Résistance naturelle chez le douglas

Douglas tués par la carie laminée des racines.

Douglas tués par la carie laminée des racines.

Le douglas est l’un des arbres les plus précieux du Canada, non seulement parce qu’il est présent dans un vaste éventail d’écosystèmes, mais aussi parce qu’il fournit des produits de grande qualité. Il est transformé en bois d’œuvre, en produits de placage, en produits de finition intérieure et extérieure, et en pâte à papier.

Cependant, le douglas est exposé à divers stress biologiques et liés au climat, dont le pourridié-agaric (causé par un champignon du genre Armillaria) et la carie laminée des racines (causée par un champignon du genre Phellinus), le dendroctone du douglas, et la sécheresse. Ces stress peuvent tuer les arbres ou affecter à long terme la façon dont ils croissent, ce qui a une incidence sur les maillons d’amont de la chaîne de valeur, où les acheteurs et les transformateurs ont besoin de bois d’une qualité constante.

Les scientifiques du Service canadien des forêts recherchent la présence chez le douglas d’un caractère de résistance naturelle à divers stress et de propriétés désirables de son bois.

La déformation des cernes de croissance causée par le pourridié-agaric affecte la valeur et la quantité des produits tirés du douglas.

La déformation des cernes de croissance causée par le pourridié-agaric affecte la valeur et la quantité des produits tirés du douglas.

En partenariat avec le ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique (Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations), les chercheurs ont d’abord étudié les effets du pourridié-agaric sur la survie et la croissance des arbres, ainsi que sur la valeur des produits ligneux qui en sont tirés. Les résultats ont montré que bon nombre des arbres ayant le mieux survécu avaient bien crû avant l’infection, mais leur croissance avait subi le plus fort impact après l’infection. Chez d’autres arbres, le pourridié-agaric a eu une incidence faible ou nulle sur leur croissance, mais il a causé plus de dommages et plus de mortalité. Ces résultats — qui laissent penser que les arbres capables de freiner le champignon (c.-à-d. de limiter les dommages) y parviendraient au détriment de leur croissance — ont d’importantes implications, car le taux de croissance détermine l’épaisseur des cernes de croissance, facteur qui influe tant sur la qualité que sur la quantité des produits ligneux. Les résultats sont actuellement utilisés dans des simulateurs de peuplement qui peuvent prévoir le rendement et la valeur de peuplements de douglas de différents âges.

Étude en serre d’agents stresseurs multiples.

Étude en serre d’agents
stresseurs multiples.

Le Centre canadien sur la fibre de bois collabore actuellement avec des chercheurs du Centre de foresterie du Pacifique pour trouver des arbres qui survivent bien et croissent bien, et dont la forme et les propriétés de leur bois sont adéquates, même quand ils sont exposés à des stress multiples. Une certaine combinaison de caractères de tolérance ou de résistance à la maladie pourrait maximiser tant la survie des arbres que leur croissance, et enfin améliorer la valeur des produits ligneux tirés du douglas. Le processus employé dans la recherche des caractères naturels avantageux du douglas pourrait éventuellement être appliqué à d’autres essences. Les aménagistes se trouvent ainsi appelés à sélectionner de multiples caractères de tolérance et de résistance à la maladie, en plus de la hauteur et du volume des arbres. Le but est de prévenir les pertes de récolte et les baisses de qualité du bois, et d’accroître la stabilité des peuplements exposés à des stress.