ce qui annulera la plupart des gains réalisés depuis 2010, vu l’accessibilité restreinte du financement pour les projets qui en sont à un stade précoce. Les dépenses liées à l’exploration et à la mise en valeur de gisements sont en hausse aux sites miniers existants, mais environ 90 % des dépenses sont engagées hors des sites miniers (figure 1).

Un nombre élevé de projets, se situant entre le début d’une étude de préfaisabilité et la prise d’un engagement de production, continueront de s’assortir de dépenses totales supérieures à 3 G$ en 2013. Il y a eu plus de 100 de ces projets avancés depuis 2011. Des budgets considérables doivent être alloués aux projets qui en sont à l’étape de la mise en valeur des gisements afin que des études techniques coûteuses puissent être réalisées. Le nombre important de sociétés qui dépensent 10 millions de dollars (M$) ou plus pour l’exploration et la mise en valeur de gisements ou qui ont l’intention de le faire démontrent que les sociétés réussissent à rassembler les ressources requises. Plus de 80 sociétés ont signifié leur intention de dépenser un tel montant en 2013, ce qui devrait soutenir des niveaux salutaires d’investissements de capitaux lorsque les indicateurs de base du marché seront plus positifs. En 2013, les dépenses combinées de ces sociétés gérantes de projets diminueront quelque peu, mais représenteront approximativement 70 % des dépenses totales, alors que les dépenses combinées des sociétés dont les investissements sont inférieurs à 10 M$ demeureront semblables à celles de 2012, et représenteront une proportion plus élevée des dépenses totales qu’en 2012 (figure 2).

Petites et grandes sociétés minières(2)

Le Canada compte un nombre important de petites sociétés minières. Ces sociétés ont contribué à la hausse des investissements qui a été observée de 2004 à 2008 dans le domaine de l’exploration et de la mise en valeur de gisements (figure 3). En 2008, les dépenses des petites sociétés minières ont atteint 2,1 G$, et comptaient pour 65 % des dépenses totales. Comme leur flux de trésorerie d’exploitation est insuffisant, ces sociétés ont davantage recours au financement par actions que les grandes sociétés, de sorte qu’elles sont plus exposées que celles‑ci à une détérioration de la conjoncture économique et financière, comme l’illustre la baisse marquée des dépenses en 2009. Stimulées par les hausses du prix des métaux, des perspectives plus favorables et des valeurs plus élevées, les petites sociétés se sont ressaisies rapidement et ont enregistré des dépenses de 2 G$ en 2011 (49 % des dépenses totales). La diminution des dépenses des petites sociétés explique la majeure partie de la réduction des dépenses totales entre 2011 et 2012. Les dépenses des petites sociétés se sont élevées à 1,7 G$ en 2012 (44 % des dépenses totales). Cette tendance devrait se poursuivre en 2013; en effet, on prévoit que les dépenses des petites sociétés s’élèveront à 1,5 G$ (46 % des dépenses totales) au cours de cette année.

Les grandes sociétés, dont la situation financière est plus solide que celle des petites sociétés et qui bénéficient d’une plus grande souplesse que ces dernières sur le plan financier, ont investi environ 2 G$ en 2011 et en 2012. L’acquisition de projets phares ou d’intérêt dans de tels projets a également contribué à l’augmentation de leur part des dépenses totales en matière d’exploration et de mise en valeur de gisements. Les dépenses des grandes sociétés devraient diminuer légèrement en 2013; on prévoit qu’elles s’élèveront à 1,8 G$ environ, mais qu’elles continueront d’être à l’origine de la majeure partie des dépenses totales liées à l’exploration et à la mise en valeur de gisements. Ces investissements favorables sont effectués principalement dans les projets avancés dont la mise en production est susceptible de survenir à court ou à moyen termes. À mesure que la croissance économique mondiale se poursuit, les projets avancés sont ceux qui présentent les perspectives les plus prometteuses au chapitre de la création d’emplois et du développement économique.

Provinces et territoires

Après le ralentissement économique marqué de 2009, les dépenses ont augmenté sensiblement en 2010 et en 2011. Au cours de cette dernière année, les dépenses ont atteint des sommets inégalés dans un certain nombre d’administrations, y compris en Ontario, où le seuil de 1 G$ a été franchi (figure 4). Le fléchissement subséquent des dépenses dénote la diversité des tendances au sein des administrations.

En 2012, une diminution des dépenses a été enregistrée dans toutes les administrations sauf en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les Territoires du Nord-Ouest (classées par ordre décroissant de la valeur de l’augmentation). Le montant total de l’augmentation enregistré dans ces administrations s’élève à 220 M$. Ces gains ont été essentiellement réduits à néant par les diminutions enregistrées en Ontario, au Québec et au Yukon, qui totalisent 418 M$.

