Aider les forêts urbaines du Canada à s’adapter aux changements climatiques

Les forêts urbaines permettent d’améliorer la qualité de vie dans les villes et les municipalités de plus d’une façon. Les arbres, établis sur des propriétés publiques ou privées, augmentent la biodiversité en fournissant un habitat faunique essentiel. Grâce à leur système de croissance naturelle, les arbres améliorent aussi la qualité de l’eau et de l’air en retirant les polluants atmosphériques et en réduisant le ruissellement des eaux pluviales. Ils permettent également de diminuer l’effet d’« îlot thermique urbain » (c’est-à-dire des températures chaudes qui sont créées par les activités et les infrastructures des hommes) en augmentant le degré d’humidité dans l’air et en faisant de l’ombre, ce qui baisse la température.

Ces effets positifs apportent des bienfaits remarquables sur la santé humaine, dont la diminution du stress, de l’obésité infantile, des problèmes respiratoires et cardiovasculaires, et l’accroissement de la longévité. Le fait d’avoir accès à des arbres a même été associé à une plus grande satisfaction en milieu de travail et à un meilleur rendement professionnel.

Les forêts urbaines offrent de nombreux avantages du point de vue de l’économie, notamment de créer des emplois d’entretien et de planification des parcs, de favoriser le tourisme et d’augmenter la valeur des propriétés. Les forêts permettent également de prolonger la durée de vie des infrastructures municipales en empêchant l’érosion et les dommages causés par des inondations. Elles aident aussi à réduire les coûts liés à la climatisation et au chauffage en faisant un ombrage aux résidences et aux édifices. Des études ont montré que, pour chaque dollar dépensé sur l’entretien d’une forêt urbaine, les arbres de la ville fournissaient des avantages qui se chiffraient entre 1,35 $ et 12,70 $.

Il y a aussi l’avantage de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) : les forêts urbaines aident à réduire le dioxyde de carbone (CO2) et d’autres GES présents dans l’atmosphère. Les forêts aménagées du Canada absorbent tous les ans de grandes quantités de carbone, égal au poids d’environ 424 Tours CN. Étant donné que les forêts urbaines représentent environ 5 p. 100 des forêts aménagées du Canada, cela signifie que le carbone atmosphérique absorbé par les arbres de la ville est égal à près de 2,5 millions de tonnes métriques – le poids d’environ 21 Tours CN.

Cependant, les forêts urbaines du Canada sont menacées par l’urbanisation, les espèces envahissantes et, de plus en plus, par les changements climatiques. Des phénomènes météorologiques extrêmes, des températures annuelles plus élevées et des périodes de sécheresse plus fréquentes exercent une pression sur la santé des arbres; les arbres stressés sont davantage exposés à des risques de contracter une maladie et de subir des dommages causés par les insectes.

Partout au Canada, les villes essaient différentes approches et en font la promotion afin d’aider les forêts urbaines à s’adapter aux changements climatiques. Par exemple, opter pour une plus grande diversité génétique quant aux espèces d’arbres plantés permettra de protéger les forêts urbaines contre les pertes catastrophiques causées par la sécheresse, les insectes (comme l’agrile du frêne) et les maladies (comme la maladie hollandaise de l’orme). Plusieurs collectivités explorent également des moyens de maintenir et d’accroître l’étendue de la couverture arborescente. Les propriétaires peuvent contribuer en gardant leurs arbres en santé et en en plantant d’autres d’espèces.

Les citadins intéressés peuvent donner la parole au scientifique en eux en participant à des projets de « science pour les citoyens ». Dirigés souvent par les gouvernements ou les organismes à but non lucratif, les responsables de ces projets dépendent des résidents locaux pour noter des commentaires sur la forêt et les arbres, puis font suivre l’information aux scientifiques.

Forêts urbaines dans quatre grandes villes canadiennes

MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE HALIFAX

Halifax
  • 41 % du territoire urbain sous couvert forestier
  • 31,37 millions de $
    Avantages totaux par année

GRAND MONTRÉAL

Montreal
  • 20 % du territoire urbain sous couvert forestier
  • 24,44 millions de $
    Avantages totaux par année

TORONTO

Toronto
  • 30 % du territoire urbain sous couvert forestier
  • 81,29 millions de $
    Avantages totaux par année

DISTRICT RÉGIONAL DU GRAND VANCOUVER

Vancouver
  • 43 % du territoire urbain sous couvert forestier
  • 224,15 millions de $
    Avantages totaux par année
Sources