Longicorne brun de l’épinette

Originaire d’Europe, le longicorne brun de l’épinette est un insecte forestier envahissant qui s’attaque aux épinettes. Ses larves affaiblissent les arbres en consommant leur phloème, qui sert au transport des éléments nutritifs vers les racines. Une fois infestés, les arbres le sont de nouveau chaque année jusqu’à leur mort, qui survient généralement en une à cinq années.

Longicorne brun de l'épinette

Le longicorne brun de l’épinette a été découvert à Halifax en 1999, bien qu’il ait été établi en Nouvelle-Écosse depuis au moins 1990. Il a vraisemblablement été introduit au Canada par l’entremise de matériaux d’emballage en bois transportés à bord de porte-conteneurs.

Depuis 2000, le longicorne brun de l’épinette fait l’objet d’un contrôle réglementaire par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), à titre d’organisme de quarantaine. Dans l’Est du Canada, l’ACIA surveille l’insecte au moyen de pièges imbibés de phéromones mis au point au Centre de foresterie de l’Atlantique du Service canadien des forêts (SCF) de Ressources naturelles Canada (RNCan). De plus, l’ACIA réglemente le transport de produits de l’épinette à partir des régions infestées, en vue de limiter la propagation artificielle du longicorne brun de l’épinette, et appuie les recherches menées par RNCan sur l’écologie de l’insecte et sur les mesures d’atténuation le visant.

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Longicorne brun de l’épinette. Durée : 4:35

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En Europe, le longicorne brun de l’épinette infeste les épinettes de Norvège (épicéas communs) affaiblies par des pourridiés, des insectes défoliateurs ou des dommages mécaniques, causés par exemple par le vent ou la foudre. De récentes recherches ont confirmé que le longicorne brun de l’épinette infestait aussi l’épinette rouge au Canada, préférant s’attaquer — et y performant mieux — aux arbres stressés plutôt qu’aux arbres en santé. Des essais en cours permettront d’évaluer la vulnérabilité des arbres — selon leur état de santé à la colonisation du longicorne brun et à l’intensité d’une attaque.

Selon les recherches menées au Centre de foresterie de l’Atlantique, les épinettes infestées puis tuées par le longicorne brun de l’épinette de 2008 à 2012 dans certaines localités voisines d’Halifax représentaient environ 30 % de la surface terrière des épinettes.

Au Canada, les forêts mûres d’épinettes, particulièrement celles qui subissent une infestation de défoliateurs comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ou une sécheresse, risquent d’être infestées par le longicorne brun de l’épinette et de mourir rapidement.

Perspectives

Si des mesures de lutte contre le longicorne brun de l’épinette ne sont pas mises en œuvre le long du front de l’infestation (dans un rayon de 60 à 80 km d’Halifax), ou d’autres populations aberrantes, l’insecte continuera à se propager.

Bien qu’il n’existe encore aucun moyen pratique d’élimination du longicorne brun de l’épinette dans les forêts naturelles, les recherches de RNCan à cet égard donnent des résultats prometteurs. Les scientifiques du Centre de foresterie de l’Atlantique ont démontré que le piégeage de masse et la perturbation de l’accouplement au moyen d’une phéromone permettent une élimination importante du longicorne brun de l’épinette. Un projet de recherche auquel collaborent des chercheurs du Centre de foresterie des Laurentides et du Centre de foresterie de l’Atlantique vise à tester la capacité d’auto-dissémination d’un champignon indigène pathogène d’insecte suffisante pour supprimer le longicorne brun de l’épinette. Dans cette stratégie de lutte, le longicorne est attiré par des pièges imbibés de phéromones et du champignon pathogène, d’où il en sort infecté. L’infection se répand dans la population de longicornes par l’intermédiaire de l’accouplement. Le Centre de foresterie de l’Atlantique met aussi à l’essai les meilleures pratiques en matière de gestion du longicorne brun de l’épinette.

De plus, RNCan étudie l’écologie des populations de longicorne brun de l’épinette, avec la collaboration des chercheurs universitaires. Le Centre de foresterie des Laurentides étudie la façon dont le longicorne brun de l’épinette interagit avec les communautés indigènes de scolytes et autres organismes associés aux forêts d’épinettes.

Personnes-ressources du Service canadien des forêts

Jon Sweeney, Chercheur scientifique
Peter Silk, Écologie chimique des insectes
Jacques Régnière, Chercheur scientifique, dynamique des populations d'insectes
Deepa Pureswaran, Chercheuse scientifique, écologie des insectes forestiers

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