En 2013, on prévoit d’autres diminutions dans toutes les administrations, sauf au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan, en Nouvelle-Écosse et au Québec. Au Nouveau-Brunswick, les dépenses totales prévues pourraient atteindre un sommet de 47 M$.

En 2013, malgré une baisse prévue par rapport à 2012, l’Ontario devrait demeurer au premier rang au Canada pour ce qui est des dépenses en matière d’exploration et de mise en valeur de gisements, suivi par le Québec et la Colombie-Britannique. Cette dernière s’est classée au deuxième rang en 2012, mais on s’attend à ce qu’elle perde ce rang en raison d’une diminution des dépenses.

Produits minéraux

Les prix des minéraux et des métaux comptent parmi les principaux catalyseurs des investissements dans le domaine de l’exploration et de la mise en valeur de gisements, comme l’illustre la relation entre les dépenses et l’indice des prix des métaux de Ressources naturelles Canada (RNCan) (figure 3)(3). Les prix élevés d’une vaste gamme de produits minéraux ont contribué à l’atteinte de deux sommets en matière de dépenses, tandis que le prix élevé de l’or continue de stimuler une part importante des activités en cours. Comme le prix de l’or oscille actuellement autour de 1600 $US l’once, les métaux précieux, auxquels sont consacrées près de la moitié des dépenses totales, devrait demeurer le produit minéral le plus convoité en 2013 (figure 5). Loin derrière, au deuxième rang, les activités liées aux métaux communs compteront pour 17 % des dépenses totales.

De 2011 à 2012, on a enregistré une diminution des dépenses liées à toutes les catégories de produits minéraux, sauf le charbon et les non-métaux (principalement la potasse), catégories où les dépenses ont atteint en 2012 des sommets de 237 M$ et de 299 M$, respectivement. La seule catégorie où les dépenses devraient augmenter légèrement en 2013 après une diminution de 50 M$ en 2012 est celle des « autres métaux ».

Même si les métaux précieux (principalement l’or) demeurent de loin la première catégorie de produits minéraux en importance au chapitre des dépenses, on prévoit que les dépenses dans ce secteur représenteront 312 M$ de la diminution des dépenses totales (527 M$) en 2013. Les administrations les plus touchées par la diminution prévue des dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements aurifères sont l’Ontario et le Yukon, qui absorberont ensemble 60 % de la diminution des dépenses dans le secteur des métaux précieux.


Figure 1. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (1)
sur les sites miniers et hors des sites miniers, de 2003 à 2013

Figure 1

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Figure 2. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (1),
par fourchette de dépenses et par nombre de sociétés gérantes de projets (4), de 2003 à 2013

Figure 2

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Figure 3. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (1), par type de sociétés,
par nombre de sociétés gérantes de projets et selon l’indice mensuel du prix des métaux (3), de 2003 à 2013

Figure 3

[version textuelle - figure 3]


Figure 4. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (1), par province et territoire, de 2011 à 2013

Figure 4

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Figure 5. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (1), par produit minéral (5), de 2003 à 2013

Figure 5

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Source : Ressources naturelles Canada (RNCan), d’après les données du Relevé fédéral-provincial-territorial des dépenses d’exploration minérale, de mise en valeur de gisements et d’aménagement de complexes miniers.
(dpr) données provisoires; (i) intentions de dépenser.
(1) Inclut les travaux sur le terrain, les frais généraux, les études économiques, d’ingénierie, de préfaisabilité du projet et de la faisabilité de la mise en production, les études environnementales et les coûts d’accès au territoire pour les activités sur les sites miniers et hors des sites miniers. (2) De manière générale, les grandes sociétés minières sont des sociétés gérantes de projets qui tirent leurs revenus de l’activité minière ou d’autres activités et qui peuvent orienter une partie de ces revenus vers leurs projets d’exploration et de mise en valeur de gisements. Par ailleurs, les petites sociétés minières n’ont habituellement pas de source stable de revenus et doivent financer leurs projets par l’émission d’actions. (3) L’indice mensuel des prix des métaux de RNCan est un indice idéal de Fisher qui repose sur les prix de six métaux, soit l’or, l’argent, le cuivre, le plomb, le nickel et le zinc. (4) Le nombre moyen de sociétés gérantes de projets dans la fourchette de dépenses de 1 M$ ou moins pour la période de 2003 à 2013 est de 450. On en comptait 502 en 2012 et 364 en 2013. (5) La ventilation par produit minéral des intentions de dépenser en 2013 a été estimée à partir des données provisoires de 2012.
Remarques : Les sociétés n’avaient pas réglé les derniers détails de leurs budgets des dépenses pour 2013 au moment du sondage. Les données ont été recueillies d’octobre 2012 à la mi­-février 2013. Les chiffres indiqués dans ce bulletin ont été arrondis et peuvent ne pas correspondre à la somme de leurs éléments.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2013