Petite mineuse du bouleau

mature petite mineuse du bouleau larve
Larve du dernier stade de petite mineuse du bouleau (longueur : 5 mm). Les quatre taches brun foncé (paraissant souvent noires) sur les quatre premiers segments sont distinctives. Chez les larves vivantes, les quatre taches semblent fusionnées et forment une ligne.

Nom commun anglais : Birch leafminer
Nom scientifique : Fenusa pumila (anciennement Fenusa pusilla)
Ordre : Hyménoptères
Famille : Tenthrédinidés

Répartition

La petite mineuse du bouleau se rencontre sur l’île de Terre-Neuve, dans les provinces Maritimes, au Québec et en Ontario, à des latitudes aussi nordiques que Sudbury et Sault Ste. Marie. Dans l’ouest du pays, elle est présente en Saskatchewan, en Alberta et dans le sud de la Colombie-Britannique, ainsi que sur la rive sud du Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Presque toutes les espèces de bouleaux peuvent être attaquées par la petite mineuse du bouleau. Le bouleau jaune fait partie du nombre mais semble relativement résistant au ravageur, car les larves ne parviennent pas à boucler leur développement sur cette essence. L’aulne vert est reconnu comme un hôte en Europe.

Hôtes au Canada

Principaux hôtes au Canada

Bouleau à papier, bouleau gris, bouleau verruqueux

Autres hôtes

Toutes les espèces indigènes et introduites de bouleaux sont vraisemblablement vulnérables

Hôtes occasionnels ou potentiels

Aulne vert

Cycle vital

section de feuille de bouleau
Section de feuille de bouleau contenant des œufs de petite mineuse du bouleau.

La petite mineuse du bouleau est active entre mai et le milieu de septembre et connaît deux ou trois générations par année dans la plupart des régions au Canada. Elle peut toutefois présenter seulement une ou au contraire quatre générations dans certaines régions.

L’émergence des adultes de la première génération au printemps coïncide avec l’apparition des nouvelles feuilles. Les femelles déposent leurs œufs sur les nouvelles feuilles en développement. L’éclosion survient 4 à 14 jours plus tard. Les larves s’alimentent à l’intérieur des feuilles pendant 8 à 12 jours puis, leur développement achevé, émergent des feuilles et se laissent choir au sol pour s’y nymphoser dans un cocon. Les adultes émergent 1 à 2 semaines plus tard. Le cycle vital d’une génération peut durer 5 à 6 semaines ou un peu plus longtemps à des latitudes plus nordiques. Les individus de la dernière génération hibernent à l’état de larve mature dans un cocon enfoui dans le sol. La nymphose a lieu peu de temps avant l’émergence des adultes au printemps.

F. pumila adulte
F. pumila adulte au repos (longueur : 3 mm).

Écologie

La répartition de la petite mineuse du bouleau est semblable à celle des bouleaux en Amérique du Nord. Les infestations se produisent généralement en milieu urbain, mais des défoliations importantes ont également été signalées en milieu forestier. La petite mineuse du bouleau attaque de préférence le feuillage des nouvelles pousses. Les arbres qui comportent de nombreuses nouvelles pousses (p. ex. les petits arbres et les arbres broutés par les animaux ou fréquemment élagués) peuvent être plus gravement endommagés. Les dommages sont moins importants chez les arbres matures parce que les nouvelles pousses sont généralement formées uniquement à l’extrémité des branches.

Le climat influe sur le nombre de générations par année, généralement plus élevé dans les régions plus chaudes du pays. La petite mineuse du bouleau ne semble pas affectée par le froid, probablement parce qu’elle hiberne dans le sol.

défoliés couronnes de bouleau blanc
Cimes de bouleaux à papier gravement défoliées.

La petite mineuse du bouleau est souvent rencontrée en association avec d’autres tenthrèdes mineuses attaquant le bouleau (p. ex., tenthrède mineuse de Thomson et grande mineuse du bouleau). Le fait qu’elle attaque le feuillage tôt au printemps et affiche une préférence pour les nouvelles pousses est possiblement une adaptation visant à prévenir la compétition avec ces autres espèces.

La petite mineuse du bouleau compte un certain nombre d’ennemis naturels. Les œufs sont tués par des prédateurs et des parasitoïdes et, à l’occasion, par d’autres larves de petite mineuse du bouleau lorsque des femelles déposent leurs œufs sur des feuilles contenant déjà des larves. Les larves peuvent être tuées alors qu’elles se nourrissent à l’intérieur de la feuille, mais elles sont également vulnérables aux prédateurs lorsqu’elles en émergent pour se nymphoser. Un certain nombre de guêpes parasitoïdes indigènes attaquent la petite mineuse du bouleau. Aucun de ces facteurs ne parvient toutefois à tenir en échec les populations de la petite mineuse du bouleau. Seules deux espèces de guêpes parasitoïdes introduites, le Lathrolestes nigricollis et le Grypocentrus albipes, ont un impact appréciable sur les effectifs de cette tenthrède (voir l’encadré).

bouleau mine de la mineuse des feuilles de bouleau à papier
Feuille de bouleau à papier attaquée par le petite mineuse du bouleau. Les mines ont provoqué le recroquevillement de la feuille.

