Tenthrède mineuse de Thomson

Larve du dernier stade de tenthrède mineuse de Thomson.
Larve du dernier stade de tenthrède mineuse de Thomson (longueur : 4,5 mm).

Nom commun anglais : Ambermarked birch leafminer
Nom scientifique : Profenusa thomsoni
Ordre : Hyménoptères
Famille : Tenthrédinidés

Répartition

La tenthrède mineuse de Thomson se rencontre dans toutes les provinces et tous les territoires à l’exception de l’île du Prince-Édouard et du Nunavut (elle est présente sur l’île de Terre-Neuve, mais elle n’a pas été observée au Labrador). Les infestations graves se produisent généralement en milieu urbain ou à proximité, à l’occasion en milieu forestier.

Hôtes au Canada

Principaux hôtes au Canada

Bouleau à papier, bouleau jaune, bouleau verruqueux

Autres hôtes

Toutes les espèces de bouleaux, tant indigènes qu’introduites, sont vulnérables

La tenthrède mineuse de Thomson attaque presque toutes les espèces de bouleaux. Dans les villes, les populations se trouvent souvent là où le bouleau à papier (Betula papyrifera) et le bouleau verruqueux (B. pendula) sont plantés comme arbres d’ornement.

Cycle vital

feuille
P. thomsoni insérés sous la couche épidermique de la face supérieure d’une feuille.

La tenthrède mineuse de Thomson a un cycle d’un an en Amérique du Nord. Dans la plupart des régions du Canada, les adultes commencent à émerger à la fin de juin ou au début de juillet et se rencontrent jusqu’à tard en août à certains endroits. Les femelles déposent leurs œufs sur la face supérieure des feuilles. Les jeunes larves se nourrissent en minant les tissus compris entre les deux faces des feuilles. À maturité, les larves sortent de la feuille à l’intérieur de laquelle elles se sont développées et se laissent choir pour s’enfouir dans le sol et y aménager une cellule nymphale (cocon). Après avoir hiberné à l’état de prénymphe, elles se transforment en nymphe au printemps et en adulte quelques semaines plus tard.

Dans le nord de l’Ontario, les œufs peuvent mettre jusqu’à 12 jours à éclore et le développement larvaire à l’intérieur des feuilles dure environ 24 jours, mais dans l’Ouest canadien et sous des climats plus frais, l’incubation des œufs et le développement larvaire peuvent se prolonger sur des périodes encore plus longues. Quel que soit l’endroit où il a lieu, le développement est plus rapide si les larves sont exposées à des conditions plus chaudes — par exemple, si la feuille dans laquelle elles se développent se trouve sur le côté sud de l’hôte.

Écologie

mineuse
Tenthrède mineuse de Thomson adulte.

La répartition de la tenthrède mineuse de Thomson semble limitée uniquement par celle du bouleau. Les populations semblent occasionnellement augmenter pour causer des infestations d’ampleur variable, certaines ne touchant que quelques arbres, d’autres s’étendant sur quelques centaines d’hectares ou à une ville entière. Des observations anecdotiques donnent à croire que la taille des populations dépend des conditions météorologiques, la chaleur et la sécheresse favorisant la prolifération de l’insecte. La tenthrède mineuse de Thomson ne semble pas être affectée par le froid, probablement parce qu’elle hiberne dans le sol.

Les femelles n’ont pas besoin de s’accoupler pour pondre des œufs. Aucun mâle n’a jamais été observé, et l’on suppose que les populations sont composées exclusivement de femelles. Ce comportement reproducteur signifie que les populations peuvent augmenter rapidement lorsque les conditions sont idéales. Il n’est pas rare de trouver à l’intérieur d’une même feuille plusieurs larves, souvent de tailles et de stades différents. Ce phénomène s’explique par le fait qu’à bien des endroits, l’émergence des adultes se prolonge sur quelques semaines et plusieurs femelles peuvent pondre leurs œufs sur une même feuille.

Lorsque la densité des populations est élevée, la compétition intraspécifique (entre tenthrèdes) peut être un facteur de mortalité. Les œufs peuvent être tués par des larves plus vieilles, et les larves plus jeunes peuvent mourir de faim si tous les tissus de la feuille sont consommés avant qu’elles aient achevé leur développement. Les prédateurs et les parasitoïdes tuent également des larves. Les oiseaux extraient les larves des feuilles, et diverses espèces de guêpes parasitoïdes attaquent les œufs et les larves. Une espèce de guêpe, le Lathrolestes thomsoni, contribue à la régulation des populations du ravageur en Alberta.

