Changement climatique et feux

L’occurrence, la fréquence et le comportement des feux de végétation varient considérablement dans le temps et dans l’espace, principalement en raison de l’influence complexe du changement climatique et de la variabilité climatique.

Les changements dans l’utilisation des terres, la composition de la végétation, la lutte contre les feux de végétation (ou efforts de suppression) et d’autres facteurs ont aussi contribué aux variations climatiques.

En raison de l’effet conjugué du changement climatique et de la variabilité climatique, il est difficile de préciser clairement si les changements mesurables dans les cycles de feux de végétation au cours des quelques dernières décennies sont associés directement au changement climatique. Néanmoins, certains changements dans les cycles semblent se produire actuellement.

Ainsi, dans les régions boréales du Nord-Ouest du Canada, la superficie forestière brûlée par année par les feux de végétation a augmenté de manière constante durant la seconde moitié du XXe siècle, et cette augmentation est attribuable en partie au changement climatique.

Par contre, dans la forêt boréale du Sud du pays, la superficie forestière brûlée par année semble avoir diminué au cours du XXe siècle. Cette tendance semble résulter du changement climatique qui entraîne une augmentation des quantités de précipitations avec le temps dans cette région.

Cependant, l’analyse de l’historique des feux donne à penser que l’effet de la variabilité climatique sur le régime des précipitations est la principale cause de la diminution de l’activité des feux de végétation dans le Sud du Canada.

« Changement climatique » ou « variabilité climatique »

Les termes « changement climatique » et « variabilité climatique » ont des points en commun. Les deux renvoient à un changement du climat — qu’on peut identifier par des changements dans la moyenne des caractéristiques climatiques (comme la température et les précipitations) — qui persiste longtemps, généralement durant des décennies ou plus.

De manière générale, le terme « changement climatique » est souvent utilisé pour désigner l’activité humaine qui altère la composition de l’atmosphère. Quant au terme « variabilité climatique », il désigne les changements qui se produisent sous l’effet de processus naturels sur lesquels les humains n’ont aucun contrôle (p. ex. les changements dans les courants océaniques ou dans la production solaire).

Les changements attendus dans les régimes des feux de végétation

Il est prévu qu’au cours du XXIe siècle le changement entraînera une augmentation de la fréquence des feux de végétation dans bon nombre de forêts de la région boréale et que ces feux auront de graves répercussions environnementales et économiques.

En se fondant sur les modèles climatiques planétaires et les scénarios connexes, les chercheurs interprètent dans quelle mesure le changement climatique et la variabilité climatique peuvent altérer les cycles de la foudre, le taux d’humidité des combustibles, la température, les précipitations et la végétation — tous des facteurs qui peuvent affecter l’occurrence des feux de végétation.

Il est prévu que des conditions propices aux feux de végétation seront présentes dans l’ensemble du Canada. Une telle situation pourrait faire en sorte que les superficies brûlées doublent d’ici la fin du siècle, par comparaison aux superficies brûlées durant les dernières décennies. Les forêts de la région boréale, sur lesquelles les feux de végétation ont grandement influé au cours de l’histoire, seront particulièrement affectées par ce changement.

D’autres impacts du changement climatique qui pourraient faire augmenter la quantité de bois endommagé ou de bois mort dans la charge en combustibles forestiers (p. ex. à cause des épidémies d’insectes, des tempêtes de verglas ou des forts vents) sont susceptibles de faire augmenter le risque d’activité des feux.

Une nouvelle étude en cours vise à rendre plus précises les estimations de l’activité des feux de végétation associée au changement climatique et à définir les stratégies et options en matière d’adaptation afin de faire face à l’occurrence des feux de végétation à l’avenir. Il est de plus en plus reconnu que l’augmentation de l’activité des feux de végétation fera en sorte que les efforts déployés par les organismes responsables de la lutte contre ces feux seront de plus en plus considérables.