Attaques et dommages

Les dommages prennent la forme d’une petite tache brune ou brun rougeâtre de forme irrégulière (une « mine ») sur la face supérieure de la feuille. Si la mine est occupée, on peut apercevoir la larve par transparence en examinant la feuille contre une source de lumière.

Le pourtour des feuilles attaquées par des larves de petite mineuse du bouleau est souvent recourbé. Les attaques surviennent avant que les feuilles soient complètement formées et empêchent leur développement normal, produisant des feuilles déformées. Une tache brun plus foncé ou brun rougeâtre est souvent visible près du centre de la mine, près de l’endroit où l’œuf a été pondu.

Chez les jeunes arbres ou chez les arbres qui produisent un grand nombre de nouvelles pousses, les dommages sont bien apparents si de nombreuses feuilles ont été attaquées. Chez les arbres plus âgés ou matures, les dommages sont généralement moins apparents ou confinés à la portion extérieure du houppier. Les feuilles minées persistent généralement sur l’arbre pendant un certain temps, souvent jusqu’au début de l’automne.

la feuille comporte un certain nombre de larves
Feuille de bouleau minée par la petite mineuse du bouleau. Cette feuille contient plusieurs larves, et la fusion de leurs mines a produit une grande mine indistincte.

De nombreux insectes forent des mines dans les feuilles de bouleau et se trouvent souvent ensemble sur les mêmes arbres. Il peut donc être difficile pour le néophyte d’identifier l’insecte responsable des dommages observés. Un examen minutieux de la forme des mines peut faciliter l’identification de l’espèce en cause.

Les dommages causés par la petite mineuse du bouleau sont essentiellement d’ordre esthétique. Le brunissement et le recroquevillement du feuillage des arbres plantés en milieu urbain et des arbres d’ornement déplaisent aux propriétaires et à bien d’autres. La présence de petites populations peut être tolérée et passe souvent inaperçue. Comme ils se produisent tard en saison, les dommages infligés par le ravageur ne provoquent pas la mort des hôtes, mais ils peuvent les affaiblir et les rendre plus vulnérables aux attaques d’autres insectes lorsqu’ils se répètent sur plusieurs années consécutives.

Situation au Canada

La petite mineuse du bouleau n’est pas indigène au Canada. Elle y a été observée pour la première fois au cours des années 1920, en Ontario et au Québec. Au cours des années 1960, sa présence était signalée en Alberta. Elle est l’une des cinq espèces de tenthrèdes mineuses du bouleau qui ont été introduites au Canada entre les années 1920 et 1960. La petite mineuse du bouleau a infligé des dommages importants au bouleau au Québec et à Terre-Neuve au cours des années 1960 et 1970, et en Alberta au cours des années 1970 et 1980. L’introduction de deux guêpes parasitoïdes sans aiguillon a permis de réprimer les infestations. Aujourd’hui, la petite mineuse du bouleau est encore présente dans de nombreuses régions du pays, mais elle y est beaucoup moins abondante.

Le Service canadien des forêts a introduit deux guêpes parasitoïdes, le Lathrolestes nigricollis et le Grypocentrus albipes, dans certaines régions du Québec et de Terre-Neuve au cours des années 1960 et 1970 et de l’Alberta au cours des années 1990 pour lutter contre la petite mineuse du bouleau. Ces deux guêpes sont originaires d’Europe et y sont considérées comme des parasitoïdes communs de la petite mineuse du bouleau. Le L. nigricollis s’est établi dans les trois provinces et a joué un rôle important dans la répression des infestations du ravageur. Aujourd’hui, en partie grâce à l’introduction de ces parasitoïdes, la petite mineuse du bouleau cause rarement des infestations.

Impacts

La petite mineuse du bouleau n’a aucun impact connu sur les écosystèmes forestiers indigènes. Les dommages qu’elle inflige sont essentiellement d’ordre esthétique et n’entraînent pas la mort de l’hôte. Dans le passé, les propriétaires et les municipalités ont affecté des sommes considérables à la réalisation de traitements insecticides contre ce ravageur. Aujourd’hui, les guêpes parasitoïdes parviennent à tenir en échec la plupart des populations de cette mineuse.

Liens

Publications du Service canadien des forêts sur la petite mineuse du bouleau

Références

Références

Digweed, S.C., C.J.K. MacQuarrie, D.W. Langor, D.J.M. Williams, J.R. Spence, K.L. Nystrom, et L. Morneau. 2009. Current status of exotic birch-leafmining sawflies (Hymenoptera: Tenthredinidae) in Canada, with keys to species. Canadian Entomologist 141: 201–235.

MacQuarrie, C.J.K., D.W. Langor, S.C. Digweed, et J.R. Spence. Fenusa pumila Leach, birch leaf miner, Profenusa thomsoni (Konow), Ambermarked birch leaf miner (Hymenoptera: Tenthredinidae), dans P.G. Mason et D. Gillespie (éd.), Biological Control Programmes in Canada 2001–2012. CABI Publishing. Sous presse.