En primeur : La bioénergie dans les communautés autochtones

L’utilisation de biocombustibles dérivés du bois en vue de générer de la chaleur et de l’électricité peut être une solution de rechange peu coûteuse, viable et fiable aux sources d’énergie non renouvelable. Cela est particulièrement vrai pour de nombreuses communautés autochtones nordiques et éloignées dans l’ensemble du Canada qui comptent actuellement sur du carburant diesel importé, dispendieux et à production élevée de gaz à effet de serre pour produire leur électricité. Compte tenu des avantages environnementaux et économiques de l’utilisation de la biomasse forestière en vue de générer de la chaleur et de l’électricité, certaines communautés autochtones de partout au pays ont entrepris la transition vers les technologies de la bioénergie.

Un approvisionnement en énergie propre

La Première Nation Whitesand, une communauté autochtone située à environ 250 kilomètres au nord de Thunder Bay (Ontario), fait partie des 25 collectivités éloignées du Nord-Ouest de l’Ontario qui ne sont pas desservies par le réseau de distribution d’électricité provincial, de sorte qu’elles dépendent entièrement du carburant diesel pour leur production d’énergie électrique. En raison des températures extrêmement froides de la région, le groupe électrogène diesel de la Première Nation Whitesand fonctionne presque à sa capacité maximale pendant les longs mois d’hiver, utilisant environ un million de litres de carburant chaque année. Avec une moyenne de 0,47 $/litre, le carburant diesel coûte à la collectivité chaque année des centaines de milliers de dollars.

La province de l’Ontario élargit actuellement son réseau de distribution d’électricité, mais la Première Nation Whitesand ne s’attend pas à être desservie par celui-ci, parce qu’elle vit trop éloignée. Avec le soutien du gouvernement du Canada et de la province de l’Ontario, la Première Nation Whitesand élabore des plans en vue de construire une usine de fabrication de granulés de bois et d’une installation de production de chaleur et d’électricité au moyen de la biomasse. Une fois construites, ces installations assureront un approvisionnement en électricité propre aux collectivités de Collins et d’Armstrong, ce qui remplacera un pourcentage estimé entre 90 et 95 p. 100 de l’électricité générée au moyen du carburant diesel utilisé par la Première Nation Whitesand. Les installations seront exploitées par les membres de la collectivité et utiliseront les ressources locales de bois dur, ce qui permettra de créer environ 50 emplois à temps plein et 60 emplois saisonniers.

Bioénergie dans le Nord

Compte tenu des avantages économiques et environnementaux apportés par la bioénergie axée sur les ressources forestières, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest souhaite augmenter l’utilisation de la biomasse dans l’ensemble du territoire grâce à ses stratégies d’utilisation de bioénergie qu’il a publiées en 2010 et en 2012. Depuis, les activités sont axées sur la transition, dans les immeubles publics, des systèmes de chauffage traditionnels vers des systèmes de chauffage à la biomasse, sur la possibilité d’intégrer la biomasse dans les logements sociaux et sur l’établissement d’un partenariat avec le gouvernement du Canada. Ces axes d’activités visent à appuyer les communautés autochtones dans la création d’entreprises autochtones, pour qu’elles gèrent les ressources forestières et puissent fournir des fibres ligneuses aux producteurs locaux de produits de bioénergie. Un partenaire clé du secteur privé dans ce processus a récemment acheté 320 hectares du hameau d’Enterprise, afin d’appuyer la proposition de création d’une entreprise de granulés de bois.

Photo d’une ville près du Grand lac des Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest
Une ville près du Grand lac des Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest.

Une option viable

Les transitions effectuées par la Première Nation de Whitesand et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest vers l’énergie de la biomasse mettent en évidence la valeur intrinsèque de l’utilisation de produits forestiers locaux exploités de façon durable, ainsi que la capacité des forêts du Canada, unique en son genre, de contribuer aux objectifs d’atténuation des effets des changements climatiques, de créer des possibilités d’emploi à l’échelle locale et, en fin de compte, de permettre à des collectivités éloignées et du Nord d’atteindre une plus grande autonomie énergétique. Ces initiatives montrent également à d’autres collectivités et gouvernements de régions éloignées et du Nord la perspective viable de la transition vers des sources de combustibles de remplacement.

Communautés autochtones éloignées du Canada

Carte du Canada montrant les communautés autochtones éloignées dans l’ensemble du pays. La Première Nation Whitesand est en relief

Première Nation Whitesand

Membres de bande inscrits : 1 239

Dans la réserve

Population : 354

Nombre de ménages : 87

Principale source d’énergie : carburant diesel

On compte au Canada environ 192 communautés autochtones éloignées totalisant 268 835 personnes; 136 de ces communautés dépendent du carburant diesel comme principale source d’énergie.

Sources
Remarque
  • Ressources naturelles Canada a défini une « collectivité hors réseau » dans son rapport 2013 État de la situation des collectivités éloignées/hors réseau au Canada comme suit :

    Les expressions « collectivité hors réseau » et « collectivité éloignée » sont utilisées indifféremment dans ce rapport pour désigner les collectivités qui répondent aux critères suivants :

    1. Toute collectivité non raccordée au réseau électrique nord-américain ou au réseau de canalisation de gaz naturel.
    2. Une collectivité est un établissement permanent ou à long terme (cinq ans ou plus) comptant au moins 10 logements.

    Le réseau électrique nord-américain désigne, dans le contexte canadien, tout réseau électrique provincial assujetti aux normes de la North American Electric Reliability Corporation (NERC). Il comprend le réseau principal de Terre-Neuve-et-Labrador mais en sont exclus tous les réseaux des territoires et les réseaux locaux des provinces.