Attaques et dommages

mines de mineuses bouleau
Feuilles de bouleau à papier minées par la tenthrède mineuse de Thomson.
mouches mineuses
Feuille de bouleau minée par la tenthrède mineuse de Thomson. Cinq à huit larves se nourrissent dans cette feuille, et leurs mines se sont fusionnées pour former une seule grande mine bien visible.

Les dommages se présentent sous la forme d’une petite tache brune de forme irrégulière (une « mine ») sur la face supérieure de la feuille. Si la mine est occupée, on peut apercevoir la larve par transparence en examinant la feuille contre une source de lumière.

Le nombre de mines sur une feuille varie de une ou deux si les populations sont faibles à dix ou même davantage en cas d’infestation grave. Lorsque les densités sont élevées, les mines se fusionnent, et les larves s’alimentent en groupe à l’intérieur de la grande mine ainsi formée. Les feuilles minées se dessèchent et virent au brun. Elles demeurent sur l’arbre durant un certain temps et ne tombent souvent qu’au début de l’automne. Les arbres infestés prennent alors à la fin de l’été une coloration brune qui tranche sur le vert des arbres avoisinants.

De nombreux insectes forent des mines dans les feuilles de bouleau et se rencontrent souvent ensemble sur les mêmes arbres. Il peut donc être difficile pour le néophyte d’identifier l’insecte responsable des dommages observés. Un examen minutieux de la forme des mines peut faciliter l’identification de l’espèce en cause.

Les dommages causés par la tenthrède mineuse de Thomson sont essentiellement d’ordre esthétique. Le brunissement du feuillage des arbres plantés en milieu urbain et des arbres d’ornement déplaît aux propriétaires et à bien d’autres. La présence de petites populations peut être tolérée et passe souvent inaperçue. Comme ils se produisent tard en saison, les dommages infligés par le ravageur ne provoquent pas la mort des hôtes, mais ils peuvent les affaiblir et les rendre plus vulnérables aux attaques d’autres insectes lorsqu’ils se répètent sur plusieurs années consécutives.

Situation au Canada

gravement endommagé
Bétulaie à papier gravement endommagée par la tenthrède mineuse de Thomson.

La tenthrède mineuse de Thomson n’est pas indigène au Canada. Elle y a été observée pour la première fois au cours des années 1940, en Ontario. Depuis, elle s’est propagé à presque tout le pays. Elle est l’une des cinq espèces de tenthrèdes mineuses du bouleau qui ont été introduites au Canada entre les années 1920 et 1960, et parmi ces espèces, elle est celle qui présente la plus vaste aire de répartition. Elle est à l’origine de la plupart des infestations par des tenthrèdes mineuses du bouleau qui sont survenues dans l’Ouest canadien au cours des 30 dernières années. Récemment, des infestations ont été signalées dans diverses régions de l’Alberta, dans le nord de la Colombie-Britannique et dans les Territoires du Nord-Ouest. La tenthrède mineuse de Thomson est fréquemment observée en association avec la petite mineuse du bouleau et la grande mineuse du bouleau, qui peuvent exacerber les dommages causés à l’hôte. Dans les Territoires du Nord-Ouest et en Colombie-Britannique et en Alaska, une guêpe parasitoïde introduite, le Lathrolestes thomsoni, a été utilisée avec un certain succès comme agent de lutte biologique contre la tenthrède mineuse de Thomson.

Impacts

La tenthrède mineuse de Thomson n’a aucun impact connu sur les écosystèmes forestiers indigènes. Les dommages qu’elle inflige sont essentiellement d’ordre esthétique et n’entraînent jamais la mort de l’hôte. Dans le passé, les propriétaires et les municipalités ont affecté des sommes considérables à la réalisation de traitements insecticides contre ce ravageur.

Liens

Publications du Service canadien des forêts sur la tenthrède mineuse de Thomson

Références

Références

Digweed, S.C., C.J.K. MacQuarrie, D.W. Langor, D.J.M. Williams, J.R. Spence, K.L. Nystrom, et L. Morneau. 2009. Current status of exotic birch-leafmining sawflies (Hymenoptera: Tenthredinidae) in Canada, with keys to species. Canadian Entomologist 141: 201–235.

MacQuarrie, C.J.K., D.W. Langor, S.C. Digweed, et J.R. Spence. Fenusa pumila Leach, birch leaf miner, Profenusa thomsoni (Konow), Ambermarked birch leaf miner (Hymenoptera: Tenthredinidae), dans P.G. Mason and D. Gillespie (éds.), Biological Control Programmes in Canada 2001–2012. CABI Publishing. Sous presse.