Recherche en sylviculture

Utilisation de données sylvicoles de grande qualité pour augmenter la productivité des peuplements forestiers

Les ressources forestières du Canada, abondantes et facilement accessibles, ont permis de mettre sur pied le secteur forestier canadien. La disponibilité de bois de grande qualité et à faible coût, combinée à la souplesse de la réglementation en vigueur durant la majeure partie du 20e siècle, a engendré la prospérité économique qui a soutenu des entreprises, des individus ainsi que des collectivités et des provinces entières.

Mesurage et évaluation de la qualité des arbres sur le site d'essais d'éclaircie précommerciale de Green river

Mesurage et évaluation de la qualité des arbres sur le site d'essais d'éclaircie précommerciale de la rivière verte

Aujourd’hui, les activités forestières sont soumises à de la réglementation beaucoup plus sévère, et la compétition livrée par les fournisseurs internationaux s’accentue, ce qui met à l’épreuve la force d’échange du Canada sur le marché des produits forestiers. L’initiative actuelle de transformation du secteur forestier vise à aider le Canada à relever ces défis — par l’innovation (utilisation de nouvelles technologies, diversification des produits, etc.), ainsi qu’à renforcer l’avantage concurrentiel de l’industrie et sa capacité à demeurer viable sur le plan économique.

Est-ce que cela signifie que l’industrie des produits forestiers traditionnels est appelée à disparaître? Pas du tout. Comme le montre le projet Voie biotechnologique de l’Association des produits forestiers du Canada, l’industrie traditionnelle est plus importante que jamais. Cela signifie qu’il est essentiel pour l’industrie de pouvoir compter sur de l’approvisionnement en bois stable et abordable.

Pour assurer cet approvisionnement en bois, il faut :

  • renouveler le plus rapidement possible les peuplements récoltés par des peuplements complets d’espèces de grande valeur, de façon à ce que chaque nouvelle forêt ait une valeur au moins égale à celle qu’elle remplace;
  • aménager les peuplements existants de façon à maximiser la quantité, la qualité et, par conséquent, la valeur des produits obtenus.

Un grand nombre de recherches menées par le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada et de ses partenaires visent à trouver des moyens d’atteindre ces objectifs. Par exemple, le Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB) réalise de nombreuses recherches sylvicoles destinées à aider les aménagistes forestiers et les décideurs à choisir des stratégies permettant de réduire les coûts de production, d’augmenter le volume et la qualité des matières premières produites ainsi que de maintenir, à l’échelle des paysages, les fonctions écologiques, la diversité et la durabilité. 

Certaines des stations de recherche du CCFB ont plus de 70 ans; elles sont situées dans la forêt de feuillus, la forêt boréale et la forêt mixte de la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent ainsi que dans des peuplements purs et mixtes de conifères. Les données recueillies dans le cadre des études à long terme menées dans ces sites permettent aux aménagistes forestiers de prendre des décisions éclairées concernant les investissements en sylviculture (voir les exemples de l’encadré). En outre, les décideurs utilisent ces données essentielles pour élaborer et réviser les lignes directrices qui guident les pratiques sylvicoles recommandées. Les chercheurs du CCFB, de FPInnovations et des groupes d’experts de partout au pays communiquent les précieuses connaissances recueillies aux professionnels du domaine forestier, par des communications directes avec l’industrie forestière et les organismes provinciaux.

En appuyant les décideurs, augmentant la valeur des ressources forestières et trouvant des procédés de production efficaces, les recherches sylvicoles telles que celles menées au CCFB aident l’industrie forestière canadienne à demeurer compétitive sur le marché mondial d’aujourd’hui.

Exemples des recherches sylvicoles en cours au CCFB :

  1. Analyses économiques de l’ensemble de la chaîne de valeur – Elles consistent à quantifier le total des coûts liés à l’établissement, à l’entretien, à la récolte et à la transformation d’un peuplement ainsi que la valeur des produits qui en sont issus, puis à réaliser des analyses coûts-avantages servant à déterminer les stratégies de production forestières les plus efficaces.
  2. Aménagement de la densité – Études sur les effets des coupes d’éclaircies précommerciales et commerciales sur la qualité et la valeur du bois. Elles sont réalisées dans des peuplements de conifères et de feuillus, en vue de déterminer les régimes optimaux d’aménagement de la densité.
  3. Sylviculture et aménagement dans la forêt boréale mixte – Études sur le renouvellement des peuplements, les soins culturaux et les systèmes de récolte partielle. Elles sont menées dans la forêt boréale mixte — type commun de forêt — et visent à trouver des traitements permettant d’équilibrer la productivité des feuillus et celle des conifères.
  4. Effets de traitements sylvicoles – Évaluation des effets de la préparation du terrain, de la lutte contre les végétaux indésirables, de la fertilisation et d’autres traitements sylvicoles sur la productivité, la qualité du bois et les facteurs économiques; on utilise ensuite l’information pour déterminer les régimes ayant de bons rendements économiques.
  5. Essais opérationnels sur la récolte de la biomasse – Essais opérationnels réalisés dans des peuplements mixtes de faible qualité et des peuplements de feuillus tolérants de la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Ils visent à évaluer la faisabilité et la durabilité à long terme de la récolte de biomasse comme méthode de restauration des sites dégradés et d’approvisionnement en matériaux pour la bioéconomie émergente.
 

Personne-ressource du Service canadien des forêts

Michael Hoepting, Forestier, spécialiste de la recherche en sylviculture

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