Tordeuse occidentale de l'épinette

Chenille de tordeuse occidentale de l’épinette

Chenille de tordeuse occidentale de l’épinette.

Nom commun anglais : Western spruce budworm
Nom scientifique : Choristoneura occidentalis Freeman
Ordre : Lépidoptères
Famille : Tortricidés

Répartition

La tordeuse occidentale de l’épinette se rencontre dans les régions côtières et l’intérieur de la Colombie-Britannique au sud et à l’ouest du fleuve Fraser et, en Alberta, depuis les contreforts des Rocheuses à l’est des collines du Cyprès jusqu’à la frontière Alberta–Saskatchewan.

Micro-habitat

Bourgeons et pousses de l’année des conifères hôtes.

Hôtes au Canada

Hôtes au Canada

Principaux hôtes au Canada

Douglas

Autres hôtes

Épinette blanche, épinette d’Engelmann, sapin grandissime, sapin subalpin

Hôtes occasionnels ou potentiels

Sapin gracieux, mélèze occidental

Cycle vital

Les œufs sont déposés en rangées chevauchantes sur les aiguilles des arbres hôtes entre le milieu et la fin de l’été. L’éclosion survient une semaine plus tard. Les chenilles néonates ne se nourrissent pas et s’affairent plutôt à trouver une niche sur l’arbre pour y tisser un abri de fils de soie en vue d’y hiberner. Après en être émergées au printemps suivant, en avril ou en mai, elles se nourrissent sur les nouveaux bourgeons en se déplaçant d’un bourgeon à l’autre ou en se laissant porter par le vent dans la canopée, suspendues à un fil de soie (technique de dispersion appelée ballooning). Comme elles émergent habituellement de leur cachette hivernale avant le débourrement, elles s’attaquent d’abord aux vieilles aiguilles ou aux cônes porteurs de pollen, s’ils sont disponibles, puis minent les nouveaux bourgeons lorsque ceux-ci se forment. Durant la période d’expansion des bourgeons, les chenilles se construisent un abri d’alimentation en reliant plusieurs aiguilles ensemble à l’aide de fils de soie. Après s’être nourries sur les jeunes pousses en juin et en juillet, elles cessent de s’alimenter et se transforment en chrysalide dans leur abri. Les adultes émergent une à deux semaines plus tard. Les femelles émettent une phéromone sexuelle afin d’attirer les mâles en vue de l’accouplement. Les deux sexes sont tous deux capables de voler, de sorte qu'ils peuvent migrer sur des distances de plusieurs kilomètres à la recherche d’un endroit opportun.

Écologie

Au Canada, la tordeuse occidentale de l’épinette attaque principalement le douglas. Les infestations se produisent dans les peuplements murs et homogènes de douglas, en particulier dans les portions plus sèches de l’aire de répartition de cette essence. Les populations du ravageur peuvent atteindre des densités très élevées dans les forêts contiguës comportant des arbres de grande taille.

Les conditions météorologiques ont des effets complexes sur le ravageur. Comme la tordeuse occidentale de l’épinette se nourrit sur le feuillage en croissance de l’année, la synchronisation entre les étapes de son cycle vital et la croissance saisonnière du feuillage peut être critique. Les automnes chauds et secs peuvent engendrer plus de stress sur les chenilles en hibernation que les hivers très froids.

La tordeuse occidentale de l’épinette compte de nombreux ennemis naturels, dont des prédateurs, des parasitoïdes et des agents pathogènes, mais ceux-ci contribuent probablement davantage à enrayer la croissance des populations qu’à réprimer les infestations.

Attaques et dommages

La tordeuse occidentale de l’épinette se nourrit sur les pousses en croissance des arbres hôtes. L’infestation est révélée par la présence de pousses déformées et décolorées et de fragments d’aiguilles agglomérés les uns aux autres par des fils de soie. À la fin de l’été, les portions périphériques de la cime des arbres attaqués prennent une teinte rougeâtre distincte. La cime de certains arbres peut être entièrement dépouillée de ses aiguilles. Dans la plupart des cas, les arbres infestés survivent à plusieurs années consécutives de défoliation modérée ; leur croissance annuelle s'en trouve réduite. Mais l’issue peut être fatale après plusieurs années de défoliation grave,  surtout dans le cas des plus petits arbres du sous-étage.

Situation au Canada

Les plus récentes infestations se sont produites dans des forêts de douglas de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Au cours de la plupart des années depuis 2000, le ravageur a défolié plus de 500 000 hectares de forêt. En comparaison des infestations plus anciennes, les infestations récentes ont persisté plus longtemps et ont sévi à des latitudes et altitudes plus élevées. Des pulvérisations aériennes de l’agent de lutte biologique Bacillus thuringiensis (une bactérie) ont été effectuées dans certaines des régions les plus durement touchées.

Liens

Publications du Service canadien des forêts sur la tordeuse occidentale de l’épinette

Références

Références

Dedes, J. 2009. Biology of the Western Spruce Budworm (Choristoneura occidentalis) (PDF, 4,8 Mo) (en anglais seulement). Ressources naturelles Canada.

Maclauchlan, L., and K. Buxton. 2012. 2012 Overview of forest health conditions in southern British Columbia (PDF, 4,3 Mo) (en anglais seulement). Kamloops, (Colombie-Britannique) : Ministry of Forests, Lands, and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique.

Nealis, V.G., M.K. Noseworthy, R. Turnquist, and V.R. Waring. 2009. Balancing risks of disturbance from mountain pine beetle and western spruce budworm. Canadian Journal of Forest Research 39: 839–848.

Thomson, A.J., and R. Benton. 2007. A 90-year seas warming trend explains outbreak patterns of western spruce budworm on Vancouver Island. Forestry Chronicle 83: 867–869.